Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Stalag. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Stalag. Trier par date Afficher tous les articles

Plus d'infos sur Stalag (et sur leur fameux single)

 


J'ai déjà parlé de Stalag, ici-même. Or, il se trouve qu'une de mes relations Facebook était un membre du groupe. Dans deux de ses récents posts, Thierry Tuborg témoignait de cette belle aventure. Je me suis donc permis de reproduire ces deux publications. 

"L’histoire du single de Stalag « Date limite de vente », que nous avons enregistré en novembre 1980 à Bordeaux. Il se trouve que le mixage assez curieux sur ma voix dans ce disque a un rapport direct avec Trevor Horn et The Buggles. Comme on le verra un peu plus loin.
 

Mais commençons par le début.  Adoncques au cours de l’année 1980, Les Ablettes, nos petits camarades de Fumel, annoncent l’imminente sortie de leur tout premier 45-tours autoproduit (« Spontanéité zéro » et « Un amour propre »). Immédiatement, nous insistons auprès de Richard Berthou, notre manager, pour que nous enregistrions nous aussi notre disque. Il n’est pas très chaud mais nous parvenons à le convaincre. De fait, Richard va se lancer dans une organisation méthodique de l’affaire de A à Z.
Il nous déniche un petit studio abordable, 16 pistes en analogique (bien sûr), le studio Isis (rien à voir avec l’État islamique : Islamic State of Iraq and Sham), dans le quartier Nansouty. Nous nous mettons d’accord sur les cinq meilleurs titres de notre répertoire à travailler en studio, soit : « Carolus d’Or », « Interdit aux moins de 18 ans », « Dernier cri », « Date limite de vente » et « Secrets ». Le choix des deux faces du disque se fera une fois le master réalisé.


Le moment venu, on me demande de ne me montrer au studio qu’au troisième jour, une fois que Jean, Beber et Vincent auront bouclé leurs parties, lorsqu’il ne restera que les voix, les miennes et celles de Vincent, ainsi que ses solos. Auparavant, j’avais demandé à Richard s’il serait possible de faire chanter les chœurs du break de « Secrets » par une chorale d’enfants, derrière ma propre voix (« Ne laisse pas les garçons t’acheter, ne laisse pas les autres te briser, surtout ne te cache pas, ces gens n’attendent que ça »). Il avait médité une petite minute là-dessus en me fixant, puis m’avait répondu : « Je vais voir ce que je peux faire. » La veille de mon entrée en studio, je reçois une lettre de ma petite amie fumeloise, Tracy (une jeune Anglaise de quatorze ans dont la famille s’est installée dans le Lot-et-Garonne et dont j’ai fait la connaissance lors d’un concert commun des Ablettes et de Stalag). Elle m’annonce qu’elle casse avec moi. Ça me rend fou.


Le lendemain, en studio, je commence par écouter le travail des trois autres Stalag et je suis épaté. La section rythmique est impeccable, et Vincent, guitariste par trop solitaire sur scène, s’est composé des parties guitares additionnelles, a ajouté ici et là des riffs bien sentis, et leur a cherché méticuleusement un son adéquat sur son Twin Reverb. Je devine les merveilles d’arrangements que ce guitariste pourra fournir au groupe en enregistrements (loin de me figurer que nous ne rentrerons plus jamais en studio ensemble).
J’apprends que Richard n’est pas parvenu à trouver une chorale d’enfants pour « Secrets », nous devons nous contenter de chanter tous les quatre le break. Lors de mes prises pour ce titre, je ne peux m’empêcher de penser à Tracy qui me largue, je chante en chouinant un peu comme un enfant, alors je tourne le dos à la cabine d’où m’observent six paires d’yeux. « Je veux seulement, moi, me cacher parmi tes jouets… » J’enchaîne les quatre autres chansons, puis Vincent fait ses voix et ses solos.


Le lendemain, au mixage, sur le titre « Date limite de vente », je demande à l’ingé son s’il peut appliquer à mes couplets un effet gramophone.
L’ingé son me dévisage, perplexe.
— Qu’est-ce que tu entends par « effet gramophone », au juste ?
— Comme les Buggles.
— Comme les quoi ?
— Les Buggles, « Video Killed the Radio Star », tu connais pas ? T’as jamais entendu leur tube à la radio ? Sur les couplets, le chanteur a un effet gramophone, un vieux son des années 20, tu vois ce que je veux dire ? Je voudrais le même effet, ça rendrait bien sur ce titre.
Il manipule un bon moment sa console, finalement il s’en approche un peu mais ça ne rendra jamais comme les Buggles. C’est un peu raté, quoi.


À l’écoute des cinq titres, le choix majoritaire se porte sur « Date limite de vente » en face A et « Secrets » en face B. Je suis déçu parce que je voyais « Dernier cri » en face A. De plus, à la fabrication il y aura un gros plantage : alors que la pochette annonce « Date limite de vente » en titre du single, on trouve « Secrets » carrément en face A. Sans parler du nom des auteurs des chansons : Richard a dispatché nos quatre noms, deux au pif à chaque titre (alors que c’est Thierry La Barthe/Vincent Simonacci pour les deux titres). Et puis Beber est furax : Raymond Belliard est devenu Raymond Belliaed ! Zarma ! Voilà l'histoire...

« Stalag, c’est aussi bien que The Damned sur disque et aussi fou que les Stooges sur scène ».


Quatre années d’existence seulement, de 1978 à 1982, mais une intensité rare. Le groupe signe son acte de naissance en studio sous le nom de Royal Flush, clin d’œil à un vieux flipper Gottlieb martyrisé lors de leurs errances quotidiennes. Une maquette financée par une association d’aide aux jeunes, l’Adama, grugée dès le départ grâce à une fausse adresse de facturation. Le ton est donné. Stalag cultive une réputation sulfureuse, faite de concerts brouillons, d’ivresse assumée et de dégâts collatéraux. Le nom intrigue, dérange, choque parfois. Un stalag, dans l’Allemagne nazie, désignait un camp de prisonniers de guerre pour soldats et sous-officiers. Provocation pure ? Sans doute. Quand Caméra Silens brandissait l’Irlande et l’Ira, Stalag préférait l’impact frontal, sans slogan explicatif. Les sous-officiers du Punk Rock bordelais, en quelque sorte. Pas d’idéologie en bandoulière, mais une rage brute et incontrôlée.
 

L’histoire s’écrit aussi par croisements. En 1978, Kick, chanteur de Strychnine, présente ses amis de Saint-Jean-de-Luz à Thierry Tuborg. La rencontre fait des étincelles. Un guitariste manque encore. Ce sera d’abord « Chinois », trop aguerri pour ces adolescents furieux. Il laisse rapidement sa place à Vincent Simonacci, étudiant à Bergerac, recruté via une petite annonce déposée chez Bulle, disquaire culte de Bordeaux. Les répétitions s’enchaînent au presbytère, les bœufs aussi, souvent avec Strychnine, grand frère omniprésent. Kick enregistre la première maquette, puis récupère le bassiste Richard Brousse. Trahison vécue comme un coup de couteau. Mais l’histoire continue. Raymond Belliard, ancien roadie des Standards, apprend la basse et le répertoire en dix jours chrono. Punk Rock, on a dit. Ce line-up écume la région, enchaîne près d’une centaine de concerts en trois ans, dont une trentaine dans le cadre de la tournée Bordeaux Rock, aux côtés des Stilettos, Standards, STO et bien sûr Strychnine. Une aventure intense, jamais concrétisée par un véritable album, malgré des passages en studio. Aucun label n’ose franchir le pas. Trop bruyant, trop instable, trop libre. Janvier 1982 marque le split. Rideau. 

Il faudra attendre plus de trente ans pour exhumer les bandes d’époque. En 2007, le label parisien Mémoire Neuve publie Dernier Cri, compilation mêlant enregistrements studio, 45 tours de 1981 et prises Live. Un dernier cri ? Pas vraiment. Stalag remonte sur scène en 2005, prouvant que certaines colères vieillissent mieux que le vin. Quand les concerts sont annulés, Stalag transforme le local de répétition en salle de spectacle. Le public suit. Attitude Punk jusqu’au bout, mais répétitions quotidiennes, rigueur et acharnement. Le chaos, oui. L’amateurisme, non. Mais un groupe, même Punk Rock, ce n’est jamais qu’un concept. Ce sont des corps, des noms et des choix parfois irréversibles.
 

Membres et ex-membres de Stalag

Stalag, ce n’est pas seulement un mur de guitares et une réputation à la sulfateuse. C’est aussi une addition de trajectoires individuelles, de passages éclairs et de fidélités bruyantes. Des personnalités parfois fugaces, souvent radicales, qui ont façonné l’identité du groupe au fil des répétitions, des concerts et des ruptures.
Thierry La Barthe aka Thierry Tuborg, aka à l’époque Thierry Heineken (Chant)
Figure centrale et moteur du groupe, il incarne la rage fondatrice de Stalag. Adolescente et frontale, sa présence scénique impose le ton. Dans les années 80, il enregistre plusieurs titres avec Jean-Michel Cros et Pascal Cros au sein du groupe Les Alliés. Il se reconvertit ensuite dans l’écriture et publie deux romans, troquant la violence électrique pour une colère plus littéraire, mais tout aussi acérée.

• Richard Brousse aka « Spleen » (Basse)
Bassiste des premiers mois et cofondateur de Stalag, il participe à la naissance du groupe avant de rejoindre Strychnine. Un départ vécu comme une trahison par certains, mais qui illustre surtout la porosité de la scène Punk Rock bordelaise de la fin des années 70, où les groupes se croisent, se déchirent et se recomposent sans cesse.

• Jean de Rivière (Batterie)
Pilier rythmique du groupe à ses débuts, il apporte l’urgence et la rudesse nécessaires à la mécanique Stalag. Une batterie sans fioritures, directe, pensée pour accompagner la déflagration plutôt que la démonstration.

 • Chinois (Guitare)
Premier guitariste du groupe, rapidement jugé trop expérimenté pour l’énergie brute et encore maladroite de ces jeunes punks. Son passage, bref mais fondateur, permet à Stalag de trouver ses premiers repères avant d’opter pour une approche plus radicale et instinctive.

• Vincent Simonacci aka Tungstène (Guitare)
Recruté via une petite annonce déposée chez Bulle, disquaire incontournable de Bordeaux, il apporte une guitare tranchante et un jeu parfaitement aligné avec l’esthétique du groupe. Son surnom résume bien son apport sonore : dense, abrasif et sans concession.

• Raymond Belliard (Basse)
Ancien roadie des Standards, il rejoint Stalag en 1979 après le départ de Richard Brousse. En dix jours, il apprend la basse et le répertoire, preuve d’un engagement total et d’une efficacité toute Punk Rock. Il fait partie du line-up le plus actif, celui qui écumera les salles et portera Stalag sur scène jusqu’à la séparation.
 

Stalag n’a jamais cherché à durer. Juste à frapper fort. Quatre ans, cent concerts, zéro compromis. Pas d’album à l’époque, mais une empreinte indélébile. La preuve qu’à Bordeaux aussi, le Punk Rock ne se dégustait ni tiède ni poli. Plutôt cul sec, verre ébréché, ampli à fond. Alors ce samedi, mousse glacée ou vin chambré ? Peu importe. Tant que ça brûle un peu en descendant.

Il y eut, bien sûr, l’éclair fulgurant de Stäläg 13, Punk Hardcore américain, né en 1983 et déjà disparu en 1984. Et il y a, bien sûr, des stalagmites et des stalactites. Mais dans l’histoire du Rock, un seul nom résiste et s’impose : Stalag."
 

Stalag

En direct de Bordeaux, voici Stalag fondé en 1979. Proche des fameux Strychnine (dont j'ai déjà parlé ici-même), Stalag tournera beaucoup pendant 4 ans (plus d'une centaine de concerts) avant de se séparer. Ils laissent un single autoproduit publié en 1981 et plusieurs compilations post-mortem regroupant l'ensemble de leurs enregistrements. Ils se reforment en 2005 pour un mémorable concert. Voici la face A de leur single sorti en 1981.

Stalag, le face B

 Voici la face B du single autoproduit de Stalag sorti en 1981 !

Le single de Stalag

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single autoproduit de Stalag sorti en 1981.



Stalag, dernier cri

Stillers

 En 1982, dans la petite ville de Créon, au cœur de l’Entre-deux-Mers, quatre gamins sortent un disque qui deviendra culte pour les amateurs de punk français : "Rock Rural". Le groupe s’appelle Stillers et, derrière ce nom, on trouve Pierre Lascourrèges au chant, Régis Canadas à la guitare, Christian Pin à la basse et Patrick Phénix à la batterie. Formés en 1979, ils font partie de cette scène bordelaise hyperactive qui, au tournant des années 80, a vu émerger une poignée de groupes aujourd’hui mythiques : Stalag, Strychnine, Stilettos, Gamine… Bordeaux n’était peut-être pas Londres, mais dans les caves et les bars de la ville, ça bouillonnait fort.

À l’époque, la scène punk bordelaise a une particularité : elle est organisée autour d’une poignée de labels, de squats et de fanzines qui se connaissent tous. La boutique New Rose à Paris sert de plaque tournante pour diffuser les disques en dehors de la région, et des labels comme Poison Noir font le lien entre les groupes et le reste du pays. C’est sur ce label que sort "Rock Rural" en 1982, dans un pressage limité à 1 000 exemplaires. L’enregistrement a été réalisé en deux jours seulement, au studio Sequana, à Choisy-le-Roi, en plein mois d’août. Pas le temps de fignoler : six morceaux, dix minutes de musique, tout est expédié avec une énergie brute et un son franchement crade, mais totalement assumé.

L’originalité des Stillers, c’est qu’ils ne cherchent pas à copier les Londoniens ou les Parisiens : ils parlent de leur réalité à eux. Le morceau titre, "Rock Rural", donne le ton : pas question de singer la ville ou le Marais, ici on raconte les bals de campagne, les bars du coin, les bastons du samedi soir, les virées en mob et l’ennui provincial. Les textes sont pleins d’humour vachard, et on sent derrière tout ça une vraie tendresse pour ce monde rural que le groupe connaît par cœur. Même la pochette est un clin d’œil : la photo vient de Hara-Kiri, et, pour pouvoir l’utiliser, le groupe aurait troqué une caisse de vin local avec la rédaction.

Autre détail savoureux : le chaos règne jusque dans les titres. Entre la pochette et les étiquettes du vinyle, rien ne correspond vraiment. "Oï Oï" devient "Bats toi", "Spasmes" se transforme en "Spasme", "Disco le soir" change en "Disco ce soir"… Ce joyeux bordel, c’est presque une marque de fabrique. Et malgré cette approche bricolée, le disque circule bien : Poison Noir le distribue jusqu’en Angleterre via le réseau New Rose, ce qui permet aux Stillers de dépasser un peu leur Gironde natale.

Aujourd’hui, "Rock Rural" est devenu un petit graal pour les collectionneurs. Son côté rare, son humour, son énergie primitive et son ancrage local en font un témoignage unique de ce que pouvait être le punk en France au tout début des années 80 : spontané, libre, bricolé, et surtout très personnel. Dans un paysage où la plupart des groupes rêvaient de Londres ou New York, les Stillers ont choisi de revendiquer leur identité : celle d’un punk des champs, joué entre les vignes et les routes départementales. Et c’est précisément pour ça qu’on s’en souvient encore aujourd’hui.

Les textes de Stalag

Le camarade Thierry Tuborg a publié quelques textes de Stalag sur son profil FB. Je me permet donc de les reproduire ici-même... 

Cas social                                                        

Je suis un cas social
Je ne suis pas normal
Et le gouvernement
se pose des questions
Ils m’ont mis à l’usine
J’y ai foutu le feu
Ils m’ont mis à l’asile
Car j’étais pas comme eux
Je mens, je mens, je mens, je mens
Je t’emmerde
Je vends, je vends, je vends, je vends
Mon déshonneur
Je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime
Je m’emmerde
Je m’exhibe, je m’exhibe, je m’exhibe, je m’exhibe en disant
Une passion, je cherche une passion
Une fonction, je cherche une fonction
Une intuition
Je veux plus étudier
J’aime pas les leçons
Je veux plus travailler
Ca donne des boutons
Psychothérapie
Et primes alimentaires
Payées par les impôts
De mon putain de père
J’apprends à être adulte
J’apprends je me disculpe
Je rends les draps humides
J’apprends, je suis utile
je m’exhibe


Les fusils

On sait on n’est pas très malins, on nous l’a assez dit
Vous vous foutez de ce qu’on dit, ça on le sait aussi
On n’est pas très sélect, on vit dans des taudis
Vous vous foutez de ce qu’on vit
On sait on n’est pas très instruits, on n’est pas très polis
On n’a jamais su se servir de l’hypocrisie
On n’a pas l’intellect, on vit pas, on s’ennuie
Vous vous foutez de nos envies
Mais nous on sait de quoi on parle
Même si on s’exprime mal
Vous vous foutez de ce qu’on dit
Vous attendez qu’on prenne les fusils
Alors tant pis, vous allez payer de votre vie
On n’est pas venu pour se plaindre ou pour vous implorer
On est venu pour se venger et pour vous insulter
On va vous expliquer, touchez-nous si vous l’osez
Vous verrez, on est maudits
Mais nous on sait de quoi on parle
Même si on s’exprime mal
Vous vous foutez de ce qu’on dit
Vous attendez qu’on prenne les fusils
Alors tant pis, vous allez payer de votre vie
Mais nous on sait de quoi on parle
Même si on s’exprime mal
Vous vous foutez de ce qu’on dit
Vous attendez qu’on prenne les fusils
Alors tant pis, vous allez payer de votre vie


Dernier cri
 

Tous ces petits génies qui habitent Paris
Usent de la méthode pour vous vendre leur mode
Ca fait de la nouvelle vague, ça m’a tout l’air d’une blague
Sans le moindre complexe, ça retourne sa veste
Et ils vous font marcher, et ça vous fait bander
Si ça vous arrive de Paris, c’est sûrement du dernier cri
C’est le rock romantique, c’est le rock Prisunic
Les grands coups d’étiquettes sans trop se compromettre
Interviewes dans la presse et la province achète
Ils vous ont convaincus ouais ils vous ont bien eus
Personne n’a rien compris, dans ce foutu pays
Si ça vous arrive de Paris, c’est sûrement du dernier cri
Allez tricote !
Hein…. Hein-hein aaah…
Pesonne n’a rien compris dans ce foutu pays
Si ça vous arrive de Paris, c’est sûrement du dernier cri
Si ça vous arrive de Paris, c’est sûrement du dernier cri
Na na na na, na na na na…
Beuah !…


Coupables

Toute une existence armés de patience
Vivre dans l’attente d’une fin décente
Faut s’occuper, savoir se changer les idées
Quel bel avenir nous est-il réservé ?
A quand le feu vert, qu’avez-vous décidé ?
Nous sommes trois millions, on a des doutes et nous vous jugeons
C’est de votre faute, vous êtes coupables responsables
C’est pas de la nôtre, irréprochables, irresponsables
Faut pas s’étonner du manque de progrès
Vous vous chargerez de nous décourager
On peut plus construire, alors on va tout, tout détruire
C’est de votre faute, vous êtes coupables responsables
C’est pas de la nôtre, irréprochables, irresponsables
La loi de la jungle, de l’indifférence
On était patients, mais on n’a plus confiance
Nous sommes cinq millions, on a des doutes et nous vous jugeons
C’est de votre faute, vous êtes coupables responsables
C’est pas de la nôtre, irréprochables, irresponsables


Les quatre vérité

Jamais rien n’a réussi à me faire de la peine
Sûrement pas maintenant que ça va commencer
J’en ai rien à foutre de tes états d’âmes
C’est pas de ma faute si t’aimes les drames
Désolé sweet sixteen j’suis pas sentimental
Tu es trop romantique, attention c’est fatal
Tu veux que je sois franc, entre nous c’est risqué
C’est pas toujours marrant, ses quatre vérités
Arrête ton cinéma, tu deviens ridicule
Tu n’as aucun droit, mais tu me manipules
Désolé sweet sixteen j’suis pas sentimental
Tu es trop romantique, attention c’est fatal
Garde tes problèmes, j’ai bien assez des miens
Pose pas de questions, j’ai rien à répondre
Ton air effarouché commence à m’agacer
Allez n’insiste pas, ça vaut mieux pour toi
Désolé sweet sixteen j’suis pas sentimental
Tu es trop romantique, attention c’est fatal
‘tention c’est fatal
‘tention c’est fatal
Tu n’es vraiment pas originale


Marche ou Crève

Aucune raison de rester sur terre
Juste l’intuition qu’il n’y a rien à faire
Gaspiller sa confiance, subir chaque présence
Refuser toute concession
Plus aucun motif pour parler de soi
Tout juste fautif de sa propre foi
Se traîner dans la boue et finir chez les fous
Esclave de tous ses fantasmes
Faut-il marcher ou bien crever
Tout abandonner, ou bien tout casser, ou se faire bouffer
Plus qu’un seul espoir, celui de la vengeance
Sans savoir pourquoi, vivre dans la méfiance
Quand je sors j’aperçois mon cadavre déjà froid
Gisant sur le bitume
Comprends si tu peux, dis ce que tu veux
J’ai rien à te vendre, rien à attendre
Me traîner dans la boue et finir chez les fous
Esclave de tous mes fantasmes
Faut-il marcher ou bien crever
Crevez aaaah, aaaah crevez aaah, aaah crevez aaah…


Je suis chez moi


Qu’est-ce que tu viens foutre à cet endroit j’y suis chez moi
Il n’y aura pas de place pour toi j’y suis déjà
Je suis chez moi
Dix-huit ans que je t’attends, tu arrives trop tard
Trop souvent chacun pour soi, maintenant c’est trop tard
Je suis chez moi, tu vois
Tu vois je suis chez moi, tu n’as aucun droit
Allez vas-y dis que tu ne comprends pas
Tu vois je suis chez moi tu n’as aucun droit
Regarde bien ce que l’on a fait de moi
Je ne vois pas pourquoi je me mettrais à ta place
Ta place est trop loin pour moi, je ne vis que pour moi
Que pour moi
Je n’ai rien à demander, tu n’as rien à donner
Je vais pas faire visiter, c’est trop compliqué
Je suis chez moi, tu vois
Tu vois je suis chez moi, tu n’as aucun droit
Allez vas-y dis que tu ne comprends pas
Tu vois je suis chez moi tu n’as aucun droit
Allez vas-y dis que tu ne comprends pas
Regarde bien ce que tu as fait de moi
Regarde bien ce que tu as fait de moi


Fred

Fred avance d’un pas malhabile
Dans les impasses de cette ville
Aucune ne mène quelque part
Pas une ne sortira du noir
Toutes les nuits la même envie
Alors que les gens sont endormis
Mais chercher qui, chercher quoi ?
À présent Fred attend sa proie
On peut pas dire qu’il soit en vie
Ça doit suffire car il survit
On peut pas dire qu’il soit normal
Il peut plus dormir, c’est sûrement pas grave
Fred sombre dans l’indifférence
Fred fait sa vie dans l’inconscience
Il n’a plus rien à vous dire
À quoi bon se rendre utile
On dit qu’il changera
Qu’il est jeune il comprendra
Difficile de se rendre compte
Quand on marche à côté de ses pompes
On peut pas dire qu’il soit en vie
Ça doit suffire car il survit
On peut pas dire qu’il soit normal
Il peut plus dormir, c’est sûrement pas grave
Pas grave... Pas grave... Pas grave...
Sûrement pas grave...


Secrets

On t’a fait croire à des conneries
On a voulu te faire envie
On s’est débarrassé de toi
Mais les mensonges tu les as là
Mais les mensonges, toi, tu peux pas savoir ce que c’est
Toi tu arrives, toi, tu sais pas qu’ça peut exister
On t’a fait dire des conneries
On t’a fait dire que t’avais compris
Ils n’ont même pas remarqué
Que t’ étais en train de pleurer
Oui mais pleurer, toi, tu peux pas savoir ce que c’est
Toi tu arrives, toi, tu sais pas qu’ ça peut exister
Alors écoute, mon métier c’est de te venger
Alors appelle, mon métier c’est de t’écouter
Ne laisse pas les garçons t’acheter
Ne laisse pas les autres te briser
Surtout ne te cache pas, ces gens n’attendent que ça
Tu ne veux pas me faire confiance
Tu préfères garder tes distances
Tu peux pas savoir ce que c’est pour moi
De vouloir dire la vérité
Je veux seulement, moi, me cacher parmi tes jouets
T’écouter parler, découvrir tes plus grands secrets
Je veux seulement, moi, me cacher parmi tes poupées
Te déshabiller, découvrir tes plus grands secrets
Je veux seulement, moi…
Je veux seulement, moi, découvrir tes plus grands… Secrets…


Date limite de vente1

Je suis une date limite de vente
J’suis là pour informer la cliente
Dans chaque centre distributeur
Je joue les super indicateurs
Vous feriez mieux de m’apercevoir
A moins qu’il ne soit déjà trop tard
J’ai des conditions d’utilisation
J’ai même une contre-indication
Méditez bien mon mode d’emploi
Avant de dire ça n’marche pas
Vous faites semblant de ne pas me voir
Vous laissez trop de choses au hasard
Respectez ma fabrication
Dépassez pas les proportions
Consommez-moi mais faites attention
Vous passez à côté de mes qualités
A côté de mon utilité
Vous oubliez la notoriété
Qui me conduira jusqu’au sommet
Vous faites semblant de ne pas me voir
Mais moi j’ai droit à quelques égards
Respectez ma fabrication
Dépassez pas les proportions
Consommez-moi mais faites attention


Interdit aux moins de 18 ans

C’est pas toujours drôle d’être un adolescent impuissant
T’as jamais raison t’as des boutons
Tu n’as pas le choix, t’as que la liberté surveillée
T’es qu’un mongolien, t’es qu’un chien
C’est pas toujours drôle le silence d’un lycée, d’un ciné
Tu comptes les jours aucun recours
Tu vas te cacher, pour toi qu’est-ce que c’est jouir, c’est rougir
T’es qu’un mongolien, t’es qu’un chien
Tu sais ça fait que commencer, et faudra pas t’étonner
Quand ils t’auront tout refusé, tu n’auras qu’à resquiller
C’est pas toujours drôle d’être jamais capable mais coupable
De broyer du noir au fond d’un bar
Jamais de réponses à toutes tes questions, obsessions
T’es qu’un mongolien, t’es qu’un chien
Tu sais ça fait que commencer, et faudra pas t’étonner
Quand ils t’auront tout refusé, tu n’auras qu’à resquiller
Toi tu n’as pas demandé de vivre sur cette terre
Toi tu n’as pas refusé, hey ! tu peux encore le faire
Tu peux encore le faire…
Tu peux encore le faire…


L’Étudiant

Tu es un étudiant, tu vis chez tes parents
Tu es dans ta science, tu vis plein de bon sens
Tu n’as pas de problèmes et t’as l’esprit ouvert
Quand tu parles t’as raison, puisque tu as l’instruction
T’es pas un bon à rien, ancêtre de Pétain
Tu ressembles à ton père, la connerie c’est héréditaire… Haou…
Tu n’es qu’un étudiant, mais t’es intelligent
Tu penses à l’avenir, à surtout pas te salir
Tu construis ton image parmi des bavardages, bla bla bla
Quand tu parles t’as raison, puisque t’as l’éducation
T’es pas un bon à rien, ancêtre de Pétain
Hou…
Tu ressembles à ton père, la connerie c’est héréditaire… héréditaire…
T’aimerais bien changer mais c’est vraiment risqué
C’est pas que t’aies la frousse mais que faire sans les bourses
Tu te sens supérieur et tu te crois vainqueur
Mais ça te fais pas de mal d’être remis à ta place
Tu es un moins que rien, ancêtre de Pétain
Tu te trouves agréable, la connerie c’est incurable… incurable…
Wouh… Wouh…


Carolus d’Or
 

Tu peux les voir chaque soir
Pendus dans les bars
Tous les trois s’observant du coin de l’œil
Alex vit avec son ventre
Tommy vit avec son sexe
Et Charlie vit avec sa cocaïne
Et moi tout ça me regarde pas
Je supporte pas, je change de bar
Prêts à sauter sur tes torts
Prêts à te sucer ta force
Comme un clochard qui ramasse un mégot
Ils voudraient bien t’imiter
Ils voudraient bien s’agripper
Mais ils font jamais rien de leurs dix doigts
Et moi tout ça me regarde pas
Je supporte pas, je change de tare
Alex parle de son ventre
Tommy parle de son sexe
Et Charlie parle de sa cocaïne
Et moi je parle de rien
Et moi j’en ai pas besoin
Je n’ai aucune preuve à exhiber
(Et dans trente ans, idem, toujours assis tous ! au fond d’un hospice, poursuivant vos lamentations dérisoires, sans vraiment savoir ce que vous foutiez là…)
Sauf nécessité


Défense d’afficher 

Défense de fumer
De parler au conducteur
Sauf nécessité
Défense de tricher
Et même d’essayer
Défense d’exister
Si c’est pas dans la légalité
Ah !
Où que t’ailles et quoi que tu fasses
Jamais rien qui se passe
Chaque fois au coin de la rue tu ramasses
Répression, dépression, le grand frisson
Défense de troubler
L’ordre instauré
Tapage nocturne
A titre posthume
Ya ya !
Où que t’ailles et quoi que tu fasses
Jamais rien qui se passe
Chaque fois au coin de la rue tu ramasses
Obsession, frustration, masturbation
Où que t’ailles et quoi que tu fasses
Jamais rien qui se passe
Chaque fois au coin de la rue tu entends
Défense ! Défense ! Défense ! Sauf nécessité !
 

Désirs télévisés 

Désirs télévisés, noir et blanc
Amours télécommandés
Bonbons acidulés, colorants
Destins téléguidés, yeah !
Un monde si moderne
Pour des peuples imparfaits
Pourquoi ne sommes-nous jamais
A la hauteur, jamais à l’heure
Et nous rêvons
De passions perdues dans le passé
Nous ignorons
Toute loyauté, toute dignité
Confidence pour confidence
Je rentre dans la danse
Malgré les contredanses
Je pense à contresens
Savants et dirigeants concurrents
Fierté du gouvernement
Nous ne sommes que des enfants
Nous sommes désespérants
Un monde si moderne
Pour des peuples imparfaits
Pourquoi ne sommes-nous jamais
A la hauteur, jamais à l’heure
Et nous rêvons
De passions perdues dans le passé
Nous ignorons
Toute loyauté, toute dignité
Confidence pour confidence
Je rentre dans la danse
Malgré les contredanses
Je pense à contresens