Suite à la publication du single de Kleist, je me suis dit qu'il était temps de reconsidérer mon avis sur le groupe culte Extraballe. D'après leur page Wikipedia : "Au cours de leurs quelques années de carrière, le groupe publiera trois albums dans une certaine indifférence, malgré de bonnes critiques. Serge Kaganski déclare que Jovenet ressemblait à Bowie et Iggy pop qu'il chantait comme Iggy ou Lou Reed, voire comme un « pré-Murat », et écrivait comme Yves Adrien et Daniel Darc." Bon, bah, difficile de passer derrière une telle déclaration. Pour ma part, je n'ai pas accroché, à l'époque, car je trouvais leurs paroles trop "vagues". À l'époque, aussi, les maisons de disques visaient le tube et pour cela imposait des producteurs pas toujours respectueux des groupes. C'est le cas pour leur deux derniers albums qui n'ont sans doute pas grand chose à voir avec le son d'Extraballe en live. Bref, il est temps pour moi de me faire un second avis. Depuis j'ai vieilli. Pour plus d'infos sur ce groupe, allez donc sur Rock Made In France. Sinon, voici un premier extrait de leur premier ep sorti en 1979. Comme pour pas mal de productions des 80's, la batterie n'est franchement pas valorisée.
Voici (Heinrich Von) Kleist
Alors bien sûr, je ne veux pas parler de l'écrivain allemand "star" du romantisme, mais bien d'un des pseudos adopté par Jean-Robert Jovenet après la fin du groupe Extraballe. Extraballe s'est construit une sacré réputation dans l'histoire du rock français... Mais, je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais vraiment accroché. Justement, un peu trop rock français... Il n'empêche, Jean-Robert est à lui seul, un véritable who's who du rock hexagonal : un passage dans les Dogs, Compartiment Tueur avec deux futurs Téléphone, un passage dans Asphalt Jungle et Gazoline d'Alain Kan, Extraballe, un passage dans les Go-go Pigalles délocalisés en Irlande... Quelques tentatives solos aussi. Finalement, il casse sa pipe à Londres en 2011. Reste ce single avec une seule chanson en deux versions..
Johnny La Hyène
Dernier extrait du premier e.p. d'Extraballe voici le très enlevé "Johnny La Hyène".
Un autre chaîne Youtube qui mérite le détour !
-
Dolce Vita
Dolce Vita n’est pas tout à fait le groupe fantôme que l’on imagine au premier abord, même s’il en conserve toutes les apparences. Entre 1980 et 1983, ils publient au moins trois singles, une poignée de titres qui dessinent en creux une trajectoire brève mais réelle, inscrite dans ce moment très particulier où la scène française hésite encore entre héritage rock, poussée new wave et tentations synthétiques. Parmi ces morceaux, “Radiophonic”, sorti en 1981, reste le plus emblématique, comme une tentative de capter l’air du temps avec des moyens encore en transition.
À l’écoute, le groupe se situe dans cette zone intermédiaire propre au tout début des années 80, quand les machines commencent à s’imposer sans avoir encore totalement redéfini les formes. Il y a dans “Radiophonic” une tension un peu raide, une modernité presque théorique, qui évoque autant les productions new wave que certaines déclinaisons plus mainstream du son de l’époque. On n'est pas très loin des débuts de Jacno sans Elli. Rien de totalement radical, mais une manière d’absorber des influences en train de circuler, de les reformuler dans un cadre encore flou.
Les crédits du disque mentionnent Olivier Huret et Simon Cloquet, deux noms qui, pris isolément, restent difficiles à raccrocher à une carrière précise. Longtemps, tout laisse penser à un projet de studio, une entité montée pour porter quelques titres sans véritable existence scénique. Pourtant, plusieurs sources évoquent des passages du groupe sur scène, notamment dans des lieux comme le Le Rose Bonbon ou le Le Palace, deux spots emblématiques de la nuit parisienne du début des années 80. Des endroits où se croisent alors musiciens, figures émergentes et projets hybrides, entre performance et tentative pop.
Cette présence scénique, même sporadique, recontextualise Dolce Vita. On n’est plus seulement face à un projet fabriqué en studio, mais à une formation qui a au moins essayé d’exister dans le circuit live, dans ces lieux où se testaient justement les nouvelles esthétiques. Cela reste une trajectoire fragile, peu documentée, mais suffisamment tangible pour sortir le groupe du simple statut d’objet discographique isolé.
D’autres indices viennent compléter ce tableau. L’un des membres aurait ensuite joué dans Extraballe, formation elle aussi relativement discrète, tandis qu’un autre se serait orienté vers la composition de musiques de films, notamment pour Luc Besson. Des trajectoires typiques de cette génération de musiciens naviguant entre groupes, commandes et projets alimentaires, sans forcément laisser de traces visibles dans les récits officiels.
Dolce Vita apparaît alors comme un point de passage, un moment dans des parcours plus larges mais difficilement reconstituables. Le groupe lui-même ne semble jamais avoir dépassé le stade de l’esquisse prolongée : trois singles en quelques années, une présence discrète sur scène, puis plus rien. Pas d’album, pas de continuité évidente, pas de récit consolidé. Juste des fragments.
C’est précisément dans ces fragments que réside l’intérêt. Ils racontent une autre histoire de la musique française, faite de tentatives, d’ajustements, de projets qui apparaissent et disparaissent au rythme des opportunités. Une histoire où les frontières entre groupe, projet de studio et réseau de musiciens sont poreuses, et où un nom comme Dolce Vita peut à la fois recouvrir une réalité concrète et rester insaisissable.
“Radiophonic”, dans ce contexte, n’est plus seulement un morceau isolé mais l’un des vestiges d’un parcours plus dense qu’il n’y paraît. Un témoignage discret de cette scène parallèle, active mais peu archivée, qui a occupé les interstices entre underground et industrie. Une scène où beaucoup se sont essayés, parfois brièvement, laissant derrière eux juste assez de traces pour qu’on puisse, des décennies plus tard, tenter d’en recomposer les contours.
Bulldozer
Voici, un peu comme Douce Violence, un groupe "punk" qui n'en n'est pas un. Bulldozer compte dans ses rangs 3 anciens Martin Circus (aïïïïiiie) et un Extraballe (classe). Bien sûr, ça sent l'humour franchouill' et le bon "coup" musical dans le sillon de Plastic Bertrand. Le coup de génie en moins. Cette formation semble avoir été active de 1977 à 1979 et a 3 singles chez RCA à son actif (pas mal). Tous ces augustes musiciens ont bien sûr fini comme requins de studio (certains ont joué pour Au Bonheur Des Dames ou pour Le Grand Orchestre Du Splendid) et se sont essayés - parfois - à des carrières solos. Voici la face A de leur premier single !
