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Difficile de ne pas parler du rock français des années 80 et de ne pas aborder le cas Bashung. Alain et son complice Boris Bergman ont réinventé l'écriture rock grâce à leur poésie tout à fait particulière. Souvent imitée, rarement égalée. J'ai adoré sa trajectoire jusqu'à "Novices". Ensuite, j'ai décroché même si je l'ai vu au moins et en tout 3 fois en live. La tournée "Play Blessures" restant à jamais gravée dans mon cœur de jeune homme. J'ai d'ailleurs publié ici-même une photo rare de l'amie Pascale de Laubier prise lors de ce concert mémorable au Casino de Paris en 1983. Je cherchais depuis un moment quelque chose de rare à partager... Et je suis tombé dans mes archives sur ce "Malédiction" live au Printemps de Bourges en 1987.
Au milieu des années 80, Paris est un terrain de jeu incroyable pour les groupes qui cherchent à mélanger rock, électronique et nouvelles sonorités. Entre les héritiers de la cold wave, les formations new wave et tous ceux qui rêvent d'une reconnaissance radiophonique, une multitude de groupes apparaissent, enregistrent quelques titres et disparaissent parfois avant même d'avoir eu le temps de laisser une véritable trace. Fatidic Seconde fait partie de ces formations mystérieuses dont un ou deux vinyles suffisent pourtant à raconter toute une époque.
Le groupe se forme à Paris en 1985 autour de Dominique Rabillier au chant et à la batterie, Pascal à la basse et Simon aux claviers. Leur musique s'inscrit pleinement dans l'air du temps : des rythmiques tendues, des synthétiseurs omniprésents, une esthétique entre rock futuriste et new wave française. Comme beaucoup de groupes de cette génération, Fatidic Seconde cherche à trouver un équilibre entre l'énergie du rock et les possibilités offertes par les machines qui envahissent alors les studios.
Le premier témoignage discographique du groupe est le 45 tours Metropolis, publié en 1985 sur le label Réflexes. Le titre porte bien son nom : une vision urbaine, froide et légèrement dystopique, qui évoque les grandes influences électroniques de l'époque tout en conservant une identité française. Ce premier disque attire rapidement l'attention puisque Fatidic Seconde signe ensuite chez A&M Records, une maison beaucoup plus importante qui semble alors croire au potentiel du groupe.
C'est sur ce label que paraît la même année Le Drakkar (Sidonie), leur morceau le plus connu. Sorti en 45 tours mais également en maxi 45 tours, le disque propose une version longue, une version instrumentale et le titre Le Chemin d'un rêve en face B. Avec son histoire de drakkar viking voguant vers l'Angleterre, son personnage de Sidonie et son ambiance à la fois épique et décalée, le morceau occupe une place très particulière dans la production new wave française de 1985. Loin des textes introspectifs ou des paysages urbains habituels du genre, Fatidic Seconde choisit une imagerie presque cinématographique, soutenue par des claviers puissants et une rythmique martiale.
Les enregistrements de cette période voient également apparaître le nom de Pierre Jaconnelli à la guitare. À l'époque, il n'est encore qu'un jeune musicien participant à l'aventure, mais il deviendra par la suite l'un des guitaristes de studio les plus sollicités de la scène française, collaborant notamment avec Étienne Daho, Alain Bashung, Mylène Farmer ou encore Johnny Hallyday. Fatidic Seconde constitue ainsi l'un des premiers épisodes d'une carrière qui prendra quelques années plus tard une tout autre ampleur.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser une discographie limitée à deux singles, l'histoire du groupe ne s'arrête pas en 1985. Fatidic Seconde poursuit son aventure pendant plusieurs années. En 1988, Jérôme Lemonnier rejoint la formation aux claviers. Dominique Rabillier quitte alors la batterie pour se consacrer davantage au chant et Pascal Vaillant rejoint le groupe comme batteur et percussionniste. Cette nouvelle configuration montre que le groupe continue à chercher son équilibre et à évoluer, même si aucun nouveau disque ne viendra documenter cette période.
Finalement, après cette dernière étape, Fatidic Seconde se sépare en 1989. Aucun album (mais 5 singles), aucun succès commercial majeur, aucune grande tournée ne viendront prolonger l'aventure. Pourtant, les quelques morceaux laissés derrière eux témoignent d'une période où de nombreux groupes français tentaient de nouvelles choses, parfois avec le soutien ponctuel de maisons de disques importantes.
Aujourd'hui, Metropolis et surtout Le Drakkar (Sidonie) sont devenus des curiosités recherchées par les amateurs de new wave française et de raretés des années 80. Fatidic Seconde appartient à cette grande famille des groupes qui n'ont pas connu la gloire mais qui ont capturé, pendant quelques années, l'esprit d'une époque. Celle d'un Paris où les synthétiseurs côtoyaient les guitares, où tout semblait encore possible, et où un simple 45 tours pouvait ouvrir la porte à un autre monde.
Voici Alice Merveille, un autre groupe new-wave français des années 80. Alice Merveille s'est formé en 1983 autour d'un certain Marc Sapolin (en provenance de Besançon) qui est apparemment encore en activité (et qui anime un groupe Facebook appelé Alice Merveille). D'après une coupure de presse d'époque : "Le groupe existe depuis 1983 et connait sa formation actuelle depuis Mars 1985. Les influences principales viennent de la New-Wave anglaise, mais les textes se veulent en français. A long terme, le groupe cherche une couleur et une identité propre façon Bashung ou New Order, mais il faut mûrir et trouver sa propre voie." Autres infos extraites de ce petit article, il existerait un clip en animation pour "Mister Look" et le groupe (à priori un quatuor) aurait tourné à Paris et en région parisienne en 1987. Aujourd'hui, je publie la Face A du premier 45 Tours (il existe un 2e 45 Tours et une participation sur la compilation "Rock Sous Bois"). Bizarrement, on trouve plutôt la Face B de ce single auto-produit sur YouTube.
Voici une démo préparatoire à "Rock N'importe Quoi" (extrait de l'album du même nom des Nouveaux Monstres). Pour être tout à fait honnête, nous nous sommes fortement inspirés d'un riff extrait d'un morceau de Jacques Dutronc : "Le Bras Mécanique" pour composer cette chanson. J'ai eu vraiment du plaisir à écrire les paroles de ce "Rock N'importe Quoi" même si on est dans un genre un peu "cliché" qui a été sur-utilisé dans la chanson française (le fantôme de Bashung n'est pas loin). L'image qui illustre la vidéo est extraite du CD-Rom de jeu des Nouveaux Monstres.
J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !