Que serait un blog sur la new-wave sans un petit quelque chose sur les Cocteau Twins. Leur musique éthérée et planante a aussi illuminée nos années 80. On notera la présence de Simon Raymonde dans ce trio de légende, le fils du compositeur/producteur Ivor Raymonde a qui l'on doit (entre autre) les plus belles productions des Walker Brothers (le groupe de Scott Walker). Ceci expliquant peut-être celà. Bref, les Cocteau Twins actifs de 1981 à 1997 nous ont laissé beaucoup de belles choses sur le formidable label 4AD et quelques side projects plutôt ambitieux comme This Mortal Coil. Ils se trouve que feu ma maman était une amie de Jean Marais... Apparemment, il ne savait pas qu'une bande d'anglais gothique avait adopté le nom de son bien aimé... Bref, voici "Tinderbox (Of A Heart)" live aux Bains-Douches en 1983, un concert Radio 7 comme on les aime.
Cocteau Twins
Pro Memoria
En direct de Lyon, voici le rock gothique et éthéré de Pro Memoria... Une formation que l'on a surnommée les Cocteau Twins français pour donner un peu de contexte musical (avec une touche jazzy en plus d'après les spécialistes) ! Le groupe a été actif de 1987 au début des années 90 et semble avoir évolué (un peu) dans le sillon de l'Enfance Éternelle dont j'ai déjà longuement parlé. Christine Clément, leur chanteuse semble avoir continué à faire de la musique puisque l'on retrouve sa trace dans des formations comme Polaroid3. Bref, le groupe sortira un maxi 5 titres en 1990 (et 2 cassettes dont une 2 titres live) avant de disparaître ! Voici un premier extrait de leur k7 4 titres sortie en 1988 !
Détective
Détective fait partie de ces groupes dont l’existence tient presque entièrement dans les pages des fanzines et sur un unique 45 tours, mais dont la trace suffit à raconter toute une scène. Début des années 1980, à Lyon, alors que l’on continue de réduire la ville à Starshooter ou à Marie et les Garçons, Détective apparaît comme une autre facette, plus intériorisée, plus nocturne, d’une new wave locale pourtant bien vivante. Les fanzines de l’époque prennent d’ailleurs un malin plaisir à rappeler à ceux qui enterrent un peu vite la scène lyonnaise qu’elle vient encore de s’enrichir d’une « perle rare ».
Détective se compose autour de Ruth au chant, voix immédiatement décrite comme centrale, presque magnétique, soutenue par Philippe aux claviers et Jean-Louis à la basse. Le groupe chante en anglais, choix encore loin d’être anodin à l’époque, et construit une musique mélodique, dépouillée, parfois légèrement ésotérique, qui évoque davantage The Passions, The Comateens ou les premiers Cocteau Twins que les figures les plus visibles de la new wave hexagonale. Les chroniques insistent sur ce point : ici, pas de synth-pop clinquante ni de pose à la Visage ou Dépêche Mode, encore moins de « pink-floydries » complaisantes, mais une musique de l’esprit et du cœur, capable de provoquer une certaine langueur et des frissons durables.
En 1982, le groupe autoproduit un 45 tours comprenant When The Curtain Falls et Say You Remember, sorti sur le label Element. Les deux titres sont salués pour leur efficacité et leur qualité de production, d’autant plus remarquables au regard des moyens limités dont disposait le groupe. When The Curtain Falls installe une atmosphère feutrée et mélancolique, portée par les claviers et la voix de Ruth, tandis que Say You Remember prolonge cette impression d’élégance sombre, quelque part entre pop fragile et new wave introspective. Plusieurs chroniqueurs soulignent que, si le disque est convaincant, Détective doit probablement encore plus s’apprécier sur scène, même si le groupe semble peu tourner, au grand regret de ceux qui l’ont découvert sur vinyle.
La diffusion du disque reste confidentielle, essentiellement par correspondance, via des contacts à Écully ou par l’intermédiaire de réseaux comme New Wave. Rien n’indique que Détective ait dépassé ce premier single, ni qu’il ait cherché à s’inscrire durablement dans un circuit professionnel. Comme beaucoup de groupes de cette période, son histoire semble brève, presque évanescente, mais suffisamment marquante pour que les fanzines en conservent la mémoire.
Quarante ans plus tard, Détective apparaît comme un parfait exemple de cette new wave française souterraine, inventive et sincère, qui n’a laissé que peu de traces matérielles mais dont l’écho continue de circuler à travers quelques disques, des chroniques passionnées et des archives précieuses. Un groupe discret, mais loin d’être anecdotique, et qui rappelle que la scène lyonnaise du début des années 80 ne se résumait décidément pas à ses figures les plus médiatisées.