Un de mes premiers concerts, seul sans mes parents est un concert de Devo au Santa Monica Auditorium pendant l'été 1980. Une claque intégrale. D'abord la musique unique et déstructurée, furieusement rock. Ensuite, l'univers du groupe avec en intro du concert l'intervention de Jocko Homo sur son fauteuil roulant. En sortant, j'en ai profité pour acheter le génial "Freedom Of Choice" dans ce qui n'était pas encore un label mais un magasin d'occasions : Rhino Records. Les années ont passé et j'ai un peu oublier d'écouter ce groupe "fondateur". Et puis quand avec mon groupe Jean_Marc, nous avons cherché des idées de reprises... "Mongoloïd" est apparu comme une évidence. Notre cover en français devrait bientôt sortir en français ! En attendant voici une rareté de Devo, à savoir la version instrumentale de "U Got Me Bugged" qui je crois n'est jamais apparue sur une galette. Vive la Dé-évolution !
Jean_Marc adapte Devo
De temps en temps, il faut se faire plaisir et ne pas hésiter à se promouvoir. Voici une captation live en répétition de Jean_Marc, mon groupe électro-yéyé ! Bon, rien à voir avec les 80's si ce n'est un adaptation en français du tube de Devo : "Mongoloïd". Une adaptation que je pense plutôt réussie, d'ailleurs ! Ce live date de l'année dernière et a été fait au Réacteur à Issy-les-Moulineaux chez qui nous répétons de temps en temps.
Jean-Marc, dernier avatar des Nouveaux Monstres
Le dernier single de Jean_Marc
Je suis fan de Devo depuis toujours et en particulier de leur premier album... Technoïde mais pourtant punk. C'est donc tout naturellement que je voulais payer mon tribu au groupe d'Akron. Avec Jean_Marc nous avons repris "Mongoloïd" et je pense que notre adaptation en français est plutôt réussie. Ce que personne ne semble avoir remarqué. Qu'importe, je suis très content du résultat. Le visuel qui accompagne ce single est signé (bien sûr) Guillaume B. Sa fraicheur et son ton décalé (car pas non branché) correspond vraiment à ce que nous sommes ! Are we not Jean_Marc ?
Meet Antimit
En août 1980, je pars en voyage linguistique à Los Angeles. J’ai 16 ans et je me retrouve catapulté en plein Venice, chez une jeune femme, Ellen, qui a deux enfants à peine plus jeunes que moi. Elle est comptable et bosse pour Frank Zappa et Nina Hagen. Niveau musique, elle est plus que branchée — et je plonge avec bonheur dans sa collection de vinyles (mélange de nouveautés du moment et d’oldies bien senties). Avec elle, j’assiste à mes premiers concerts de rock, tout seul comme un grand (sans papa ni maman). Je découvre le punk avec X et la new wave avec Devo. On peut dire qu’elle m’a éduqué : beaucoup de mes goûts actuels viennent directement de ce séjour qui, soyons honnête, a changé ma vie. C’est aussi grâce à elle que je parle anglais. Je luis dois donc beaucoup...
L’année suivante, après le bac, je retourne à Los Angeles pour les vacances. Ellen a déménagé mais Leroy, un de ses amis, m’accueille à son tour. Je ne l’ai malheureusement jamais revue — elle nous a quitté depuis. Pour le numéro spécial vacances d’Antimit (N°17 - Juillet Août 1981), j’écris alors ce long article. Le style est un poil ampoulé et très emprunté (on était fans de Rock & Folk, du Cheap Thriller, des dessins de Serge Clerc, etc.) mais il est habité par ces premières secousses musicales. Pour ma part, je trouve ça très émouvant. Voici donc ce fragment vintage de mes aventures éditoriales adolescentes. Ça s’appelle « 5 nuits californiennes ». Bonne lecture… et indulgence recommandée.
Le 2e trailer de Jean-Marc
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Piu Piu, nederpop étrange et attachante
Encore une belle curiosité venue des Pays-Bas. Piu Piu, c’est un groupe qu’on pourrait presque qualifier de fantôme s’il ne nous restait pas quelques traces sonores et visuelles. Formé au tout début des années 80, quelque part entre Amsterdam et une cave pleine de synthés en plastique, ce petit groupe néerlandais a laissé trois disques intrigants avant de disparaître aussi discrètement qu’il était arrivé.
L’histoire démarre vers 1981. Piu Piu s’inscrit dans cette mouvance "nederpop" — terme générique pour désigner la pop néerlandaise des années 80, souvent teintée de new wave ou d’électro naïve. Le groupe sort un premier mini-LP 10" en 1982 chez Misha, intitulé Laga Laga. Un objet aujourd’hui rare, avec des titres aux accents synthétiques et aux refrains parfois absurdes. Un an plus tard, ils apparaissent sur une compilation du concours Grote Prijs van Nederland, un tremplin musical assez important dans le pays à l’époque. On y retrouve deux titres : « Laga Laga » et « Marsepeiner Baby ». Ce dernier deviendra "culte" pour les amateurs de pop bizarre.
En 1984, ils reviennent avec un disque autoproduit, Nougat, publié chez Epic (!), qui contient six morceaux dont les fabuleux « Loeki Poell » et « Flughafen ». Oui, les titres sont déjà tout un programme. L’univers est étrange, enfantin, vaguement surréaliste — quelque part entre Devo, les tout débuts de Mécano, et une pub pour du fromage fondu. Pas sûr qu’ils aient été très pris au sérieux à l’époque, mais le charme opère.
Musicalement, on navigue entre pop synthétique low-fi, boîte à rythmes fatiguée et lignes de basse naïves. Le chant est souvent décalé, avec un accent batave assumé. C’est parfois bancal, souvent maladroit, mais ça fait mouche. Le groupe n’a jamais vraiment percé commercialement, et sa trace reste limitée à quelques disques pressés à petite échelle. Aucune réédition, peu d’infos sur les membres, pas de pages officielles. Le néant ou presque.
Voici un premier extrait de leur premier single autoproduit !
