Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Système D. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Système D. Trier par date Afficher tous les articles

Echo Prism

À Metz, au début des années 80, Echo Prism se forme autour de Christophe Noiré, alias Boobie, à la basse, de son frère Jean-Étienne à la batterie et d’un guitariste surnommé Fredo. Christophe n’a alors que 16 ans. Les premières répétitions ont lieu chez ses parents, dans une chambre, avant que le groupe ne rencontre Christophe Michels, guitariste, et Augustin Sorigue, qui va prendre les claviers. Tous deux sont apprentis à la SNCF, aux ateliers de Montigny-lès-Metz.
 
La formation se stabilise progressivement autour de Christophe Michels, Christophe Noiré, Augustin Sorigue et Christophe Mathieu à la batterie. Avant l’arrivée de ce dernier, Echo Prism utilise une boîte à rythmes Roland TR-606. Les répétitions se déplacent dans l’appartement d’Augustin, à Montigny-lès-Metz, où les musiciens bricolent une insonorisation à base de cartons d’œufs, puis dans une cave aménagée au centre de Metz. L’époque est au système D, mais aussi à la découverte de nouveaux instruments et de nouvelles sonorités. Les claviers et les machines occupent une place importante dans le dispositif, au même titre que les guitares. The Cure et The Sound comptent parmi les références du groupe, auquel on associera également les noms de Joy Division ou Fischer-Z.
 
Echo Prism évolue dans une scène messine et lorraine qui compte alors plusieurs formations intéressantes. Le groupe côtoie notamment Factory Gate, Salomé ou Nihil Void, tandis que Nancy constitue un autre point de repère important pour les musiciens de la région. Echo Prism joue dans différents lieux de Metz et de ses environs, notamment aux Trinitaires, à la salle Braun, au centre Marc Sangnier ou au Club 33. Le groupe participe également à des tremplins rock à Tours, Nancy et Avignon et effectue une tournée dans le sud de la France durant l’été 1984.
 
Le 23 mars 1985, Echo Prism se retrouve même à l’affiche avec les Anglais de The Lotus Eaters, à la Foire Expo de Grigy, à Metz. Le souvenir de cette soirée semble être resté particulièrement vif chez les musiciens. Ils se rappellent notamment avoir pu utiliser certains instruments du groupe anglais et, avec un peu plus d’amusement, avoir battu les Lotus Eaters au football en salle. Echo Prism aurait également dû assurer la première partie des Rita Mitsouko à la Pépinière de Nancy, mais un engagement de sonorisation à Metz l’oblige finalement à renoncer.
 
C’est également en 1985 que sort le seul véritable disque du groupe, un 45 tours deux titres enregistré au studio Lafayette à Nancy. « Jade Flower » et « Mère Albion » sont conçus comme deux morceaux assez différents, l’un plus rapide, l’autre plus posé. Le disque est autoproduit et porte la référence EP 7285. Un saxophoniste, Cyrille, participe à l’enregistrement. Les deux titres condensent assez bien les préoccupations du groupe à ce moment-là : guitares post-punk, claviers, rythmiques électroniques et une certaine froideur qui permet aujourd’hui de rattacher naturellement Echo Prism à la new wave et à la cold wave française.
 
Le disque ne reste évidemment pas sans lendemain, même si Echo Prism ne connaît jamais la carrière discographique qu’auraient pu laisser espérer ces premières années. Le groupe bénéficie d’un passage sur FR3 Lorraine en 1985 et apparaît également dans le classement « Autos et Indés » de Best. Christophe Noiré se souvient avec amusement de son passage à la télévision : cette apparition lui aurait même permis de gagner quelques points lors de l’épreuve orale du bac français, l’examinateur l’ayant reconnu et lui ayant laissé choisir son sujet.
 
Après le 45 tours, Echo Prism continue pourtant à jouer. En 1986, l’arrivée de Didier Gessert, surnommé Zouzou, apporte une nouvelle couleur au groupe. Ses influences sont davantage tournées vers le versant gothique de la scène britannique, avec les Sisters of Mercy, Bauhaus ou Fields of the Nephilim. Le son d’Echo Prism évolue progressivement dans cette direction. Le groupe poursuit son activité jusqu’en 1988 avant de disparaître.
 
Quelques autres titres sont parfois associés au nom d’Echo Prism, notamment « Red Rain », « Le Chien Andalou », « Étoile d’un soir » et « Complicité Silencieuse ». Ils ne doivent toutefois pas être confondus avec des morceaux enregistrés pour le 45 tours de 1985. Il s’agit d’enregistrements réalisés plus tard, dans un contexte différent, notamment lorsque Christophe Michels installe un petit studio chez lui et commence à enregistrer lui-même.
 
Avec le recul, Echo Prism appartient à cette longue liste de groupes français qui ont vécu quelques années au milieu des bouleversements musicaux du début des années 80, enregistré un disque et disparu avant d’avoir véritablement eu le temps de développer leur discographie. Leur 45 tours est devenu au fil des années une pièce recherchée par les amateurs de new wave, de post-punk et de cold wave françaises, moins pour une quelconque légende que pour sa rareté et pour les deux morceaux qu’il contient.
 
L’histoire d’Echo Prism est surtout celle d’un groupe de jeunes musiciens messins qui ont fait avec les moyens disponibles, entre boîtes à rythmes, synthétiseurs, caves aménagées et concerts dans les salles de la région. Leur passage aux côtés des Lotus Eaters, leur apparition dans Best ou sur FR3 sont autant de petits signes qui montrent qu’ils avaient réussi à dépasser le cadre strictement local. Mais comme beaucoup de formations de cette époque, Echo Prism est resté en marge des circuits discographiques traditionnels. Un seul 45 tours, deux titres, quelques années d’existence et beaucoup de souvenirs : il n’en fallait finalement pas davantage pour que « Jade Flower » et « Mère Albion » retrouvent, des décennies plus tard, une place dans les collections consacrées aux obscurs trésors de la scène française des années 80.

Système D

En direct de Rouen et de sa bouillonnante scène musicale, voici Système D... Un groupe punk actif de 1983 à 1987. Une formation que l'on retrouve dans les très bons Thésaurus du camarade Claude Picard. Un passage obligé pour "la crème de la crème". Je ne vais donc pas m'étendre sur ce groupe. Tout a été dit ici-même dans le site 45vinyldivici qui accompagne les Thésaurus (que je vous invite à acheter sans tarder !). Voici "Another Day" de Système D.

Le rock français des années 80 et l'approche "Do It Yourself"

Il m'arrive parfois d'utiliser une IA pour m'aider à rédiger des contenus. L'IA est également un précieux outil pour faire des recherches. Bref, j'utilise les outils d'aujourd'hui, histoire, également, d'aller plus vite. Croyez-moi une trentaine de posts par mois depuis 10 ans, c'est beaucoup. Anyway, j'ai testé une nouvelle ia développée par Stanford (mes chouchoux inventeurs du Design Thinking). Un truc qui s'appelle Storm. Et voici le résultat, plutôt cool. J'ai traduis et retravaillé. J'ai laissé certaines ref' (Magma, wtf ?). Au final, on dirait l'ébauche d'une thèse. 

Dans les années 1980, alors que le paysage musical français reste largement dominé par les grandes maisons de disques, les radios nationales et quelques figures incontournables de la variété ou du rock grand public, une autre scène se développe dans l'ombre. Dispersée sur l'ensemble du territoire, portée par des passionnés davantage que par des professionnels de l'industrie, elle s'organise autour d'un principe simple : faire soi-même. Inspirée par l'explosion punk britannique de la fin des années 1970, par le hardcore américain naissant et par l'ensemble des cultures underground européennes, cette scène adopte ce que l'on appelle alors le « Do It Yourself » ou DIY. Plus qu'une méthode de travail, il s'agit d'une véritable philosophie fondée sur l'autonomie, l'expérimentation et le refus des modèles dominants.
Le DIY français ne se résume pas à quelques groupes isolés enregistrant des démos dans leur garage. Il constitue un écosystème complet où les musiciens, les graphistes, les rédacteurs de fanzines, les organisateurs de concerts, les disquaires indépendants et le public participent à la construction d'un réseau alternatif. Dans une époque où les moyens de communication sont limités, chacun devient un maillon essentiel de la chaîne. Les groupes produisent leurs enregistrements, organisent leurs tournées, réalisent parfois leurs propres pochettes et développent des circuits de diffusion parallèles à ceux de l'industrie musicale classique.
 
Cette culture indépendante s'appuie sur un outil fondamental : le fanzine. À l'heure où Internet n'existe pas encore, ces publications artisanales deviennent le principal moyen de communication de la scène. Réalisés avec des machines à écrire, des photocopieuses, des ciseaux et de la colle, les fanzines diffusent des chroniques de disques, des interviews, des comptes rendus de concerts, des manifestes, des dessins et des adresses de groupes ou de labels. Ils permettent à des passionnés de Brest, de Toulouse ou de Strasbourg d'échanger avec des scènes situées à des centaines de kilomètres. Plus qu'un simple média, le fanzine agit comme un véritable réseau social avant l'heure. Il crée des liens, fait circuler les informations et contribue à la naissance d'une identité commune au sein d'une communauté pourtant dispersée géographiquement.
 
L'importance de cette culture est telle qu'elle dépasse rapidement le cadre de la musique. Les fanzines deviennent également des espaces de création graphique, de réflexion politique et de diffusion artistique. Nombre de graphistes, illustrateurs et photographes issus de la scène underground y développent leurs premiers travaux. L'esthétique du collage, du détournement d'images, de la photocopie noir et blanc et de la sérigraphie artisanale devient l'un des signes distinctifs de cette génération.
 
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la scène DIY française ne se concentre pas exclusivement à Paris. Si la capitale joue un rôle majeur grâce à la présence de salles de concert, de médias spécialisés et de certains labels, la province constitue un terrain particulièrement fertile. Bordeaux, Rennes, Toulouse, Marseille, Lille, Lyon ou encore Rouen développent leurs propres réseaux de groupes, de lieux et de collectifs. Les tournées passent souvent par ces villes où l'accueil est assuré par d'autres membres de la scène. Les musiciens sont hébergés chez l'habitant, jouent dans des salles associatives ou des lieux improvisés et repartent avec de nouvelles adresses pour poursuivre leur route. Cette organisation horizontale favorise les échanges et renforce le sentiment d'appartenance à une même communauté malgré les distances.
 
Les modes de production reflètent cette volonté d'autonomie. Les groupes privilégient les petits studios indépendants ou les enregistrements à faible coût. Les tirages sont souvent modestes, parfois limités à quelques centaines d'exemplaires. Les cassettes audio deviennent un support privilégié, car elles permettent une reproduction rapide et peu coûteuse. De nombreux albums, EP ou compilations circulent ainsi sous le manteau, vendus lors des concerts, envoyés par correspondance ou distribués dans quelques disquaires spécialisés. L'objectif n'est pas de conquérir les hit-parades mais de toucher un public réceptif à cette culture indépendante.
 
Les labels jouent un rôle déterminant dans ce système. Souvent créés par des passionnés plutôt que par des entrepreneurs, ils servent à documenter une scène en pleine effervescence et à faire circuler des musiques que l'industrie ignore. Certains entretiennent même des liens avec d'autres réseaux européens ou américains, permettant l'importation et l'exportation de disques au sein d'un vaste circuit souterrain. À travers ces connexions se construit progressivement une culture internationale de l'indépendance où un groupe français peut partager les mêmes références et les mêmes pratiques qu'un groupe allemand, britannique ou américain.
 
Musicalement, la diversité est l'une des caractéristiques majeures de cette scène. Le punk demeure son point de départ naturel, mais ses ramifications sont nombreuses. Le hardcore se développe avec son énergie brutale et sa vitesse d'exécution. Le post-punk explore des atmosphères plus sombres et expérimentales. La new wave et la cold wave introduisent les premières influences électroniques et les synthétiseurs. La noise, le rock expérimental et certaines formes avant-gardistes trouvent également leur place dans cet environnement où la prise de risque est valorisée. Loin des catégories rigides, les groupes mélangent souvent les influences et développent des approches très personnelles.
 
Parmi les figures emblématiques de cette période apparaissent des groupes comme Metal Urbain, dont l'utilisation précoce des boîtes à rythmes et des sonorités électroniques ouvre de nouvelles perspectives au punk français. Stinky Toys et Marie et les Garçons participent eux aussi aux prémices de cette culture indépendante. Dans un registre plus radical, Camera Silens devient l'une des formations marquantes de la scène Oi! française. D'autres groupes comme Etron Fou Leloublan repoussent les limites du rock en intégrant des éléments issus de l'improvisation et de l'avant-garde. Quant à Magma, même si son parcours dépasse largement le cadre du DIY punk, son influence sur les musiciens attirés par l'expérimentation reste considérable. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, des groupes comme Diabologum hériteront de cette tradition de liberté artistique en développant des formes hybrides mêlant rock, spoken word et collages sonores.
 
Les concerts constituent le cœur battant de cette culture. Installés dans des squats, des MJC, des centres culturels alternatifs ou de petites salles indépendantes, ils offrent bien plus qu'une simple expérience musicale. Ils deviennent des lieux de rencontre, d'échange et parfois de militantisme. Dans ces espaces, la frontière entre le groupe et le public est souvent mince. Les artistes discutent avec les spectateurs, vendent eux-mêmes leurs disques et participent à l'organisation des événements. Cette proximité contribue à créer un sentiment d'appartenance rarement retrouvé dans les circuits commerciaux.
 
L'univers visuel participe lui aussi à l'identité de la scène. Les affiches, les pochettes de disques, les logos et les illustrations ne sont pas conçus comme de simples outils promotionnels mais comme une extension de la démarche artistique. Les collaborations entre musiciens et artistes graphiques sont fréquentes, renforçant les liens entre différentes disciplines créatives. Cette approche globale contribue à donner au DIY français une identité forte et immédiatement reconnaissable.
 
Au-delà de la musique, cette scène entretient une relation complexe avec les institutions culturelles françaises. Les années 1980 correspondent à une période d'importants investissements publics dans le domaine culturel. Pourtant, de nombreux acteurs du DIY préfèrent rester à distance des structures officielles, considérant que l'indépendance constitue une condition essentielle de leur liberté créative. Cette tension entre culture institutionnelle et culture underground traverse toute la décennie et nourrit des débats sur l'authenticité, la récupération commerciale et le rôle de l'État dans la création artistique.
 
Avec le recul, le rock DIY français des années 1980 apparaît comme bien plus qu'un simple courant musical. Il représente l'émergence d'un modèle alternatif de production culturelle fondé sur l'entraide, l'autonomie et la circulation des savoirs. Dans un contexte où les moyens étaient limités, des centaines de groupes, de labels, de fanzines et de lieux indépendants ont réussi à bâtir un réseau durable qui a profondément marqué l'histoire de la musique française. L'influence de cette période se fait encore sentir aujourd'hui dans les labels indépendants, les collectifs artistiques, les salles autogérées, les festivals alternatifs et l'ensemble des scènes qui continuent à défendre l'idée selon laquelle la création peut exister en dehors des structures dominantes. Plus qu'une mode ou qu'une esthétique, le DIY des années 1980 a légué une manière de penser la musique : libre, collective et profondément indépendante.

 

Voici Hansje

En 1978, quand Silex Pistols Piew Piew débarque sur vinyle, on comprend assez vite qu’on n’est pas face à une révélation punk surgie des marges d’Amsterdam, mais devant un pur produit d’exploitation pop, parfaitement assumé. Hansje, chanteuse hollandaise au parcours déjà bien entamé dans le mannequinat et la télévision, se retrouve propulsée dans le grand bain new wave au moment précis où tout ce qui claque, crache et fait semblant d’être dangereux semble vendable. Le morceau arrive juste après l’onde de choc provoquée par Ça plane pour moi et consorts : même tempo pressé, mêmes onomatopées absurdes, même sensation d’urgence un peu creuse. Peu importe le sens, l’essentiel est ailleurs : ça doit sonner punk, ça doit aller vite, et surtout ça doit coller à l’air du temps.

Le vernis punk est d’autant plus révélateur que Silex Pistols Piew Piew n’est pas une création originale, mais la reprise quasi clé en main d’un titre d’un groupe belge, Too Much, sorti la même année. On est là au cœur du mécanisme d’exploitation : un morceau repéré, jugé suffisamment accrocheur, recyclé avec une nouvelle figure en façade. Hansje ressemble à Debbie Harry ? Très bien, on va en faire une Debbie Harry locale. Le punk marche ? Parfait, on garde la structure, l’énergie factice, le gimmick vocal, et on emballe le tout dans une image new wave compatible avec la télévision et les plateaux allemands.

Ce qui rend Silex Pistols Piew Piew intéressant aujourd’hui, ce n’est donc pas tant sa valeur musicale intrinsèque que ce qu’il raconte de l’industrie de la fin des années 70. Tout est calibré, rien ne sonne vraiment dangereux, mais l’emballage est suffisamment frondeur pour donner l’illusion d’un débordement. Le punk devient ici un costume, un décor, un argument marketing, vidé de sa charge initiale mais encore assez frais pour tromper l’oreille quelques minutes.

Avec le recul, le single fonctionne comme une capsule temporelle parfaite : celle d’un moment où le punk n’est déjà plus un choc culturel, mais une esthétique duplicable, traduisible, exportable. Hansje n’est ni une héroïne underground ni une simple imposture ; elle est le produit d’un système qui observe, copie et recycle à grande vitesse. C’est précisément ce côté “on va faire un truc un peu punk parce que c’est ce qui marche” qui rend ce disque attachant aujourd’hui. Une exploitation pop sans illusion, presque naïve, coincée entre la subversion fantasmée et le divertissement pur, et qui, sans le vouloir, documente parfaitement la fin de l’innocence punk.

L' e.p. de Système D.

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single 3 titres de Système D sorti en 1984.



Loser

 Voici "Loser" de Système D et son très joli plan de basse qui sonne bien comme il faut !

Si seul

Dernier extrait du single de Système D, voici le sympathique "So Alone" avec ses étranges variations rythmiques...