Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Cérémonies. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Cérémonies. Trier par date Afficher tous les articles

Je me souviens de nous (3)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Le 9 mai 1985, Franck, Gordon, Piepp’ et Bruno sont invités sur Fréquence Montmartre. Apparemment le Rose Bonbon a annulé leurs 2 dates (pour la 2e fois) et ils en ont gros sur la patate d’autant qu’ils n’ont prévenu personne (à commencer par les premiers intéressés). Dommage, ces concerts devaient faire office de « release party » pour le single. 

Franck : « L’avenir de tous les groupes s’est de changer un peu… Oberkampf se sépare, c’est triste ! »  Oui mais il y a Cérémonies souligne l’animatrice… Franck « Oui, il y a Cérémonies pas dans le même genre, mais dans la même voie ». Intéressant, le groupe se sent « engagé » et d’une certaine façon sans concession comme les punks d’Oberkampf.  Puis Franck parle des thèmes qu’il aborde dans ses chansons : « C’est assez simple, ce ne sont pas des grands messages politiques ou pseudo-intellectuels. C’est un peu monté comme des scénarios de film, des histoires, de la fiction, ce sont des images. Comme des petits films, des court-métrages. » puis d’ajouter que le groupe s’adresse à un public le plus sélectif possible. « C’est comme en publicité, on essaie de trouver un créneau. » puis « sur les milliers de groupe français, il y en a peut-être 10% qui peuvent faire quelque chose d’aussi bien que les groupes anglo-saxons ». Les ambitions sont là et Franck a bien assimilé nos cours de marketing.

 

Quand vous jouez dans un groupe, le temps est votre plus grand ennemi. Les efforts communs de ses membres sont tellement énergivores en particulier quand vous êtes jeune (et con). Au bout de 3 ou 4 ans, si rien ne s’est réellement passé vous risquez au mieux le départ de certains…  Fatigués par une routine chronophage ou pire, un split sanglant. Un peu comme en amour. En vieillissant, les choses se tassent et vous apprenez à gérer l’effort sur la longueur. Là, Cérémonies est en pleine possession de ses moyens et a déjà 2 ou 3 ans d’existence. Il faut aller vite.

 

Le groupe participe à un forum des autoproductions dans une lointaine banlieue. Cette manifestation mélange musique, presse, art…Et tout ce qui est globalement autoproduit.  L’élection de François Mitterrand et l’explosion des Radios libres ont favorisé ce type d’initiatives. Il y a comme un vent de liberté créative. Très stimulant et intéressant. Gogol 1er, déguisé en prêtre intégriste, y fait une entrée fracassante au volant de son corbillard. Une installation réalisée à partir de prothèses et de matériel médical d’époque me fait grande impression.

 

On envoie le 45 tours à la presse et au journal Libération en particulier qui le chronique dans sa rubrique dédiée aux singles. Ils ne sont pas très « friendly » et par la même « casse » un certain élan du fait de mots particulièrement blessants. « Cérémonies s’envole gothique et se ramasse français », dur et très injuste. D’après Franck, le groupe aura du mal à s’en remettre. Pour le dossier de presse de Cérémonies, grâce à un cutter de graphiste, nous nous débarrassons de la partie embarrassante de cette affirmation ressentie comme purement gratuite.

 

Le groupe jouera beaucoup live pendant cette période. Bien sûr, les concerts sont le premier vecteur de promotion d’un groupe de rock quel que soit son style. Ils joueront notamment au Seism (à Champigny), au Gibus (comme 90 % des groupes), au Cithéa, au Chat Bleu (à Bordeaux), à Aix… Etc. Le groupe s’accroche, répète, joue. Le concert au Chat Bleu (un 21 Décembre) est un très bon souvenir puisque nous nous déplaçons « en bande » et faisons l’aller-retour sur un week-end pour soutenir nos poulains (dans une salle à moitié vide). J’ai une image très claire de l’autoroute du retour sous la pluie dans la voiture du camarade Quick. Je découvrirai bien plus tard que le Chat Bleu permettra à Noir Désir, un an plus tard, de lancer sa carrière. Un autre concert est resté gravé dans ma mémoire du fait de son ambiance particulière… Cérémonies partageant l’affiche avec les Cherokees et La Poupée Vinyle dans une autre lointaine banlieue. La salle est infestée de Skinheads venus soutenir la Poupée et les toilettes sont un point de rendez-vous pour la fange la plus extrême de ce public venu en découdre. Pour aller pisser un coup j’évite « Fait en France » (tatoué sur le front) et ses potes qui parlent de leurs derniers séjours en prison. Heureusement, « Skin » est là ce soir avec le BSS Kontingent et nous servira de sauf-conduit. Skin, dont je ne me souviens pas du prénom, a pour fait de guerre d’avoir été pris en photo à la Fontaine des Innocents aux Halles, crâne rasé, faisant le salut nazi pour illustrer un article de fond (en une de France Soir) sur le mouvement Skinhead. Skin est, pour finir, un bon gars qui a un peu lâché ses idées extrémistes pour travailler dans l’informatique et pouvoir librement « fricoter » avec une magnifique beurette dont il est tombé amoureux. Pour Franck War, un autre concert reste, pour lui, un grand moment… Celui à Marseille puisque la production offre au groupe un aller-retour en avion ainsi que l’hébergement pour jouer, encore une fois, devant une salle à moitié pleine. A moitié vide ?  Va savoir. Pour une fois, en tout cas, le groupe est traité comme il se doit, comme de véritables artistes. Pour ma part, je garde – enfin - un vague souvenir à jamais amusé d’un tremplin, un dimanche après-midi où Cérémonies remportera le trophée haut la main devant les Garçons Bouchers (dont c’était un des premiers concerts). Dans la salle, les BSS étaient venus en force. Ceci expliquant cela.

 

Sandrine rebaptisée Sandy, leur manageuse, ne chôme pas puisque, finalement, le 2 juin 1986, Cérémonies fait la 1ere partie de Cock Robin à l’Olympia. Est-ce un début de reconnaissance ? C’est du moins ce que nous ressentons tous. Avec le recul, on peut se demander si l’association avec un groupe de variété passant en « heavy rotation » sur NRJ était un bon calcul ? Mais bref, ce soir-là, je suis à l’Olympia où le groupe joue bien mais a du mal à s’imposer face à un public qui est venu uniquement pour les tubes du groupe originaire de San Francisco. Je suis comme un fou, je cours dans tous les sens… En gueulant : « Ce sont mes potes, là en noir sur scène. ». Les pré-ados et leurs parents s’en foutent.  Malheureusement, je ne suis pas invité back stage où le groupe doit savourer « son » moment et où Franck fait un peu de rentre-dedans à Jeanne Mas venue soutenir la formation de Peter Kingsbery et Anna LaCazio. Pour savourer à 100% ce moment, je n’ai ni appareil photo, ni walkman enregistreur. Je veux apprécier à 100% ce moment de gloire. Dommage, même si je garde le souvenir précis d’avoir croisé la maman de Franck dans la salle, appareil photo à la main, si fière d’assister à la consécration de son fils adoré. Il y a donc - peut-être – de photos « souvenirs » quelque part.

 

Une fois ce haut fait d’arme passé, Cérémonies a la gueule de bois et a du mal à se remettre en mouvement. D’autant que Piepp’, le guitariste, est de plus en plus attiré par les vapeurs mauves de la drogue (et de l’héroïne en particulier). Le groupe loue un local de répétition à Champigny-sur-Marne dans une propriété bourgeoise au-dessus d’un garage dans le jardin. A la fin d’une répétition, Piepp’ prend son ampli et annonce qu’il va le vendre parce qu’il a besoin d’argent. Malaise, tout le monde sait ce que veut dire ce geste inattendu. Piepp’ a besoin d’argent pour acheter de la drogue. Ce jour-là, j’assiste à la répétition et j’en profite pour racheter ledit ampli (à un juste prix) avant qu’il ne disparaisse à jamais. Et comme je sous-loue ce même local avec mon groupe, Cérémonies pourra continuer à jouer sur cet ampli. Pour être tout à fait franc, J’ai un peu peur que l’ampli ne disparaisse mais Piepp’ a été clean (si je puis dire) puisque le Music Man est toujours en ma possession.  Au-delà de l’anecdote, c’est une époque qui s’achève. Le groupe essaie de se réinventer et la dernière démo qu’ils enregistrent avec la formation originale annonce cette mue… « N’importe quoi » est plus léger, plus pop, plus personnel aussi. Mes oreilles de fan n’en reviennent pas. Cérémonies se transforme et Piepp’ en profite pour quitter définitivement le groupe. Nous perdons alors le contact et une OD aura raison de sa gentillesse quelques années plus tard. 

 

Jean-Jacques, Dgé pour les intimes, rejoint la formation. Ex-guitariste de Wallenberg, Dgé est une sorte de virtuose de la guitare new-wave avec un jeu qui lui est particulier, tout en lyrisme et en finesse. On est loin des power chords et de l’approche gothique et bruitiste de Piepp’. Jean-Jacques/Dgé n’est pas un inconnu puisqu’il travaille avec Franck et moi-même depuis un moment. Il fait ce qu’on appelle dans le métier de « l’exé » et il est là quand nous créons le studio Bleu Petrol. Il ne nous quittera plus ensuite. Après être parti de Wallenberg, il fonde Lyliak avec Manou, sa compagne et un camarade à l’ordinateur pas complétement transportable (nous en sommes aux prémices du home studio moderne). Manou, une grande brune à la voix grave est la descendante de Vlad le Dragon qui a inspiré Bram Stoker pour son Dracula. D’ailleurs, pour fêter la première année de notre studio Bleu Petrol, nous organisons un mini festival avec Lyliak, mon groupe de l’époque (Bibi & les Fircotins) et Cérémonies en tête d’affiche à la MJC du Pré-St Gervais. Dgé apporte un fini musical et un sens du timing qui faisaient défaut au groupe. Du coup, Cérémonies change son répertoire, affine son style et – comme je l’ai déjà dit – lorgne vers une pop française de qualité. Entre temps, nous avons avons beaucoup élargi notre univers musical en écoutant de nouvelles choses dont les Smiths et Morrissey, Gamine et toujours (et encore) Marc Seberg. Même si musicalement le groupe atteint certains sommets, Cérémonies a du mal à se re-motiver et à réellement avancer. Une question fondamentale se pose alors, faut-il retirer le « s » à Cérémonies ?  Une bonne façon de marquer leur unité musicale retrouvée.

 

Les fans comprennent mal certaines expérimentations au chant de Franck. Franck, toujours en avance d’une tendance musicale, se met en danger et expérimente vocalement de nouvelles choses. Nous les « proches » passons un peu à côté… Trop habitués à une certaine approche gothique. Pour ma part, j’en profite pour prendre un peu de distance. Après avoir été le fan N°1, je suis un peu moins impliqué. Grâce à Cérémonies, j’ai maintenant mon propre groupe de rock, certes un peu approximatif mais qui concentre toute mon attention. Bien plus tard, je jouerai avec Bruno, le batteur de Cérémonies et découvrirait à quel point il avait un caractère difficile, supportant assez mal la contradiction et ce qui ne rentrait pas dans ses goûts musicaux. A moins que ça ne soit juste qu’un problème d’alcool. Bruno jouait fort et pas toujours en place. Il jouait très fort d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on partait pour un concert, il fallait prévoir en plus un parpaing pour éviter que la batterie ne se déplace, toute seule, sur scène.

 

Pendant, cette 2e partie de l’épopée de Cérémonies, il ne se passe finalement plus grand-chose. Le groupe jouera au Gibus plusieurs fois dont une fois avec Seaton, les copains Aixois. Sandy, ex-manageuse de Cérémonies, s’occupe maintenant d’eux. Nous avons perdu le contact avec elle et évidemment son énergie et son sens du contact font franchement défaut au groupe. Cérémonies joue aussi deux ou trois fois au Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux. Avec Bleu Petrol, nous travaillons pour Phil « La Couette » tour manager de la Mano Negra et programmateur du Fahrenheit. Ce qui facilitera le contact. Ils enregistreront aussi quelques maquettes qui ne rendront pas toujours un hommage fidèle à la qualité de leur jeu ni à leurs nouvelles compositions. Ce sont, malheureusement, des lettres restées sans suite. Assurément un gâchis musical qui méritait mieux qu’une K7 audio fatiguée.

 

Finalement, Pascal Rescoussié rejoint Cérémonies pour jouer des claviers et ajouter une touche synthétique à des arrangements de plus en plus sophistiqués. Pascal est aussi un ami du groupe et a œuvré, par le passé, dans Anne et les Filles de Joie. Pascal est un personnage extrême mais très attachant qui a une petite particularité physique : il n’a pas mué et conserve sa voix d’enfant. C’est le dernier acte de la saga de Cérémonies. Les années 90 arrivent et les temps changent. La new-wave n’est plus dans l’air du temps. En Angleterre, on opère une fusion entre rock et musique de danse. Nous-mêmes, hantons certaines boites de nuit et toute la vague née du nouveau « Summer Of Love » mancurien tourne maintenant sur nos platines (CD, le vynil étant passé de mode aussi). Bruno, le batteur, rêve de grunge, de hardcore et de fusion. Il quitte finalement Cérémonies jugé trop mou du genou. Cérémonies n’y survivra pas. Cérémonies sans batteur mais avec un sampler Akaï devient le Sexe des Anges, Keyser Söze puis les Chinaskis (Bukowski encore) avec quasiment le même line-up et quelques talents en plus… Mais c’est une autre aventure musicale qui mérite son propre article.

 

Aujourd’hui, Franck joue toujours avec Dgé dans le très bon Démolition Party. La drogue a failli avoir raison de notre amitié mais j’ai bon espoir que les choses s’arrangent. Dgé va bien et vous embrasse. Bruno ne joue plus de batterie et vit sur son bateau à la Rochelle avec Sandy. Sandy qui après plusieurs passages en hôpital psychiatrique, semble être à peu près en bonne santé et tenir le coup. Pascal Rescoussié, prince des excès alcoolisés, bien que très gravement malade semble, lui aussi, à peu près s’en sortir. Je n’ai plus de nouvelles de la plupart des BSS Kontingent mis à part Quick. Quick est aussi mon ami d’adolescence. Il vit, aujourd’hui, du côté de Toulouse ou un incompréhensible AVC a sérieusement remis en question son mode de vie. Il marche beaucoup… Si possible dans des paysages fantastiques, en accord avec une certaine vision de la vie.  Quant à moi, la musique me tient toujours à cœur puisque j’œuvre dans un groupe qui s’appelle Jean_Marc.

 

Reste les chansons de Cérémonies dont « Souvenirs de Nous » qui avec le recul résonne comme une prophétie et une parfaite conclusion : « Je me souviens de toi, je me souviens de tout, je me souviens du temps… Souvenirs de nous ».

 

302 posts, déjà...

Voici le cap des 300 articles passés pour ce magnifique blog. Il est temps de faire le point et de se rappeler les fondamentaux ! Bouloup a pour objectif de documenter les aventures musicales des bouloupiens et du BSS Contingent. Tout à commencer au milieu des années 80 avec Cérémonies. Cérémonies, groupe français et new wave, est né des cendres d'un groupe punk : l'Affrontement. Il comprend : Gordon à la basse, Piep' à la guitare, Bruno à la batterie et Franck au chant. Franck décide de passer un BTS de Publicité. Il s'inscrit dans une école, dans Paris. Dans cette école, il rencontre Béatrice qui épousera Bruno, Sandy qui épousera David Rosane et Marc-André avec qui il fondera Bleu Petrol puis Public Image Factory. Deux studios de design pour lequel il travaillera pendant 15 ans. Mais revenons à Cérémonies. Le groupe sort un 45 Tours autoproduit qui depuis est devenu un véritable collector. Il suffit d'aller ici-même pour s'en rendre compte. La critique du disque dans Libération sera plutôt mauvaise et injuste. Le groupe est suivi par une horde de fans qui s'autoproclame le BSS Contingent (par analogie avec le Bromley Contingent proche des Sex Pistols). Leur cri de guerre est "bouloup" ! Cérémonies joue (entre autres) aux 120 Nuits, au Gibus, au Cithéa, au Rose Bonbon, au Chat Bleu (Bordeaux), à Aix-en-Provence où ils font la connaissance de Seaton lors d'un mémorable concert. Seaton est le premier groupe de David Rosane. Pour les remercier, Cérémonies invite Seaton à jouer au Gibus, à Paris. Cérémonies passe également sur plusieurs radios (notamment Fréquence Montmartre et Radio Libertaire) pour finalement jouer en première partie de Cock Robin à l'Olympia. Piep' quitte le groupe. Ses problèmes de drogue y sont sans doute pour quelque chose. Pour le remplacer, le groupe recrute Dgé à la guitare, ancien membre du groupe Wallenberg. Dgé travaille également avec Franck et Marc-André. Ils créent bientôt Bleu Petrol et Pascal Blua rejoint le trio. Avec Pascal, Marc-André créée Bibi et les Fricotins. Ils recrutent Yannick à la basse et utilisent une boite à rythme. Franck chante de temps en temps avec le groupe. Pendant ce temps, Cérémonies enregistre de nouvelles démos et se rapproche d'Anzia de Marc Seberg qui leur propose de travailler ensemble. Sandy, rencontrée à l'école de Publicité, est le manager de Cérémonies. Elle tombe amoureuse de David, le chanteur de Seaton. Ils se marieront et s'installeront à Paris. Seaton n'est plus et David cherche un nouveau projet musical. Bibi et les Fricotins se transforment en Etc's et s'adjoint les services de Véronique au chant. Finalement, Véronique part aux USA et les Etc's se rapprochent de David Rosane. Pascal Blua jette l'éponge et Bruno rejoint cette nouvelle formation : les Monkey Business. Parallèlement, Cérémonies a cessé d'exister et le groupe (moins Bruno) et plus Pascal R. devient les Chinaski's. Pascal Blua ayant quitté les Etc's  intègre les Chinaski's. Marc-André y fera un bref passage aussi. Monkey Business tourne un peu (entre autres) : le Plan, le Blues Heure, le Cadran, le Gibus, le Pigall's (avec Panik LTDC), Verdun, Rennes et Saint Malo. Ils jouent à France inter et dans un paquet de fêtes. Ils enregistrent une démo 4 titres et sont à deux doigts de signer chez New rose. Jean-Yves, recruté comme commercial chez Bleu Petrol, joue du sax et assure les cuivres pour les concerts. Au bout de 3 ans d'un dur labeur, le groupe explose en plein vol. Sandy ex-manageuse de Cérémonies, femme de David, assurait les choeurs pour Monkey Business et était également leur manager. Elle est malheureusement diagnostiquée schizophrène et doit faire de longs passages en hôpital psychiatrique. Très vite après Monkey Business, David Rosane joue dans les Stéréo Child avec les anciens membres de Seaton puis laisse tomber la musique (pour presque une décennie). Yannick, ex Fricotin et ex-Monkey Business, créée Blade. Groupe dans lequel Marc-André jouera également. David Rosane écrit quelques chansons avec et pour Blade. De son côté Marc-André créée Nouveaux Monstres avec Jean-Yves (Sax chez les Monkey). Ils enregistrent 2 CD avec Franck au chant et un dernier avec Marjorie. Franck joue également dans le Sexe des Anges (avec Gordon et Pascal R.). Une formation éphémère mais remarquée par les Inrockuptibles. Yannick joue également dans Manchester, Masonic Hands et plein d'autres formations. La vie, petit à petit, a éloigné et séparé le BSS Contingent. Certains sont morts, d'autres ont changé de vie ou ont disparu. Aujourd'hui David Rosane est revenu à la musique. D'abord avec OD, Neon Campfire, David & Lucie et finalement avec les American Zookeepers. Il tourne aux USA et s'autoproduit. Franck et Dgé jouent toujours ensemble dans Demolition Party. Yannick joue dans Thousand Watt Burns. Marc-André et Jean-Yves ont un nouveau projet : "Jean-Marc". Ce blog a pour vocation de documenter ces presque 30 années d'aventures musicales, riches et pourtant inconnues de tous. Voilà, la vocation de Bouloup. Rendez-vous dans 300 posts pour faire un nouveau point !

Je me souviens de nous (1)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !

 

Avec le recul, parler de Cérémonies, c’est entreprendre un voyage introspectif et faire un retour sur mes années de formation puisque, d’une certaine façon, j’ai participé à cette aventure musicale. Bien sûr, vous vous demandez, « What’s the fuck… C’est quoi Cérémonies ? » S’ils avaient une « entrée » dans Wikipedia ça pourrait donner quelque chose comme « Cérémonies est un groupe rock français et new-wave qui a été en activité de 1983 à disons… 1989. » Je ne suis plus très sûr et Franck War (le chanteur du groupe) que j’ai interviewé pour écrire cet article non plus. D’ailleurs, je le remercie d’avoir partagé ses souvenirs et ravivé les miens.

Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer.  Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point. 

L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.

Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club.  Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ».  Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !

Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur.  Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.

La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh  sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.

Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.

Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes). 

J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...

Je me souviens de nous (2)


J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Nous sommes en 1983, je rencontre Franck War dans une école qui prépare à un BTS de Publicité. Très vite nous sympathisons. La « Pub » qui n’est pas devenue la « Com », à l’époque, est un phénomène de société sympa et branché. Le consumérisme et l’écologie ne sont pas à l’ordre du jour. Jacques Séguéla n’est pas encore un vieux con qui sucre les fraises en mélangeant Rolex et Réussite. 

Notre amitié commence peut-être dès le premier jour quand un de nos profs nous demande de partager nos motivations à intégrer la grande famille des « pubeurs ». J’avoue pour ma part, moitié français, moitié provocateur, « vouloir me faire plein de fric et un maximum de nanas ». Je crois que ça a plu à Franck.  Sandrine également dans la classe deviendra la manageuse du groupe avec un certain succès avant de tomber amoureuse et de se marier avec le chanteur de Seaton (une formation new-wave amie basée à Aix-en-Provence). Béatrice intégrera la bande et épousera Bruno, le batteur de Cérémonies. Également avec Mathy, Anne-Marie et pleins d’autres nous formons une petite bande d’apprentis pubards. 

Très vite Franck fait le lien avec les autres Cérémonies qui répètent au fameux Parking 2000. Le groupe partage un box avec une groupe exclusivement féminin les Traffic Diams. A côté, on croise les punks de Panik LTDC. Christian Panik, leur chanteur, est le frère de Bruno, le batteur de Cérémonies. Plus loin, les Martyrs ou les Toreros Muertos. Les Toreros sont espagnols et ont déjà eu des hits, dans les années 70, dans leur pays d’origine. Le Parking 2000 est un vrai parking qui loue à des groupes comme Tanit ou les Washington Dead Cats. Il n’y a pas de toilettes et on imagine facilement l’odeur ambiante. Le proprio coupe l’électricité à minuit. Dur pour ceux qui squattent et dorment dans les locaux de répétition sans chauffage. Le Parking 2000 est devenu, bien plus tard, un sujet de recherche pour une sociologue spécialisée dans la culture pop. C’est là que j’assiste à mon premier concert du groupe. Le premier d’une longue série.

En plus d’intégrer le BSS Kontingent, je change de look. Une grosse dominante de noir sur fond de treillis et de rangers tchécoslovaques achetés à La Redoute. Dieu merci, j’ai déjà les oreilles percées. Mes parents bloquent un peu sur mes chemises noires qui font écho aux heures sombres de l’histoire du fascisme italien. Me voici bientôt promu manager du groupe malgré une timidité maladive. Je ne tiendrai mon rôle juste quelques semaines, le temps d’envoyer quelques dossiers de presse et de faire une interview avec le groupe sur Radio Anarchie.

 Pour exister, Cérémonies joue un peu partout, dès qu’on lui en donne la possibilité. Un concert particulier est resté gravé dans la mémoire collective de tous les fans… Celui des 120 nuits. Les 120 nuits est une boite éphémère puisqu’elle ne durera que 120 Nuits (comme son nom l’indique). Une référence directe aux 120 journées de Sodome du Marquis de Sade. Un lieu que l’on aperçoit dans le cultissime « Les Nuits de la Pleine Lune » d’Eric Rohmer. Le 17 mai 1983, le groupe s’y produit soit quelques semaines avant sa fermeture. Pour l’occasion et pour affirmer l’univers artistique du groupe, nous mettons à contribution notre professeur de maquette et de dessin. Didier Puy-Ségur est un plasticien qui ne s’appelle pas encore « Putch » et qui n’a pas encore épousé la fille du « compresseur » César. Didier a vissé des capots de voiture sur le devant de la scène. Il est assis sur une chaise roulante avec des lunettes noires et un plaid sur les genoux. Avec une badine, il dirige deux « esclaves » femmes en combinaison de chantier qui vont exécuter ses ordres et peindre à sa place sur les dits capots. Cette performance est typique du personnage, elle mêle humour, décalage et performance artistique. Cérémonies joue d’enfer. Franck qui est inscrit à un atelier vidéo de la ville de Rosny, demande à ses camarades de filmer le concert. L’apprenti vidéaste oubliera d’appuyer sur le bouton et ne lancera pas l’enregistrement. Une galère de plus et un concert qui ne sera pas documenté…

Nous sommes en 1984 et le groupe décide de s’autoproduire. Une démarche peu commune à l’époque d’autant que l’opération est coûteuse (de mémoire autour des 15 000 Francs) et qu’il faut aller enregistrer en studio. Dans une interview donnée pour le fanzine Tropique du Cancer, le groupe déclare : « Nous sommes catégoriques, Nous n’avons jamais été jeté par une maison de disque pour la simple raison qu’on n’est jamais allé en voir. On voulait faire notre 45 tours pour se faire plaisir et pour voir si notre musique passe bien et pour faire la promo de Cérémonies. Ce qui est plus simple et plus efficace de faire avec un 45 Tours qu’avec une K7 ».  Tous les membres du groupe commencent à travailler et ont un peu d’argent à investir, il est donc temps pour eux de passer à la vitesse supérieure… Bien sûr, ils ont déjà enregistré des maquettes, mais là c’est du sérieux. Direction Studio DB où le groupe « pause » 3 morceaux : Le Goût du Saké, Kiss Of Death et Dantzig. Le ton est donné et seuls les 2 premiers titres seront retenus pour le single tandis que le 3e atterrira sur une K7 produite par un fanzine « Zick Addikt ». Dantzig est un morceau plutôt long qui comprend 2 segments, il n’y a pas la place sur le 45 tours et un maxi coûte trop cher. Je revoie clairement Franck, sa planche de Letraset à la main, composer la pochette du disque après avoir extrait d’un livre sur Paris, la fameuse photo de la gargouille gothique. Là, pour la première fois, j’ai pris conscience du process graphique et ma future carrière professionnelle prend corps.  A l’intérieur, grâce à une photocopieuse amie, un petit flyer, avec textes et remerciements, est inclus. Au verso une photo en contre-plongée présente le groupe avec un Franck un peu fatigué, un Gordon dégarni, un Piepp’ aux allures gothiques et un Bruno qui se prend déjà la tête. Pendant les mois qui suivèrent la publication du 45 tours, toute notre énergie sera dirigée vers la diffusion et la promotion de ce single qui, avec le recul, tient plutôt bien le coup. Sandrine, entre temps, devient la manageuse du groupe…

Pendant les mois qui vont suivre cette sortie, l’activité est intense pour le groupe et son entourage. Ainsi, lors de mon premier stage dans une agence de publicité, je découvre (non sans un certain bonheur créatif) le premier Macintosh d’Apple. Grâce à ce fantastique outil, nous coréalisons avec Franck le fanzine « 5 francs » qui est un collage de textes (saisis sur Mac Paint) et d’images. Je squatte la photocopieuse de l’agence pour le reproduire. On y trouve les textes de Cérémonies et certains de mes poèmes mélangés autour de photos. Car, oui j’écris des poèmes… Mais je ne m’en vante pas. L’image du poète torturé ne me plait pas.  Si nous n’avons jamais co-écrit de textes de chansons… Certains bouts de poème ont parfois inspiré l’écriture de Franck War. Ainsi et par exemple dans « Les Bouchers de Verdun », Franck emprunte « Un hiver mal placé dans mon été » à mon « Un hiver mal placé entre deux étés ». Il n’est pas question de plagiat puisqu’il m’a demandé la permission. Je vois ce processus créatif plus comme une forme d’émulation littéraire, un quasi- cadavre exquis façon Dada. C’est aussi une façon d’exister dans les chansons de Cérémonies et pour moi, en tant que fan N°1, un vrai bonheur. 

L’été venu, nous partons en vacances, direction l’Espagne et la petite ville côtière d’Oliva (près de Gandia et de Valence). Nous y retournerons plusieurs fois. Pendant trois semaines, au mois d’août, nous louons un appartement où le confort est réduit à sa plus simple expression. Il fait, de toute façon, trop chaud pour s’en rendre compte. Tous les soirs, c’est discotecă et alcool (souvent le fameux mélange Fanta Orange / vodka). Très vite, nous sympathisons avec quelques locaux « branchés ». C’est encore la movida et l’Espagne vit le grand n’importe quoi de l’après Franco. C’est la « fiesta » sans fin, toutes les nuits, à l’Hexagono ou au Labotorio Industriale. Angel et sa bande nous font découvrir le rock espagnol du moment. On partage la paëlla dans un repère d’anarchiste et malgré le fossé linguistique, le courant passe. La drogue facilite aussi la communication. Isabella, notre fournisseuse officielle, a le look « españa negra » derrière son éventail et s’avère être une amie des Chihuahua parisiens. Que nous croiserons à Paris grâce à elle. Nos copains espagnols nous invitent à participer à une émission (en traduction simultanée) sur la radio du coin, Radio Olivia. Nous parlons rock français et bien sûr de… Cérémonies. Naturellement, ils nous demandent de jouer en concert dans un bar de plage pour fêter ce rapprochement franco-espagnol. Une moitié de Cérémonies et une moitié… de ceux qui sont là sont donc invités à se produire live. Pour cette occasion uniquement, je deviens guitariste du groupe. Sans répéter, sans pouvoir vraiment m’accorder, nous assurons un set hallucinant ne comprenant qu’un long morceau d’une vingtaine de minutes. Finalement, je jette l’éponge et ma guitare. Un Espagnol complétement bourré prend le relai et martyrise cette guitare japonaise franchement injouable. Une vraie performance sonique à la Sonic Youth et mon pire souvenir de musicien ...

 

 

Les downloads bouloupiens (update)

Pour ceux qui n'étaient pas là depuis de début, voici un 2e récapitulatif des albums et singles que vous propose votre blog préféré :

Cérémonies, live sur la plage

Voici un collector, l'affiche du concert de Cérémonies à Oliva en Espagne. Cérémonies présenté comme un groupe "cool" de rock français. Alors que Gordon, Franck, Quick, Marc-André et Yves sont en vacances près de Valence, leurs amis de Radio Oliva, leur proposent de jouer live dans un bar de plage (le Tubos). Petit problème, seule une moitié de Cérémonies est présente et opérationnelle. Donc sans répéter, sans s'accorder, les compères jouent un concert catastrophique et inaudible sur du matériel d'emprunt... A la basse, Gordon, à la batterie Quick, au chant Franck et à la guitare, Marc-André. Heureusement, peu de gens assistent à ce happening que La Monte Young n'aurait pas renié ! 


La mélodie de Cérémonies

Toujours extrait du concert d'Aix-en-Provence en 1987, voici un morceau de Cérémonies que j'ai eu du mal à identifier. C'est plutôt une bonne nouvelle car je pensais avoir fait le tour du répertoire du groupe. D'ailleurs, je n'ai toujours pas retrouvé leur reprise de Bauhaus : "Kick in the Eye". Reprise fondatrice pour moi, puisque c'est ainsi que j'ai découvert cette formation glam et new-wave. Merci à Cérémonies, donc. Pour en revenir au dit morceau et en tendant l'oreille je l'ai appelé  "La Mélodie (du mélodrame)". Un très bon titre bien dans la lignée des autres morceaux du groupe. Le crobard qui illustre la vidéo a été réalisé par Marc-André et est utilisé sur une des affiches du groupe.
-

Le Paris de Cérémonies

J'ai, depuis peu, appris à retravailler un peu mieux le son de ces chansons extraites des démos que je publie régulièrement dans ces colonnes. J'ai déjà publié ce "Paris" extrait de la première démo de Cérémonies. On pourra ici ré-écouter l'ensemble des versions déjà publiées. Celle-ci a été extraite d'une autre source et "boostée" selon une méthode secrète que seule les meilleurs ingés son utilisent ! La photo qui illustre la vidéo est de Fabrice Plas. Elle représente Franck (chant) et Dgé (guitare) au Royal Belleville (à Paris). Elle a été prise à l'occasion du concert de Cérémonies et Seaton au Gibus.
-

Voici mon 600e Post

Voici mon 600e post et il est temps de faire le point. En presque 3 années, j'ai publié pas mal de choses. J'ai, sans doute, fait le tour du répertoire de Cérémonies, Monkey Business, Nouveaux Monstres, Chinaskis, Fricotins... Etc. Il me reste quelque bouts de concerts de Cérémonies à publier et quelques démos de Seaton. Je n'ai pas retrouvé la vidéo des Monkeys, ni leur concert au Plan, ni l'interview à France Inter ! Mais bon, je ne désespère pas ! J'en ai profité pour publier plein d'autre choses : l'Affrontement, le Duo Gagnant, Hasil Hadkins, François Alysse, Les Rois Fainéants, Les Dogs et les Cramps... Etc. J'ai eu quelques problèmes avec Etienne Daho qui n'a pas apprécié que je publie sans autorisation un bout de son premier Olympia ! J'ai discuté avec quelqu'un qui est sensé être son web master. En échange d'une rencontre, d'une autographe et de deux places de concert, je suis - bien sûr - prêt à donner ce concert à Etienne. Mais pour l'instant, je n'ai pas eu de nouvelles et je ne crois pas en avoir. Il se peut qu'à un moment ou à un autre je diffuse sous le manteau ce live, apparemment très rare et recherché, juste pour le plaisir. Si quelqu'un lit ces lignes et a des bandes audios, des vidéos, des photos concernant un des groupes lié au Bouloup Contingent, je suis bien sûr preneur. Il suffit de me contacter en cliquant ici (ou "Contactez-nous" à droite un peu plus bas) pour s'organiser. J'aimerai, par exemple, retrouver des traces des Traffic Diams qui partageaient un local avec Cérémonies. Je tiens à préciser que toute ma démarche est complétement désintéressée. J'essaie juste de centraliser et de redonner vie à cette bouillonnante créativité qui est typique d'une époque. Ce blog est très peu lu et les vidéos peu écoutées, j'en ai bien conscience. Mais je ne recherche ni la "gloire" et encore moins la célébrité. Je sais que sur la longueur, ces groupes et artistes auront l'audience qu'ils méritent. J'en profite pour remercier Hervé Hénocq (Gordon) et David Rosane pour leur soutient et les documents qu'ils m'ont confié et que je crois avoir dignement exploité. Bouloup n'a pas vocation a être alimenté éternellement, il arrivera un moment où... Je n'aurai rien d'autre à ajouter et où j'arrêterai mes publications. On se retrouve pour faire le point au 1000e post !

Je me souviens d'Aix-en-Provence

Voilà encore un beau document, ce live de Cérémonies à Aix-en-Provence en 1987. Le groupe viens juste de composer "Souvenirs de nous" (qui ne s'appelle pas encore comme ça) et ils le jouent avec une belle énergie. Si on écoute bien, au tout début de la vidéo, on entend un "bouloup" hurlé par Sandy. D'où, le nom de ce blog. Et oui ! La photo qui illustre la vidéo n'a pas été prise à Aix. Elle a été faite au Gibus et on y voit Franck, le chanteur de Cérémonies avec David, le chanteur de Seaton. Cérémonies avait été invité par Seaton à jouer à Aix. Pour leur rendre la politesse... Seaton avait été invité, à leur tour, à jouer à Paris. D'où cette photo historique, prise backstage. Enfin, ce "Souvenirs de nous" est dédié à Emma... Comme cet article de blog !
-

Cérémonies dans Rosny Magazine

Merci à Franck (Ex chanteur de Cérémonies, Chinaski's, Sexe des Anges, Maki, Nouveaux Monstres et actuel Demolition Party) qui m'a gentiment envoyé cet article extrait du journal de la ville de Rosny : Rosny Magazine sorti en Mai 1985. Dans ce journal, un encart sur le rock à Rosny... On y découvre Cérémonies mais aussi... Les Martyrs (que le groupe connaissait et qui répétait aussi au parking 2000) et les Texas Parahos. Les Texas était un groupe de rockabilly que mon camarade Quick connaissait et que nous avons été voir en concert !!! Leur fait d'arme est d'avoir repris "Dixie" l'hymne sudiste en rockab'... Une drôle d'idée un poil racist




Un instru. de Cérémonies

Très bon instrumental de Cérémonies, voici le bien nommé "Instrumental". Je pense que Frank War joue du synhté sur ce morceau (à défaut de chanter). La photo qui illustre la vidéo est une photo du groupe qui a été prise à l'Aéroport de Marseille. Le groupe a du jouer à Marseille ou à Aix-en-Provence (ou les 2). Ils en ont profité pour rencontrer (et jouer) avec le 1er groupe de David Rosane "Seaton". Seaton a beaucoup tourné dans la région et j'imagine qu'ils devaient jouir d'une certaine réputation. David étant, à l'époque, une sorte de Jim Morrison gothique (pardon mon gars David). Au final, Cérémonies a invité Seaton a jouer à Paris, au Gibus. Je me souviens très bien de cette prestation scénique et parisienne du groupe Aixois !
-

Pourquoi Cérémonies ?

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi Cérémonies s'appelait Cérémonies, voici la réponse sonore. J'ajouterai que ce morceau fait particulièrement bien le lien entre Joy Division et New Order. Les deux formations l'ont joué. Au milieu des années 80, Joy Division était très underground et n'était pas encore devenu une collection de tee-shirt pour H&M. Quant à New Order, ils avaient déjà cette aura culte avec un je ne sais quoi de "fun" en plus.
-

Zick Adikt

En Septembre 1985, Cérémonies est au sommaire du fanzine "Zick Adikt". Le fanzine a la particularité d'avoir une K7 audio jointe au journal. Dans cette K7, un inédit de Cérémonies. Il s'agit de "Dantzig" que j'ai déjà publié ici-même. Grâce à Edouard, voici la repoduction de l'article sur Cérémonies. Que l'on pourra également télécharger au format PDF, ici-même.
-

Demolition Party

J'ai beaucoup parlé des aventures musicales de Franck W. (chant et concepts créatifs) : l'Affrontement, Ann et les Fils De Joie, Cérémonies, Chinaski's, Le Sexe des Anges, Keyer Söze, Maki, Nouveaux Monstres et... Demolition Party. J'ai également beaucoup parlé de Dgé (guitare et production) : Wallenberg, Lyliak, Cérémonies, Chinaski's et... Demolition Party. J'ai eu le plaisir d'aller à l'école et de monter mes premières entreprises avec le premier... Et de travailler une bonne quinzaine d'années avec le second. Bref, Franck et Dgé sont des amis et si la Vie a parfois mis à mal cette amitié, nous avons su garder le contact. C'est donc assez naturellement que Demolition Party s'est retrouvé chez les Disques Abrasifs, mon label adoré... Un (tout petit) retour des choses car je dois un paquet de choses à ces deux pionniers parisiens du rock new-wave et alternatif.  A commencer par la raison d'être de Bouloup, haut lieu du rock français indépendant des années 80. Preuve vivante que ce rock "en français" était loin, dés 1980, des têtes de gondole comme Téléphone. Bref, Demolition Party est le résultat logique de cette longue expérience et ce premier single 3 titres, une très belle réussite. Un vrai cadeau pour les Disques Abrasifs que l'on pourra écouter ici-même ! Si vous ne connaissez pas, jetez-y "une oreille"... On y retrouve tout ce que j'ai aimé chez Cérémonies et ce qui a suivi. Une humeur de jeune homme ayant passé 60 ans et une production magnifique lorgnant vers la dream pop et plein d'autres choses.

Cérémonies sur Fréquence Montmartre

Le 9 Mai 1985, Fréquence Montmartre invite Cérémonies pour la sortie de son 45 tours. Franck et Gordon parlent du groupe, de leur concert annulé au Rose Bonbon, de 5 Francs (le fanzine qui accompagne leur 45 tours), des bouloupiens (qui donnent leur nom à ce blog) et plein d'autres choses encore... 33 ans après, c'est assez touchant de réécouter cette interview. Cette année-là, Fréquence Montmartre deviendra 988 FM puis Canal 9 et cessera son activité deux ans après. Autre détail intéressant, tous les 45 tours de Cérémonies ont été vendus, c'est du moins ce que déclare Franck... Vous pouvez, bien sûr, le retrouver en fouillant sur ce blog !
-

Cérémonies avec ou sans s (et sans accents)


Cérémonies est un groupe à part. New wave et batcave, ils m'ont fait découvrir tous les classiques du genre : de Joy Division à Bauhaus, en passant par Siouxsie et les Cure. Voici la face A de leur single auto-produit (enregistré au Studio DB le 8/12/1984). à une époque où il était compliqué de réaliser soi-même. Franck, le chanteur, a réalisé la pochette et pour avoir été en classe (de Pub) avec lui, je me souviens du long process : Letraset, image extraite d'un livre d'art sur Paris... Etc. Cérémonies a beaucoup joué dont en première partie de Cock Robin à l'Olympia, avec les Garçons Bouchers (lors d'un de leur premier concert), au Gibus, au Chat Bleu à Bordeaux, à Marseille... Etc. Ils répétaient un temps au Parking 2000, pas très loin de Tanit, Panik LTDC avec les Traffic Diams et autres Garçons Coiffeurs... Etc. Toute une époque ! 

Cérémonies dans La Revue Thésaurus

Quand Claude Picard m'a proposé d'écrire pour son fanzine, j'ai, bien sûr, tout de suite accepté. D'autant que j'avais carte blanche tant sur la thématique que sur le format. Il était temps pour moi de replonger dans l'aventure Cérémonies et d'en dérouler la chronologie (malgré la distance et les souvenirs flous). C'est pour Cérémonies - aussi - que je me suis lancé dans l'aventure de ce blog avec pour ambition de rendre hommage à ces initiatives musicales oubliées. J'ai donc contacté Franck War (chanteur du groupe)... Pour parler du bon vieux temps... Et si j'ai du mal à me souvenir, je crois que c'est pire pour lui qui est passé à autre chose depuis bien longtemps. Tant mieux... Pour ma part, je pensais pouvoir revenir sur nos années 80 sans nostalgie. Mais, à force, j'avoue que le plongeon dans le passé me fatigue et m'empêche parfois de me projeter dans le Futur. Quoiqu'il en soit, l'écriture de ce long texte m'a pris pas mal de temps et c'est avec une certaine joie que j'ai découvert la chose imprimée et distribuée. En l'écrivant, je me suis rappelé de cette chanson de Willie Nelson qui parle de "ses années de formation" dans le circuit country. Ce "Me and Paul" je l'ai beaucoup écouté avec John (mon beau-frère) alors que nous traversions les USA en voiture. J'ai longtemps médité sur ces paroles, me demandant qui était ce Paul et constatant que de la new-wave-punk et la country "outlaw" sont assez proches (dans la philosophie). C'est donc par une citation extraite de cette chanson que commence mon article qui documente cette, finalement, très belle histoire. Ma femme me faisait remarquer que seul Franck s'en est sorti presque indemne (et moi aussi d'une certaine façon). J'ai évité certaines anecdotes scabreuses qui méritent d'être oubliées, d'autres me sont revenues (et j'ai bien rigolé en y repensant). Bref, achetez La Revue Thésaurus N°1 ... Pour moi, mais aussi pour le single des Lou's et tous ces articles essentiels autour du punk, du rock et de la culture Pop ! Je travaille déjà sur un 2e article qui est quasiment une suite puisque c'est de ma "carrière" de musicien dont il s'agira. Cette revue est disponible chez Parallèles, Gibert Musique et toutes les bonnes crémeries ainsi que sur le site web de Claude. 


Cérémonies à la bonne vitesse ("N'importe quoi" mix inédit)

En recherchant des sources pour Cérémonies, je suis tombé sur ce mix que je ne connaissais pas de "N'Importe Quoi". De mémoire, c'est la 3 ou 4e version que je publie. La qualité audio étant bonne à la base, je suis plutôt content du résultat ! Voici Cérémonies à son top...
-