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Je me souviens de nous (1)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !

 

Avec le recul, parler de Cérémonies, c’est entreprendre un voyage introspectif et faire un retour sur mes années de formation puisque, d’une certaine façon, j’ai participé à cette aventure musicale. Bien sûr, vous vous demandez, « What’s the fuck… C’est quoi Cérémonies ? » S’ils avaient une « entrée » dans Wikipedia ça pourrait donner quelque chose comme « Cérémonies est un groupe rock français et new-wave qui a été en activité de 1983 à disons… 1989. » Je ne suis plus très sûr et Franck War (le chanteur du groupe) que j’ai interviewé pour écrire cet article non plus. D’ailleurs, je le remercie d’avoir partagé ses souvenirs et ravivé les miens.

Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer.  Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point. 

L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.

Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club.  Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ».  Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !

Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur.  Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.

La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh  sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.

Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.

Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes). 

J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...

Marc Seberg, live

Marc Seberg a eu une très grande influence sur l'ensemble des Bouloupiens. Le charisme de Philippe Pascal y est pour beaucoup comme le mélange de paroles au style plutôt classique et cette approche pop typique des années 80. J'ai déjà parlé de la rencontre d'Anzia avec Cérémonies ou bien du travail que nous avons fait avec Philippe pour le Blue Train Choir. C'est dire si, en plus de l'inspiration, nous avons interagi et échangé avec Marc Seberg. Lors d'un passage à Rennes, j'ai aussi eu le plaisir de rencontrer Matho, le batteur de MS. Voici un morceau extrait d'un live au Printemps de Bourges. Le son est plutôt mauvais et je pense que la captation a été faite par notre ami Doudou alors en mission pour les interviewer.
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Marc Seberg, la balance !

Merci à Marquis Seberg (sans doute, le canal "officiel" animé - je crois - par le fils de Philippe Pascal) pour ce document télé visuel d'époque ! Il s'agit d'une "balance" de Marc Seberg avant un concert pour la fête de la musique. Concert auquel nous avions assisté, il me semble !
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302 posts, déjà...

Voici le cap des 300 articles passés pour ce magnifique blog. Il est temps de faire le point et de se rappeler les fondamentaux ! Bouloup a pour objectif de documenter les aventures musicales des bouloupiens et du BSS Contingent. Tout à commencer au milieu des années 80 avec Cérémonies. Cérémonies, groupe français et new wave, est né des cendres d'un groupe punk : l'Affrontement. Il comprend : Gordon à la basse, Piep' à la guitare, Bruno à la batterie et Franck au chant. Franck décide de passer un BTS de Publicité. Il s'inscrit dans une école, dans Paris. Dans cette école, il rencontre Béatrice qui épousera Bruno, Sandy qui épousera David Rosane et Marc-André avec qui il fondera Bleu Petrol puis Public Image Factory. Deux studios de design pour lequel il travaillera pendant 15 ans. Mais revenons à Cérémonies. Le groupe sort un 45 Tours autoproduit qui depuis est devenu un véritable collector. Il suffit d'aller ici-même pour s'en rendre compte. La critique du disque dans Libération sera plutôt mauvaise et injuste. Le groupe est suivi par une horde de fans qui s'autoproclame le BSS Contingent (par analogie avec le Bromley Contingent proche des Sex Pistols). Leur cri de guerre est "bouloup" ! Cérémonies joue (entre autres) aux 120 Nuits, au Gibus, au Cithéa, au Rose Bonbon, au Chat Bleu (Bordeaux), à Aix-en-Provence où ils font la connaissance de Seaton lors d'un mémorable concert. Seaton est le premier groupe de David Rosane. Pour les remercier, Cérémonies invite Seaton à jouer au Gibus, à Paris. Cérémonies passe également sur plusieurs radios (notamment Fréquence Montmartre et Radio Libertaire) pour finalement jouer en première partie de Cock Robin à l'Olympia. Piep' quitte le groupe. Ses problèmes de drogue y sont sans doute pour quelque chose. Pour le remplacer, le groupe recrute Dgé à la guitare, ancien membre du groupe Wallenberg. Dgé travaille également avec Franck et Marc-André. Ils créent bientôt Bleu Petrol et Pascal Blua rejoint le trio. Avec Pascal, Marc-André créée Bibi et les Fricotins. Ils recrutent Yannick à la basse et utilisent une boite à rythme. Franck chante de temps en temps avec le groupe. Pendant ce temps, Cérémonies enregistre de nouvelles démos et se rapproche d'Anzia de Marc Seberg qui leur propose de travailler ensemble. Sandy, rencontrée à l'école de Publicité, est le manager de Cérémonies. Elle tombe amoureuse de David, le chanteur de Seaton. Ils se marieront et s'installeront à Paris. Seaton n'est plus et David cherche un nouveau projet musical. Bibi et les Fricotins se transforment en Etc's et s'adjoint les services de Véronique au chant. Finalement, Véronique part aux USA et les Etc's se rapprochent de David Rosane. Pascal Blua jette l'éponge et Bruno rejoint cette nouvelle formation : les Monkey Business. Parallèlement, Cérémonies a cessé d'exister et le groupe (moins Bruno) et plus Pascal R. devient les Chinaski's. Pascal Blua ayant quitté les Etc's  intègre les Chinaski's. Marc-André y fera un bref passage aussi. Monkey Business tourne un peu (entre autres) : le Plan, le Blues Heure, le Cadran, le Gibus, le Pigall's (avec Panik LTDC), Verdun, Rennes et Saint Malo. Ils jouent à France inter et dans un paquet de fêtes. Ils enregistrent une démo 4 titres et sont à deux doigts de signer chez New rose. Jean-Yves, recruté comme commercial chez Bleu Petrol, joue du sax et assure les cuivres pour les concerts. Au bout de 3 ans d'un dur labeur, le groupe explose en plein vol. Sandy ex-manageuse de Cérémonies, femme de David, assurait les choeurs pour Monkey Business et était également leur manager. Elle est malheureusement diagnostiquée schizophrène et doit faire de longs passages en hôpital psychiatrique. Très vite après Monkey Business, David Rosane joue dans les Stéréo Child avec les anciens membres de Seaton puis laisse tomber la musique (pour presque une décennie). Yannick, ex Fricotin et ex-Monkey Business, créée Blade. Groupe dans lequel Marc-André jouera également. David Rosane écrit quelques chansons avec et pour Blade. De son côté Marc-André créée Nouveaux Monstres avec Jean-Yves (Sax chez les Monkey). Ils enregistrent 2 CD avec Franck au chant et un dernier avec Marjorie. Franck joue également dans le Sexe des Anges (avec Gordon et Pascal R.). Une formation éphémère mais remarquée par les Inrockuptibles. Yannick joue également dans Manchester, Masonic Hands et plein d'autres formations. La vie, petit à petit, a éloigné et séparé le BSS Contingent. Certains sont morts, d'autres ont changé de vie ou ont disparu. Aujourd'hui David Rosane est revenu à la musique. D'abord avec OD, Neon Campfire, David & Lucie et finalement avec les American Zookeepers. Il tourne aux USA et s'autoproduit. Franck et Dgé jouent toujours ensemble dans Demolition Party. Yannick joue dans Thousand Watt Burns. Marc-André et Jean-Yves ont un nouveau projet : "Jean-Marc". Ce blog a pour vocation de documenter ces presque 30 années d'aventures musicales, riches et pourtant inconnues de tous. Voilà, la vocation de Bouloup. Rendez-vous dans 300 posts pour faire un nouveau point !

Une interview de Marc Seberg

Voici un document précieux puisqu'il s'agit d'une interview de Philippe Pascal (accompagnée de Pascale Le Berre) alors frontman de Marc Seberg, le tout, en 1985. Cette interview est réalisée par mon ami Edouard Dupressoir alors en charge d'une émission sur Radio Fugue le dimanche après-midi. Cette radio, très bien implantée en Picardie dans les années 80, 90 et 2000, est aujourd'hui devenue une web radio. Cette interview est sans doute un des points de départ de l'amitié entre Edouard et Philippe Pascal. Cette amitié a traversé le temps  et  continue encore aujourd'hui. Philippe Pascal est un poil tendu mais il essaie d'être sympa et de répondre le plus simplement possible. On le sent un peu "perché" mais au final assez touchant. Edouard a bien préparé ses questions qui sont pertinentes et très intéressantes. L'interview dure 45 minutes, alors on s'installe et on écoute ! Il s'agit d'un petit bout de l'histoire du rock français.
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Une autre interview de Marc Seberg

Retrouvée en même temps que l'interview de Marc Seberg sur Radio Fugue, voici Philippe Pascal et Pierre Thomas interviewés sur La Voix du Lézard, en Novembre 1985 (une semaine avant le concert au Casino de Paris).  La radio disparaîtra un an plus tard et deviendra Skyrock. Philippe est égal à lui-même. Il constate - entres autres - l'absence de scène rock en France... Un cliché qui perdure encore aujourd'hui !
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Les "Autres Chants" de Marc Seberg

Voici un "incunable" de Marc Seberg, le flyer du spectacle "Autres Chants" qui s'inspire et utilise un dessin d'Egon Schiele, l'artiste autrichien mort en 1918 et qui a inspiré tant de groupes new-wave (Complot Brunswinck, Marquis de Sade... etc.)



Je me souviens de Philippe Pascal

Philippe Pascal nous a quitté aujourd'hui. Philippe a toujours été là, occupant constamment une partie de mon univers musical. D'abord avec Marquis de Sade puis avec Marc Seberg. Je me souviens de ce Chorus, un dimanche devant la télé, avec ces jeunes gens modernes qui chantaient l'Europe (en anglais et en allemand). La couverture d'Actuel - aussi - avec leurs papas et leurs mamans. Je me souviens de l'Olympia en délire pour un Marc Seberg épique et héroïque. Je me souviens de Plan sur la Comète, le fan club officiel. Je me souviens du Blue Train Choir et ce CD sur lequel nous avons travaillé avec notre copain Edouard. Philippe était un peu lessivé mais il avait ce "truc" unique. Un charisme de star qui avait survécu à la drogue. J'étais fier de travailler pour lui, même si ce n'était pas un client facile. Je me souviens de Philippe dansant sur "Beat It" de Michael Jackson au mariage de Cécile et Doudou. Car entretemps, il était devenu un proche d'Edouard, un "frère" de cœur. Je me souviens l'avoir croisé aux Batignoles pendant le festival et d'avoir échangé avec lui quelques mots chaleureux. C'était quelques temps après l'avoir vu en sueur sur la scène du Méry pour un concert soul, blues et inspiré. Je me souviens - enfin - d'avoir pris le train pour Rennes pour ce concert unique du divin Marquis. C'était "reparti" et il méritait plus que jamais cette reconnaissance tardive. Et puis, aujourd'hui, plus rien. On parle de suicide et je frémis. Car j'ai déjà perdu un proche de cette façon. Philippe laisse un vide inexpliqué au moment où tout semblait à nouveau possible. Voici quelques photos prises lors du concert du Blue Train Choir au Méry !



Frakture

À la fin des années 70, Rennes devient l’un des foyers les plus passionnants de la nouvelle scène française. Entre punk, rock sombre et expérimentations post-punk, une poignée de groupes va transformer durablement le paysage musical local. Parmi eux, Frakture occupe une place particulière : un groupe à la trajectoire mouvementée, souvent éclipsé par la renommée de Marquis de Sade ou de Marc Seberg, mais qui témoigne parfaitement de cette période où tout semblait encore possible.

L’histoire commence en 1977 sous le nom de Fracture. Le groupe apparaît dans le même environnement que les premiers Marquis de Sade, avec notamment Christian Dargelos et Jacques Duval qui gravitent autour des deux formations. Les premières semaines sont instables, comme beaucoup de groupes de cette époque : les musiciens arrivent, repartent, changent d’instrument ou poursuivent d’autres aventures. Christian Dargelos quitte rapidement le navire pour se consacrer à Marquis de Sade, tandis que le groupe cherche encore sa direction.

La première période voit passer plusieurs musiciens, dont Sergeï Papail, Pascal Perrée, Jacques Duval et Philippe Rérolle. Les concerts s’enchaînent dans les lieux qui font alors vivre la scène rennaise : La Paillette, Le Rallye, l’Institut Franco-Américain ou encore les salles associatives qui accueillent cette nouvelle génération de groupes. Fracture avance dans l’urgence, avec cette énergie typique des formations de la fin des années 70 : peu de moyens, beaucoup d’idées et une volonté de sortir des sentiers battus.

En 1979, le groupe renaît sous le nom de Frakture. Autour de Sergeï Papail (basse, chant), Pascal Perrée (guitare), Philippe Rérolle (batterie) et Jacques Duval (guitare), la musique évolue. Le punk des débuts laisse place à quelque chose de plus froid, plus tendu, plus proche des sonorités post-punk qui commencent alors à circuler en Europe. Frakture développe une esthétique sombre, avec des textes parfois en allemand et une ambiance qui tranche avec le rock plus direct de la première vague.

Le groupe participe aux premières années des Rencontres Trans Musicales de Rennes et devient un acteur de cette scène locale en pleine construction. Pourtant, malgré une réelle personnalité et des concerts remarqués, Frakture restera longtemps un groupe discret, coincé entre plusieurs histoires plus médiatisées.

En 1980 sort enfin leur unique 45 tours de l’époque : « Sans Visage » / « Nagasakind ». Le disque est enregistré au Studio DB à Melesse, un lieu important pour la scène rennaise. Sur la face A, « Sans Visage » résume bien le nouveau son du groupe : une tension froide, une guitare tranchante et cette atmosphère étrange qui annonce la vague cold wave française. « Nagasakind », sur la face B, poursuit dans la même direction. Le disque deviendra avec le temps une pièce recherchée par les amateurs de rock français indépendant, tant il représente un moment précis de cette transition entre punk et new wave.

Frakture continue ensuite à évoluer avec plusieurs formations. En 1981, le groupe poursuit ses recherches et enregistre de nouveaux titres, avant de disparaître progressivement en 1983. Les musiciens ne quittent pourtant pas la musique : Sergeï Papail et Pascal Perrée rejoindront notamment Marc Seberg, autre grand nom issu de cette scène rennaise.

Après la séparation du groupe, Frakture ne disparaît pourtant pas complètement. Comme beaucoup de formations de cette époque, le groupe va connaître une seconde vie grâce au regain d’intérêt pour cette scène rennaise. Les archives ressortent, les anciens enregistrements sont réédités et un premier album regroupant les morceaux enregistrés pendant l’existence du groupe voit le jour en 2004.

En 2007, Frakture se reforme et reprend le fil d’une histoire commencée trente ans plus tôt. Cette résurrection confirme l’importance du groupe dans la mémoire de la scène rennaise : loin d’être seulement un témoin oublié du punk français, Frakture reste une formation qui a accompagné une mutation essentielle du rock hexagonal, entre urgence punk, froideur new wave et expérimentations post-punk.

Le 45 tours « Sans Visage » reste le symbole de cette période : un disque rare, marqué par son époque mais encore capable de surprendre aujourd’hui. Frakture fait partie de ces groupes qui n’ont jamais vraiment disparu : ils ont simplement traversé les années, comme une fissure toujours visible dans l’histoire du rock rennais.

Marc Seberg à la Télé

 Fan de transi de Marc Seberg, j'ai même enregistré l'audio d'un documentaire diffusé à la télé dans les années 80. Je dirais vers 1984/1985 mais sans aucune indication de l'émission ni de la chaîne ! Mais bon, c'est toujours sympa d'entendre parler Philippe et toute la bande. Pour les fans seulement !

Vue Sur La Comète

En 1987, nous avions participé çà la création de Plans Sur La Comète dont l'objectif était de fédérer les fans de Marc Seberg. Sous l'impulsion du camarade Edouard nous avions réalisé un flyer et un logo. Puis nous avons du être rattrapé par la réalité du business et nous n'avons pas vraiment donné suite à ce projet. Nous avons un peu laissé tomber Edouard et aujourd'hui, je le regrette. Anyway, il ne s'est pas démonté puisqu'il s'est occupé tout seul du journal de l'association : Vues sur la Comète. Dont je partage deux numéros qui apporteront des infos essentielles à tout ceux qui aiment Marc Seberg et Philippe Pascal.

     Vues Sur la Comète 1985


 


Entretien avec Anzia

A l'époque, notre ami Edouard D. avait créé le "fan club" de Marc Seberg et était rentré en contact avec le groupe. Il publiait régulièrement une newsletter avec des entretiens et des articles sur ce groupe "tête de pont" de la new wave française (je les publierai bientôt). C'est comme ça que Cérémonies avait rencontré Anzia (le guitariste) et projetait de travailler avec lui. Voici un entretien mené, en 1985, par Edouard D. L'objectif, à la base, n'était pas de le publier. Juste d'en tirer un article. D'où le son approximatif. Mais avec la distance, c'est sympa de pouvoir l'écouter. Il y a un passage où Edouard demande à Anzia de se situer par rapport à la scène de l'époque... Un passage plutôt intéressant à réécouter.
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Reprise impensable

Marc Seberg qui reprend PIL, c'est une rencontre quasi impossible... Et pourtant, il semblerait qu'elle se soit produite. A Rennes, en Décembre 1988.
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Si j'avais su te dire

J'ai déjà publié 2 extraits de ce live de Marc Seberg à Bourges, le 30 Mars 1985. J'en profite pour signaler que cette captation a été réalisée par l'ami Pascal B. Ce coup-ci, je reprend tout depuis le debut ! Premier extrait...
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La Galerie Dupressoir


Edouard Dupressoir est très vieil ami. Nous nous sommes rencontrés dans un magasin de disques et depuis notre amitié est placée sous le signe de la musique. Nous avons vu ensemble quantité de concerts, organisé parfois, soutenu nos héros comme Philippe Pascal, ancien Marquis de Sade et Marc Seberg, travaillé ensemble. Bref, nous avons pas mal de souvenirs en commun. La dernière aventure d'Edouard se situe en Espagne. Edouard et toute sa faimme sont devenus espagnols et a ouvert une galerie d'art en plein cœur de Barcelone. Un endroit incroyable à découvrir ! Voici ma modeste contribution en temps que fan de la Galeria Dupressoir. La musique est signée Delia Derbyshire, une pionnière anglaise de la musique électronique.
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Kheops

À la fin des années 1980, la scène rock française regorge de groupes actifs dont la trace discographique reste aujourd’hui ténue. Kheops appartient clairement à cette catégorie. Le groupe ne semble avoir laissé derrière lui qu’une poignée d’enregistrements, mais ceux-ci suffisent à attester d’une activité réelle et d’un parcours typique de ces formations qui vivaient avant tout par la scène et les réseaux indépendants.

La discographie du groupe reste extrêmement réduite. Elle s’articule autour d’un premier 45 tours autoproduit paru vers 1987, avec « Fierté Orgueil Virilité » en face A et « Against The Worst » en face B. Ce disque constitue aujourd’hui la trace la plus visible du groupe. Il sera suivi d’autres enregistrements au tournant des années 1990, notamment un single comprenant « Les Fleurs Coupées », ainsi qu’un album publié en 1990 simplement intitulé Kheops. Ces sorties, aujourd’hui recensées dans les bases discographiques spécialisées, confirment que le groupe a dépassé le stade de la simple démo pour tenter une véritable existence discographique, même si ces pressages semblent avoir circulé dans des quantités très modestes.

Comme beaucoup de groupes de cette période, Kheops se construit d’abord sur scène. À la fin des années 1980, le réseau des concerts – MJC, petites salles, festivals locaux – constitue la principale infrastructure pour les groupes rock français. Les disques servent surtout de carte de visite. Tout indique que Kheops appartient pleinement à ce circuit, accumulant les concerts et cherchant progressivement à transformer cette activité scénique en véritable projet discographique.

Tout porte à croire que le groupe évolue dans l’environnement parisien ou en région parisienne. Les membres évoquent eux-mêmes les difficultés liées au manque de petites salles dans ce secteur, un problème bien connu des formations locales de la fin des années 1980. Cette implantation correspond aussi au paysage musical auquel Kheops semble appartenir : celui d’une scène encore très fragmentée, où coexistent héritage post-punk, influences new wave et émergence d’un rock français qui commence à se structurer.

Les références musicales évoquées par le groupe dessinent un spectre assez large. L’ombre de formations comme The Cure, U2 ou Bauhaus plane alors sur toute une génération de musiciens européens, tandis que le groupe français Marc Seberg représente l’une des tentatives les plus singulières d’adapter ces influences au paysage hexagonal. Kheops semble s’inscrire dans cet espace intermédiaire, sans revendiquer une appartenance stricte à une scène précise.

Ce positionnement reflète assez bien le moment particulier que traverse alors le rock français. À la fin des années 1980, la frontière entre rock indépendant, rock alternatif et circuits plus institutionnels reste encore mouvante. Certains groupes commencent à franchir le pas vers les majors, comme La Mano Negra ou Les Négresses Vertes, tandis que d’autres continuent à évoluer dans un réseau parallèle de labels modestes, d’autoproductions et de fanzines. Kheops se situe manifestement dans cet entre-deux, à un moment où les perspectives d’enregistrement commencent à s’ouvrir mais où la scène demeure le principal moteur de visibilité.

L’autoproduction de leur premier 45 tours illustre bien cette situation. Pour de nombreux groupes de l’époque, presser un simple constitue à la fois une carte de visite et un pari financier. Le disque circule dans les concerts, chez quelques disquaires spécialisés ou par l’intermédiaire des fanzines. Mais l’énergie nécessaire pour gérer ces aspects logistiques pèse souvent sur des musiciens qui préféreraient consacrer leur temps à jouer et à composer.

Le nom Kheops lui-même semble avoir été choisi davantage pour sa force évocatrice que pour un programme esthétique précis. Avec le recul, il évoque presque involontairement la construction progressive d’un groupe qui s’édifie patiemment dans l’ombre : concerts, maquettes, autoproductions et tentatives discographiques modestes. Comme beaucoup de formations actives dans les marges de la scène rock française de la fin des années 1980, Kheops n’a laissé que peu de traces visibles. Pourtant, derrière ces quelques disques et les témoignages dispersés dans les fanzines de l’époque, apparaît le portrait d’un groupe pleinement inscrit dans l’écosystème musical de son temps : celui d’un rock qui se vivait d’abord sur scène, bien avant de survivre dans les archives.

Idées sombres

Grâce à Gordon, continuons notre exploration du répertoire des Chinaski's. Cette fois-ci, il s'agit d' "Idées sombres". Un morceau pop marqué par le timbre de voix de Franck War. Bien sûr, il y a quelque chose d'Etienne Daho et de Marc Seberg... Mais c'est surtout Octobre qui me vient à l'esprit. Il y a pire, niveaux références. Bref, un trés joli morceau avec de très bons lyrics !
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Une Passion Locale

Voici un groupe new-wave parisien qui n'a sorti qu'un single en 1987. Pourtant Local Passion a plusieurs intérêts... D'abord son single a été produit par Anzia de Marc Seberg (il semblerait qu'il existe aussi  un album CD produit par Anzia mais vendu à des prix incongrus). Ensuite, Gerald de Palmas a joué dans ce groupe. Perso, de Palmas je ne connais pas et ce n'est pas le genre de chose qui m'attire. Je crois qu'il a eu son heure de gloire au début des années 2000. Enfin, musicalement, c'est bien. Et c'est ça le principal. Extrait d'une obscure compilation K7 datant de 1985, voici "Le Bouclier d'Athéna".