Ex-Teens

Ex-Teens fait partie de ces groupes français des années 80 dont il ne reste aujourd’hui que quelques traces, un nom qui circule entre collectionneurs et un 45-tours qui refait parfois surface au détour d’une caisse ou d’un forum spécialisé. En 1986, le groupe sort un unique single, Dans Ma Ville, sur le label DS Audio. Une production modeste, typique de cette période où de nombreuses formations rock existaient en marge des circuits officiels, enregistrant un disque comme on laisse une balise, sans forcément imaginer qu’il deviendrait, des décennies plus tard, un objet de curiosité pour amateurs de scènes oubliées.

À l’époque, Ex-Teens se compose de Frédéric Duchesne au chant, Pascal Manganaro à la batterie et Vincent Guilluy à la basse. Le trio s’inscrit dans ce rock français de milieu des années 80, direct et sans fioritures, ancré dans le quotidien, comme le suggère déjà le titre Dans Ma Ville. Le morceau évoque une réalité urbaine banale et familière, loin des postures ou des effets de style, dans une veine qui rappelle toute une génération de groupes locaux pour qui le rock était avant tout une affaire de vécu et de proximité. Le choix de placer en face B une reprise de Heartbreak Hotel d’Elvis Presley (via Johnny en français) est révélateur de cet ancrage rock sans complexe, assumant une filiation évidente avec les racines du genre tout en les réinterprétant à l’échelle d’un trio français des années 80.

Le disque sort discrètement, sans relais médiatique notable, et ne sera suivi d’aucune autre publication connue. Comme beaucoup de groupes de cette époque, Ex-Teens n’a laissé ni interviews, ni articles de presse, ni récit officiel de son parcours. Seuls subsistent ce 45-tours, quelques mentions éparses et la mémoire fragmentaire de ceux qui l’ont croisé ou écouté. Cette absence d’archives fait aussi partie de son histoire. Elle rappelle combien la scène rock française des années 80 fut foisonnante, faite de groupes éphémères, d’initiatives isolées et de disques autoproduits ou confidentiels, dont l’existence même tient parfois à un exemplaire conservé, un rip partagé ou un nom inscrit sur une pochette. Ex-Teens appartient pleinement à cette cartographie discrète et précieuse que Bouloup s’attache à documenter, là où la mémoire officielle s’est arrêtée.