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Sur un malentendu

Nous parlions, il y a peu,  du studio Bleu Petrol (fondé par Marc-André et Franck - où travaillait Pascal B et Dgé)... Voici le film réalisé par Frédéric Dussoubs en Super 8 avec Franck au stylisme. Ce film (qui tourne autour du bleu) a été diffusé lors d'un salon de la créa publicitaire. Il se trouve, également, que le dernier album d'Alain Bashung (avant de mourir) se nomme "Bleu Pétrole" et que du coup, 20 000 personnes ont cru voir un clip extrait de cet album en visionnant cette vidéo. Mais, on n'en veut pas à Bashung d'avoir pompé ce si joli nom et d'être mort juste après ! Sur un malentendu, Bleu Petrol a finalement eu l'audience qu'il méritait. Bleu pour Matisse et Petrol pour "That Petrol Emotion".
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302 posts, déjà...

Voici le cap des 300 articles passés pour ce magnifique blog. Il est temps de faire le point et de se rappeler les fondamentaux ! Bouloup a pour objectif de documenter les aventures musicales des bouloupiens et du BSS Contingent. Tout à commencer au milieu des années 80 avec Cérémonies. Cérémonies, groupe français et new wave, est né des cendres d'un groupe punk : l'Affrontement. Il comprend : Gordon à la basse, Piep' à la guitare, Bruno à la batterie et Franck au chant. Franck décide de passer un BTS de Publicité. Il s'inscrit dans une école, dans Paris. Dans cette école, il rencontre Béatrice qui épousera Bruno, Sandy qui épousera David Rosane et Marc-André avec qui il fondera Bleu Petrol puis Public Image Factory. Deux studios de design pour lequel il travaillera pendant 15 ans. Mais revenons à Cérémonies. Le groupe sort un 45 Tours autoproduit qui depuis est devenu un véritable collector. Il suffit d'aller ici-même pour s'en rendre compte. La critique du disque dans Libération sera plutôt mauvaise et injuste. Le groupe est suivi par une horde de fans qui s'autoproclame le BSS Contingent (par analogie avec le Bromley Contingent proche des Sex Pistols). Leur cri de guerre est "bouloup" ! Cérémonies joue (entre autres) aux 120 Nuits, au Gibus, au Cithéa, au Rose Bonbon, au Chat Bleu (Bordeaux), à Aix-en-Provence où ils font la connaissance de Seaton lors d'un mémorable concert. Seaton est le premier groupe de David Rosane. Pour les remercier, Cérémonies invite Seaton à jouer au Gibus, à Paris. Cérémonies passe également sur plusieurs radios (notamment Fréquence Montmartre et Radio Libertaire) pour finalement jouer en première partie de Cock Robin à l'Olympia. Piep' quitte le groupe. Ses problèmes de drogue y sont sans doute pour quelque chose. Pour le remplacer, le groupe recrute Dgé à la guitare, ancien membre du groupe Wallenberg. Dgé travaille également avec Franck et Marc-André. Ils créent bientôt Bleu Petrol et Pascal Blua rejoint le trio. Avec Pascal, Marc-André créée Bibi et les Fricotins. Ils recrutent Yannick à la basse et utilisent une boite à rythme. Franck chante de temps en temps avec le groupe. Pendant ce temps, Cérémonies enregistre de nouvelles démos et se rapproche d'Anzia de Marc Seberg qui leur propose de travailler ensemble. Sandy, rencontrée à l'école de Publicité, est le manager de Cérémonies. Elle tombe amoureuse de David, le chanteur de Seaton. Ils se marieront et s'installeront à Paris. Seaton n'est plus et David cherche un nouveau projet musical. Bibi et les Fricotins se transforment en Etc's et s'adjoint les services de Véronique au chant. Finalement, Véronique part aux USA et les Etc's se rapprochent de David Rosane. Pascal Blua jette l'éponge et Bruno rejoint cette nouvelle formation : les Monkey Business. Parallèlement, Cérémonies a cessé d'exister et le groupe (moins Bruno) et plus Pascal R. devient les Chinaski's. Pascal Blua ayant quitté les Etc's  intègre les Chinaski's. Marc-André y fera un bref passage aussi. Monkey Business tourne un peu (entre autres) : le Plan, le Blues Heure, le Cadran, le Gibus, le Pigall's (avec Panik LTDC), Verdun, Rennes et Saint Malo. Ils jouent à France inter et dans un paquet de fêtes. Ils enregistrent une démo 4 titres et sont à deux doigts de signer chez New rose. Jean-Yves, recruté comme commercial chez Bleu Petrol, joue du sax et assure les cuivres pour les concerts. Au bout de 3 ans d'un dur labeur, le groupe explose en plein vol. Sandy ex-manageuse de Cérémonies, femme de David, assurait les choeurs pour Monkey Business et était également leur manager. Elle est malheureusement diagnostiquée schizophrène et doit faire de longs passages en hôpital psychiatrique. Très vite après Monkey Business, David Rosane joue dans les Stéréo Child avec les anciens membres de Seaton puis laisse tomber la musique (pour presque une décennie). Yannick, ex Fricotin et ex-Monkey Business, créée Blade. Groupe dans lequel Marc-André jouera également. David Rosane écrit quelques chansons avec et pour Blade. De son côté Marc-André créée Nouveaux Monstres avec Jean-Yves (Sax chez les Monkey). Ils enregistrent 2 CD avec Franck au chant et un dernier avec Marjorie. Franck joue également dans le Sexe des Anges (avec Gordon et Pascal R.). Une formation éphémère mais remarquée par les Inrockuptibles. Yannick joue également dans Manchester, Masonic Hands et plein d'autres formations. La vie, petit à petit, a éloigné et séparé le BSS Contingent. Certains sont morts, d'autres ont changé de vie ou ont disparu. Aujourd'hui David Rosane est revenu à la musique. D'abord avec OD, Neon Campfire, David & Lucie et finalement avec les American Zookeepers. Il tourne aux USA et s'autoproduit. Franck et Dgé jouent toujours ensemble dans Demolition Party. Yannick joue dans Thousand Watt Burns. Marc-André et Jean-Yves ont un nouveau projet : "Jean-Marc". Ce blog a pour vocation de documenter ces presque 30 années d'aventures musicales, riches et pourtant inconnues de tous. Voilà, la vocation de Bouloup. Rendez-vous dans 300 posts pour faire un nouveau point !

Je me souviens de nous (3)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Le 9 mai 1985, Franck, Gordon, Piepp’ et Bruno sont invités sur Fréquence Montmartre. Apparemment le Rose Bonbon a annulé leurs 2 dates (pour la 2e fois) et ils en ont gros sur la patate d’autant qu’ils n’ont prévenu personne (à commencer par les premiers intéressés). Dommage, ces concerts devaient faire office de « release party » pour le single. 

Franck : « L’avenir de tous les groupes s’est de changer un peu… Oberkampf se sépare, c’est triste ! »  Oui mais il y a Cérémonies souligne l’animatrice… Franck « Oui, il y a Cérémonies pas dans le même genre, mais dans la même voie ». Intéressant, le groupe se sent « engagé » et d’une certaine façon sans concession comme les punks d’Oberkampf.  Puis Franck parle des thèmes qu’il aborde dans ses chansons : « C’est assez simple, ce ne sont pas des grands messages politiques ou pseudo-intellectuels. C’est un peu monté comme des scénarios de film, des histoires, de la fiction, ce sont des images. Comme des petits films, des court-métrages. » puis d’ajouter que le groupe s’adresse à un public le plus sélectif possible. « C’est comme en publicité, on essaie de trouver un créneau. » puis « sur les milliers de groupe français, il y en a peut-être 10% qui peuvent faire quelque chose d’aussi bien que les groupes anglo-saxons ». Les ambitions sont là et Franck a bien assimilé nos cours de marketing.

 

Quand vous jouez dans un groupe, le temps est votre plus grand ennemi. Les efforts communs de ses membres sont tellement énergivores en particulier quand vous êtes jeune (et con). Au bout de 3 ou 4 ans, si rien ne s’est réellement passé vous risquez au mieux le départ de certains…  Fatigués par une routine chronophage ou pire, un split sanglant. Un peu comme en amour. En vieillissant, les choses se tassent et vous apprenez à gérer l’effort sur la longueur. Là, Cérémonies est en pleine possession de ses moyens et a déjà 2 ou 3 ans d’existence. Il faut aller vite.

 

Le groupe participe à un forum des autoproductions dans une lointaine banlieue. Cette manifestation mélange musique, presse, art…Et tout ce qui est globalement autoproduit.  L’élection de François Mitterrand et l’explosion des Radios libres ont favorisé ce type d’initiatives. Il y a comme un vent de liberté créative. Très stimulant et intéressant. Gogol 1er, déguisé en prêtre intégriste, y fait une entrée fracassante au volant de son corbillard. Une installation réalisée à partir de prothèses et de matériel médical d’époque me fait grande impression.

 

On envoie le 45 tours à la presse et au journal Libération en particulier qui le chronique dans sa rubrique dédiée aux singles. Ils ne sont pas très « friendly » et par la même « casse » un certain élan du fait de mots particulièrement blessants. « Cérémonies s’envole gothique et se ramasse français », dur et très injuste. D’après Franck, le groupe aura du mal à s’en remettre. Pour le dossier de presse de Cérémonies, grâce à un cutter de graphiste, nous nous débarrassons de la partie embarrassante de cette affirmation ressentie comme purement gratuite.

 

Le groupe jouera beaucoup live pendant cette période. Bien sûr, les concerts sont le premier vecteur de promotion d’un groupe de rock quel que soit son style. Ils joueront notamment au Seism (à Champigny), au Gibus (comme 90 % des groupes), au Cithéa, au Chat Bleu (à Bordeaux), à Aix… Etc. Le groupe s’accroche, répète, joue. Le concert au Chat Bleu (un 21 Décembre) est un très bon souvenir puisque nous nous déplaçons « en bande » et faisons l’aller-retour sur un week-end pour soutenir nos poulains (dans une salle à moitié vide). J’ai une image très claire de l’autoroute du retour sous la pluie dans la voiture du camarade Quick. Je découvrirai bien plus tard que le Chat Bleu permettra à Noir Désir, un an plus tard, de lancer sa carrière. Un autre concert est resté gravé dans ma mémoire du fait de son ambiance particulière… Cérémonies partageant l’affiche avec les Cherokees et La Poupée Vinyle dans une autre lointaine banlieue. La salle est infestée de Skinheads venus soutenir la Poupée et les toilettes sont un point de rendez-vous pour la fange la plus extrême de ce public venu en découdre. Pour aller pisser un coup j’évite « Fait en France » (tatoué sur le front) et ses potes qui parlent de leurs derniers séjours en prison. Heureusement, « Skin » est là ce soir avec le BSS Kontingent et nous servira de sauf-conduit. Skin, dont je ne me souviens pas du prénom, a pour fait de guerre d’avoir été pris en photo à la Fontaine des Innocents aux Halles, crâne rasé, faisant le salut nazi pour illustrer un article de fond (en une de France Soir) sur le mouvement Skinhead. Skin est, pour finir, un bon gars qui a un peu lâché ses idées extrémistes pour travailler dans l’informatique et pouvoir librement « fricoter » avec une magnifique beurette dont il est tombé amoureux. Pour Franck War, un autre concert reste, pour lui, un grand moment… Celui à Marseille puisque la production offre au groupe un aller-retour en avion ainsi que l’hébergement pour jouer, encore une fois, devant une salle à moitié pleine. A moitié vide ?  Va savoir. Pour une fois, en tout cas, le groupe est traité comme il se doit, comme de véritables artistes. Pour ma part, je garde – enfin - un vague souvenir à jamais amusé d’un tremplin, un dimanche après-midi où Cérémonies remportera le trophée haut la main devant les Garçons Bouchers (dont c’était un des premiers concerts). Dans la salle, les BSS étaient venus en force. Ceci expliquant cela.

 

Sandrine rebaptisée Sandy, leur manageuse, ne chôme pas puisque, finalement, le 2 juin 1986, Cérémonies fait la 1ere partie de Cock Robin à l’Olympia. Est-ce un début de reconnaissance ? C’est du moins ce que nous ressentons tous. Avec le recul, on peut se demander si l’association avec un groupe de variété passant en « heavy rotation » sur NRJ était un bon calcul ? Mais bref, ce soir-là, je suis à l’Olympia où le groupe joue bien mais a du mal à s’imposer face à un public qui est venu uniquement pour les tubes du groupe originaire de San Francisco. Je suis comme un fou, je cours dans tous les sens… En gueulant : « Ce sont mes potes, là en noir sur scène. ». Les pré-ados et leurs parents s’en foutent.  Malheureusement, je ne suis pas invité back stage où le groupe doit savourer « son » moment et où Franck fait un peu de rentre-dedans à Jeanne Mas venue soutenir la formation de Peter Kingsbery et Anna LaCazio. Pour savourer à 100% ce moment, je n’ai ni appareil photo, ni walkman enregistreur. Je veux apprécier à 100% ce moment de gloire. Dommage, même si je garde le souvenir précis d’avoir croisé la maman de Franck dans la salle, appareil photo à la main, si fière d’assister à la consécration de son fils adoré. Il y a donc - peut-être – de photos « souvenirs » quelque part.

 

Une fois ce haut fait d’arme passé, Cérémonies a la gueule de bois et a du mal à se remettre en mouvement. D’autant que Piepp’, le guitariste, est de plus en plus attiré par les vapeurs mauves de la drogue (et de l’héroïne en particulier). Le groupe loue un local de répétition à Champigny-sur-Marne dans une propriété bourgeoise au-dessus d’un garage dans le jardin. A la fin d’une répétition, Piepp’ prend son ampli et annonce qu’il va le vendre parce qu’il a besoin d’argent. Malaise, tout le monde sait ce que veut dire ce geste inattendu. Piepp’ a besoin d’argent pour acheter de la drogue. Ce jour-là, j’assiste à la répétition et j’en profite pour racheter ledit ampli (à un juste prix) avant qu’il ne disparaisse à jamais. Et comme je sous-loue ce même local avec mon groupe, Cérémonies pourra continuer à jouer sur cet ampli. Pour être tout à fait franc, J’ai un peu peur que l’ampli ne disparaisse mais Piepp’ a été clean (si je puis dire) puisque le Music Man est toujours en ma possession.  Au-delà de l’anecdote, c’est une époque qui s’achève. Le groupe essaie de se réinventer et la dernière démo qu’ils enregistrent avec la formation originale annonce cette mue… « N’importe quoi » est plus léger, plus pop, plus personnel aussi. Mes oreilles de fan n’en reviennent pas. Cérémonies se transforme et Piepp’ en profite pour quitter définitivement le groupe. Nous perdons alors le contact et une OD aura raison de sa gentillesse quelques années plus tard. 

 

Jean-Jacques, Dgé pour les intimes, rejoint la formation. Ex-guitariste de Wallenberg, Dgé est une sorte de virtuose de la guitare new-wave avec un jeu qui lui est particulier, tout en lyrisme et en finesse. On est loin des power chords et de l’approche gothique et bruitiste de Piepp’. Jean-Jacques/Dgé n’est pas un inconnu puisqu’il travaille avec Franck et moi-même depuis un moment. Il fait ce qu’on appelle dans le métier de « l’exé » et il est là quand nous créons le studio Bleu Petrol. Il ne nous quittera plus ensuite. Après être parti de Wallenberg, il fonde Lyliak avec Manou, sa compagne et un camarade à l’ordinateur pas complétement transportable (nous en sommes aux prémices du home studio moderne). Manou, une grande brune à la voix grave est la descendante de Vlad le Dragon qui a inspiré Bram Stoker pour son Dracula. D’ailleurs, pour fêter la première année de notre studio Bleu Petrol, nous organisons un mini festival avec Lyliak, mon groupe de l’époque (Bibi & les Fircotins) et Cérémonies en tête d’affiche à la MJC du Pré-St Gervais. Dgé apporte un fini musical et un sens du timing qui faisaient défaut au groupe. Du coup, Cérémonies change son répertoire, affine son style et – comme je l’ai déjà dit – lorgne vers une pop française de qualité. Entre temps, nous avons avons beaucoup élargi notre univers musical en écoutant de nouvelles choses dont les Smiths et Morrissey, Gamine et toujours (et encore) Marc Seberg. Même si musicalement le groupe atteint certains sommets, Cérémonies a du mal à se re-motiver et à réellement avancer. Une question fondamentale se pose alors, faut-il retirer le « s » à Cérémonies ?  Une bonne façon de marquer leur unité musicale retrouvée.

 

Les fans comprennent mal certaines expérimentations au chant de Franck. Franck, toujours en avance d’une tendance musicale, se met en danger et expérimente vocalement de nouvelles choses. Nous les « proches » passons un peu à côté… Trop habitués à une certaine approche gothique. Pour ma part, j’en profite pour prendre un peu de distance. Après avoir été le fan N°1, je suis un peu moins impliqué. Grâce à Cérémonies, j’ai maintenant mon propre groupe de rock, certes un peu approximatif mais qui concentre toute mon attention. Bien plus tard, je jouerai avec Bruno, le batteur de Cérémonies et découvrirait à quel point il avait un caractère difficile, supportant assez mal la contradiction et ce qui ne rentrait pas dans ses goûts musicaux. A moins que ça ne soit juste qu’un problème d’alcool. Bruno jouait fort et pas toujours en place. Il jouait très fort d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on partait pour un concert, il fallait prévoir en plus un parpaing pour éviter que la batterie ne se déplace, toute seule, sur scène.

 

Pendant, cette 2e partie de l’épopée de Cérémonies, il ne se passe finalement plus grand-chose. Le groupe jouera au Gibus plusieurs fois dont une fois avec Seaton, les copains Aixois. Sandy, ex-manageuse de Cérémonies, s’occupe maintenant d’eux. Nous avons perdu le contact avec elle et évidemment son énergie et son sens du contact font franchement défaut au groupe. Cérémonies joue aussi deux ou trois fois au Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux. Avec Bleu Petrol, nous travaillons pour Phil « La Couette » tour manager de la Mano Negra et programmateur du Fahrenheit. Ce qui facilitera le contact. Ils enregistreront aussi quelques maquettes qui ne rendront pas toujours un hommage fidèle à la qualité de leur jeu ni à leurs nouvelles compositions. Ce sont, malheureusement, des lettres restées sans suite. Assurément un gâchis musical qui méritait mieux qu’une K7 audio fatiguée.

 

Finalement, Pascal Rescoussié rejoint Cérémonies pour jouer des claviers et ajouter une touche synthétique à des arrangements de plus en plus sophistiqués. Pascal est aussi un ami du groupe et a œuvré, par le passé, dans Anne et les Filles de Joie. Pascal est un personnage extrême mais très attachant qui a une petite particularité physique : il n’a pas mué et conserve sa voix d’enfant. C’est le dernier acte de la saga de Cérémonies. Les années 90 arrivent et les temps changent. La new-wave n’est plus dans l’air du temps. En Angleterre, on opère une fusion entre rock et musique de danse. Nous-mêmes, hantons certaines boites de nuit et toute la vague née du nouveau « Summer Of Love » mancurien tourne maintenant sur nos platines (CD, le vynil étant passé de mode aussi). Bruno, le batteur, rêve de grunge, de hardcore et de fusion. Il quitte finalement Cérémonies jugé trop mou du genou. Cérémonies n’y survivra pas. Cérémonies sans batteur mais avec un sampler Akaï devient le Sexe des Anges, Keyser Söze puis les Chinaskis (Bukowski encore) avec quasiment le même line-up et quelques talents en plus… Mais c’est une autre aventure musicale qui mérite son propre article.

 

Aujourd’hui, Franck joue toujours avec Dgé dans le très bon Démolition Party. La drogue a failli avoir raison de notre amitié mais j’ai bon espoir que les choses s’arrangent. Dgé va bien et vous embrasse. Bruno ne joue plus de batterie et vit sur son bateau à la Rochelle avec Sandy. Sandy qui après plusieurs passages en hôpital psychiatrique, semble être à peu près en bonne santé et tenir le coup. Pascal Rescoussié, prince des excès alcoolisés, bien que très gravement malade semble, lui aussi, à peu près s’en sortir. Je n’ai plus de nouvelles de la plupart des BSS Kontingent mis à part Quick. Quick est aussi mon ami d’adolescence. Il vit, aujourd’hui, du côté de Toulouse ou un incompréhensible AVC a sérieusement remis en question son mode de vie. Il marche beaucoup… Si possible dans des paysages fantastiques, en accord avec une certaine vision de la vie.  Quant à moi, la musique me tient toujours à cœur puisque j’œuvre dans un groupe qui s’appelle Jean_Marc.

 

Reste les chansons de Cérémonies dont « Souvenirs de Nous » qui avec le recul résonne comme une prophétie et une parfaite conclusion : « Je me souviens de toi, je me souviens de tout, je me souviens du temps… Souvenirs de nous ».

 

Lyliak

Je me souviens de ce trio comprenant Manou, chanteuse haute en couleur et descendante de Dracula, Dgé à la guitare et un 3e larron préposé aux samples et à l'électronique (sorry, j'ai oublié son nom). Lyliak est donc un groupe électro-rock avant l'heure qui a participé au Festival Bleu Petrol (au Prés St Gervais) avec les Fricotins, Cérémonies... Etc. De cette formation ne subsiste que cette maquette qui (à mon avis) sonne comme un croisement entre Sapho et Kas Product ! Le logo très dans l'esprit de Bleu Petrol  (alors en plein trip Neville Brody) et l'œuvre de Dgé !
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La plaquette de Bleu Petrol

Bleu Petrol est le studio de design que j'ai monté avec Franck au début des années 80. Voici une des plaquettes que nous avions réalisé pour faire la promotion du studio. "Nous" est un bien grand mot puisque je suis sûr que c'est l'œuvre intégralement de Franck et que ça était fait en "tradi" sans PAO. L'adresse étant à Boulogne, j'en déduis que c'est sorti plutôt vers la fin de cette aventure. Franck, à l'époque, était très amoureux de la jolie Mathilde qui nous a servi d'égérie pour ce document. Mathilde était en fac (de mémoire) mais faisait aussi du mannequinat pour arrondir ses fins de mois. La photo (avec le bébé) à l'intérieur est sans doute extrait d'une de ses sessions de photo. Je crois me souvenir aussi que certaines chansons de Cérémonies ont été inspirées par cette relation amoureuse parfois difficile. J'aimerai bien savoir ce qu'est devenue Mathilde ! (special thanks à Franck pour ce document).






Le festival Bleu Petrol au Pré St-Gervais (1)

Il y a plus de 35 ans, pour célébrer la première année du studio de design Bleu Petrol, nous organisions un mini festival à l’Espace Culturel Gervaisien. Ma copine Joss qui gérait le lieu nous a gentiment mis à disposition cette très jolie salle... Tous les groupes liés au studio étaient de la partie : Lyliak (avec Dgé - Demolition Party), Bibi & les Fricotins (avec Led’, Jonyvs et André The Dude - Jean_Marc), Cérémonies (Franck - Demolition Party) et François Alysse (accompagné pour l’occasion par une moitié des Stunners). Le camarade led' m'a gentiment confié ces photos, j'en profite pour le remercier. Voici un premier lot de photos de Bibi & les Fricotins... Qui sera rejoint par Franck W. au chant pour un final spécial Lou Reed  avec une reprise plutôt étonnante de "Walk On The Wild Side". Pour l'occasion, le groupe avait confectionné des diapositives faites à la main (et au Macintosh) comprenant quelques accroches bien senties ou les titres de certaines chansons.... Bref, comme d'habitude, un peu de second degré ! 






Le festival Bleu Petrol au Pré St-Gervais (3)

Voici un 3e lot de photos retrouvées par le camarade Led' (thanks bro) du Festival Bleu Petrol que nous avions organisé dans les années 80. Ce coup-ci, en plus de Bibi & les Fricotins, on reconnaîtra François Alysse que nous avions programmé comme "Star" du festival accompagné par une moitié de Stunners (Mickey Blow et Philippe Bouchey).





 

Marche du côté sauvage

Les Fricotins (quand ils le pouvaient) finissaient leurs concerts par "Walk on the Wild Side", le classique de Lou Reed. Pour l'occasion, Franck War (Cérémonies, à l'époque) se joignait à eux ! Ici, il s'agit d'une captation lors d'une répétition. La photo qui illustre la vidéo a été prise lors du festival "Bleu Petrol" à l'Espace Culturel Gervaisien. Ce mini festival a permis aux trois ou quatre groupes liés au studio de design Bleu Petrol (ou travaillaient Pascal, Franck, Dgé et Marc-André) de jouer ensemble, soit les Fricotins, Cérémonies et le groupe de Dgé et Manou (dont je ne me souviens plus du nom).
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Au morceau inconnu

Voici un morceau live de Bibi et les Fricotins. Je me souviens très bien du morceau pas de son tître. Idem de la captation qui, il me semble, a été faite lors du Festival Bleu Petrol au Pré St Gervais. Rappelons que pour fêter ses premières années d'existence, le studio Bleu Petrol (où travaillaient Franck, Pascal, Dgé, Jean-Yves et Marc-André - soit des bouts de Cérémonies, Fricotins et Lyliak) organisa avec la dite MJC un grand concert. A la fin du morceau, Marc-André semble "freezer" sur sa guitare. Sans doute à cause de l'émotion et du stress. La photo sur la vidéo correspond à cet événement... Seul le tître "Live à Cachan"est une erreur.
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Le clip de Beu Petrol

Bleu Petrol était un studio de création fondé par Frank War et moi-même dans les années 80... Tout ceux qui y ont travaillé étaient musiciens, c'est tout dire. Nous avons participé à un salon de la création publicitaire et pour animer notre stand nous avons réalisé cette vidéo en Super 8. Lorsque j'ai publié ce clip sur le profil d'i-breed (mon dernier studio de design), j'ai fait un carton avec plus de 20 000 vues... Simplement parce qu'avant de mourir Alain Bashung avait enregistré un album portant le nom "Bleu Pétrole". Sur un malentendu... Voici une nouvelle version à laquelle j'ai ajouté un peu de musique (la géniale Suzane Ciani) datant de la même époque...
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Je me souviens de nous (1)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !

 

Avec le recul, parler de Cérémonies, c’est entreprendre un voyage introspectif et faire un retour sur mes années de formation puisque, d’une certaine façon, j’ai participé à cette aventure musicale. Bien sûr, vous vous demandez, « What’s the fuck… C’est quoi Cérémonies ? » S’ils avaient une « entrée » dans Wikipedia ça pourrait donner quelque chose comme « Cérémonies est un groupe rock français et new-wave qui a été en activité de 1983 à disons… 1989. » Je ne suis plus très sûr et Franck War (le chanteur du groupe) que j’ai interviewé pour écrire cet article non plus. D’ailleurs, je le remercie d’avoir partagé ses souvenirs et ravivé les miens.

Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer.  Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point. 

L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.

Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club.  Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ».  Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !

Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur.  Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.

La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh  sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.

Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.

Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes). 

J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...

La Mano Negra

Lorsque nous créons dans les années 80 notre studio de design Bleu Petrol, très vite nous rentrons en contact avec la MJC d'Issy-les-Moulineaux qui gère la salle de concert : le Fahrenheit. C'est dans cette salle que va naître le mouvement alternatif français. Nous travaillons avec Philippe "La Couette" qui est en charge et qui est aussi le tour manager de la Mano Negra. Le deal est simple nous travaillons gratuitement contre des entrées gratuites à tous les concerts. J'ai donc vu, à l'époque, au moins 6 ou 7 fois Manu Chao : 2 ou 3 fois avec la Mano, 2 ou 3 fois avec les Hot Pants, une fois avec les Kingsnakes... Etc. Par contre, je n'ai jamais vu les Carayos. Je demande à Philippe de nous mettre en contact avec la Mano pour faire leurs visuels... Ce qu'il a fait, mais le groupe a déjà ce qu'il faut. En tous cas, je garde un très bon souvenir de la Mano Negra en live dont un concert particulier au Fahrenheit où il faisait tellement chaud dans la salle (à cause des musiciens à fond sur scène) qu'il a commencé à pleuvoir de la sueur. Une fois ces années alternatives passées, je ne me suis pas intéressé à la carrière solo de Manu peut-être parce que je l'avais trop vu sur scène et que le cœur n'y était plus. Aujourd'hui, avec le recul, j'ai plaisir à regarder des live de Radio Bemba sur YouTube et si jamais il passe près de chez moi, je n'hésiterai pas ! Voici une reprise live du tube de Tennessee Ernie Ford que la Mano n'a jamais enregistrée.

Cérémonies à Fahrenheit !

Haut lieu du rock alternatif et salle de concert à Issy-les-Moulineaux, Fahrenheit était aussi un client de Bleu Petrol, le studio monté par Marc-André et Franck (où travaillait aussi Dgé et Pascal B). Ainsi, n'ayant pas beaucoup d'argent, l'association dirigée par Phillipe "la Couette" (aussi tourneur de la Mano Negra) payait BP avec des places de concert gratuites. Naturellement, Cérémonies y a été programmé à 2 reprises. Je crois que le premier concert a été annulé d'où un deuxième. En fouillant sur internet, j'y ai retrouvé ces flyers...
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Souvenirs d'un anniversaire

Il est temps de résumer. Nous sommes le Samedi 24 Juin 1989. Marc-André joue avec Pascal et Yannick dans le groupe instru. "Bibi & les Fricotins". Le groupe répète à Cachan dans les locaux où Pascal et Marc-André travaillent. Les deux travaillent chez Bleu Petrol qui a un bureau dans un studio photo à Cachan. Marc-André est ami avec François Alysse qui vient de sortir un 45 tours chez Phonogram. François Alysse qui est lui-même pote avec les Stunners avec qui il a participé à une compilation "Fireball'" (j'ai publié 2 extraits de cette compilation). Pour fêter les 35 ans de François Alysse, sa femme d'alors organise une fête dans le studio photo à Cachan. Pour la circonstance, le matos musical des Fricotins est mis à disposition. Un bout des Stunners : Philippe et Mickey, François Alysse et peut-être Yannick des Fricotins tapent le boeuf. En voici un premier extrait. Mickey Blow est, depuis, devenu une star de l'harmonica. Il a accompagné Dick Rivers et Little Bob. Les Stunners sont entrés dans la légende du rock français, François Alysse et Les Ficotins ont disparu. C'est bon, vous suivez ?
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Walking the dog !

Nous sommes le Samedi 24 Juin 1989. Marc-André joue avec Pascal et Yannick dans le groupe instru. "Bibi & les Fricotins". Le groupe répète à Cachan dans les locaux où Pascal et Marc-André travaillent. Les deux travaillent chez Bleu Petrol qui a un bureau dans un studio photo à Cachan. Marc-André est ami avec François Alysse qui vient de sortir un 45 tours chez Phonogram. François Alysse qui est lui-même pote avec les Stunners avec qui il a participé à une compilation "Fireball'" (j'ai publié 2 extraits de cette compilation). Pour fêter les 35 ans de François Alysse, sa femme d'alors organise une fête dans le studio photo à Cachan. Pour la circonstance, le matos musical des Fricotins est mis à disposition. Un bout des Stunners : Philippe et Mickey Blow, François Alysse et peut-être Yannick des Fricotins tapent le boeuf. Certainement d'autres musiciens des Stunners sont là aussi : bassiste et guitariste. Cette fois-ci, la joyeuse assemblée s'attaque au classique de Rufus Thomas : "Walking the dog".  La photo qui illustre la vidéo est beaucoup plus ancienne et doit dater des débuts de François Alysse.
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Image de Marc

Voici un visuel réalisé au début de la carrière de Marc-André. Il avait déjà l'envie de créer sa propre structure de création. Ce bébé à trois yeux sera utilisé dans certains visuels pour Cérémonies. Le logo est réalisé avec un des premiers Mac, le SE. Celui-même qui fut très vite adopté par Marc-André et Franck, dans leur premier studio de design : Bleu Petrol ! 


Le diaporama de Bibi & Les Fricotins

J'ai déjà publié (ici-même) une partie des diapositives que les Fricotins projetaient pendant leurs concerts. En rangeant mes affaires, je suis tombé sur un second lot de visuels que j'ai utilisé pour illustrer ce "D34" que je n'avais jamais publié jusqu'à aujourd'hui (D33 et D35 ont largement été exploités... Mais bizarrement pas D34). D'ailleurs, ces visuels ont été projetés lors du Festival Bleu Petrol au Pré St Gervais.

Walk On The Blues Side

Nous sommes à Cachan où Bibi & Les Fricotins répétent. Ils préparent leur prochain concert au Pré Saint Gervais (pour le Festival Bleu Petrol) où ils prévoient de faire une reprise de "Walk On The Wild Side" de Lou Reed avec Frank War au chant (Cérémonies, Chinaski's, Sexe des Anges... Etc.). C'est justement autour de ces paroles (et de ces accords) que s'articule cette  improvisation bluesy assez éloignée du répertoire du groupe. Un très bon souvenir retrouvé il y a peu...
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Bibi live

J'ai retrouvé dans mes archives cette photo de Bibi & les Fricotins live à la MJC du Pré-Saint-Gervais lors du Festival Bleu Petrol que nous avions organisé avec Cérémonies et d'autres groupes proches du studio de design que nous avions monté à Cachan. Pour l'occasion, nous avions mis des chemisettes à rayures façon Beach Boys d'époque. Surf un jour, surf toujours. Plus de 40 ans, ce magnifique saxophoniste est l'autre cerveau de Jean_Marc, mon groupe électro yé-yé  préféré !