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D. Stop

Voici D. Stop, un trio punk, cold wave, minimal constitué de Jean-Christophe Goleau, Phil Lethon et Sonny Brailleur. Une K7 démo, un single autoproduit (en 1982) un mini album (sur Romance Records en 1983) et le groupe changera de nom. En 1984, D.Stop deviendra "Les Visiteurs Du Soir". Une formation que l'on retrouvera sur des compils Born Bad mais qui ne connaîtra pas plus de succès. Le groupe reviendra à son premier nom en 1985 (vous suivez ?). Anyway, on n'a pas beaucoup plus d'infos sur D. Stop si ce n'est que cet unique single autoproduit sera réédité en 2015. Un signe que cette formation est entrée dans la légende.

Le retour des Chesterfield Kings

J'ai déjà parlé de ce groupe, ici-même !

À la fin des années 70, alors que le punk vient de dynamiter les codes du rock, quelques passionnés décident de regarder en arrière plutôt que de courir après la modernité. À Rochester, dans l’État de New York, un groupe de jeunes musiciens choisit de ressusciter l’esprit sauvage des groupes garage américains des années 60. Leur nom : The Chesterfield Kings.

Formé en 1979 autour du chanteur Greg Prevost, véritable encyclopédie vivante du rock sixties, le groupe n’a jamais caché son obsession pour les faces B oubliées, les petits labels disparus et les groupes qui n’ont parfois sorti qu’un seul 45 tours avant de disparaître. Leur ambition n’est pas simplement de jouer du rock rétro : il s’agit de retrouver une époque, un son, une attitude. Celle des teenagers américains qui enregistraient dans des garages, des petits studios locaux ou des sous-sols avec des amplis saturés et une énergie brute.

Le premier 45 tours du groupe, « I Ain’t No Miracle Worker », sort en 1981 dans une quantité dérisoire, environ une centaine d’exemplaires. Le choix est révélateur de leur démarche : fabriquer un disque qui ressemble à ceux qu’ils collectionnent. Un objet rare, presque fantôme, destiné aux passionnés plutôt qu’au marché musical traditionnel.

En 1982 paraît leur premier album, Here Are The Chesterfield Kings. Un disque entièrement consacré aux reprises de groupes obscurs des années 60. À une époque où internet n’existe pas encore et où retrouver certains morceaux relève de la chasse au trésor, les Chesterfield Kings deviennent une véritable passerelle vers un patrimoine oublié. Ils remettent en circulation des titres de groupes comme The Standells, The Sonics ou The Remains et participent à faire redécouvrir toute une scène garage américaine.

Mais les Chesterfield Kings ne veulent pas rester de simples archéologues du rock. Avec Stop! en 1985, ils commencent à intégrer leurs propres compositions tout en conservant cette esthétique si particulière : guitares fuzz, orgue électrique, voix agressive, réverbération excessive et cette impression permanente d’écouter un disque retrouvé au fond d’un carton poussiéreux chez un disquaire de l’Amérique profonde.

Le groupe devient rapidement l’un des piliers du garage revival américain aux côtés des Fuzztones, des Cynics ou des Miracle Workers. Sur scène, leur réputation grandit grâce à des concerts qui reprennent tous les codes de l’époque : costumes, amplis vintage, attitude arrogante et énergie adolescente. Ils ne jouent pas seulement de la musique des années 60, ils tentent de recréer l’univers complet qui l’entourait.

Au fil des années, les Chesterfield Kings vont pourtant évoluer. Don’t Open Till Doomsday (1987) reste l’un de leurs albums les plus appréciés, avec un son plus personnel et même une composition signée Dee Dee Ramone. Dans les années 90, ils explorent d’autres territoires : le blues avec Drunk on Muddy Water, l’univers des Rolling Stones avec Let’s Go Get Stoned, ou encore la surf music avec le double album Surfin’ Rampage. Leur curiosité les pousse également vers le psychédélisme avec The Mindbending Sounds of The Chesterfield Kings en 2003.

L’histoire du groupe est aussi liée à celle d’Andy Babiuk, bassiste des Chesterfield Kings et immense spécialiste des Beatles. Collectionneur passionné, auteur d’ouvrages consacrés aux instruments des Fab Four, il est également membre du supergroupe The Empty Hearts aux côtés de Clem Burke de Blondie, Elliot Easton des Cars et Wally Palmar des Romantics.

Au début des années 2000, les Chesterfield Kings bénéficient d’une nouvelle reconnaissance grâce au soutien de Steven Van Zandt, guitariste de Bruce Springsteen et animateur de l’émission Underground Garage. Le groupe apparaît même dans un épisode de la série Les Soprano, preuve que cette musique née dans les petits clubs a fini par toucher un public bien plus large.

Après une longue pause, les Chesterfield Kings reviennent finalement sous l’impulsion d’Andy Babiuk. En 2024, le groupe publie We’re Still All The Same, un nouvel album qui prouve que leur passion pour le garage rock est intacte. Plus de quarante ans après leurs débuts, leur mission reste la même : faire vivre une certaine idée du rock, celle des disques imparfaits, des guitares trop fortes et des chansons enregistrées avec plus de cœur que de moyens.

Les Chesterfield Kings ne sont pas seulement un groupe nostalgique. Ils sont ceux qui ont rappelé au monde que derrière chaque vieux 45 tours oublié se cachait peut-être une pépite. Leur plus grande réussite est sans doute d’avoir transformé leur obsession personnelle en mouvement musical, donnant envie à plusieurs générations de repartir à la recherche de ces trésors cachés du rock garage.

 

L'unique single de D. Stop

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single auto-produit de D. Stop sorti en 1982.



Des Garçons Ordinaires

Une spéciale dédicace au camarade Pascal B.

Il y a des disques qui ressemblent à des petits miracles. Des objets fragiles, presque dérisoires en apparence, mais qui contiennent une époque entière. Un flexi-disc, quelques chansons enregistrées sur un quatre pistes, une pochette dessinée à la main… et soudain, trente ans plus tard, le temps s’arrête. Le flexi trois titres de Des Garçons Ordinaires appartient à cette famille de disques minuscules qui racontent pourtant une grande histoire : celle d’une scène indépendante française passionnée, artisanale et totalement dévouée à la pop.

Au début des années 90, Rennes est l’un des foyers importants du rock indépendant français. La ville a déjà une longue tradition musicale et accueille une nouvelle génération de groupes nourris par les guitares anglaises, la pop mélodique et l’éthique DIY. C’est dans ce contexte que naissent Des Garçons Ordinaires, formation qui va devenir l’un des plus beaux représentants français de cette mouvance que l’on appellera plus tard indie pop ou jangle pop.

Le groupe réunit Alban Rautenstrauch à la basse, Emmanuel Lamour à la batterie, aux guitares, aux claviers et au chant, Boris à la guitare et Stéphane au chant, à la guitare et à l’harmonica. Leur musique possède immédiatement cette élégance particulière des groupes qui préfèrent les mélodies aux démonstrations techniques. Des guitares claires, des harmonies délicates, une certaine naïveté assumée et ce goût pour les chansons qui semblent simples avant de révéler toute leur richesse.

Le premier témoignage discographique du groupe est un objet typique de cette époque : un flexi une face trois titres publié par Glam Records sous la référence GLAM 003. Le label avait déjà publié auparavant des flexis de groupes comme Solace ou Smily Post, et celui de Des Garçons Ordinaires sera probablement son dernier. Enregistrées en novembre 1991 sur un simple quatre pistes, les trois chansons présentes sur ce disque – « Sister Love and Mr Moon », « Caroline » et « My Favorite Garden » – capturent parfaitement l’univers du groupe.

La pochette est elle aussi un condensé de l’esthétique indie-pop du début des années 90 : un dessin représentant quatre jeunes filles, une image qui aurait parfaitement pu accompagner un disque de Sarah Records ou d’un obscur label anglais. Tout est là : le romantisme adolescent, le goût du fait main, l’impression qu’un disque peut être plus qu’un simple support musical, mais aussi une lettre envoyée à quelques passionnés.

Musicalement, Des Garçons Ordinaires ne cherchent pas à révolutionner le rock. Leur force est ailleurs. Ils savent transformer des influences multiples – les Byrds, la pop anglaise des années 80, Television Personalities, la scène C86 – en quelque chose de personnel. Il y a dans leurs chansons une fragilité et une sincérité qui rendent leurs morceaux immédiatement attachants. « Sister Love and Mr Moon » est certainement le titre qui résume le mieux cette approche : une mélodie lumineuse, une guitare scintillante et cette sensation d’écouter un groupe qui joue simplement parce qu’il aime les chansons.

Après ce premier flexi, le groupe rejoint le label Cornflakes Zoo, fondé au début des années 90 par Stéphane Teynié, alors responsable du fanzine Anorak et d’une mail-order consacrée à la scène indépendante. Ce label deviendra rapidement un acteur essentiel de l’indie-pop française, publiant notamment Les Autres ou Non Stop Kazoo Organization. En 1993, Des Garçons Ordinaires y sort son unique album, simplement intitulé Des Garçons Ordinaires.

Ce disque confirme tout le potentiel entrevu sur le flexi. Douze titres de pop brillante et mélodique, enregistrés avec Damien Bertrand pour la majorité des morceaux, et avec Vincent Lecouplier, alias Vincent Balloon, pour « Nice Price », « La La La » et « Bass Drum ». On y retrouve notamment « Flower Power », « Galaxy », « Clouds », « Sometimes We Smile » ou encore « Lost in Space #3 ». Un album qui aurait mérité une reconnaissance bien plus large, mais qui restera malheureusement connu principalement des amateurs les plus passionnés.

Comme beaucoup de groupes de cette scène, Des Garçons Ordinaires vont surtout vivre à travers les compilations et les réseaux indépendants. Leur musique apparaît sur plusieurs témoignages importants de cette période : la cassette Heol Daou en 1990 avec le titre « Into Space », In The Limelight en 1991, la compilation espagnole Around The World Again du label Elefant Records en 1992, Whoops! chez Houpla, Garden Party chez Aliénor Records, ou encore Ces Chères Têtes Blondes et The Noise and The Melodies – The Pearl Compilation en 1993. En 1994, leur morceau « Laughing Box » figure également sur le coffret The Onion Most Dangerous Game d’Aliénor Records. Le groupe apparaît même sur la compilation vidéo internationale Munch Part I, avec le clip de « Flower Power ».

Sur scène, Des Garçons Ordinaires auront notamment l’occasion de jouer au Krakatoa de Mérignac en janvier 1993, preuve de leur présence dans le réseau des salles indépendantes françaises de l’époque. Pourtant, malgré ces nombreuses apparitions et la qualité évidente de leurs chansons, le groupe restera toujours un peu à côté des radars médiatiques.

Après l’aventure Des Garçons Ordinaires, Emmanuel Lamour poursuivra son parcours musical sous différents noms et projets, tandis que Stéphane rejoindra notamment le groupe Mum’s The Word. Mais l’histoire de Des Garçons Ordinaires ne disparaîtra jamais complètement. Elle continuera à circuler grâce aux collectionneurs, aux blogs spécialisés, aux passionnés de pop indépendante et à ces petits disques que certains prennent encore le temps de ressortir des cartons.

Ce flexi est donc bien plus qu’une curiosité pour collectionneur. C’est une capsule temporelle. Quelques minutes de musique gravées dans un support fragile qui rappellent une époque où quatre garçons de Rennes pouvaient enregistrer trois chansons sur un quatre pistes et espérer qu’elles trouvent leur chemin jusqu’à quelqu’un.

Trente ans plus tard, elles ont toujours trouvé quelqu’un.

You never stop !

Vers la fin du groupe Cérémonie, Franck (le chanteur) essayait d'expérimenter de nouvelles voies. C'est le cas de ce "You never stop" aux paroles incertaines mais à l'intention très claire. Les Smiths de Morrisey sont passés par là, idem de Gamine (dont j'ai déjà publié un morceau live). A l'époque, les fans (nous quoi) ont mal compris cette approche et pensé que Franck faisait un peu n'importe quoi. Si celui-ci n'est pas un grand vocaliste, il n'en reste pas moins un esthète tant au niveau du chant qu'au niveau des paroles. Ce "Never stop" est une tentative un peu ratée mais pour autant et avec le recul plutôt intéressante de se rapprocher d'un type de pop anglaise très en vogue à l'époque. Le tout en gardant des racines pop françaises !
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Stop That Noise

A l'époque, les medley de type "Stars on 45" étaient très à la mode... Du coup, on s'était dit que faire notre propre medley était une bonne idée. Sauf que c'était bien trop compliqué à jouer. C'est d'ailleurs ce qui ressort de cette captation live de "Stop That Noise" (Bibi & les Fricotins) lors d'une fête de la musique à Cachan... Dans l'ordre on y retrouve "Bo Diddey", "I'm sticking with you" (Velvet Underground), le "Batman Theme" le tout entrecoupé du refrain de la BO des Tontons Flingueurs (dont on entend un extrait au début). Injouable vraiment...

Clo-Clo Requiem

Dernier extrait du single de D. Stop voici, sans doute, un hymne à l'idole des jeunes filles : "Clo-Clo Requiem".

Vengeance

2e extrait de l'unique single auto-produit de D. Stop, voici "Vengeance (Demain)" et son magnifique son de  boite à rythmes !

Jonathan Richman

SI on parle des 80's, on doit aussi aborder Jonathan Richman. Soit avec son groupe fondateur : les Modern Lovers (plutôt fin des 70's) soit en solo. D'abord parce que je me sens proche de son univers (rétro ? drôle ? lunaire ?) ensuite parce qu'il a influencé une certaine scène plus ou moins rock indé. française (je pense à Mathieu Boogaerts surtout mais pas que). J'ai eu le plaisir de voir en live et c'était très bien. Son show était très bien mais aussi son public de fans hardcore. Le double effet kiss cool : sur scène et dans la salle. Voici donc une démo que notre homme Jonathan a enregistré dans les 80's. On trouvera la version définitive de "Stop This Car" sur l'album de 1983 : "Jonathan Sings !".

Et si on essayait quelque chose de différent ?

Pour les gens de ma génération, le Manège Enchanté est forcement une référence. Ce programme pour les enfants réalisé en stop motion raconte les aventures de la jeune Margote et de son chien Pollux. Pollux, bizarrement, parle avec un fort accent anglais. Jacques Bodoin à qui on doit la voix du chien poilu a sorti en 1966 un ep 4 titres autour de cette série. En voici un extrait, loin de notre habituel new wave ou rock alternatif. Ici, il s'agit plutôt d'un léger twist où les deux protagonistes se donnent la réplique. Un tube en puissance pour peu que l'on y jette une oreille ! Cette publication débute, peut-être, une nouvelle rubrique musicale : l'inclassable et le bizarre. Une spécialité dont j'ai toujours été un fervent supporter.
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