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The Names


Derrière le nom très générique de The Names (à ne pas confondre avec le très bon groupe belge du même nom sorti sur Factory) se cachent trois musiciens aux patronymes tout aussi britanniques : Steve Conway à la basse et au chant, John Lewis à la guitare et au chant, et Russell Lax à la batterie. Une formation dont on ne sait pratiquement rien. Aucune biographie, aucun album, presque aucune photographie, aucun témoignage d'époque. Les trois hommes semblent surgir de nulle part pour enregistrer un unique single avant de disparaître aussi mystérieusement qu'ils étaient apparus.

La production est confiée à Uli Scheibner, musicien et producteur berlinois qui gravite alors dans les milieux rock et new wave allemands. Son nom constitue aujourd'hui l'une des rares pistes sérieuses permettant d'approcher l'histoire du groupe. Sa production est sobre, efficace, laissant toute la place aux guitares nerveuses et aux harmonies vocales, deux ingrédients essentiels de la power pop de cette période.

Musicalement, Too Cool, Too Dance ne révolutionne rien, mais il coche toutes les cases du genre. Des guitares claires et incisives, un rythme énergique, un refrain immédiatement mémorisable et cette élégance mélodique héritée des Beatles autant que des Who ou des Kinks, remise au goût du jour après le choc du punk. Le morceau évoque naturellement des groupes comme The Records, The Jags, 20/20, Shoes, Bram Tchaikovsky ou encore The Romantics. Un condensé de pop nerveuse qui, à l'époque, fleurissait aussi bien en Grande-Bretagne qu'aux États-Unis.

Le fait que le disque soit enregistré et publié en Allemagne soulève toutefois plusieurs interrogations. Les trois musiciens portent des noms anglais et chantent dans un anglais irréprochable. Tout laisse penser qu'il s'agissait soit d'un groupe britannique installé en Allemagne de l'Ouest, soit de musiciens expatriés venus tenter leur chance sur un marché où de nombreux clubs accueillaient alors des formations anglaises. Hambourg, Berlin ou Hanovre attiraient à cette époque quantité de groupes étrangers venus chercher des contrats plus réguliers que dans leur pays d'origine.

Les recherches menées dans les archives disponibles permettent malheureusement d'aller difficilement plus loin. Les bases de données musicales recensent bien l'existence du single, mais les archives de la presse allemande spécialisée demeurent largement inaccessibles ou non numérisées. Les magazines Musik Express, Sounds, Pop Rocky ou Schallplatte, qui chroniquaient pourtant ce type de productions à l'époque, ne livrent pour l'instant aucun indice facilement consultable. Les moteurs de recherche actuels ne renvoient presque rien, preuve que le disque n'a laissé qu'une empreinte infime dans l'histoire officielle du rock.

Cette absence de documentation participe aujourd'hui à son charme. Too Cool, Too Dance fait partie de ces "lost singles" que les collectionneurs adorent exhumer. À partir des années 1990, avec l'essor des fanzines spécialisés puis des sites consacrés à la power pop, plusieurs amateurs redécouvrent ce 45 tours oublié et commencent à le citer parmi les petits classiques cachés du genre. Sans devenir un disque hors de prix, il acquiert progressivement une réputation flatteuse auprès des passionnés de power pop européenne.

Il reste pourtant bien des mystères à résoudre. Qui étaient réellement Steve Conway, John Lewis et Russell Lax ? Pourquoi ce groupe n'a-t-il jamais enregistré d'album ? S'agissait-il d'une formation éphémère montée spécialement pour ce projet ou d'un groupe déjà actif sous un autre nom ? Les réponses se trouvent peut-être encore dans les archives de la GEMA, de la Deutsche Nationalbibliothek ou dans les collections de quelques bibliothèques allemandes conservant les magazines musicaux de 1980.

En attendant que ces pistes livrent leurs secrets, Too Cool, Too Dance demeure un fascinant témoignage de cette époque où la power pop produisait une multitude de petits chefs-d'œuvre anonymes. Des chansons parfaites de trois minutes qui n'ont parfois connu qu'un unique pressage avant de sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce que quelques passionnés les ramènent, des décennies plus tard, à la lumière.

 

The Panamas

Il y a des groupes dont il ne reste presque rien. Pas de disques, pas de vidéos, pas même une mention dans la presse musicale de leur époque. Et pourtant, ils ont existé, répété, joué devant quelques dizaines de personnes, brûlé les planches de salles obscures ou de cafés disparus. The Panamas, groupe belge originaire de Tervuren, fait manifestement partie de cette catégorie.

D’après les rares informations disponibles, The Panamas aurait été actif entre 1979 et 1984, dans la région de Tervuren, une commune située à l’est de Bruxelles. Le groupe apparaît aujourd’hui uniquement dans une notice sommaire sur Discogs, avec juste un single à son actif et ses membres identifiés. À savoir : Hano Janssens, Marc Wouters, Jo Lemmens, Johan Morris, Wim Tavernier, Nina Hagel, Erik Vanessche et Pol Jacobs. Seuls Johan et Wim semblent avoir persévéré. Une existence assez fantomatique donc — mais pourtant réelle.

Leur nom n’est mentionné dans aucune archive de concerts numérisée, aucune base musicale belge connue (Mu.ZEE, PointCulture, etc.), et aucun fanzine ou revue spécialisée de l’époque ne semble avoir chroniqué leur activité. Bref, le genre de groupe dont la trace s’efface inexorablement à mesure que disparaissent celles et ceux qui les ont vus sur scène. On peut néanmoins situer leur période d’activité au moment où la scène belge explose de vitalité, entre punk tardif, post-punk abrasif et new wave poétique. 

Entre 1979 et 1984, des groupes comme The Names, The Honeymoon Killers, The Paranoiacs ou encore 2 Belgen dessinent une carte sonore variée et souvent aventureuse. On peut donc raisonnablement supposer que The Panamas s’inscrivaient dans cet univers musical, entre rock énergique et influences cold ou punk.

Voici une première face de leur single, une chanson très sautillante avec des influences ska typiques de l'époque !  

Scared

 2e extrait de l'ep de The Names sorti en 1980 en Allemagne, voici "Scared" !