Pourquoi BOULOUP ?

Ma vie d'artiste


Lorsque vous exercez un métier dans la création dite « commerciale », il faut vous réserver un vrai espace de liberté artistique. Un espace pour exercer une activité créative sans contraintes de budget, de brief ou de client. Ce qui est paradoxal puisqu’un créatif publicitaire ne sait pas travailler sans contraintes, ni délais. Pour votre santé mentale, pour laisser votre créativité s’exprimer, il vous faut à tous prix exercer une activité créative non-contrainte : peinture, philatélie, cuisine ou taxidermie… etc. Tous les créas que je connais font quelque chose à côté…

Pour ma part, j’ai choisi la Musique. Ce qui est aussi paradoxal car je chante aussi faux que je joue mal de la guitare. Si j’avais choisi un autre hobby (l’illustration par exemple), ma vie d’artiste aurait été complétement autre et sans doute plus gratifiante. Non, sans sourciller et sans hésiter, ce fut la musique ou ça ne serait rien. Car la musique est ma passion et ce depuis heuh… Bah… Y’a longtemps.

Je dois beaucoup à mon ami Franck W., rencontré à l’école et avec qui j’ai fait les 400 coups. Quand nous nous sommes croisés pour la première fois, Franck jouait depuis longtemps dans des groupes (dont certains « punks » au moment même où Paris et la France découvraient ce mouvement) et il m’a (entre autres) ouvert les portes de cet univers qui me semblait inaccessible. Si, aujourd’hui, beaucoup se positionnent comme des « pionniers » (je pense à Eudeline ou à feu Daniel Darc) peu y étaient vraiment. Lui si, avec une grosse influence anglaise, là où la plupart des punkaillons parisiens se rêvaient artistes New-yorkais à la Tom Verlaine. De plus, à l’époque, quand on faisait de la Publicité, il était de bon ton de faire aussi du rock si possible dans un garage.

Si c’était à refaire aujourd’hui, je crois que je choisirai l’option graff (plutôt que l’option DJ). Mais à l’époque, tout juste sortie des 70’s, la New Wave (le « post punk ») déferlait avec son esthétique glacée. C’était donc un tout. Nous découvrions visuellement Peter Saville, Brody ou le label 4 AD par les pochettes (de disque) et alimentions en même temps nos goûts musicaux. Nous avons ouvert un premier studio de design qui s’appelait Bleu Petrol. Bleu à cause de Matisse et Petrol à cause du groupe That Petrol Emotion. Notre second, s’appelait Public Image Factory. PIF pour les intimes. Public Image pour le groupe de Johnny Lydon (formé après les Sex Pistols) et Factory à cause du label mancunien de New Order

Franck, donc, m’a converti au genre et ouvert les portes de studios de répétions, des concerts dans des bars et des boites glauques, des K7 audios envoyées par la poste, des affiches photocopiées en noir et blanc. Cela faisait partie du truc. Grace à lui, j’ai commencé par « trainer » dans le fameux Parking 2000. Dans ce parking parisien situé pas très loin du métro Crimée, on pouvait louer des studios de répétition vétustes. C’était sombre, il faisait froid, c’était rempli de squatteurs et ça sentait le pipi. Des groupes oubliés aujourd’hui y répétaient et portaient tous nos espoirs rock and rollien du moment. En 1983, un ethnologue a fait un reportage sur ce lieu mythique qui a été publié dans Télérama. « Ici, les musiciens ont inventé un « local de répète » collectif. Depuis quelques années, le propriétaire de ce garage loue l’ensemble du quatrième sous-sol, une cinquantaine de boxes fermés, à des groupes de musiciens. » puis plus loin :« Vers minuit moins cinq, la lumière s’éteint cinq secondes, plusieurs fois de suite. C’est le signal. Dans cinq minutes, l’électricité sera coupée. À minuit, le rock doit se taire… »

Nous avions beau travailler dans ce monde plutôt orienté consumériste de la Publicité, nous nous changions en « batcave », le soir venu. Selon le Larousse : « Batcave : sous-tendance de la new wave anglaise (appelée aussi rock gothique ou positive punk) inspirée par les films et les livres d'épouvante, née en 1984 dans la boîte de nuit londonienne du même nom ». Aujourd’hui, on parlerait de gothique. Nous étions en mode Docteur Jekyll et Mister Hyde. Je viens d’un milieu bourgeois et j’avais le sentiment de m’encanailler en fréquentant ces punks garants d’une vraie « street credibility ». J’étais dès le départ en décalage, même avec mes rangers et mon treillis. J’ai pourtant adoré ça. Il me fallait, parfois, cacher mes goûts provenant de mon background intellectuel ou bien refuser la drogue que l’on m’offrait parfois (et qui, en général, ne me réussit pas). D’ailleurs, j’en profite pour rendre un hommage ému à tous nos camarades morts au combat et qui n’ont pas survécu à l’héroïne. Moi, je suis encore en vie. Par contre, nous avons beaucoup bu. Beaucoup trop. Nous avions notre QG dans le bien connu Piano Vache. Le troquet, près du Panthéon, existe toujours et l’office de tourisme le présente de cette façon : « Le Piano Vache est un piano-bar culotté par le temps qui a servi de décor à de nombreux films (Le Péril jeune de Klapisch, Sex Boys de Kazangjian…).  Le Piano Vache, lui par contre, est devenu célèbre.

Si nous étions habillés en noir, nous ne nous sommes jamais départi d’un humour féroce. C’est avec Franck et sa bande, que j’ai appris l’art pas toujours très subtile de la vanne dans la gueule. Car on peut rire de tout même du suicide, de la dépression et de Joy Division. Cette génération se foutait de tout et surtout d’elle-même. Elle n’avait aucune envie de réussite, aucun « projet », elle voulait juste s’amuser. Ce fût le cas.

 Nous nous étions auto-proclamés  « Le BSS Contingent » et notre cri de guerre était « Boulop !». Ceci expliquant celà ! Nous nous retrouvions pour faire la fête dans les catacombes, du trekking sur les toits parisiens ou « emprunter » nuitamment des barques pour du canotage sur le lac du Bois de Vincennes.  D’ailleurs, une nuit vers 3 heures du matin, les propriétaires excédés du Châlet du Lac et des barques (sur ce foutu lac du Bois de Vincennes) se sont mis en tête de nous pourchasser tous phares allumés et ainsi faire cesser définitivement (et brutalement) ces vols récurrents. Comme dans un mauvais film de genre américain. Un peu plus tard, ayant échappé à cette première course poursuite, ce sont des forains (des « nouchmas » pas glop) en goguette qui voulurent en découdre et nous reprendre les fameuses barques volées. Ils nous menacèrent en sortant un pistolet après une échauffourée à coups de rame. Au coup de feu en l’air, une copine prise de panique à même plongée dans le lac. J’en ai également profité pour prendre un bon bain. Heureusement, nous étions au mois de Juin. Nous avons finalement eu gain de cause grâce à l’intervention de deux légionnaires en permission qui aimaient se promener, la nuit venue, dans les cages du Zoo de Vincennes. J’avoue avoir été calmé à vie d’autant plus que je n’ai jamais été d’humeur destroy et belliqueuse.

J’ai vécu des aventures extraordinaires en jouant du rock. J’ai croisé des tas de gens plus ou moins connus (surtout moins) dans les studios de répétitions pas toujours accueillant que nous fréquentions assidument. Je me souviens des Charts (avec le pas encore connu Calogero), de Corinne Marienneau en reconversion de Téléphone et qui se prenait très au sérieux, des Négresses Vertes, qu’il ne fallait pas faire chier et qui avaient encore un chanteur, du Cri de la Mouche (avec Bazbaz pas encore …En fait, personne ne le connaît), de Clémentine Célarié (gentille mais tapée), j’en passe et des meilleurs… Etc., Etc.

La Musique était une des parties centrales de notre vie. Un jour, le gérant d’entreprise – entreprenant et dynamique - qui sommeillait en moi eut une idée lumineuse. J’ai pris mon courage à 2 mains et je suis rentré en contact avec la salle de Concert Fahrenheit (à Issy-Les-Moulineaux, sous la MJC) pour leur proposer nos services. Philippe « la Couette », tourneur de la Mano Negra, gérait la programmation. Nous avons travaillé gratuitement pour lui contre des places de concert. Une sorte de troc primal. Grace à cette collaboration, nous avons assisté en « direct live » à la naissance du mouvement alternatif : Hot Pants, Mano Negra, Chihuahua (avec Mano Solo encore vivant), Garçons Bouchers… Des plus anciens aussi : Dogs, LSD, Blessed Virgins. Je les ai tous vu et ce plus que de raison. Les Hot Pants (avec Manu Chao et Santi), au moins 5 fois et la Mano, au moins 4 fois. Un seul regret avoir raté Nirvana pour son premier passage en France… justement à Issy-Les-Moulineaux, chez Fahrenheit.

Tout a commencé musicalement pour moi avec quelques copains, dans une cave, sous un magasin boulonnais puis, très vite, nous avons migré à Champigny-Sur-Marne. Là où le fameux Franck répétait avec son non moins fameux groupe de l’époque (Cérémonies avec un S puis sans S). Cérémonies nous sous-louait son local de répétition, au-dessus d’un garage dans une villa bourgeoise. Là où Les Coronados avaient (en personne) répété. Pour ma part, j’étais le fan N°1 de Cérémonies que je suivais un peu partout et qui était l’âme et le cœur de notre bande. De concerts en caf’ conc’, de radios libres en première partie de Cock Robin à l’Olympia, j’y étais à chaque fois. J’ai dû – peut-être - rater leurs concerts à Marseille et c’est tout. Mais revenons à mes premières répétitions, L’idée était de faire du bruit et de passer un bon moment avec les potes. On balançait la sauce puis nous faisions une longue pause pour boire nos bières et fumer. Un peu dans l’esprit de la fameuse chanson des Wampas (in « Manu Chao ») : « On répète dans la grange tous les mardis et les jeudis, quand au bout d'un quart d'heure on a assez fait de bruit, on s'assoie dans le foin et on chante ce refrain. »

Puis ça s’est accéléré le jour où il a fallu trouvé un local pour Bleu Petrol. Nous avons loué un bureau chez un ami photographe à Cachan et nous pouvions aussi louer son plateau photo pour répéter. A l’époque, je me suis dit qu’il fallait faire avec mes goûts ! Quitte à mixer l’in-mixable. Avec mon collègue Pascal et son pote Yannick, nous avons acheté une boîte à rythme très années 90 (qui depuis est morte d’épuisement) et nous nous sommes mis en tête de faire du rock instrumental en mixant des influences new wave (bien sûr). Bon, ce n’était pas gagné d'autant plus que nous ne savions pas jouer de la guitare (je ne sais toujours pas). Mais nous avions du cœur et surtout une foi absolue dans notre créativité.

 A force de répétitions et d’efforts désespérés nos avons donné vie à Bibi & Les Fricotins. Un nom qui se voulait un hommage au groupe anglais Echo & The Bunnymen. Echo était le nom de leur boite à rythme. Nous, elle s’appelait Bibi. Un peu faux et pas vraiment dans le temps, mais avec une énorme réverbération nous avons joué partout où l’on voulait de nous. Nous avons même organisé un Festival Bleu Petrol à la MJC des Lilas (avec Cérémonies et plein d’autres groupes de notre entourage). Pour l’occasion, tout Bibi & les Fricotins portait la même chemisette rayée de rouge, hommage aux Beach Boys des années 60. Nous avons joué dans des fêtes, des caves, des jardins, des garages (en bleu de travail) pour des anniversaires, des bar mitzvahs et même pour l’inauguration d’un hôtel (le noir et blanc) ou la soirée corporate d’une jeune entreprise fraichement créée. Rien ne pouvait arrêter notre musique dite « Surfin’ Petrol Blues » telle qu’inventé par Yannick. Parfois, en rappel, Franck se joignait à nous et nous faisions une version toute personnelle de « Walk on the Wild Side » de Lou Reed.

Et puis un jour, on a voulu ajouter du chant. Ma copine Véronique s’est jointe au club et nous avons formé Les Etc’s. Je ne me souviens pas de grand-chose, si ce n’est du titre d’une de nos chansons « Traci Lords a disparu » et que la gentille Véro. ne chantait pas très bien. Mais, elle aussi avait du cœur et de la motivation. Nous reprenions les Young Marble Giants, les Housemartins, les Comateens ou Cindy Lauper.

Je me souviens de ce Woodstock improvisé pour la Fête de la Musique sur les bords de Marne. Nous avons pris d’assaut un champ désert et tiré un câble électrique d’une maison voisine. Nous avons tous joués (tous les groupes proches de Bleu Petrol) devant un parterre de copains. Les riverains n’en n’ont pas cru leurs oreilles. Et puis, vers minuit, nous avons plié les gaules et nous sommes dissous, ni vu, ni connu, dans le décor.

Sur les traces encore fumantes de cette formation, ce sont les Monkey Business qui se sont constitués. David, un ami américain, rencontré quelques années plus tôt chante et chantait sérieusement bien. Il nous a montré le chemin. Comme lui, nous voulions plus de bruit et de fureur. Le grunge et les Sonic Youth avaient changé l'ambiance. Du moins Yannick et moi souhaitions attaquer les guitares au tournevis. Pascal, trop doux et pacifique, a jeté l’éponge. Exit la réverbération. Véronique s’est exilée aux USA. Bruno (ex Cérémonie) a pris les baguettes. Avec les Monkey, c’est devenu du lourd.

Après une longue période de répétions, nous avons beaucoup joué nos compositions : les bars, le Gibus, le Plan, le Prés St Gervais, Fréquence Ado et Radio Libertaire (ou un truc du genre)etc. Parallèlement, nous avons enregistré une démo (en 16 pistes à l'ancienne) et un clip (dans les Frigos Parisiens). Plus nous grandissions, plus nos relations devenaient complexes. Une sorte de caricature de groupe de rock avec tous les clichés qui vont bien.

Bruno, sans doute tombé dans l’alcool, avait des accès de n’importe quoi et pliait (parfois) ses voitures en sortie de répétition… Puis, il disparaissait dans la nuit. Sa fiancé, médecin du travail, m’appelait, désespérée, vers 3 heures du matin en espérant le retrouver. Bruno me pensait bien trop gentillet pour le poste de lead guitariste et parfois me le faisait savoir plus ou moins violemment. Aujourd’hui encore, au détour d’un cauchemar, Bruno m’apparaît. Il est le gardien de mon enfer personnel. David, le chanteur américain, mélangeait whisky et Lexomil et se prenait parfois pour une rock star. Il tapait (un peu) sur les nerfs des techniciens, lors de nos concerts. Un jour, après un concert tellurique, au Plan à Ris-Orangis, le patron de lieux nous a maudit jusqu’à la 5e génération et bannit à jamais du lieu. Trop de bruit et trop de David. Il en a été également ainsi pour le groupe de hard rock en Spandex avec qui nous partagions, ce soir-là, l’affiche. David leur avait emprunté un ampli. tout neuf, acheté la veille et s’était mis en tête de tester les limites de sa puissance. En une demi-heure, il avait rodé la bête et à la fin du set, l’amplificateur n’émettait plus qu’un vague bruit blanc. Ma mère que j’avais invité à ce concert (et qui avait eu le courage de venir), a décrit notre musique comme « tragique ». C’était assez juste. Sandy (la femme de David et manageuse/choriste) pleurait beaucoup et serait bientôt diagnostiquée schizophrène avec de fréquents passages en HP. Yannick balançait sa basse et quittait parfois les répétitions pris d’une rage incontrôlable. Le gars Yannick était, à l‘époque, un peu tendu et je me souviens avoir été à ses côtés, lorsqu’il bloqua les 4 voies du périphérique (en garant son camion de travers), un samedi vers 14h, pour faire sa fête à un type qui lui avait fait une queue de poisson. Yannick, lui non plus, fallait pas lui casser les pieds. Depuis, il s’est considérablement assagi et continu d’hanter les studios, guitare électrique à la main.

Nous nous aimions, nous nous détestions. Difficile de discerner la limite entre les deux. Nous étions, en tous cas, un vrai gang. Et puis un jour, au bout de 5 intenses années d’espoir et d’efforts, ce fût le bar pourri de trop (aux Halles, à Paris). L’organisation catastrophique nous a demandé de jouer après un handicapé (au demeurant guitariste) qui n’était pas prévu au programme. Cela voulait dire finir à point d’heure et surtout n’avoir que 3 personnes devant nous. Je travaillais le lendemain. J’ai craqué. J’ai refusé de jouer et c’était terminé… C’était le prétexte que nous attendions tous et surtout David. Lui avait commencé à répéter en secret avec d’autres musiciens et planifiait son départ du groupe. Ce fut comme une rupture, une séparation amoureuse… Presque un adultère. Beaucoup de douleur et de rancœurs. Une longue gueule de bois. Ce qui était un domaine réservé au plaisir était devenu un travail et une peine : 2 répétitions par semaine, la promo, la com, transporter le matos, supporter les égos, fréquenter des amis qui au fond ne l’étaient pas… etc. J’en ai presque oublié de travailler et de mener ma carrière de graphiste. Là, le travail fût ma planche de salut.

Après quelques années de vide musical, j’ai finalement décidé de ne plus m’embêter et surtout de ne plus jouer avec des psychopathes et ce quelque soit le projet. J’ai rejoint le nouveau groupe de Yannick : Blade. C’est sans doute ce que j’ai fait de mieux à la guitare. Nous avons fait quelques concerts (dont un très bon, à la Flèche d’Or) et une démo où David, ancien Monkey Business, est venu chanter sa seule compo. en français, ever. La batterie et le chant étaient assurés par une sorte de consultant /espion qui travaillait pour les Services de Renseignement Français. Parallèlement, j’ai commencé à répéter avec Jean-Yves, mon ami de toujours, seul vrai musicien que je connais qui sait lire et écrire la musique. Nous avons fait de la musique électronique grâce à Cubase et sans se donner de limites, le tout à grands coups de sampler. Du mambo, de l’impro, de l’électro, du n’importe quoi, nous nous sommes tout permis et j’ai un peu laissé tomber la guitare. Bien nous en a pris puisque Canal Plus nous a inclus dans une compilation thématique liée à leur Nuit des Extra-terrestres. Radio Nova nous a programmé lors de leur hommage à Gainsbourg et nous étions en « heavy rotation » sur les radios universitaires québécoises. Pour l’occasion l’inoxydable Franck chantait sur nos compos et reprises. Pour finir le chapitre « Nouveaux Monstres », après 2 CD diffusés (dont 1 interactif), nous avons travaillé sur un enregistrement qui nous a demandé beaucoup trop d’efforts : 2 années de préparation et de composition, 15 jours de studio, un guitariste, une section de cuivre, un percussionniste, de l’accordéon, des cuivres, des chœurs… etc., etc. Mon « Smile » personnel quoi (les fans des Beach Boys comprendront). J’ai même écrit toutes les paroles des chansons. Une fois le mix terminé, j’avais un sentiment d’écœurement solidement chevillé au corps qui me reprend à chaque écoute du CD. J’étais lessivé et je n’ai même pas pu faire de promo. Les CD sont restés en caisse. Mais, Peut-être qu’un jour, sait-on jamais !

Aujourd’hui, je joue toujours, mais mon futur musical est derrière moi. Un de ces quatre, je referai de la scène, du moins je l’espère. Parce que c’est là où ça se passe. Je garde plein de bons souvenirs de ces années qui alimentent, encore aujourd'hui, mon imaginaire et ma créativité : notre entrevue avec le label New Rose, le live à Radio France dans le studio 113, les bœufs avec les Bonaparte’s ou les Stunners. La première partie du guitariste de Rory Gallagher, le retour de notre mini-tournée bretonne où j’ai croisé Link Wray a une station-service (avec Vincent Palmer), le CD des Nouveaux Monstres présenté à Nulle Part Ailleurs, « So Alone » des Monkey Business qui me donnait une joie sans égal à chaque fois que nous la jouions, ma propre version de Louie Louie (avec mes lyrics) par les Nouveaux Monstres, Jean-Yves mangeant son cassoulet avant un concert au Cadran, ce spécialiste du contrepoint qui fût clavier chez les Monkey (et qui avait joué avec les Toys Dolls), l’écho à bande emprunté au groupe Dolly qui enregistrait en même temps que nous, la musique d'un CD-Rom éducatif pour enfants (commandé par Michelin), l’expander également emprunté à Manche de Raquette, Daniel - notre ami trompettiste - qui joue sur le premier Nouveaux Monstres (mais qui, malheureusement, n’est plus là aujourd’hui), ma première « belle » guitare électrique ramenée des USA, un concert apocalyptique sur une plage espagnole (avec un groupe éphémère : une moitié de Cérémonies + une moitié de Fricotins)… Etc.