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Les Clash, bien sûr !

Difficile pour notre génération, de ne pas être associée aux Clash. Ce groupe a marqué notre imaginaire et, d'une certaine façon, fait notre éducation musicale et politique. J'écoute quotidiennement du reggae grâce à Joe Strummer et à sa bande. Ici, il s'agit d'un morceau extrait de leur 2e album joué par la version 2.0 du groupe. En effet, Topper Headon a été viré du groupe pour des histoires de drogue. Mick Jones, également, a mis les bouts. Pour les puristes, ces Clash sont une vague parodie. J'ai longtemps pensé la même chose mais avec la distance, j'apprécie au final leurs guitares beaucoup plus tranchantes et bien plus punk. Cette captation a été faite pendant le Festival Elexir (en Bretagne) et je ne crois pas avoir déjà entendu ce concert ailleurs que via mes archives. 
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The Clash (le retour)

 Il est important, de temps en temps, de revenir aux fondamentaux. Bien sûr,  j'ai déjà parlé plusieurs fois des Clash. Ce coup-ci, il s'agit d'un extrait de concert à Washington datant de la fin du groupe, c'est à dire en 1985 (à Washington). Une époque décriée par tous les fans car sans Mick Jones ni Topper Headon. Pourtant, si le dernier album du groupe ("Cut The Crap") laisse un peu à désirer, leurs prestations scéniques sonnent d'enfer. Comme pour ce "Guns Of Brixton" classique de leur répertoire et toujours chanté par Paul Simonon. Les guitares sont précises, énormes, presque telluriques... Très loin du génial Mick Jones et pourtant ultra-pertinentes. Il n'y a pas eu que du mauvais dans la fin des Clash !

Les Clash à l'Elexir Festival

Voici deux morceaux emblématiques du groupe extraits de leurs premiers albums. Deux titres punk pour une formation tardive des Clash qui essaie de renouer avec cet esprit "pionnier".  Cette captation provient d'un concert à la radio d'où le son approximatif !
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Brand New Cadillac

Voici "Brand New Cadillac" une reprise de Vince Taylor que les Clash ont enregistré à l'occasion du génial "London Calling". A l'époque, cette reprise avait fait beaucoup de bruit puisque ces punks puristes osaient élargir leur répertoire en s'attaquant aux "classiques" rock and roll du genre. Ici, il s'agit de la version 2.0 des Clash (sans Mick Jones ni Topper Headon) mise sur pied à l'occasion de la réalisation de l'album "This is England". Cette formation a toujours été considérée comme une parodie par tous les fans du groupe. Pour ma part, j'aimais bien leur côté "mur du son". Ici, il s'agit d'un extrait d'un concert donné au festival Elixir à Guehenno, le 15 Juillet 1985 et diffusé à la radio (d'où le son pourri du fait des "ondes courtes").
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BAD

Les bouloupiens ont adoré les Clash. Un groupe fondateur, musicalement et visuellement intelligent. Leur séparation a un laissé un grand vide en partie comblé par Big Audio Dynamite, la formation de Mick Jones post Clash. BAD était dans son époque : dansante, samplée et n'hésitant pas à emprunter au dancehall made in Jamaica, à l'électro ou au rap. Quand on reparlera de l'ambiance du début des 90's, on n'hésitera pas à mettre en avant cette formation admirable, mixant comme personne rock et musique pour danser. Je n'ai pas eu l'occasion de les voir à l'époque et il m'a fallu une reformation tardive pour apprécier en live toute la beauté de ce groupe qui aimait s'habiller en blanc. Voici un de leur tube live en 1988 à Bradford en Angleterre.
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Traci Lords (a disparu)

Retrouvé il y a peu, voici "Traci Lords a disparu" un morceau de Bibi & Les Fricotins dernière période juste avant l'ajout d'une chanteuse. Ici le son est plus compact et on sent de nouvelles influences entre Etienne Daho et les Clash. Comme d'habitude, le grand écart entre deux extrêmes. Jean-Yves est la "guest star" saxophoniste ! Pour ceux qui connaissent l'histoire de la Porn Star 80's, ils comprendront le sens de ce tître un poil énigmatique. Parfois, Yannick (basse) ajoutait "Traci Lords a disparu, trop de bites elle a vu". Mais ça c'est pour la petite histoire...
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Acetylene

Parmi les innombrables groupes éphémères de la scène punk/new wave européenne des années 80, Acetylene reste une belle énigme. Un seul 45 tours autoproduit, deux titres, et puis plus rien… ou presque. Grâce au blog Disorder – Are You Experienced?, on en sait aujourd’hui un peu plus. Le groupe s’est formé en 1977 à Seraing, en Belgique, dans la région de Liège. Il était composé de Remo Di Matteo au chant, Michel Verjans et Jacky Righi aux guitares (et chœurs), Erio Righi à la basse, et un certain Pascal à la batterie.

Leur unique disque paraît en 1980. Un 45 tours deux titres, sans label identifié, avec une pochette sobre en noir et blanc et des crédits réduits à l’essentiel. La face A, Policemen, dure environ cinq minutes. Elle repose sur un rythme de reggae un peu bancal, typique des tentatives punk de l’époque d’emprunter à cette esthétique — quelque part entre The Police et les débuts de The Clash. La face B, Life Addict, est plus directe, nerveuse et ramassée, un peu plus de deux minutes. Musicalement, Acetylene propose un punk tendu, un peu new wave, chanté en anglais, avec une énergie brute et une touche d’humour. Le jeu de guitare de Michel Verjans, notamment, est souvent décrit comme expressif, imprévisible, et parfois volontairement décalé. D’après les souvenirs rapportés par Luc Lacroix (via Bloody Belgium), Michel rayonnait dès qu’il avait une guitare en main et se lançait dans des solos “hors contexte, toujours très drôles”.

Le disque est aujourd’hui une rareté, mais les deux morceaux sont facilement écoutables en ligne. Après la fin d’Acetylene, trois de ses membres – Michel Verjans, Jacky Righi et Erio Righi – rejoindront en 1983 un autre groupe belge, Dum Dum Boys, qui sortira notamment le très bon mini-album St David’s Day. Comme souvent avec ce genre de formation locale et brève, il est difficile de retrouver davantage d’informations. Voici un premier extrait de ce magnifique single ! 


Acetylene en version live

Voici un live d'Acetylene lors du festival Oug'Rock en 2012. Ce festival avait lieu à Seraing (ville d'origine du groupe). Pendant ce concert, le groupe s'attaque au répertoire des Clash ! Une connection évidente quand on écoute la face A de leur unique single !

Emma à la batterie (2)

2e vidéo de Lio avec la copine Emma qui joue des percus dans le fond ! Pour donner un peu de contexte, il s'agit d'une reprise du tube "La Bamba" par Los Portos qui est un groupe éphémère comprenant Lio et sa sœur LNA ainsi qu'une partie des très bons Corazon Rebelde, un groupe d'origine sud-américaine très influencée par les Clash. Cacho, le chanteur, de mémoire, a eu un enfant avec Lio et est entré à la posterité pour avoir dérouillé la chanteuse d'origine portugaise. Je crois que Lio a écrit un livre sur ce sujet plutôt difficile.

Zéro de conduite

A l'époque, je me souviens d'avoir écouté plutôt amusé leur single "Viré du bahut". Ces Zéro de Conduite ont eu le privilège "d'ouvrir" pour les Clash. Ont-il vu en eux l'avenir du rock and roll ou bien un amusant phénomène d'imitation ? Quoi qu'il en soit ces prodiges ont persévéré et ont formé "Blankass" qui a connu un certain succès ou succès certain ! Voici une interview du groupe chopé à la radio !
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Un morceau non identifié des Chinaski's

Un vrai inédit, une morceau instrumental des Chinaski's sans doute enregistré pour pouvoir travailler. C'est bien sûr Gordon qui prend le lead à la basse et on entend, dans le fond, Dgé tricoter à la guitare. Comment s'appelle ce morceau ? Aucune idée... Seul indice, un sample des Clash au début. Un vrai inédit, on vous dit ! 
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Et enfin...

Dernier extrait du 2e single des Bye Bye Turbin, voici "Métro Sèvres-Babylone" qui sent bon les Clash et le métro parisien !

The Farm

Quand au début des années 90, les rockers redécouvrent les joies du dancefloor et des drogues récréatives, les Bouloupiens suivent le mouvement. Au son des Soup Dragons, Inspiral Carpets, Charlatans et autres Happy Mondays, nous vivons (à nôtre façon) ce nouveau "Summer Of Love". Normal, car après tout nous sommes des fans de New Order depuis leurs débuts et ils sont un peu les instigateurs de cette fusion rock/dance. Les Chinaski's (le groupe de Franck et Pascal) sont d'ailleurs (un peu) influencés par cette vague en provenance de Manchester...  Et Liverpool. Comme The Farm et son "Groovy Train" qui déboule dans les charts anglais en 1990. Le chanteur Peter Hooton avait la réputation de chanter ultra-faux... Et c'est peu de le dire. Voici un autre de leur tube, le magnifique "All Together Now" massacré en concert  au Festival de Reading en 1992. La présence de Mick Jones (BAD/The Clash) n'y change rien. Je vous met au défi d'écouter cette chanson du début à la fin... Sans décrocher !

The Friendly Hopeful

Voici un étrangeté qui est sans doute un "coup" de producteur... Sans doute pour surfer sur la vague "Stars On 45" alors à la mode. L'idée est de faire un "pot-pourri" de succès enchainés à la suite sur un beat dansant. Sauf qu'ici, il s'agit de succès du punk que l'on enchaine sur les cendres encore rougeoyantes du mouvement, puisque nous sommes en 1981. A la basse et à la production, Dave Goodman qui a déjà œuvré avec les Pistols, Vibrators et autres Uk Subs. Andrew Bor à la batterie et Andy Blade à la guitare viennent compléter le tableau. Étrange. C'est comme si des figures de l'underground s'étaient réunies pour faire un pastiche et reprendre dans l'ordre : les Buzzcocks,  Eater (le groupe d'Andy Blade), Damned, Jam, Clash et Sex Pistols. Une curiosité, on vous dit !

Holly And The Italians

À la fin des années 1970, Holly Beth Vincent, originaire de Chicago, s’impose comme une figure singulière dans un paysage musical encore largement dominé par des regards masculins. Chanteuse, guitariste et compositrice, elle refuse les rôles assignés et monte son propre groupe, The Italians, après avoir traîné ses guitares du côté de Los Angeles. Très vite, le projet prend une autre dimension lorsqu’elle décide de s’installer à Londres, alors en pleine effervescence post-punk, où les labels et la presse sont à l’affût de nouvelles personnalités capables de conjuguer énergie punk et écriture pop.

C’est dans ce contexte que naît “Tell That Girl To Shut Up”, premier single du groupe, enregistré et publié à la charnière de 1979 et 1980. Le morceau frappe d’abord par son titre, frontal, presque provocateur, qui résume assez bien l’attitude générale de Holly Beth Vincent. Musicalement, on est sur une power pop tendue, rapide, avec des guitares sèches, une rythmique sans fioritures et une mélodie immédiate qui reste en tête dès la première écoute. Rien de révolutionnaire en apparence, mais une efficacité redoutable, portée par une interprétation à la fois rageuse et parfaitement maîtrisée. La chanson condense tout ce que la new wave pouvait offrir de plus direct à ce moment-là : l’urgence punk débarrassée de ses excès et une écriture pop qui ne s’excuse pas d’être accrocheuse.

Le single attire rapidement l’attention de la presse musicale britannique et permet à Holly and the Italians de signer chez Virgin Records. Le groupe se retrouve propulsé sur les routes, partageant l’affiche avec des noms déjà bien installés comme The Clash, Blondie ou les Ramones. Pourtant, malgré cette exposition et le soutien d’un label important, Holly and the Italians ne parviendront jamais à transformer l’essai sur le plan commercial. Leur unique album, The Right to Be Italian, publié en 1981, prolonge l’esthétique du single sans véritablement trouver son public à l’époque. Avec le recul, le disque apparaît pourtant comme un témoignage solide de cette période où la new wave flirtait encore avec la power pop et le punk, avant de se normaliser ou de se synthétiser à outrance.

“Tell That Girl To Shut Up” restera le morceau emblématique du groupe, celui par lequel on y revient presque toujours. Ironie de l’histoire, c’est une autre formation britannique, Transvision Vamp, qui offrira à la chanson sa plus grande visibilité en la reprenant à la fin des années 1980. Leur version, plus lisse et parfaitement calibrée pour les charts, fera connaître le titre à un public bien plus large, au point d’éclipser presque totalement l’original aux yeux de beaucoup. Pourtant, c’est bien la version de Holly and the Italians qui conserve aujourd’hui toute sa force : moins produite, plus sèche, plus honnête aussi, dans ce qu’elle raconte d’une époque et d’une posture.

Après la séparation du groupe au début des années 1980, Holly Beth Vincent poursuivra une carrière solo et multipliera les collaborations, sans jamais retrouver une exposition comparable à celle de ses débuts londoniens. Holly and the Italians restera donc comme un projet bref mais marquant, typique de ces groupes passés entre les mailles de l’histoire officielle, mais dont un single suffit à justifier la redécouverte. “Tell That Girl To Shut Up” n’est pas seulement une bonne chanson new wave : c’est un instantané, un morceau de colère pop parfaitement daté, mais toujours vivant, qui rappelle que certaines trajectoires fulgurantes laissent des traces bien plus durables que des carrières interminables.

Savage Circle

Savage Circle est un groupe qui s'est formé en 1979 à Aix-En-Provence (sous le nom de Spoiler). Très influencé par les Clash et les Ruts DC, le groupe s'installe finalement à Paris où il répétera au fameux Parking 2000. En 1985, les Savage Circle sortent un single autoproduit 2 tîtres. En 1988, certains membres du groupe montent Dust et enregistrent une K7 démo. Voici la face A du single de Savage Circle.

L'Affrontement

Voici une photo historique (1979, 1980 ?) où l'on découvre les membres de ce qui allait devenir un peu plus tard "Cérémonies". A l'époque, la fine équipe jouait du punk rock sous le nom de L'Affrontement (l'influence des Clash n'est pas loin). Je n'ai jamais rien entendu de cette formation originelle mais je sais que c'est le premier groupe punk à avoir joué dans l'île de Ré. D'où, j'imagine, cette photo prise sur une bateau. A l'époque le Pont de l'Ile de Ré n'existait pas encore ! By the way, petite pensée pour tous ceux qui ne sont plus là !
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Whodini

Si à l'époque nous êtions "New Wave", il nous arrivait de lorgner dans d'autres directions... Musicales. J'avais pour ma part, un gros faible pour Futura 2000 qui trainait avec les Clash. Whodini était des pionniers du genre. En 1984, ils venaient de sortir leur premier album et avaient une réputation auprès des puristes. Bizarrement ces 2 morceaux live enregistrés aux Bains-Douches sont des reprises. Ils rendent  hommage à Sugarill Gang et à Grand Master Flash, deux pionniers qui ont connu un immense succès avec ces deux tîtres. Leur look est vraiment étrange mais j'imagine que c'est ce qui se faisait à l'époque. Ces deux chansons sont extraites d'un concert diffusé sur Radio 7.
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Je me souviens de nous (1)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !

 

Avec le recul, parler de Cérémonies, c’est entreprendre un voyage introspectif et faire un retour sur mes années de formation puisque, d’une certaine façon, j’ai participé à cette aventure musicale. Bien sûr, vous vous demandez, « What’s the fuck… C’est quoi Cérémonies ? » S’ils avaient une « entrée » dans Wikipedia ça pourrait donner quelque chose comme « Cérémonies est un groupe rock français et new-wave qui a été en activité de 1983 à disons… 1989. » Je ne suis plus très sûr et Franck War (le chanteur du groupe) que j’ai interviewé pour écrire cet article non plus. D’ailleurs, je le remercie d’avoir partagé ses souvenirs et ravivé les miens.

Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer.  Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point. 

L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.

Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club.  Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ».  Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !

Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur.  Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.

La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh  sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.

Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.

Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes). 

J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...

Vince, l'ange noir du rock and roll

J'ai toujours eu une passion particulière pour le rock and roll originel, celui des années 50. Aujourd'hui, je publie un extrait de ce bootleg bien connu du fameux Vince Taylor. Rocker d'origine anglaise, Taylor a fait carrière en France en reprenant des classiques du genre et surtout grâce à son costume en cuir noir (avec option chaîne à vélo). Quand les organisateurs de concert en auront marre que l'on pète tout à ses concerts, sa carrière aura du mal à s'en remettre. La légende veut aussi que David Bowie se soit inspiré de lui pour créer Ziggy Stardust. J'ai du mal à voir visuellement la connection entre les deux... Mais bon. Enfin, sa rencontre avec le LSD, au milieu des sixties, n'a pas fait que du bien à ses neurones et l'on dit qu'il n'est jamais vraiment redescendu. Dans cet océan de reprises qui caractérise la discographie de Vince Taylor, il existe une exception... Le fameux "Brand New Cadillac" que les Clash reprendront sur "London Calling". Seul tître original composé par notre héro, il a marqué définitivement l'histoire du rock and roll. En 1977, au plus bas, Vince est recueilli par un fan en provenance de Macon. Pendant quelques mois, il habitera dans cette souriante bourgade et survivra aux crochets de ce commerçant local qui pour éponger une partie de ses dettes décidera de commercialiser cet enregistrement live. Ce n'est donc pas tout à fait un bootleg même si le son est un poil approximatif ! Drive...
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