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Movement

En direct de Paris, voici Movement un groupe cold et new-wave qui comme l'atteste son nom semble s'inspirer directement de Joy Division. Il y a deux époques dans la vie du groupe, de 1983 à 1986 puis de 1986 à 1989 (voir un peu plus). Une seconde période sans doute plus professionnelle et ambitieuse avec un  line-up un peu différent. Ce qui fait l'un des points forts de Movement, c'est la présence de Ian Harris comme "5e membre" du groupe à la sonorisation et aux lyrics (en anglais, bien sûr). Ian a été le sonorisateur de Joy Division ce qui justifie directement leur filliation. Également, il semblerait que Movement se soit exilé, à un moment donné, à Aix-en-Provence pour se consacrer à 100% à la musique. Il faudrait que je demande à mes copains de Seaton si ça leur dit quelque chose. En tous cas, Movement a sorti deux longs et deux singles qui sonnent vraiment très bien ! Voici un premier extrait de leur premier album.

Le mini album de Movement

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le mini-album six titres de Movement sorti en 1984 !


 

Animation suspendue

Nouvel extrait du magnifique album de Movement sorti en 1984, voici  "Suspended Animation".

R.E.M.

Avant d’être les stars planétaires que l’on connaît — les arènes pleines, les clips en boucle sur MTV, les hymnes comme Losing My Religion —, R.E.M. a été un petit groupe du Sud profond. Un groupe de copains d’Athens, en Géorgie, qui bricolait une pop étrange et lumineuse dans un monde encore post-punk.

Tout commence en 1980, quand Michael Stipe, Peter Buck, Mike Mills et Bill Berry se rencontrent à l’université. Athens n’est pas encore la scène indie qu’on imaginera plus tard, mais il s’y passe déjà quelque chose : The B-52’s ont ouvert la voie, et dans les bars du coin, des kids font du bruit avec des guitares, loin du clinquant de Los Angeles ou du nihilisme new-yorkais.

Le premier single, Radio Free Europe, sort en 1981 sur Hib-Tone. Petite maison locale, tirage confidentiel, mais cette chanson a tout. La guitare cristalline de Buck, entre jangle et urgence, la basse mélodique de Mills, et la voix de Stipe, mystérieuse, presque incompréhensible. On ne comprend pas les paroles, mais on sent qu’il se passe quelque chose. C’est ça, la magie de R.E.M. à ses débuts : de l’énergie, de la mélodie, et un voile de brouillard par-dessus. Le morceau attire assez d’attention pour que le groupe signe chez I.R.S. Records, label connu pour ses choix audacieux (The Go-Go’s, Wall of Voodoo, The Cramps).

En 1982, sort Chronic Town, cinq titres d’une beauté un peu tordue. Ce n’est pas un disque “important” à l’époque, mais avec le recul, c’est une petite révolution. Les guitares sonnent comme si elles venaient d’un autre pays, la batterie rebondit, et Stipe chante comme s’il parlait un dialecte secret. Des morceaux comme Gardening at Night ou 1,000,000 montrent déjà ce que R.E.M. fera de mieux : mélanger le folk-rock des Byrds, l’ombre du punk et une mélancolie très personnelle. C’est un disque qui respire la campagne américaine, la verdure, les routes vides et les couchers de soleil, mais avec une tension sous-jacente.

L’année suivante, Murmur installe R.E.M. comme le fer de lance d’une nouvelle scène américaine. Là encore, rien n’est frontal : pas de gros son, pas d’effets de manche. Juste cette écriture tordue, ces mélodies qu’on reconnaît sans les comprendre, et cette atmosphère quasi-mystique. Les critiques adorent, la presse parle d’un souffle nouveau, mais le grand public passe à côté. Tant mieux : Murmur reste un disque à part, une œuvre d’initiés. On y retrouve l’Amérique profonde, les trains de nuit, les terrains vagues, les mots qu’on devine plus qu’on ne les entend.

Ce R.E.M.-là n’a pas encore les moyens des grandes productions ni les refrains faits pour les stades. C’est un groupe qui avance par instinct, porté par des chansons qui semblent venir d’un autre temps. Ce qu’ils ont créé entre 1981 et 1984 reste un miracle d’équilibre entre naïveté et maîtrise. Plus tard, tout changera — Document, Green, Out of Time, Automatic for the People —, mais ceux qui ont usé leur exemplaire de Chronic Town savent : le vrai frisson R.E.M., celui du brouillard, du jangle et du mystère, c’était là, au tout début quand on assurait (entre initiés) qu'en fait ce groupe s'appelait "Rapid Eyes Movement"...

Figurehead

Voici un nouvel extrait de l'album de Movement sorti en 1984... Un long plutôt bien produit au son très anglais et à la pointe de ce qui se faisait à l'époque !

Divide And Rule

Nouvel extrait du premier long de Movement, voici "Divide And Rule". Les arrangements sont plutôt sympas même si on est un peu loin des productions de Martin Hannett. Mais ne boudons pas notre plaisir,  dans le genre, il y a peu de productions françaises de ces années-là qui sonnaient aussi bien.