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Philippe Pascal & The Blue Train Choir

Nous sommes en 2003/2004, l'ami Edouard qui est devenu proche de Philippe Pascal décide de lui filer un coup de main (au niveau management musical). Il me demande un peu d'aide pour travailler sur une démo de son nouveau groupe : Le Blue Train Choir. Public' Image Factory qui est le studio pour lequel je travaille (que j'ai créé avec 3 autres camarades) sera le producteur du CD, ainsi que Le Regard Sonore (une société de production sonore dans laquelle je suis, à l'époque, associé). Commence des échanges sur la pochette de ce CD et une série de maquettes (que je publierai un de ces quatre). D'entrée, je souhaite organiser une séance photo, mais Philippe refuse. Pas grave, j'essaie plusieurs choses en m'inspirant de l'univers visuel blues des années 30 (dont le label "Vocalion"). Pourtant, Philippe Pascal est un peu énervé parce qu'il n'obtient pas ce qu'il veut. Ce que je découvrirai plus tard c'est que son beau-frère (et batteur du groupe) est aussi un très bon illustrateur. Il a travaillé sur un visuel mais nous l'avons, d'entrée, mis de côté sans même y réfléchir. N'étant pas payé, j'ai envie (au moins) de m'éclater graphiquement. Après plusieurs lots de maquettes, Philippe, un poil frustré, nous reproche de vouloir l'exploiter (!?) et je suis obligé de lui rappeler que nous travaillons gratuitement et payons pour fabriquer ce CD. C'est ça d'être fan. Au bout d'un moment, il se calme et évoque alors le style des pochettes Blue Note des années 50. C'est plutôt du côté du label "Pacific Jazz Records" que je vais puiser l'inspiration pour la typo. Philippe veut que le nom des musiciens du Blue Train Choir soit présent sur la couverture comme pour les grands disques de jazz. Il est un peul mal à l'aise avec l'idée qu'on le mette en avant pour promouvoir le groupe. La photo que j'ai utilisé est à la base en couleurs et je vais devoir la retravailler en la coupant en deux pour que la typo puisse bien s'afficher et trouver sa place. Le CD sort, Edouard s'occupe de la promo, organise des concerts pour le groupe qui est très bon en live (comme ce CD qui est presque en totalité une captation live pendant les Trans Musicales à Rennes). Edouard rencontre Pascal Obispo qui est intéressé pour le produire. Philippe hésite. Il n'a plus le courage de se mettre dans cette dynamique (pression + business). Et puis c'est Pascal Obispo... Une superstar de la variété qui a un following de minettes. Je crois me souvenir que Philippe a enregistré, à l'époque, un duo avec Isabelle Adjani qui n'est jamais sorti (produit par Obispo). Finalement, l'aventure Blue Train Choir n'ira pas très loin par manque de motivations du principal intéressé (sans doute trop fragilisé par ses nombreux abus passés). Quand plus d'une décennie plus tard, j'entends que Philippe et le Marquis de Sade sont de retour. Je suis très heureux pour lui mais aussi très étonné (la suite des événements me donnera raison). Je prend mes tickets pour Rennes et pour ce qui devait être l'unique concert de reformation. J'ai envie d'ajouter "qui aurait du être l'unique concert de reformation". En mettant fin à ses jours, Philippe est définitivement entré dans la légende du rock français... Ce qui est dommage pour Philippe Pascal, l'individu et ses proches (dont l'ami Edouard qui a été particulièrement touché). Philippe était quelqu'un de bien et de sympa. Anyway, on trouve déjà ces enregistrements sur YouTube... Mais bon, autant que j'en profite aussi un peu. Après tout, j'y étais et j'ai participé.
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Une interview de Marc Seberg

Voici un document précieux puisqu'il s'agit d'une interview de Philippe Pascal (accompagnée de Pascale Le Berre) alors frontman de Marc Seberg, le tout, en 1985. Cette interview est réalisée par mon ami Edouard Dupressoir alors en charge d'une émission sur Radio Fugue le dimanche après-midi. Cette radio, très bien implantée en Picardie dans les années 80, 90 et 2000, est aujourd'hui devenue une web radio. Cette interview est sans doute un des points de départ de l'amitié entre Edouard et Philippe Pascal. Cette amitié a traversé le temps  et  continue encore aujourd'hui. Philippe Pascal est un poil tendu mais il essaie d'être sympa et de répondre le plus simplement possible. On le sent un peu "perché" mais au final assez touchant. Edouard a bien préparé ses questions qui sont pertinentes et très intéressantes. L'interview dure 45 minutes, alors on s'installe et on écoute ! Il s'agit d'un petit bout de l'histoire du rock français.
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Philippe & Tonio

Quand Philippe Pascal se lance dans l'aventure Blue Train Choir, c'est son ami Tonio Marinescu qui est à la batterie. Si vous connaissez un peu l'histoire du rock rennais, ce nom ne vous est pas inconnu. Tonio a joué dans les légendaires Kalashnikov, dans Casse-pipe mais aussi pour Dominic Sonic ou pour Red. D'un point de vue personnel, Tonio est le "beau-frère" de Philippe ce qui ne fait que renforcer leur liens. La disparition un peu abrupte et inattendue de Tonio affectera beaucoup Philippe. D'ailleurs, lors du concert de reformation de Marquis de Sade à Rennes une photo de Tonio et de sa compagne sera projetée avec d'autres "disparus" proches du groupe. En 2009, à l'initiative du label rennais Beast Records (et magasin Rockin' Bones), un projet d'album tribute à Johnny Cash réunie Philippe Pascal et les Marinescus sur la même galette. Sans avoir aucune info sur ce groupe, il est facile d'en déduire que c'est Tonio qui est à la manœuvre d'autant plus que c'est lui qui signe l'illustration de la pochette. Par contre, aucune info sur la reprise enregistrée par Philippe. Mais à l'écoute, j'imagine qu'il s'agit du Blue Train Choir. Voici The Marinescus et leur reprise extraite du magnifique "Bitter Tears - Ballads Of The American Indian" de Johnny Cash (1964).
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Je me souviens de Philippe Pascal

Philippe Pascal nous a quitté aujourd'hui. Philippe a toujours été là, occupant constamment une partie de mon univers musical. D'abord avec Marquis de Sade puis avec Marc Seberg. Je me souviens de ce Chorus, un dimanche devant la télé, avec ces jeunes gens modernes qui chantaient l'Europe (en anglais et en allemand). La couverture d'Actuel - aussi - avec leurs papas et leurs mamans. Je me souviens de l'Olympia en délire pour un Marc Seberg épique et héroïque. Je me souviens de Plan sur la Comète, le fan club officiel. Je me souviens du Blue Train Choir et ce CD sur lequel nous avons travaillé avec notre copain Edouard. Philippe était un peu lessivé mais il avait ce "truc" unique. Un charisme de star qui avait survécu à la drogue. J'étais fier de travailler pour lui, même si ce n'était pas un client facile. Je me souviens de Philippe dansant sur "Beat It" de Michael Jackson au mariage de Cécile et Doudou. Car entretemps, il était devenu un proche d'Edouard, un "frère" de cœur. Je me souviens l'avoir croisé aux Batignoles pendant le festival et d'avoir échangé avec lui quelques mots chaleureux. C'était quelques temps après l'avoir vu en sueur sur la scène du Méry pour un concert soul, blues et inspiré. Je me souviens - enfin - d'avoir pris le train pour Rennes pour ce concert unique du divin Marquis. C'était "reparti" et il méritait plus que jamais cette reconnaissance tardive. Et puis, aujourd'hui, plus rien. On parle de suicide et je frémis. Car j'ai déjà perdu un proche de cette façon. Philippe laisse un vide inexpliqué au moment où tout semblait à nouveau possible. Voici quelques photos prises lors du concert du Blue Train Choir au Méry !



Une interview croisée d'Anzia et de Philippe Pascal

En faisant des recherches sur un obscur groupe Lillois, je suis tombé sur cette interview d'Anzia et Philippe Pascal datant de Juin 1983 soit à l'époque de la sortie du magnifique 1er album de Marc Seberg. On y découvre d'intéressantes anecdotes sur, notamment, la création du groupe ou sur "le dernier New Order" que Philippe semblait adorer. J'imagine qu'il s'agissait de "Power Corruption & Lies". Bref, ça fait plaisir "d'entendre" cette voix qui nous manque terriblement. Voici extrait de Elf.A.A. Zine n°6  (Septembre/Octobre 1983) la dite interview.







Philippe Pascal

Voici, à nouveau, un cliché intense et inédit de Philippe Pascal avec son groupe le Blue Train Choir pris pendant un concert au Dejazet en Juin 2003. Concert organisé par notre pote Edouard qui s'occupait, à l'époque, du management de Philippe.
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Le Blue Train Choir

Mon ami Edouard était (et est) un grand fan de Marc Seberg (et Marquis de Sade). A tel point, qu'à l'époque,  il avait monté le fan club du groupe : Plan sur la Comète (auquel j'ai un peu participé) ! Une bonne occasion de présenter Anzia, (le guitariste de MS) à Cérémonies et d'envisager une collaboration. Collaboration qui n'a jamais été plus loin que le projet. Dommage ! Et puis, à force d'être fan, Edouard s'est aussi lié d'amitié avec Philippe Pascal. Il l'a même aidé (et managé) lorsqu'il a monté cette formation : Philippe Pascal et le Blue Train Choir. Nous avons travaillé sur un CD/démo qui depuis est devenu un collector pour les fans (j'ai fait la pochette). Voici le passage du groupe lors du festival des Batignolles en 2004. Un très bon souvenir. depuis, Philippe est revenu avec Marquis de Sade et je suis très content qu'il accède (enfin) à une reconnaissance légitime !
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Marquis de Sade

J'ai beaucoup parlé de Philippe Pascal dans ce blog. J'ai abordé Marc Seberg et le Blue Train Choir (pour lequel nous avons travaillé). Je me devais également d'aborder le groupe "originel" par lequel tout est arrivé... Marquis de Sade. Groupe pionnier qui apparait sur la scène rock en même temps que Joy Division. Le live que j'ai choisi a été enregistré le Mercredi 6 Décembre au Théâtre de l'Empire pour l'émission de télé Chorus. Ce live sera diffusé sans doute le Dimanche suivant, le 9 Janvier, à la télévision, en fin de matinée. J'étais devant la télé ce jour-là et je me souviens, du haut de mes 15 ans, du choc en découvrant ces "jeune gens modernes" habillés avec leurs petits costumes cintrés. Un choc musical aussi, car leur musique ne ressemblait à rien de ce que je connaissais... Bizarrement, on ne trouve pas trace sur YouTube de ce concert  (pour moi fondateur). Voir le "Divin Marquis" en live à Rennes, lors du concert de reformation, 37 ans après, fût un des grands plaisirs de mon année 2017. Dommage que, d'une certaine façon, Philippe Pascal n'est pas survécu à cette reformation. Voici ma chanson préférée de Marquis de Sade.

Philippe Pascal et le Blue Train Choir, les photos inédites !

Voici des clichés inédits de Philippe Pascal avec son groupe le Blue Train Choir pris pendant un concert au Dejazet en Juin 2003. Un des clichés a servi pour le mini-album promo réalisé à l'époque. Reste à savoir qui est le photographe. Je pencherai pour mon pote Edouard. Mais je n'en suis pas sûr ! 









Another Blue World

J'ai déjà publié une rareté des Complot Bronswick de Rennes que l'on pourra écouter ici-même. Je pense avoir oublié de préciser que Pascale Le Berre y jouait du clavier avant de rejoindre Marc Seberg et finalement sortir un album avec Philippe Pascal, le bien nommé "Philippe Pascale". Je crois savoir aussi que Pascale a aussi été la compagne de Philippe. Bref, voici une autre rareté du groupe extraite d'une obscure compilation K7 "Dépendance Continue" sortie en 1989.

Revoir Philippe

Voici un petit docu sur Marquis de Sade sans doute réalisé à l'occasion de la reformation du groupe. Philippe Pascal y parle longuement et ça fait vraiment plaisir de le revoir... Il est exactement comme dans mes souvenirs !

La démo de Philippe Pascal & The Blue Train Choir

Je suis très heureux de partager aujourd'hui la démo du Blue Train Choir que nous avons produit en 2004. Quand je dit "nous", il s'agit - bien sûr - d'Edouard D., de Public Image Factory (le studio de design dans lequel j'étais associé) et du Regard Sonore (une boite de son dans laquelle j'étais également associé). Je tiens à préciser que le RIP que je partage aujourd'hui n'est pas le mien mais une version que j'ai récupéré sur un site "spécialisé". On pourra télécharger ici-même ce live et en profiter pour avoir une petite pensée pour Philippe.



Blue Train Choir, le visuel refusé

Quand je travaillais sur le visuel de Philippe Pascal & The Blue Train Choir, j'avais proposé plusieurs axes de travail dont ce visuel que je publie aujourd'hui. Philippe l'avait écarté, sans doute trop loin de son humeur du moment. Pour ma part, je le trouvais plutôt pas mal...


Marc Seberg, live

Marc Seberg a eu une très grande influence sur l'ensemble des Bouloupiens. Le charisme de Philippe Pascal y est pour beaucoup comme le mélange de paroles au style plutôt classique et cette approche pop typique des années 80. J'ai déjà parlé de la rencontre d'Anzia avec Cérémonies ou bien du travail que nous avons fait avec Philippe pour le Blue Train Choir. C'est dire si, en plus de l'inspiration, nous avons interagi et échangé avec Marc Seberg. Lors d'un passage à Rennes, j'ai aussi eu le plaisir de rencontrer Matho, le batteur de MS. Voici un morceau extrait d'un live au Printemps de Bourges. Le son est plutôt mauvais et je pense que la captation a été faite par notre ami Doudou alors en mission pour les interviewer.
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Une autre interview de Marc Seberg

Retrouvée en même temps que l'interview de Marc Seberg sur Radio Fugue, voici Philippe Pascal et Pierre Thomas interviewés sur La Voix du Lézard, en Novembre 1985 (une semaine avant le concert au Casino de Paris).  La radio disparaîtra un an plus tard et deviendra Skyrock. Philippe est égal à lui-même. Il constate - entres autres - l'absence de scène rock en France... Un cliché qui perdure encore aujourd'hui !
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Plans Sur La Comète

Nous sommes en 1987 et nous venons de lancer notre premier studio de design : Bleu Petrol. La PAO en est à ses débuts et nous empruntons presque 30 000 francs pour nous acheter un Mac SE, une imprimante et un photocopieur. Photoshop n'existe pas encore et nous nous installons dans un microscopique bureau à Cachan grâce à un copain photographe. Edouard, fan de Marc Seberg, monte une association : Plans Sur La Comète. C'est un support pour animer le "fan club"du groupe. Un moyen, aussi, d'interagir avec ce groupe français réellement à part. Plus tard, Philippe Pascal deviendra un ami proche d'Edouard. Mais, on n'en n'est pas encore là et nous lui donnons un coup de main. Les occasions de se faire plaisir graphiquement sont rares. Franck est à la manœuvre pour ce flyer réalisé à grands coups de photocopieuse. Pour ma part, je réalise le logo de l'association (un poil daté car réalisé avec MacPaint). Je me souviens avoir regretté de n'avoir pas pu faire plus mais bon... Nous démarrons et nous n'avons pas beaucoup de moyens. Au passage, notons la pointe d'humour façon BD puisque nous rajoutons une spirale (la spirale du logo) sur la tête de Philippe pourtant si "dark" et si "sérieux". "Quelque chose... Noiiiir !"




Louisiana Blues

Nous sommes le Samedi 24 Juin 1989. Marc-André joue avec Pascal et Yannick dans  "Bibi & les Fricotins". Le groupe répète à Cachan dans les locaux où Pascal et Marc-André travaillent. Marc-André est ami avec François Alysse qui vient de sortir un 45 tours chez Phonogram. François Alysse qui est lui-même pote avec les Stunners avec qui il a participé à une compilation "Fireball'". Pour fêter les 35 ans de François Alysse, sa femme d'alors organise une fête dans le studio photo à Cachan (dans les locaux où travaillent Marc-André et Pascal). Pour la circonstance, le matos des Fricotins est mis à disposition de l'assemblée. Un bout des Stunners (au moins Philippe et Mickey) François Alysse (et peut-être Yannick des Fricotins) tapent le bœuf. En voici un nouvel extrait. Cette fois-ci, j'ai cru reconnaître un blues de Muddy Waters : "Louisiana Blues" mais rien n'est moins sûr. C'est François Alysse qui chante ! J'ai déjà utilisé la photo qui illustre la vidéo, 1000 excuses ! Au bout d'un moment, il est difficile de trouver de nouveaux visuels.
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La Galerie Dupressoir


Edouard Dupressoir est très vieil ami. Nous nous sommes rencontrés dans un magasin de disques et depuis notre amitié est placée sous le signe de la musique. Nous avons vu ensemble quantité de concerts, organisé parfois, soutenu nos héros comme Philippe Pascal, ancien Marquis de Sade et Marc Seberg, travaillé ensemble. Bref, nous avons pas mal de souvenirs en commun. La dernière aventure d'Edouard se situe en Espagne. Edouard et toute sa faimme sont devenus espagnols et a ouvert une galerie d'art en plein cœur de Barcelone. Un endroit incroyable à découvrir ! Voici ma modeste contribution en temps que fan de la Galeria Dupressoir. La musique est signée Delia Derbyshire, une pionnière anglaise de la musique électronique.
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Appear

Voici le très joli "Appear" extrait de l'album d'Epitaphe sorti en 1983. Belle production et voix à la Philippe Pascal. Décidément, plus j'écoute, plus j'aime.  

Je me souviens de nous (1)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !

 

Avec le recul, parler de Cérémonies, c’est entreprendre un voyage introspectif et faire un retour sur mes années de formation puisque, d’une certaine façon, j’ai participé à cette aventure musicale. Bien sûr, vous vous demandez, « What’s the fuck… C’est quoi Cérémonies ? » S’ils avaient une « entrée » dans Wikipedia ça pourrait donner quelque chose comme « Cérémonies est un groupe rock français et new-wave qui a été en activité de 1983 à disons… 1989. » Je ne suis plus très sûr et Franck War (le chanteur du groupe) que j’ai interviewé pour écrire cet article non plus. D’ailleurs, je le remercie d’avoir partagé ses souvenirs et ravivé les miens.

Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer.  Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point. 

L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.

Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club.  Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ».  Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !

Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur.  Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.

La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh  sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.

Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.

Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes). 

J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...