Nana Bonnard

Nana Bonnard fait partie de ces groupes fantômes dont la scène punk française du début des années 80 a le secret. Formé à Angers en juin 1982, le groupe réunit Édouard (chant), Steeve (guitare, chant), Denis (basse, chant, également passé par Trotskids, Pungy Sticks et Dandy Wild) et JFN (batterie). Une formation classique sur le papier, mais avec cette énergie brute et un peu déglinguée propre à l’époque.

Leur discographie tient en une poignée de minutes : un unique 45 tours, Enculé tête de mort, sorti en 1983 sur Studio 1. Un label qui, mine de rien, croisera aussi la route de groupes comme Têtes Raides ou Kremlin Kontingent - preuve qu’on est au bon endroit, même si tout ça reste encore très souterrain. Trois titres, pas un de plus : Enculé tête de mort, Zoophilie et Vive la veuve. Le ton est donné. En 1984, Nana Bonnard refait surface sur la compilation Chaos en France vol. 2 avec Morpionibus de profundis, ultime trace discographique d’un groupe qui disparaît presque aussitôt.

Il faudra attendre 2013 pour qu’Euthanasie Records ressorte le 45 tours, enrichi du titre de la compilation et affublé d’une nouvelle pochette - nettement plus regardable, ce qui n’était pas un luxe. Comme souvent avec ces groupes-là, difficile de ne pas penser qu’il manque quelque chose. Un album, au moins. Quelques titres de plus. De quoi savoir jusqu’où ils auraient pu aller.

Mais non : Nana Bonnard, c’est un 45 tours, une compile, et puis s’en vont. Et c’est peut-être aussi pour ça que ça reste.