Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Sofa Chérie. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Sofa Chérie. Trier par date Afficher tous les articles

Sofa Chérie

 Parmi les groupes fantômes de la synth-pop française des années 80, Sofa Chérie occupe une place idéale : un nom parfait, un 45-tours unique, quelques passages par les tremplins régionaux et une poignée de traces dans la presse locale. Le reste relève de l’archéologie provinciale. Originaire de Compiègne dans l’Oise, le groupe apparaît au début des années 80 dans le circuit classique des formations new-wave de province, entre MJC, concours rock (Méru, Laon), concerts régionaux et compilations territoriales. Sofa Chérie est ainsi retenu pour la compilation "Rock en Picardie", produite pour Virgin par Michel Zacha, passage obligé de la scène picarde de l’époque.

Un article de presse daté du 24 septembre 1983 permet de fixer une première photographie du groupe, alors en pleine mutation. On y trouve Jye Esko à la guitare et au chant, Eric Wimsberg à la batterie, Alain Gonains à la basse, Jean Lemoine aux synthétiseurs Roland et Yvoire aux synthétiseurs Korg et au séquenceur. Le texte mentionne aussi une chanteuse précédente, Myo, dont le départ entraîne le passage de Jye Esko au chant principal et un virage plus mélodique et électronique. Autre détail révélateur de la porosité des scènes locales, le bassiste Alain Gonains rejoindra brièvement un groupe nommé Les Hommes Virils.

Sofa Chérie s’inscrit pleinement dans la seconde vague new-wave française : après le choc initial punk et post-punk, les groupes régionaux intègrent synthés, séquenceurs et esthétiques froides. Le dispositif du groupe, avec deux claviers et séquenceur, le place clairement du côté synth-pop plutôt que rock. La presse locale parle d’une musique « rapide, sexy, aux mélodies capiteuses », citant un cocktail Ultravox, Stranglers et Bauhaus, imaginaire très caractéristique de la new-wave provinciale du moment.

Deux ans plus tard, Sofa Chérie ne laissera qu’un unique témoignage discographique, le 45-tours Soupçons d’Amour / A.S.A.S., paru en France en 1985. Aucune autre sortie, réédition ou suite n’est connue. La formation exacte de l’enregistrement n’est pas documentée avec certitude, mais elle dérive très probablement du noyau de 1983, au minimum autour de Jye Esko et Jean Lemoine.

Après 1985, Sofa Chérie disparaît des radars, suivant une trajectoire classique des groupes new-wave régionaux français : quelques années d’activité locale, un single autoproduit ou diffusé confidentiellement, puis la dissolution sans album. Aucun membre n’a laissé de trace discographique notable sous ces noms par la suite, ce qui renforce le caractère fantôme du projet. Sofa Chérie illustre ainsi parfaitement cette couche intermédiaire de la new-wave française, ni stars nationales ni amateurs isolés, mais groupes structurés, équipés et ambitieux à l’échelle régionale. Leur histoire passe par les tremplins, les compilations territoriales et la presse locale, aujourd’hui principales sources de mémoire. Un canapé, quelques synthés et beaucoup d’espoir : Sofa Chérie appartient à cette géographie intime de la pop française des années 80 où la modernité passait aussi par Méru et Compiègne.

La vidéo de Sofa Chérie

1985 a du être une année bien remplie pour les Sofa Chérie... Voici un petit clip vidéo réalisé par FR3 Lille cette année-là qui pour l'occasion rebaptise le groupe "Sofa Cheri".

Sofa Chérie en concert

Voici un live de Sofa Chérie datant de 1985 et qui finalement sonne un tout petit peu plus rock que leur single sorti la même année (mais qu'ils n'ont pas joué pendant ce concert). Intéressant ...

A.S.A.S.

Voici la face b de l'unique single de Sofa Chérie. On sent qu'ils cherchaient vraiment à cartonner quitte à arrondir leurs angles (confer le live que j'ai déjà publié). Angles qui n'étaient pourtant pas très pointus. Dommage, au delà des arrangements, il y avait... En fait, pas grand chose. En plus, on ne comprend pas les paroles. C'est juste que quand je publie un côté, j'aime bien publier l'autre, par respect pour le travail des artistes...