Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single des belges de Secret Life sorti en 1985 !
L'Antepenultième
Juste pour préciser, Le mot antépénultième désigne l'avant-avant-dernier, c'est-à-dire le troisième en partant de la fin. Dont acte. Voici le 2e extrait du magnifique single des Gonokox !
Gonokox
En 1989, Gonokox sort un premier 45 tours trois titres au titre aussi prometteur qu'explicite : Abject Rock'n'Roll. Pressé en autoproduction, ce disque condense tout ce qui fait le charme du quatuor rouennais : un punk rock nerveux, volontiers teinté de rock'n'roll, des textes qui oscillent entre humour absurde et anecdotes du quotidien, et un état d'esprit où l'envie de jouer passe largement avant toute ambition de carrière.
Formé à Rouen en 1988, Gonokox réunit Tournus au chant, Piéro à la guitare, Zbin à la basse et Tijeno à la batterie. Tous participent également aux chœurs, donnant à leurs morceaux cette dimension collective et spontanée qui fait mouche sur scène. Le groupe se construit rapidement une solide réputation dans le circuit alternatif normand en multipliant les concerts. Une quinzaine de dates par an les conduisent principalement en Normandie, mais aussi à Paris et dans plusieurs villes de province, aux côtés de nombreuses formations de la scène indépendante.
Comme beaucoup de groupes de cette génération, Gonokox fonctionne en totale autonomie. Les musiciens financent eux-mêmes leurs enregistrements, pressent leurs disques et les diffusent par l'intermédiaire des concerts, des distros et des réseaux de passionnés. Avant même la sortie du 45 tours, ils publient une première cassette six titres qui leur permet de se faire connaître dans le milieu punk français.
Les trois morceaux d'Abject Rock'n'Roll illustrent parfaitement leur univers. Derrière des titres aussi improbables que « Le Retour de la Dézaï », « L'Antépénultième » ou « P'tites Vacances » se cachent des histoires bien réelles. Cette dernière est inspirée d'un fait divers impliquant un gardien de camping enfermé par plaisanterie dans son bureau de poste, tandis que « L'Antépénultième » raconte une véritable histoire d'amour vécue par le chanteur. Chez Gonokox, le quotidien devient matière à chanson, toujours avec une bonne dose de second degré.
Musicalement, le groupe revendique autant l'héritage du punk français que celui de la scène britannique. Les Sheriffs, Les Rats, Parabellum ou Les Collabos figurent parmi leurs références, mais les quatre musiciens ne s'arrêtent pas là. Ils écoutent également du rock'n'roll, du rhythm'n'blues, du western, du jazz et des groupes comme The Cramps. Cette ouverture donne à Gonokox une identité légèrement différente de celle de nombreux groupes alternatifs de l'époque, avec un goût marqué pour les rythmes hérités du rock'n'roll.
Cette passion transparaît également sur scène, où le groupe reprend aussi bien « Rip It Up », « Blues Suede Shoes » ou « Twist and Shout » que « New Rose » et « Help » des Damned, « Just Because » des Anti-Nowhere League ou encore « Back in the U.S.S.R. » des Beatles. Une sélection qui résume assez bien leur culture musicale, située quelque part entre le garage rock, le pub rock et le punk.
Mais ce qui distingue peut-être le plus Gonokox, c'est son humour permanent. Les musiciens refusent de se prendre au sérieux, enchaînent les plaisanteries en interview et prennent leurs distances avec les discours parfois très politisés de la scène alternative. Ils préfèrent raconter des histoires drôles, parler de leurs copains, de leurs galères ou de leurs amours, avec une autodérision qui rend le groupe particulièrement attachant.
L'aventure se poursuit avec plusieurs participations à des compilations sur cassette avant la sortie, en 1991, de leur unique album, Pays D'Caux Fever, puis d'un second 45 tours, L'Aïe Veu !. L'histoire de Gonokox s'achève en 1992, après seulement quatre années d'existence, mais le groupe laisse derrière lui une poignée de disques qui résument parfaitement l'esprit DIY de cette époque. Sans chercher à révolutionner le punk français, Gonokox en a incarné l'une des facettes les plus sincères : celle de copains qui montent un groupe pour jouer fort, enregistrer quelques disques et passer de bons moments, avec une énergie et une authenticité qui, plus de trente-cinq ans plus tard, n'ont rien perdu de leur fraîcheur.
L'autre face du 2e single de Fatidic Seconde
Voici "Le Chemin D'un Rêve" l'autre face du single de Fatidic Seconde sorti sur une major : A&M. A&M a peu signé ce type de musique et encore moins des groupes français. J'aimerai bien connaître l'histoire contractuelle de ce single !
The Bolshoi
Au milieu des années 80, alors que la new wave anglaise commence à se transformer en une multitude de courants, certains groupes cherchent encore à concilier l’urgence du post-punk, la noirceur du rock gothique et l’efficacité mélodique de la pop. The Bolshoi fait partie de ces formations qui auraient pu connaître une destinée beaucoup plus importante. En quelques années seulement, le groupe anglais a pourtant réussi à marquer durablement les amateurs de musique indépendante grâce à des morceaux comme « A Way », « Sunday Morning » ou « Happy Boy », véritables joyaux d’une époque où les guitares sombres côtoyaient les synthétiseurs et les refrains immédiats.
The Bolshoi voit le jour en 1984 à Trowbridge, dans le Wiltshire, autour du chanteur et guitariste Trevor Tanner et du batteur Jan Kalicki. Les deux musiciens se connaissent déjà puisqu’ils avaient auparavant joué ensemble dans une formation punk appelée Moskow. Ils sont rapidement rejoints par le bassiste Graham Cox, puis par Nick Chown, qui participera à la période la plus connue du groupe. Comme beaucoup de formations anglaises de cette génération, The Bolshoi va progressivement quitter sa ville d’origine pour rejoindre Londres, véritable centre de gravité de la scène alternative britannique.
Le nom du groupe, qui signifie « grand » ou « important » en russe, semble déjà annoncer une certaine ambition. Pourtant, leur musique n’a rien de triomphaliste. Elle est au contraire traversée par une tension permanente, entre mélancolie et énergie. La voix profonde et théâtrale de Trevor Tanner donne aux chansons une dimension presque inquiétante, tandis que les guitares nerveuses et la basse omniprésente rappellent l’héritage du punk et du post-punk. The Bolshoi partage alors certains territoires avec Bauhaus, The Cult ou The Sound, mais possède une identité propre, moins enfermée dans les codes gothiques et davantage tournée vers l’écriture de chansons fortes.
Le premier véritable signal arrive en 1985 avec l’EP « Giants », publié par Situation Two, le label associé à Beggars Banquet. Des titres comme « Happy Boy », « Fly » ou « Giants » attirent rapidement l’attention d’un public amateur de sons alternatifs. Le groupe se forge également une solide réputation sur scène, partageant notamment l’affiche avec des formations comme The Cult, The Lords of the New Church ou The March Violets. Leur univers visuel et sonore correspond parfaitement à cette période où la frontière entre rock indépendant et culture new wave devient de plus en plus poreuse.
En 1986 sort « Friends », leur premier album, toujours chez Beggars Banquet. C’est le disque qui va leur offrir une reconnaissance internationale, notamment grâce au titre « A Way ». Avec son mélange de guitare mélancolique, de rythme dansant et de refrain immédiatement mémorisable, le morceau devient leur plus grand succès. Aux États-Unis, il bénéficie d’une importante diffusion sur les radios universitaires et contribue à faire connaître le groupe au-delà du cercle des amateurs de musique underground. L’album contient également « Sunday Morning », autre titre majeur de leur répertoire, qui résume parfaitement l’équilibre fragile entre obscurité et mélodie qui fait la force de The Bolshoi.
« Friends » révèle un groupe plus ambitieux qu’une simple formation estampillée gothique. Des morceaux comme « Modern Man » ou « Books on the Bonfire » montrent une écriture plus nuancée, avec des textes souvent désabusés et une volonté de construire de véritables atmosphères. The Bolshoi appartient à cette génération de groupes anglais capables de parler du malaise de leur époque sans renoncer à l’efficacité pop.
En 1987 paraît « Lindy’s Party », un deuxième album qui tente d’élargir encore leur public. Le groupe affine son écriture, cherche des arrangements plus accessibles et sort notamment les singles « Please » et « T.V. Man ». Malgré de bonnes critiques et une base de fans fidèle, le succès commercial attendu n’arrive pas. Comme beaucoup de groupes de cette période, The Bolshoi se retrouve pris entre les exigences de l’industrie musicale et une scène qui évolue rapidement vers d’autres sonorités.
Un troisième album, « Country Life », est enregistré à la fin des années 80 mais ne connaîtra qu’une publication tardive. Peu après, le groupe disparaît progressivement, laissant derrière lui une discographie finalement assez courte mais particulièrement appréciée des collectionneurs et des passionnés de new wave.
Avec le recul, The Bolshoi représente parfaitement une certaine idée du rock anglais des années 80 : sombre mais mélodique, indépendant mais capable de toucher un large public, influencé par le punk mais attiré par les possibilités offertes par la pop. Leur carrière n’aura peut-être pas atteint les sommets de certains contemporains, mais des chansons comme « A Way », « Sunday Morning » ou « Happy Boy continuent de rappeler qu’au milieu des années 80, derrière les grands noms de la new wave, existait une multitude de groupes capables d’inventer des univers singuliers. The Bolshoi est l’un de ces trésors oubliés qui méritent régulièrement d’être redécouverts.
Fatidic Seconde
Au milieu des années 80, Paris est un terrain de jeu incroyable pour les groupes qui cherchent à mélanger rock, électronique et nouvelles sonorités. Entre les héritiers de la cold wave, les formations new wave et tous ceux qui rêvent d'une reconnaissance radiophonique, une multitude de groupes apparaissent, enregistrent quelques titres et disparaissent parfois avant même d'avoir eu le temps de laisser une véritable trace. Fatidic Seconde fait partie de ces formations mystérieuses dont un ou deux vinyles suffisent pourtant à raconter toute une époque.
Le groupe se forme à Paris en 1985 autour de Dominique Rabillier au chant et à la batterie, Pascal à la basse et Simon aux claviers. Leur musique s'inscrit pleinement dans l'air du temps : des rythmiques tendues, des synthétiseurs omniprésents, une esthétique entre rock futuriste et new wave française. Comme beaucoup de groupes de cette génération, Fatidic Seconde cherche à trouver un équilibre entre l'énergie du rock et les possibilités offertes par les machines qui envahissent alors les studios.
Le premier témoignage discographique du groupe est le 45 tours Metropolis, publié en 1985 sur le label Réflexes. Le titre porte bien son nom : une vision urbaine, froide et légèrement dystopique, qui évoque les grandes influences électroniques de l'époque tout en conservant une identité française. Ce premier disque attire rapidement l'attention puisque Fatidic Seconde signe ensuite chez A&M Records, une maison beaucoup plus importante qui semble alors croire au potentiel du groupe.
C'est sur ce label que paraît la même année Le Drakkar (Sidonie), leur morceau le plus connu. Sorti en 45 tours mais également en maxi 45 tours, le disque propose une version longue, une version instrumentale et le titre Le Chemin d'un rêve en face B. Avec son histoire de drakkar viking voguant vers l'Angleterre, son personnage de Sidonie et son ambiance à la fois épique et décalée, le morceau occupe une place très particulière dans la production new wave française de 1985. Loin des textes introspectifs ou des paysages urbains habituels du genre, Fatidic Seconde choisit une imagerie presque cinématographique, soutenue par des claviers puissants et une rythmique martiale.
Les enregistrements de cette période voient également apparaître le nom de Pierre Jaconnelli à la guitare. À l'époque, il n'est encore qu'un jeune musicien participant à l'aventure, mais il deviendra par la suite l'un des guitaristes de studio les plus sollicités de la scène française, collaborant notamment avec Étienne Daho, Alain Bashung, Mylène Farmer ou encore Johnny Hallyday. Fatidic Seconde constitue ainsi l'un des premiers épisodes d'une carrière qui prendra quelques années plus tard une tout autre ampleur.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser une discographie limitée à deux singles, l'histoire du groupe ne s'arrête pas en 1985. Fatidic Seconde poursuit son aventure pendant plusieurs années. En 1988, Jérôme Lemonnier rejoint la formation aux claviers. Dominique Rabillier quitte alors la batterie pour se consacrer davantage au chant et Pascal Vaillant rejoint le groupe comme batteur et percussionniste. Cette nouvelle configuration montre que le groupe continue à chercher son équilibre et à évoluer, même si aucun nouveau disque ne viendra documenter cette période.
Finalement, après cette dernière étape, Fatidic Seconde se sépare en 1989. Aucun album (mais 5 singles), aucun succès commercial majeur, aucune grande tournée ne viendront prolonger l'aventure. Pourtant, les quelques morceaux laissés derrière eux témoignent d'une période où de nombreux groupes français tentaient de nouvelles choses, parfois avec le soutien ponctuel de maisons de disques importantes.
Aujourd'hui, Metropolis et surtout Le Drakkar (Sidonie) sont devenus des curiosités recherchées par les amateurs de new wave française et de raretés des années 80. Fatidic Seconde appartient à cette grande famille des groupes qui n'ont pas connu la gloire mais qui ont capturé, pendant quelques années, l'esprit d'une époque. Celle d'un Paris où les synthétiseurs côtoyaient les guitares, où tout semblait encore possible, et où un simple 45 tours pouvait ouvrir la porte à un autre monde.
L'e.p. de Stillers
Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique e.p. de Stillers sorti en 1982 ! Les chansons son taggées avec leurs vrais noms, tandis que les noms stipulés sur la pochette apparaissent entre parenthèses !
Le clip des Garçons Ordinaires
Voici le clip de "Flower Power", une chanson extraite de l'unique album du groupe sorti en 1993. Un clip DIY comme on les aime...
Le temps et l'argent
Le temps a du, sans doute, manquer aux Names, ce magnifique trio Power pop qui a sorti un ep en Allemagne. On notera que le groupe a été compilé dans les fameuses compil' bootlegs : "Power Pearls".
Des Garçons Ordinaires
Une spéciale dédicace au camarade Pascal B.
Il y a des disques qui ressemblent à des petits miracles. Des objets fragiles, presque dérisoires en apparence, mais qui contiennent une époque entière. Un flexi-disc, quelques chansons enregistrées sur un quatre pistes, une pochette dessinée à la main… et soudain, trente ans plus tard, le temps s’arrête. Le flexi trois titres de Des Garçons Ordinaires appartient à cette famille de disques minuscules qui racontent pourtant une grande histoire : celle d’une scène indépendante française passionnée, artisanale et totalement dévouée à la pop.
Au début des années 90, Rennes est l’un des foyers importants du rock indépendant français. La ville a déjà une longue tradition musicale et accueille une nouvelle génération de groupes nourris par les guitares anglaises, la pop mélodique et l’éthique DIY. C’est dans ce contexte que naissent Des Garçons Ordinaires, formation qui va devenir l’un des plus beaux représentants français de cette mouvance que l’on appellera plus tard indie pop ou jangle pop.
Le groupe réunit Alban Rautenstrauch à la basse, Emmanuel Lamour à la batterie, aux guitares, aux claviers et au chant, Boris à la guitare et Stéphane au chant, à la guitare et à l’harmonica. Leur musique possède immédiatement cette élégance particulière des groupes qui préfèrent les mélodies aux démonstrations techniques. Des guitares claires, des harmonies délicates, une certaine naïveté assumée et ce goût pour les chansons qui semblent simples avant de révéler toute leur richesse.
Le premier témoignage discographique du groupe est un objet typique de cette époque : un flexi une face trois titres publié par Glam Records sous la référence GLAM 003. Le label avait déjà publié auparavant des flexis de groupes comme Solace ou Smily Post, et celui de Des Garçons Ordinaires sera probablement son dernier. Enregistrées en novembre 1991 sur un simple quatre pistes, les trois chansons présentes sur ce disque – « Sister Love and Mr Moon », « Caroline » et « My Favorite Garden » – capturent parfaitement l’univers du groupe.
La pochette est elle aussi un condensé de l’esthétique indie-pop du début des années 90 : un dessin représentant quatre jeunes filles, une image qui aurait parfaitement pu accompagner un disque de Sarah Records ou d’un obscur label anglais. Tout est là : le romantisme adolescent, le goût du fait main, l’impression qu’un disque peut être plus qu’un simple support musical, mais aussi une lettre envoyée à quelques passionnés.
Musicalement, Des Garçons Ordinaires ne cherchent pas à révolutionner le rock. Leur force est ailleurs. Ils savent transformer des influences multiples – les Byrds, la pop anglaise des années 80, Television Personalities, la scène C86 – en quelque chose de personnel. Il y a dans leurs chansons une fragilité et une sincérité qui rendent leurs morceaux immédiatement attachants. « Sister Love and Mr Moon » est certainement le titre qui résume le mieux cette approche : une mélodie lumineuse, une guitare scintillante et cette sensation d’écouter un groupe qui joue simplement parce qu’il aime les chansons.
Après ce premier flexi, le groupe rejoint le label Cornflakes Zoo, fondé au début des années 90 par Stéphane Teynié, alors responsable du fanzine Anorak et d’une mail-order consacrée à la scène indépendante. Ce label deviendra rapidement un acteur essentiel de l’indie-pop française, publiant notamment Les Autres ou Non Stop Kazoo Organization. En 1993, Des Garçons Ordinaires y sort son unique album, simplement intitulé Des Garçons Ordinaires.
Ce disque confirme tout le potentiel entrevu sur le flexi. Douze titres de pop brillante et mélodique, enregistrés avec Damien Bertrand pour la majorité des morceaux, et avec Vincent Lecouplier, alias Vincent Balloon, pour « Nice Price », « La La La » et « Bass Drum ». On y retrouve notamment « Flower Power », « Galaxy », « Clouds », « Sometimes We Smile » ou encore « Lost in Space #3 ». Un album qui aurait mérité une reconnaissance bien plus large, mais qui restera malheureusement connu principalement des amateurs les plus passionnés.
Comme beaucoup de groupes de cette scène, Des Garçons Ordinaires vont surtout vivre à travers les compilations et les réseaux indépendants. Leur musique apparaît sur plusieurs témoignages importants de cette période : la cassette Heol Daou en 1990 avec le titre « Into Space », In The Limelight en 1991, la compilation espagnole Around The World Again du label Elefant Records en 1992, Whoops! chez Houpla, Garden Party chez Aliénor Records, ou encore Ces Chères Têtes Blondes et The Noise and The Melodies – The Pearl Compilation en 1993. En 1994, leur morceau « Laughing Box » figure également sur le coffret The Onion Most Dangerous Game d’Aliénor Records. Le groupe apparaît même sur la compilation vidéo internationale Munch Part I, avec le clip de « Flower Power ».
Sur scène, Des Garçons Ordinaires auront notamment l’occasion de jouer au Krakatoa de Mérignac en janvier 1993, preuve de leur présence dans le réseau des salles indépendantes françaises de l’époque. Pourtant, malgré ces nombreuses apparitions et la qualité évidente de leurs chansons, le groupe restera toujours un peu à côté des radars médiatiques.
Après l’aventure Des Garçons Ordinaires, Emmanuel Lamour poursuivra son parcours musical sous différents noms et projets, tandis que Stéphane rejoindra notamment le groupe Mum’s The Word. Mais l’histoire de Des Garçons Ordinaires ne disparaîtra jamais complètement. Elle continuera à circuler grâce aux collectionneurs, aux blogs spécialisés, aux passionnés de pop indépendante et à ces petits disques que certains prennent encore le temps de ressortir des cartons.
Ce flexi est donc bien plus qu’une curiosité pour collectionneur. C’est une capsule temporelle. Quelques minutes de musique gravées dans un support fragile qui rappellent une époque où quatre garçons de Rennes pouvaient enregistrer trois chansons sur un quatre pistes et espérer qu’elles trouvent leur chemin jusqu’à quelqu’un.
Trente ans plus tard, elles ont toujours trouvé quelqu’un.
Maybe Baby
Nouvel extrait du long des David Vincent, voici "Maybe Baby" qui n'a rien à voir avec le standard de Buddy Holly !
The Names
Derrière le nom très générique de The Names (à ne pas confondre avec le très bon groupe belge du même nom sorti sur Factory) se cachent trois musiciens aux patronymes tout aussi britanniques : Steve Conway à la basse et au chant, John Lewis à la guitare et au chant, et Russell Lax à la batterie. Une formation dont on ne sait pratiquement rien. Aucune biographie, aucun album, presque aucune photographie, aucun témoignage d'époque. Les trois hommes semblent surgir de nulle part pour enregistrer un unique single avant de disparaître aussi mystérieusement qu'ils étaient apparus.
La production est confiée à Uli Scheibner, musicien et producteur berlinois qui gravite alors dans les milieux rock et new wave allemands. Son nom constitue aujourd'hui l'une des rares pistes sérieuses permettant d'approcher l'histoire du groupe. Sa production est sobre, efficace, laissant toute la place aux guitares nerveuses et aux harmonies vocales, deux ingrédients essentiels de la power pop de cette période.
Musicalement, Too Cool, Too Dance ne révolutionne rien, mais il coche toutes les cases du genre. Des guitares claires et incisives, un rythme énergique, un refrain immédiatement mémorisable et cette élégance mélodique héritée des Beatles autant que des Who ou des Kinks, remise au goût du jour après le choc du punk. Le morceau évoque naturellement des groupes comme The Records, The Jags, 20/20, Shoes, Bram Tchaikovsky ou encore The Romantics. Un condensé de pop nerveuse qui, à l'époque, fleurissait aussi bien en Grande-Bretagne qu'aux États-Unis.
Le fait que le disque soit enregistré et publié en Allemagne soulève toutefois plusieurs interrogations. Les trois musiciens portent des noms anglais et chantent dans un anglais irréprochable. Tout laisse penser qu'il s'agissait soit d'un groupe britannique installé en Allemagne de l'Ouest, soit de musiciens expatriés venus tenter leur chance sur un marché où de nombreux clubs accueillaient alors des formations anglaises. Hambourg, Berlin ou Hanovre attiraient à cette époque quantité de groupes étrangers venus chercher des contrats plus réguliers que dans leur pays d'origine.
Les recherches menées dans les archives disponibles permettent malheureusement d'aller difficilement plus loin. Les bases de données musicales recensent bien l'existence du single, mais les archives de la presse allemande spécialisée demeurent largement inaccessibles ou non numérisées. Les magazines Musik Express, Sounds, Pop Rocky ou Schallplatte, qui chroniquaient pourtant ce type de productions à l'époque, ne livrent pour l'instant aucun indice facilement consultable. Les moteurs de recherche actuels ne renvoient presque rien, preuve que le disque n'a laissé qu'une empreinte infime dans l'histoire officielle du rock.
Cette absence de documentation participe aujourd'hui à son charme. Too Cool, Too Dance fait partie de ces "lost singles" que les collectionneurs adorent exhumer. À partir des années 1990, avec l'essor des fanzines spécialisés puis des sites consacrés à la power pop, plusieurs amateurs redécouvrent ce 45 tours oublié et commencent à le citer parmi les petits classiques cachés du genre. Sans devenir un disque hors de prix, il acquiert progressivement une réputation flatteuse auprès des passionnés de power pop européenne.
Il reste pourtant bien des mystères à résoudre. Qui étaient réellement Steve Conway, John Lewis et Russell Lax ? Pourquoi ce groupe n'a-t-il jamais enregistré d'album ? S'agissait-il d'une formation éphémère montée spécialement pour ce projet ou d'un groupe déjà actif sous un autre nom ? Les réponses se trouvent peut-être encore dans les archives de la GEMA, de la Deutsche Nationalbibliothek ou dans les collections de quelques bibliothèques allemandes conservant les magazines musicaux de 1980.
En attendant que ces pistes livrent leurs secrets, Too Cool, Too Dance demeure un fascinant témoignage de cette époque où la power pop produisait une multitude de petits chefs-d'œuvre anonymes. Des chansons parfaites de trois minutes qui n'ont parfois connu qu'un unique pressage avant de sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce que quelques passionnés les ramènent, des décennies plus tard, à la lumière.
Seaton magnifié
Grâce à mon IA préférée, j'ai pu retravailler 3 photos extraites de la vidéo de Seaton en concert à Aix-en-Provence en 1989 ! Le résultat est saisissant !
Le retour des Chesterfield Kings
J'ai déjà parlé de ce groupe, ici-même !
À la fin des années 70, alors que le punk vient de dynamiter les codes du rock, quelques passionnés décident de regarder en arrière plutôt que de courir après la modernité. À Rochester, dans l’État de New York, un groupe de jeunes musiciens choisit de ressusciter l’esprit sauvage des groupes garage américains des années 60. Leur nom : The Chesterfield Kings.
Formé en 1979 autour du chanteur Greg Prevost, véritable encyclopédie vivante du rock sixties, le groupe n’a jamais caché son obsession pour les faces B oubliées, les petits labels disparus et les groupes qui n’ont parfois sorti qu’un seul 45 tours avant de disparaître. Leur ambition n’est pas simplement de jouer du rock rétro : il s’agit de retrouver une époque, un son, une attitude. Celle des teenagers américains qui enregistraient dans des garages, des petits studios locaux ou des sous-sols avec des amplis saturés et une énergie brute.
Le premier 45 tours du groupe, « I Ain’t No Miracle Worker », sort en 1981 dans une quantité dérisoire, environ une centaine d’exemplaires. Le choix est révélateur de leur démarche : fabriquer un disque qui ressemble à ceux qu’ils collectionnent. Un objet rare, presque fantôme, destiné aux passionnés plutôt qu’au marché musical traditionnel.
En 1982 paraît leur premier album, Here Are The Chesterfield Kings. Un disque entièrement consacré aux reprises de groupes obscurs des années 60. À une époque où internet n’existe pas encore et où retrouver certains morceaux relève de la chasse au trésor, les Chesterfield Kings deviennent une véritable passerelle vers un patrimoine oublié. Ils remettent en circulation des titres de groupes comme The Standells, The Sonics ou The Remains et participent à faire redécouvrir toute une scène garage américaine.
Mais les Chesterfield Kings ne veulent pas rester de simples archéologues du rock. Avec Stop! en 1985, ils commencent à intégrer leurs propres compositions tout en conservant cette esthétique si particulière : guitares fuzz, orgue électrique, voix agressive, réverbération excessive et cette impression permanente d’écouter un disque retrouvé au fond d’un carton poussiéreux chez un disquaire de l’Amérique profonde.
Le groupe devient rapidement l’un des piliers du garage revival américain aux côtés des Fuzztones, des Cynics ou des Miracle Workers. Sur scène, leur réputation grandit grâce à des concerts qui reprennent tous les codes de l’époque : costumes, amplis vintage, attitude arrogante et énergie adolescente. Ils ne jouent pas seulement de la musique des années 60, ils tentent de recréer l’univers complet qui l’entourait.
Au fil des années, les Chesterfield Kings vont pourtant évoluer. Don’t Open Till Doomsday (1987) reste l’un de leurs albums les plus appréciés, avec un son plus personnel et même une composition signée Dee Dee Ramone. Dans les années 90, ils explorent d’autres territoires : le blues avec Drunk on Muddy Water, l’univers des Rolling Stones avec Let’s Go Get Stoned, ou encore la surf music avec le double album Surfin’ Rampage. Leur curiosité les pousse également vers le psychédélisme avec The Mindbending Sounds of The Chesterfield Kings en 2003.
L’histoire du groupe est aussi liée à celle d’Andy Babiuk, bassiste des Chesterfield Kings et immense spécialiste des Beatles. Collectionneur passionné, auteur d’ouvrages consacrés aux instruments des Fab Four, il est également membre du supergroupe The Empty Hearts aux côtés de Clem Burke de Blondie, Elliot Easton des Cars et Wally Palmar des Romantics.
Au début des années 2000, les Chesterfield Kings bénéficient d’une nouvelle reconnaissance grâce au soutien de Steven Van Zandt, guitariste de Bruce Springsteen et animateur de l’émission Underground Garage. Le groupe apparaît même dans un épisode de la série Les Soprano, preuve que cette musique née dans les petits clubs a fini par toucher un public bien plus large.
Après une longue pause, les Chesterfield Kings reviennent finalement sous l’impulsion d’Andy Babiuk. En 2024, le groupe publie We’re Still All The Same, un nouvel album qui prouve que leur passion pour le garage rock est intacte. Plus de quarante ans après leurs débuts, leur mission reste la même : faire vivre une certaine idée du rock, celle des disques imparfaits, des guitares trop fortes et des chansons enregistrées avec plus de cœur que de moyens.
Les Chesterfield Kings ne sont pas seulement un groupe nostalgique. Ils sont ceux qui ont rappelé au monde que derrière chaque vieux 45 tours oublié se cachait peut-être une pépite. Leur plus grande réussite est sans doute d’avoir transformé leur obsession personnelle en mouvement musical, donnant envie à plusieurs générations de repartir à la recherche de ces trésors cachés du rock garage.
Ultime Possibilité
C'est la Panik LTDC
Voici une petite interview des Panik (à l'époque, ils avaient à peine deux ans d'existence et venaient de sortir leur fameux mini-album devenu culte). Cette interview a sans doute été réalisée au parking 2000 et c'est toujours sympa d'entendre les noms des membres "historiques" du groupe... Cette interview est extraite du fanzine "Le Démoniaque" (janvier 1984).
El Latido
2e extrait du mini-album de Metro, voici "El Latido" et sa batterie typiquement années 80. Depuis, elle a été interdite par la police des musiciens !
Lucrate Milk
Luсrate Milk émеrge à Paris à la fin dеs annéеs 70 соmme unе véritаblе сuriоsité dans lе paysage musiсаl français. À сеttе épоquе, la nоtiоn dе "rосk alternatif" tеl qu'elle sera cоnnue dаns lеs annéеs 80 n'eхistе pas encоre, et la scène musicalе еst lоin d'êtrе bien оrganisée. Tоut y est briсоlé, précairе et sоuvеnt imprоvisé, et c'est justеment cette dynamiquе qui cоnfère аu grоupе sа fоrce. À l'оriginе, il ne s'agit mêmе pаs d'un grоupе au sеns traditiоnnel, mais plutôt d'un rаssеmblement d'énеrgies créatives, d'amis, de graphistes еt de musiciens auх parcоurs variés, qui parviennent à invеntеr leur prоprе lаngagе sans сherchеr à оbtenir l'аpprоbatiоn de quicоnquе.
Luсrate Milk émеrge à Paris à la fin dеs annéеs 70 соmme unе véritаblе сuriоsité dans lе paysage musiсаl français. À сеttе épоquе, la nоtiоn dе "rосk alternatif" tеl qu'elle sera cоnnue dаns lеs annéеs 80 n'eхistе pas encоre, et la scène musicalе еst lоin d'êtrе bien оrganisée. Tоut y est briсоlé, précairе et sоuvеnt imprоvisé, et c'est justеment cette dynamiquе qui cоnfère аu grоupе sа fоrce. À l'оriginе, il ne s'agit mêmе pаs d'un grоupе au sеns traditiоnnel, mais plutôt d'un rаssеmblement d'énеrgies créatives, d'amis, de graphistes еt de musiciens auх parcоurs variés, qui parviennent à invеntеr leur prоprе lаngagе sans сherchеr à оbtenir l'аpprоbatiоn de quicоnquе.
Le noyau dur gravite autour de Lombrick Laul et Masto Lowcost, auxquels vont rapidement se greffer Nina Childress, Raoul Gaboni et Helno. Cette circulation des membres dit déjà beaucoup de l’époque : rien n’est figé, les identités sont poreuses, les disciplines se mélangent. Nina Childress, par exemple, vient des Beaux-Arts et apportera une dimension visuelle et performative très marquée, qui déborde largement le cadre musical. Masto et Lombrick, eux, construisent autant une musique qu’une esthétique globale, faite de collages, de slogans, de graffitis et de performances dans des lieux qui ne sont pas prévus pour ça.
Dans cette constellation, la présence de Helno ajoute une couleur particulière. Avant de devenir la figure centrale des Les Négresses Vertes, il passe par Lucrate Milk où il incarne déjà une forme de présence vocale très libre, presque instinctive, loin de ce qu’on associera plus tard à son écriture plus mélodique. Helno est alors dans une phase de circulation permanente entre différentes scènes, et son passage dans Lucrate Milk participe de cette logique très ouverte du début des années 80 parisiennes, où les trajectoires ne sont pas encore stabilisées et où les groupes servent autant de lieux de passage que de structures fixes.
Musicalement, Lucrate Milk refuse assez vite toute idée de format. Il n’y a pas de volonté de produire des chansons efficaces, encore moins des tubes. La structure couplet-refrain est souvent inexistante, remplacée par des séquences abruptes, des ruptures, des répétitions absurdes ou des emballements proches de l’improvisation. Le saxophone de Masto vient régulièrement casser les codes rock traditionnels, apportant une tension free jazz presque agressive, pendant que les claviers et la basse donnent une base volontairement rudimentaire. Le chant, quand il existe, oscille entre slogans, cris, phrases jetées comme des tracts, et une forme d’ironie permanente qui empêche toute lecture trop sérieuse.
Ce qui frappe surtout, c’est que Lucrate Milk n’essaie jamais de “ressembler à un groupe”. Leur démarche est plus proche de l’art contemporain, du théâtre de rue ou du happening que du rock tel qu’on l’entend habituellement. Les concerts sont souvent des événements instables, parfois chaotiques, qui se déroulent dans des squats, des lieux autogérés ou des espaces marginaux comme l’Usine Pali-Kao, qui devient un point névralgique de la contre-culture parisienne. Dans ces endroits, la musique n’est qu’un élément parmi d’autres : il y a le décor, les affiches, les interventions plastiques, l’attitude générale, et cette sensation que tout peut basculer à tout moment.
Le groupe s’inscrit aussi dans une époque où Paris est traversée par des circulations artistiques assez intenses entre musique, graphisme et performance. On est dans un moment où le DIY n’est pas encore un slogan marketing, mais une nécessité concrète : si tu veux exister, tu fais tout toi-même, de l’enregistrement à la distribution en passant par les affiches. Lucrate Milk pousse cette logique assez loin, jusqu’à brouiller les frontières entre groupe, collectif graphique et projet artistique global. Le nom du groupe lui-même devient un motif visuel, répété, tagué, détourné.
Il y a aussi dans Lucrate Milk une forme d’humour très particulière, souvent absurde, parfois proche du non-sens, qui empêche toute mythologisation trop sérieuse. Là où d’autres groupes de la même période construisent une posture politique frontale ou une esthétique sombre, Lucrate Milk choisit plutôt le décalage, la dissonance et le jeu. Cela ne veut pas dire que le propos est vide, au contraire : c’est une manière de refuser les discours trop fermés, de laisser la place à une confusion productive.
Le groupe enregistre peu, ce qui contribue à sa dimension presque fantomatique. Quelques disques et enregistrements circulent, souvent dans des conditions artisanales, mais l’essentiel de leur impact passe par le live et par le réseau informel de la scène parisienne de l’époque. Cette faible production discographique renforce aussi leur statut culte : Lucrate Milk est plus souvent raconté que réellement entendu, et c’est peut-être là que leur importance devient la plus intéressante.
Quand le groupe se dissout au milieu des années 80, ses membres partent dans des directions très différentes, mais continuent à irriguer la scène culturelle française. Certains rejoignent ou croisent des projets comme Bérurier Noir ou d’autres formations du rock alternatif naissant, d’autres basculent vers les arts plastiques ou la photographie. Cette dispersion est assez logique : Lucrate Milk n’était pas conçu comme une structure stable, mais comme un moment, une énergie, une collision. Le parcours de Helno en est une illustration assez marquante : après cette période de circulation intense, il s’oriente vers une écriture plus identifiable et devient ensuite une figure centrale de la scène alternative avec Les Négresses Vertes, avant de disparaître prématurément au début des années 90, laissant derrière lui une trajectoire à la fois très liée à l’énergie des débuts et déjà tournée vers autre chose.
Avec le recul, on peut voir Lucrate Milk comme une sorte de point de bascule. Ni tout à fait punk au sens britannique, ni vraiment no wave au sens new-yorkais, ni groupe d’art au sens institutionnel, ils occupent un espace intermédiaire extrêmement fertile. Leur héritage ne se mesure pas seulement en disques, mais dans une manière de faire : accepter la fragilité, travailler avec les moyens du bord, mélanger les disciplines sans hiérarchie, et surtout refuser l’idée qu’il faudrait rentrer dans une case pour exister.
Metro
Originaire de Carballo, près de La Coruña, Metro se forme au début des années 80 et s’inscrit dans cette vague de formations qui regardent autant vers la pop anglaise que vers les nouveaux courants qui traversent l’Europe. Comme beaucoup de groupes de cette période, leur musique se situe à la croisée de plusieurs influences : une base rock héritée des années précédentes, des arrangements plus modernes inspirés par la new wave, et une volonté de construire des chansons plus atmosphériques et mélodiques.
Le groupe se fait remarquer en 1982 en remportant le premier concours Rock Ciudad de La Coruña. Cette victoire leur ouvre les portes du studio et leur permet d’enregistrer un premier album éponyme, Metro, publié chez Citola. Ce premier disque pose les bases de leur univers et leur permet de s’installer dans le paysage musical régional, à une époque où les scènes locales jouent encore un rôle essentiel dans l’émergence des nouveaux groupes espagnols.
Deux ans plus tard sort No es Extraña?, un mini-LP publié par le label Acuario. Ce disque constitue probablement le témoignage le plus abouti du groupe. On y retrouve une formation qui a affiné son écriture et qui assume davantage son goût pour les textures, les claviers et les ambiances propres aux productions du début des années 80. Le morceau titre, No es Extraña?, donne son identité au disque, avec une approche pop sombre et élégante, tandis que des titres comme El latido ou El último tren montrent un groupe capable de jouer sur les contrastes entre mélodies accrocheuses et atmosphères plus introspectives.
À cette période, Metro réunit notamment José Manuel Tasende (chant, guitare, claviers), Pedro L. Sosa (basse, claviers) et José Antonio Levices. Leur parcours reste cependant celui de nombreux groupes de cette époque : une poignée de disques, quelques concerts, une présence dans la scène locale, puis une disparition progressive. Après No es Extraña?, Metro cesse ses activités et certains membres poursuivent leur aventure musicale dans d’autres projets, notamment Los Dramáticos.
Ce qui rend aujourd’hui ce disque intéressant, c’est justement son côté oublié. Metro n’a pas bénéficié de la reconnaissance accordée à certains groupes emblématiques de la Movida, mais No es Extraña? appartient à cette multitude de productions qui racontent une autre histoire de la musique espagnole des années 80. Une histoire faite de petits labels, de groupes régionaux, de disques tirés à peu d’exemplaires et d’une énergie créative qui circulait bien au-delà des grandes villes.
Comme beaucoup de ces objets venus des marges, ce mini-LP possède le charme d’un instant précis : celui d’une Espagne en transformation, où une nouvelle génération cherchait de nouveaux sons et de nouvelles façons de s’exprimer. Metro est peut-être resté dans l’ombre, mais No es Extraña? reste une belle capsule de cette époque où la curiosité et l’envie d’expérimenter semblaient guider toute une scène.


















