Amendment
Dernier extrait du single de Quel Dommage sorti en 1984, voici le très new-wave "Amendment".
Russian Roulette
Autour De Mes Nuits
Voici le morceau-tître du mini album des Goulues "Autour De Mes Nuits". Une chanson pop et plutôt sympatoch' !
Que Dommage d'avoir un tître de chanson si long !
Voici "Music For Serious And Solemn Occasions", 2e extrait du single de Quel Dommage sorti en 1984 !
Douce revanche
Voici l'autre face du premier single de Neon Judgement ! Le très enlevé "Sweet Revenge".
Interview de Quel Dommage dans Kindred Spirit n°4
Je me suis permis de traduire une interview de Quel Dommage publiée sur ce très bon blog !
Quel Dommage fait partie des nombreux groupes de Hull qui semblent presque inévitablement destinés à passer à l’étape supérieure.
Le groupe s’est formé en juillet 1982 et a depuis gagné en popularité localement, particulièrement au cours des six derniers mois, grâce à une activité scénique soutenue dans la région de Hull, notamment une première partie plutôt bien accueillie aux côtés de Chelsea. La sortie de leur premier EP, prévue dans les deux ou trois semaines à venir, devrait, espérons-le, leur permettre de grimper encore quelques échelons.
Leurs goûts musicaux personnels couvrent un large éventail de styles, des Cult Maniax… pardon Andy… CULT MANIAX jusqu’à Ian Dury, mais leurs propres compositions sont imaginatives, sombres et traversées d’une agressivité sous-jacente.
Comme les seules occasions où j’ai pu entendre le groupe ont été en concert (les systèmes de sonorisation ne leur rendant pas toujours justice), je me demandais si leurs textes correspondaient à l’atmosphère lourde et pesante de leur musique.
Mike : Il n’y a pas de message caché derrière les textes. Certains parlent de violence en ville, d’autres de bouleversements émotionnels, certains sont romantiques. Ça parle d’un peu tout.
Pensez-vous que de bonnes paroles peuvent parfois détourner l’attention du contenu musical d’un morceau ?
Mike : Moi, j’écoute les paroles en premier. Je pense que c’est la partie la plus importante d’une chanson.
Andy : Je dirais plutôt que la musique est plus importante, mais chacun voit ça différemment.
Quels auteurs de paroles admirez-vous le plus ?
Andy : Rat Scabies.
Mike : Ian Curtis. Je ne comprenais pas de quoi il parlait la moitié du temps, mais j’aimais ça ! Ses paroles n’ont vraiment pris sens qu’après son suicide.
Comment composez-vous un morceau ?
Ian : En général, ça commence par un riff de guitare, puis on ajoute la ligne de basse.
Andy : On écrit un morceau, on trouve son ambiance, puis on a tout un stock de paroles qu’on garde jusqu’à trouver la bonne mélodie pour aller avec, et on assemble les deux.
Mike : Les paroles et la musique peuvent parfois être écrites à six ou sept mois d’intervalle.
Où enregistrez-vous ?
Ian : On est allés trois fois au studio de Ken Giles à Bridlington, mais il a déménagé à Wakefield. Il a ouvert un grand studio avec des équipements 8, 16 et 24 pistes.
Andy : Pour enregistrer un single, il nous faut du 16 ou 24 pistes. On utilisait du 8 pistes, mais c’est assez limité. Chaque studio a son propre son, mais je pense qu’il faut sortir de Hull pour trouver un bon studio.
Avez-vous déjà pensé à faire une vidéo ?
Andy : On a filmé récemment un de nos concerts, surtout pour voir à quoi on ressemblait sur scène.
Vous aimeriez faire une vidéo plus scénarisée, comme Indians in Moscow ?
Andy : Ce serait un changement de faire quelque chose comme ça, mais ça ne m’attire pas tant que ça.
Mike : Je ne supporte pas de voir des groupes pop essayer de jouer la comédie. Je préfère voir une vidéo d’un groupe en live sur scène.
Andy : Une bonne vidéo, c’est une vidéo qui sert la chanson.
Pensez-vous être influencés par quelqu’un en particulier ?
Andy : Nos influences, c’est nous-mêmes. On a tous des goûts différents, mais ça ne veut pas dire qu’on copie un groupe précis. On nous compare à The Cure et Joy Division, mais on ne cherche pas à leur ressembler.
Quelles sont vos opinions sur le féminisme ?
Andy : Eh bien… chacun fait comme il veut… (réponse très peu engagée, les gars !)
Et les femmes de Greenham Common ?
Andy : Elles ont fait de grands sacrifices pour être là-bas et, personnellement, je sympathise avec elles.
Vous êtes tous pro-CND ?
Mike : Je ne veux pas de guerre nucléaire, c’est bien la dernière chose que je souhaite.
Andy : C’est du bon sens, non ? Qui a envie de sauter ?
Ian : Je ne connais peut-être pas tous les faits, mais de mon point de vue, la Russie a des bombes nucléaires, donc nous devons en avoir aussi comme moyen de dissuasion. Il n’y a pas eu de guerre depuis 1945 et je pense que ça l’empêche. Par contre, ces missiles secondaires sont absurdes. On a déjà de quoi rayer le monde de la carte et ils essaient encore d’en construire de meilleurs ?!!
Andy : Alors que cet argent pourrait être utilisé à bien meilleur escient.
Quelle est la prochaine étape pour Quel Dommage ?
Ian : La prochaine étape, c’est forcément de jouer en dehors de Hull… Leeds, Manchester, ce genre d’endroits.
Andy : C’est un cercle vicieux. Il faut avoir sorti un single et être un minimum reconnu avant de pouvoir décrocher un concert hors de Hull. On a écrit à des salles, appelé des gens, mais sans succès. Beaucoup d’organisateurs veulent faire de l’argent, et si tu n’es personne, ils ne veulent pas te connaître. L’idéal serait d’obtenir une première partie pour un gros groupe.
Un dernier mot ?
Andy : J’aimerais juste dire que la scène de Hull est franchement pourrie en ce moment. Ce n’est pas parce que certains groupes attirent l’attention des médias et de la presse que Hull possède une scène valable. C’est aux groupes de faire évoluer la scène — ils devraient s’entraider au lieu d’être aussi arrogants et ignorants, comme certains le sont ! Il serait temps de faire un grand ménage dans cette putain de ville !!
Bon… euh… autre chose ?
Andy : Merci à tous ceux qui ont fait l’effort de découvrir Quel Dommage, ah et je ne fume pas !
Quel Dommage
Formé à Hull au milieu des années 80, Quel Dommage n’a laissé qu’une poignée d’enregistrements, suffisamment rares pour alimenter les fantasmes habituels autour de la cassette culture anglaise, des labels bricolés et des groupes qui ont probablement répété davantage qu’ils n’ont joué.
Paru en 1984 sur le microscopique label Xcentric Noise, Bright Lights ressemble exactement à ce qu’on espère d’un obscur EP britannique de cette période : une production sèche, une tension contenue et cette manière très anglaise de faire de la mélancolie sans jamais verser dans le pathos. Le morceau-titre avance avec une lenteur presque obstinée, porté par une basse rigide, des guitares maigres et un synthé qui apporte juste ce qu’il faut de froideur synthétique pour faire basculer l’ensemble du côté minimal wave. On pense parfois aux premiers Cure débarrassés de toute tentation pop, parfois à ces dizaines de groupes provinciaux qui ont absorbé Joy Division sans forcément disposer des mêmes moyens ni des mêmes ambitions.
La face est complétée par l’improbablement intitulé Music For Serious And Solemn Occasions (A Song Of Thankfulness And Praise), titre aussi pompeux qu’attachant, qui prolonge cette esthétique grise et appliquée, comme si Quel Dommage avait décidé de prendre très au sérieux sa propre tristesse. Rien ici ne cherche l’efficacité immédiate : tout semble légèrement raide, retenu, presque maladroit, ce qui contribue paradoxalement au charme du disque.
Le passage du groupe chez John Peel en août 1984 suffit à prouver que Quel Dommage n’était pas totalement condamné à l’anonymat, même si leur trajectoire semble ensuite s’être dissoute dans le brouillard habituel des groupes DIY anglais. La réédition tardive de leurs archives sous le titre Drogo Beat a permis de confirmer qu’il ne s’agissait pas seulement d’un single isolé mais bien d’un projet un peu plus consistant, actif entre 1983 et 1986.
Bright Lights n’est sans doute pas un chef-d’œuvre caché qui bouleversera l’histoire du post-punk, et c’est peut-être précisément ce qui le rend intéressant. On y entend moins la naissance d’un grand groupe manqué qu’un témoignage très pur de cette Angleterre musicale parallèle où des dizaines de formations enregistraient quelques titres, pressaient un 45 tours à compte d’auteur et disparaissaient presque aussitôt. Un disque mineur, donc, mais de ceux qui racontent parfois mieux une époque que les classiques mille fois documentés.

