Chapel Of Love

Jolie surprise que cette face b, puisqu'il s'agit d'une cover du tube des Dixie Cups sorti en 1964 et qui n'est pas sur l'unique album du groupe (que j'ai beaucoup écouté - ceci expliquant cet apparent soudain intérêt pour Holly And The Italians).

Le single de Théâtre

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single de Théâtre sorti en 1983.


 

Les Goulues dans Bruits Et Graffitis n°4 (Mars 1984)

 


On Va Ailleurs

Voici l'autre face du single de NBC sorti en 1983 !

La vidéo d'Holly And The Italians

Holly And The Italians

À la fin des années 1970, Holly Beth Vincent, originaire de Chicago, s’impose comme une figure singulière dans un paysage musical encore largement dominé par des regards masculins. Chanteuse, guitariste et compositrice, elle refuse les rôles assignés et monte son propre groupe, The Italians, après avoir traîné ses guitares du côté de Los Angeles. Très vite, le projet prend une autre dimension lorsqu’elle décide de s’installer à Londres, alors en pleine effervescence post-punk, où les labels et la presse sont à l’affût de nouvelles personnalités capables de conjuguer énergie punk et écriture pop.

C’est dans ce contexte que naît “Tell That Girl To Shut Up”, premier single du groupe, enregistré et publié à la charnière de 1979 et 1980. Le morceau frappe d’abord par son titre, frontal, presque provocateur, qui résume assez bien l’attitude générale de Holly Beth Vincent. Musicalement, on est sur une power pop tendue, rapide, avec des guitares sèches, une rythmique sans fioritures et une mélodie immédiate qui reste en tête dès la première écoute. Rien de révolutionnaire en apparence, mais une efficacité redoutable, portée par une interprétation à la fois rageuse et parfaitement maîtrisée. La chanson condense tout ce que la new wave pouvait offrir de plus direct à ce moment-là : l’urgence punk débarrassée de ses excès et une écriture pop qui ne s’excuse pas d’être accrocheuse.

Le single attire rapidement l’attention de la presse musicale britannique et permet à Holly and the Italians de signer chez Virgin Records. Le groupe se retrouve propulsé sur les routes, partageant l’affiche avec des noms déjà bien installés comme The Clash, Blondie ou les Ramones. Pourtant, malgré cette exposition et le soutien d’un label important, Holly and the Italians ne parviendront jamais à transformer l’essai sur le plan commercial. Leur unique album, The Right to Be Italian, publié en 1981, prolonge l’esthétique du single sans véritablement trouver son public à l’époque. Avec le recul, le disque apparaît pourtant comme un témoignage solide de cette période où la new wave flirtait encore avec la power pop et le punk, avant de se normaliser ou de se synthétiser à outrance.

“Tell That Girl To Shut Up” restera le morceau emblématique du groupe, celui par lequel on y revient presque toujours. Ironie de l’histoire, c’est une autre formation britannique, Transvision Vamp, qui offrira à la chanson sa plus grande visibilité en la reprenant à la fin des années 1980. Leur version, plus lisse et parfaitement calibrée pour les charts, fera connaître le titre à un public bien plus large, au point d’éclipser presque totalement l’original aux yeux de beaucoup. Pourtant, c’est bien la version de Holly and the Italians qui conserve aujourd’hui toute sa force : moins produite, plus sèche, plus honnête aussi, dans ce qu’elle raconte d’une époque et d’une posture.

Après la séparation du groupe au début des années 1980, Holly Beth Vincent poursuivra une carrière solo et multipliera les collaborations, sans jamais retrouver une exposition comparable à celle de ses débuts londoniens. Holly and the Italians restera donc comme un projet bref mais marquant, typique de ces groupes passés entre les mailles de l’histoire officielle, mais dont un single suffit à justifier la redécouverte. “Tell That Girl To Shut Up” n’est pas seulement une bonne chanson new wave : c’est un instantané, un morceau de colère pop parfaitement daté, mais toujours vivant, qui rappelle que certaines trajectoires fulgurantes laissent des traces bien plus durables que des carrières interminables.

La vidéo des Goulues

 

Les Goulues

Parmi les disques qui passent sous les radars de l’histoire officielle du rock français des années 1980, Autour de mes nuits des Goulues occupe une place à part. Un unique album, une trajectoire courte, et pourtant un témoignage précieux de cette scène parisienne indépendante (parfois féminine, coucou Nana & Co)  qui a longtemps existé en marge des circuits médiatiques.

Les Goulues voient le jour à Paris en 1983. À l’origine, le groupe se compose d’Eugénie Bastille au chant, de Katy à la batterie, de Frédérique à la guitare et aux chœurs, d’Annie à la basse et de Sylvie au saxophone. Dès ses débuts, le groupe s’inscrit dans une dynamique rock indépendante nourrie par l’énergie post-punk et new wave de l’époque, avec une identité marquée et une présence féminine affirmée, encore peu visible dans le paysage rock français du moment.

Comme beaucoup de formations underground des années 80, Les Goulues traversent plusieurs changements de personnel et périodes d’instabilité. Après diverses péripéties, le groupe finit par se stabiliser à la veille de l’enregistrement de son disque. En 1987, la formation qui entre en studio est composée de Katharina au chant, de Frédérique à la guitare, de Véro à la basse et de Katy à la batterie, accompagnées de Christian Ramirez, dit Chriss, à la guitare. Celui-ci est alors le seul membre masculin du groupe, les Goulues conservant un noyau essentiellement féminin.

C’est cette formation qui enregistre Autour de mes nuits en 1987, au studio Scoop. L’album est auto-produit puis distribué par Musidisc, sans véritable soutien promotionnel. À sa sortie, le disque passe largement inaperçu. Il ne bénéficie ni d’une exposition médiatique significative ni d’un relais durable dans les circuits de diffusion traditionnels, circulant surtout de manière confidentielle, comme beaucoup de productions indépendantes de l’époque.

Avec le recul, Autour de mes nuits apparaît pourtant comme un document sincère et représentatif de la scène rock alternative française de la fin des années 80. Une musique souvent tendue et nocturne, portée par des textes en français et une instrumentation qui privilégie l’atmosphère à la démonstration.

L’aventure des Goulues s’achève rapidement. Le groupe se sépare en 1988, un an seulement après la sortie de l’album, et aucun autre enregistrement officiel ne verra le jour. Aujourd’hui, Autour de mes nuits est devenu une rareté discographique, recherchée par les amateurs de rock français obscur et par les collectionneurs attentifs aux scènes parallèles des années 1980.

À sa manière, Les Goulues incarnent cette génération de groupes DIY restés dans l’ombre, faute de moyens, de relais ou simplement de timing, mais dont les disques continuent de raconter une autre histoire du rock français. Une histoire fragmentaire, souterraine, que Bouloup s’attache précisément à documenter et à faire ressurgir.

Le single de The Raves

Ici, on pourra télécharger le single des The Raves belges sorti en 1981 !

NBC

NBC fait partie de ces groupes français du début des années 1980 dont il ne reste presque rien, sinon quelques disques rares, des souvenirs fragmentaires et une esthétique immédiatement reconnaissable. Actif autour de 1983, le groupe a laissé au moins deux singles aujourd’hui difficiles à trouver, dont l’un avec les titres « Panique » et « On va ailleurs », l’autre articulé autour de « Je sais que tu viendras me voir », décliné en version originale et en remix. À défaut d’articles de presse ou de discographie officielle, ce sont les disques eux-mêmes qui parlent.

Le verso du single « Je sais que tu viendras me voir » permet de reconstituer une partie du puzzle. NBC y apparaît comme un groupe structuré, loin du simple projet amateur. Les crédits mentionnent Alain Lagrange au chant et à la guitare, Philippe Daniel à la basse, Frédéric Lumbroso aux claviers et synthés, Jean-Louis Bessonies à la batterie et Jean-Pierre Lagrange à la guitare. Les éditions sont assurées par Milk-Shake, avec un management identifié, celui d’Alain Coute, accompagné de numéros de téléphone typiques de l’époque. L’ensemble situe clairement le groupe dans un cadre professionnel modeste mais réel, caractéristique de nombreuses formations régionales de ces années-là.

Musicalement, tout indique une inscription dans le rock français post-punk ou new wave du début des années 80. La présence affirmée des synthés, l’existence d’un remix en face B et le graphisme épuré de la pochette renvoient à cette période où beaucoup de groupes cherchaient un équilibre entre guitares tendues et modernité électronique, sans forcément accéder à une diffusion nationale. NBC semble appartenir à cette scène intermédiaire, trop organisé pour rester anecdotique, trop local pour laisser des traces durables dans la presse spécialisée.

L’hypothèse d’une origine dans le Vexin apparaît particulièrement crédible. La région, à cheval entre l’Île-de-France et la Normandie, a vu émerger au début des années 80 une multitude de groupes naviguant entre rock, new wave et post-punk, souvent soutenus par des réseaux locaux de salles, de radios et de fanzines. La rareté des disques de NBC, l’absence quasi totale de documentation en ligne et le profil des structures mentionnées sur les pochettes correspondent parfaitement à ce type de scène régionale, active mais peu archivée.