Voici une photo réalisée pour la plaquette du studio de design Public' Image Factory (Pil + Factory Records = Pif ). Façon groupe de rock, cette photo a été prise dans le petit jardin qui jouxtait les bureaux. De gauche à droite : Pascal B. (Fricotins/Chinaski's), Jean-Jacques D. (diverses formations dont j'ai oublié le nom), Moi-même (Fricotins, Monkey Business, Nouveaux Monstres, Jean_Marc), Philippe G. (ami d'enfance photographe), Franck W. (Cérémonies, Chinaski's, Sexe des Anges, Nouveaux Monstres, Demolition Party) et Dgé (Wallenberg, Lyliak, Cérémonies, Chinaski's, Demolition Party). Tout ce beau monde s'est soit engueulé, soit perdu de vue. Un conseil de vieux : évitez de faire du business avec vos amis. A choisir, devenez amis avec ceux avec qui vous faites du business.
Toute l'équipe de Public Image Factory
Affiche promotionnelle pour le studio Public Image Factory
J'ai retrouvé ce visuel malheureusement en basse def d'une affiche réalisée pour la promotion du studio Public' Image Factory. Ce visuel est l'œuvre de Franck W. même si je crois avoir réalisé les @ en 3D. Et oui, c'était les débuts d'internet, ceci expliquant cela.
Le tee-shirt de Public Image Factory
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Le Midem 2000
En 1999, notre studio Public Image Factory est interrogé sur l'identité visuelle du Midem 2000. D'après Wikipedia "Le Marché international du disque et de l’édition musicale est le plus grand rassemblement au monde d'entreprises travaillant dans le secteur de la musique, il se déroule chaque année depuis 1967 à Cannes en France". Enfin un sujet à la hauteur de nos attentes. Nous avons mis le paquet sur ce projet et l'équipe créative dans son entier (Pascal B., Franck W. et moi-même) avions proposé des pistes visuelles. Même le camarade Bertrand Stark, photographe, a mis "la main à la pâte'. Au final, une fois de plus, notre prospect ne nous a pas retenu... Un échec de plus dans la longue liste qui a fait l'histoire de ce studio de design. Il y a peu, j'ai retrouvé l'ensemble des maquettes que nous avions présenté. Avec le recul, nous n'avions pas à rougir. Voici l'ensemble de ce maquettes avec par ordre d'apparition : Pascal B., Franck W et votre serviteur.
La démo de Philippe Pascal & The Blue Train Choir
Je suis très heureux de partager aujourd'hui la démo du Blue Train Choir que nous avons produit en 2004. Quand je dit "nous", il s'agit - bien sûr - d'Edouard D., de Public Image Factory (le studio de design dans lequel j'étais associé) et du Regard Sonore (une boite de son dans laquelle j'étais également associé). Je tiens à préciser que le RIP que je partage aujourd'hui n'est pas le mien mais une version que j'ai récupéré sur un site "spécialisé". On pourra télécharger ici-même ce live et en profiter pour avoir une petite pensée pour Philippe.
Emma à la batterie
Du temps de notre studio Public' Image Factory, nous rentrons en contact avec une société spécialisée dans l'illustration sonore : Le Regard Sonore. Cette entreprise est gérée par Claudine et Emmanuelle. Emma devient une amie et, quelques années plus tard, me propose d'entrer au capital de l'entreprise. J'accepte avec plaisir. Le Regard Sonore change alors de métier et se lance dans la production de série de dessins-animés. Aujourd'hui encore, Emma et son Regard Sonore continuent de produire avec un certain succès de super séries (plutôt pour les petits... Mais pas que). Pour s'en convaincre, on pourra se rendre sur leur site web. Emma est une musicienne accomplie, plutôt batteuse à la base. Elle m'a raconté qu'elle avait fait pas mal de playbacks dans les années 80 pour Lio... Il y a quelques jours, j'ai - enfin- trouvé une preuve visuelle de ses fameux passages télé...
Prokoshnov (et Le Regard Sonore)
Nous sommes en 2001 et ma copine Emma (on la connaît, ici, sous le nom d'Elleen Keen) monte sa boîte de production "Le Regard Sonore". J'en profite pour lui faire son logo. Bientôt, elle décide de produire quelques "nouveaux" talents. Elle sortira 4 ou 5 singles d'artistes qui lui plaisent. Bien sûr, je lui fais ses pochettes. Je me suis particulièrement éclaté à faire celui de Prokoshnov... Un groupe ? Un musicien russe ? Difficile à dire. Quand je lui en ai reparlé, elle ne se souvenait pas. Bref, j'ai choisi de prendre un contre-pied typographique pour illustrer le thème technologique ainsi qu'un visuel libre de droit provenant de la Nasa. Une thématique spatiale que j'ai également utilisée sur le premier CD des Nouveaux Monstres. À l'époque, je suis associé chez Public' Image Factory qui bat de l'aile du fait d'avis et visions divergentes. Quelques années plus tard, Emma se repositionnera sur la production de dessin-animés pour très jeunes. Voici un premier extrait de ce single qui reste vraiment sympa 24 ans après !
302 posts, déjà...
Le tee-shirt PIF à la télévision
Quand nous créons le studio Public' Image Factory dans les années 90, très vite, on nous rebaptise PIF, acronyme oblige. PIF est un studio de design qui réunie des musiciens fans de rock (Chinaski's, Monkey Business... Etc.). Du coup, plutôt que de ramer à contre-courant, nous faisons fabriquer un tee-shirt avec la truffe du fameux chien en gros plan... A cette époque, Canal + a spécialement la côte. Le journaliste Philippe Vandel présente une rubrique :« Le monde de l’absurde » dans Nulle Part Ailleurs. Il a pour habitude de porter, chaque soir, un tee-shirt différent avec un motif différent. Nous lui envoyons notre beau tee-shirt Pif... Et un soir, c'est le miracle !
Twin Studios
A l'époque de Public' Image Factory (notre studio de design dans les 90's), une amie nous met en contact avec le studio Twin qui se situe à la sortie du périphérique à la Porte de la Muette. Ce studio qui ne comprend que deux consoles (d'où le nom) accueille la crème du rap français, pas mal de stars de la variété... Mais aussi Dolly, les Wampas ou les Rolling Stones. Ce studio (qui existe encore mais sous un autre nom) est dans un ancien bunker construit pendant l'occupation par les allemands pour protéger la crème de la wehrmacht regroupée dans un immeuble de luxe situé juste au niveau des "extérieurs". Dans le Twin Studios, vous pouvez faire tout le bruit que vous voulez, personne ne vous entend. En échange de nos services graphiques, Fred (la gérante du studio) nous offre du temps de studio. C'est donc là que nous allons mixer pendant 3 ou 4 jours, le "Spécial Filles" des Nouveaux Monstres. Un très bon moment qui nous a permis de boire un coup avec les Têtes Raides et "emprunter" l'écho à bandes de Dolly. Voici une des cartes postales que j'ai réalisé à l'époque, une créa très De Stijl.
Philippe Pascal & The Blue Train Choir
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Petit clin d'œil
Du temps de notre studio Public Image Factory, nous avons parfois travaillé dans le domaine musical. Et plus particulièrement pour EMI (pour son centenaire) via une agence de promo (du groupe Euro RSCG). Je crois qu'elle cette agence s'appelait Fuego et l'ami Franck a beaucoup œuvré sur des packagings en carton regroupant plusieurs albums d'un artiste à petits prix. J'ai retrouvé ce pack 4 CD de Mike Brant. Peut-être pas un top graphique mais un vrai bon souvenir.
Le Blue Train Choir, acte 2
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La Pif Party
Pour faire la promotion de notre studio de design : Public' Image Factory (Pif pour les intimes), nous avons organisé une soirée "Bodega" dans une cave parisienne. C'était le 27 Janvier 1995 et pendant cette soirée, les Chinaski's et les Monkey Business ont joué pour la plus grande joie des clients et relations amicales du studio. Un bon souvenir dont voici le flyer (réalisé par mes soins).
Miossec
Bon, avec Miossec on sort du cadre stricte de la musique des années 80. Son premier album est publié en 1995 et je me souviens qu'il a beaucoup tourné, à l'époque, dans la playlist du studio Public' Image Factory, studio de design graphique que nous avions monté avec d'anciens Cérémonies, Fricotins... etc. Bref, Miossec est de ma génération, comme lui nous avons travaillé dans la pub et joué dans d'obscurs groupes new-wave. Dans son cas, il s'agit de Printemps Noir, groupe Brestois dont il ne semble subsister qu'une K7. Extrait d'une obscure compilation uniquement en K7 sortie en 1994 (un an avant son premier long) voici une première version (une démo ?) de "Crachons Veux-tu Bien" que l'on retrouvera dans sa version définitive dans "Boire".
Les photos de Pascal B.
Pour réaliser le visuel du premier album des Nouveaux Monstres, j'ai mis à contribution tous les graphistes autour de moi à l'époque. Pascal B avec qui je travaillais chez Public Image Factory (et avec qui j'avais joué chez Bibi & les Fricotins) s'est gentiment proposé de faire une séance photo dont un seul cliché à été conservé (le premier dans la liste) pour la pochette finale. Il y a peu, j'ai retrouvé l'ensemble de ces clichés... J'en ai profité pour retravailler leurs chromies qui faute d'éclairages ad-hoc virent vers l'orange.
Je me souviens de nous (1)
J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés !
Ces années ont mis la touche finale à mon éducation musicale à une époque où Joy Division n’était pas encore une marque distribuée par H&M. Juste un précieux secret partagé par quelques aficionados. Si vous connaissez le groupe de Ian Curtis, vous avez sans doute fait le rapprochement avec une de leurs plus belles chansons (selon Franck War). C’est également le chemin des studios de répétition que m’a ouvert Cérémonies. Avec eux ou plutôt grâce à eux, j’ai pu exprimer cette irrésistible envie de « gratter sur une guitare électrique » sans vraiment savoir jouer. Mon avenir et « ma carrière professionnelle » ont également été liés à certains membres du groupe puisqu’ensemble nous avons « entrepris » et créé deux studios de design graphique. De Joy Division à Peter Saville, il n’y avait qu’un pas que nous avons franchi sans sourciller. Avec l’arrivée de la micro-informatique (et de la PAO), nous avons appliqué le « Do It Yourself » chers aux punks à un métier qui n’avait quasiment pas évolué depuis la fin des années 60. Ensemble, nous avons créé Bleu Petrol (en hommage aux Bleus de Matisse et à That Petrol Emotion) puis Public’Image Factory avec PIL et…. Factory Records comme ultimes références. En mode autogestion, bien sûr. J’ai donc eu la chance de rencontrer ce groupe et son entourage proche qui se moquaient de ma provenance sociale. Pourtant issu de la petite bourgeoisie intellectuelle, ces purs produits de la Banlieue Est m’ont ouvert les bras (sans trop poser de questions). Et même si mon prénom composé pouvait paraître suspect, J’étais là, avec eux, point.
L’histoire du groupe se divise en 2 époques distinctes musicalement. D’abord une période « batcave » (comme on disait à l’époque, le mouvement gothique en étant à ses balbutiements) portée par l’influence des ténors du genre : Joy Division (toujours et encore), Killing Joke, Bauhaus… Et plein d’autres. Puis après un changement de guitariste, le groupe s’est émancipé et a lorgné vers une pop de qualité, quelque part entre Marc Seberg et Gamine. Le choix d’une référence comme Marc Seberg n’est pas fortuit puisqu’une rencontre Anzia - Cérémonies a bien eu lieu, initiée par le camarade Édouard proche de Marc Seberg et bientôt ami intime de Philippe Pascal. Cette rencontre aurait pu déboucher sur une production et un album digne de ce nom. Mais de l’aveux même de Franck, le groupe avait surtout envie de s’amuser et l’ascétisme du guitariste collait mal avec l’énergie déconnante des quatre copains de Rosny. Anzia exigeait un travail sérieux et constant ainsi qu’un aller-retour Rennes/Paris payé par le groupe pour assister à cette rencontre. Une exigence qui manquait franchement de classe (et d’une certaine générosité). Comme le faisait aussi remarquer Franck, la fine équipe n’était pas prête à franchir le pas et faire de la musique une profession. C’est peut-être ce qui a manqué au groupe pour atteindre un début de notoriété. Ça et un batteur qui joue « carré » et au click.
Très vite, je me suis revendiqué président de leur fan club. Ce n’était pas une « posture » naïve façon faire-valoir mais bien un vrai coup de foudre pour leur musique et l’univers poétique de leur chanteur. Un univers, au départ, un peu emprunté : le baiser de la mort (cher à la mafia), Hiroshima, Verdun et la Guerre de 14, la folie, les trains de banlieue… Presque des passages obligés pour tout amateur de new-wave française de ces années-là. Mais, très vite, Franck s’est mis en tête d’explorer ce qu’il était : un juste mélange entre dépression et légèreté. Avec en toile de fond des histoires d’amour beaucoup trop grandes pour lui…. Et pour nous. Car Franck, à travers ses « lyrics », parlait aussi de nous, de cette incapacité d’être à deux, ni tout seul. Ou plus simplement de ce Syndrome de Peter Pan sur lequel nous construisions, alors, nos vies. Nous étions jeunes pour l’éternité. Ses chansons étaient comme un blues blanc et sophistiqué spécial beau gosse. D’ailleurs, Franck War avec sa tête de « BG » apportait un charisme un poil hautain à Cérémonies. Un charisme qui fascinait et qui permettait de « choper » plus facilement. Du genre : « Oui, le chanteur, c'est mon pote. Je t’offre un verre ? ». Mais cette attitude qui masquait une forme de timidité, souvent, aussi… Repoussait. A cela, il fallait ajouter un sens de la vanne plutôt aiguisé qui a pu parfois jouer en leur défaveur. Cet art de la vanne est mon héritage de ces années-là. Je l’ai appris à leur contact et transmis à mon fils qui, à son tour, se défend plutôt bien !
Comme pour le Bromley Contingent des Sex Pistols, tous ceux qui comme moi, gravitaient autour du groupe se sont auto-proclamés membre du BSS Kontingent… BSS pour « Bois Sans Soif ». A n’en pas douter, la bringue et l’alcool furent des points d’ancrage pour cette petite « troupe », puis, comme pour tant d’autres, la drogue s’est invitée à la fête. Des drogues très année 80 pas « festives » pour un sou, d’abord sniffées puis injectées par le plus impliqués. Ceux qui ne sont pas morts d’overdose ont plongé dans un alcoolisme compensateur. Finalement, l’âge venant, certains BSS ont dû affronter maladies psychiatriques et autres affections chroniques. Presque 40 ans après, les cimetières se sont remplis et se remplissent grâce à nous. Et ça ne va pas s’arranger. Dis comme ça, on a l’impression de plonger dans l’univers morbide des junkies de Burroughs (ou des alcoolos de Bukowski). A l’époque, nous pensions que nous avions une véritable grandeur d’âme à nous mettre systématiquement « minables ». Nous étions des « princes » à l’image d’Henry Chinaski au comptoir du Golden Horn (que nous avions remplacé par celui du Piano Vache). Nous partions à l’assaut des catacombes ou des toits de Paris, systématiquement bières à la main juste après l’apéro dinatoire. En réalité, cette méthodique opération d’autodestruction s’est faite dans la joie et la bonne humeur. Sans douleur, du moins sur le moment, toujours en rigolant. Et puis, il nous fallait donner corps à certaines chansons du groupe comme « Les Chiens de l’Enfer » qui emprunte son titre à un poème de l’écrivain et poète destroy californien cité précédemment. Finalement, à force de vannes, de glande et de légèreté nous avons raté l’ascenseur social et personne dans mes relations proches peut se vanter, aujourd’hui, de « siéger au Comex » ou d’avoir reçu la légion d’honneur. Au moins, nous n’avons fait que ce que nous voulions… A commencer par rigoler et faire la fête.
La saga de Cérémonies permet de corriger une idée reçue sur le rock français de ces années-là. Lorsque l’on relit la presse musicale de l’époque, le rock français semble à se réduire à deux possibilités : le rock à la Rolling Stones (de Téléphone et de ses multiples dérivés) ou le rock façon punk new-yorkais (et « arty ») lorgnant parfois vers un funk blanc (Casino musique, Go Go Pigalles) avec option textes à messages en français (Higelin ou Bashung). A l’époque, nous étions déjà persuadés que l’énergie bouillonnante d’un Téléphone ne pouvait compenser la vacuité de leurs paroles pré-adolescentes … Allez, tous en cœur : « Un jeeeu neeuhhh sais quooiii qui me laisseuuuu connnnn ». Rien ou très peu pourtant quant à ces groupes influencés par ce qui se passait en Angleterre. Rien sur une underground riche et multiple, dark et violente. D’après Franck, c’est peut-être la faute aux journalistes alors en poste. Des journalistes déjà vieux, ayant connu (et adoré) les années 70 et ne s’appuyant que sur leurs propres références musicales pour critiquer. Une génération qui croyait dur comme fer à l’unique influence d’un Bowie ou d’un Lou Reed quand on faisait du rock. A la limite, les New-York Dolls ou le MC5. Il faudra attendre la déferlante rock alternative pour que l’incroyable richesse de la scène française soit enfin visible et exposée par les médias. Cérémonies a traversé cette vague alternative sans changer de cap, sans sourciller. Cérémonies était déjà un vieux groupe. Il n’a jamais été question d’accordéon ou de néo-réalisme français à la Léo Ferré dans la new-wave épique du groupe.
Cérémonies, c’est l’histoire de 4 copains de lycée, quelque part du côté des cités de Rosny 2 et Montreuil qui vont mettre leur goût et leur énergie en commun pour créer un répertoire original ne comprenant qu’une ou deux reprises bien senties (Joy Division ou Bauhaus). Ainsi, Lors de voyages linguistiques en Angleterre, Franck ramènera des disques alors inconnus dans l’hexagone puis, plus tard, avec ses camarades de jeu, prendra une carte de fidélité chez New Rose pour trouver la perle rare, la nouveauté qui tue. Bref, le terreau musical sur lequel le groupe construira et évoluera. Dans le désordre (et de souvenir) PIL, Stiff Little Fingers, Outcasts, Bollock Brothers ou Jean-Jacques Burnel et les Stranglers mais aussi du reggae à la Mickey Dread ou Dr Alimentado (l’influence des Clash) voir de la « variété » un peu plus « light » comme Jo Boxer, Woodentops et New Order.
Cérémonies n’est pas apparu d’un seul coup, comme une évidence, il est le résultat d’une évolution, d’une maturation qui commence en 1979 par une première formation punk, l’Affrontement. On notera l’influence des Clash qui accompagnera toute l’histoire de Cérémonies plus d’une façon idéologique que musicale. Gordon à la guitare, Franck à la basse, Commandant à la guitare et Bosniak à la batterie. Un seul ampli pour reprendre le quator. Personne n’a vraiment envie de chanter et c’est finalement Franck – qui a le meilleur look punk - qui s’y colle. Le groupe dégote un local de répétition complétement gratuit (la salle des fêtes commune dans la cité). Ah oui, j’oubliais, dans la bande des Cérémonies, on pouvait (devait ?) se retrouver affublé du surnom qui va bien : Gordon (car Hervé aimait le gin), Piepp’ (Car Jean-Jacques était pompier d’entreprise), Commandant (après son passage dans l’armée), Bosniak, Adolphe, Iggy, Zaza, Camisole, Pachi, Dicav’, Coco et puis plus tard Quick et moi-même Marcotin… Et plein d’autres. Donc de l’Affrontement naitra un déjà plus sérieux Stygmat avec Gordon à la basse et les frères Boubich’ (Commandant et Bosniak). Puis le deux partiront fonder Ordonnance Karmélites. L’arrivée de Bruno à la batterie et de Piepp’ à la guitare permettra de distribuer définitivement les rôles avec, bien sûr, Franck au chant et Gordon à la basse. Gordon qui, il y a peu, a dû quitter le vaisseau amiral (et à qui je dédie ces quelques lignes).
J’en profite pour partager un grand moment « gordonnien », bière à la main lors d’une fête de jour de l’an dont nous avions le secret. Après une longue discussion, nous étions finalement tombés d’accord sur le fait que « quand on pisse debout et qu’on ne voit plus sa bite, il est temps de maigrir ». Dont acte, je pense à toi Gordon et j’essaie de perdre du poids. Gordon avait un réel don pour la guitare électrique à quatre cordes. Il développera un vrai style personnel et son propre son très influencé par la maestria d’un Peter Hook. Ce talent achètera à vie notre admiration ébahie. Un AVC plus loin, seul à Grenoble, il devait arrêter la pratique de son instrument fétiche, cloué sur un fauteuil roulant, parlant difficilement et n’ayant plus la force de soulever une basse ...
Staff
Staff naît en 1985 à Beauvais autour de Rachid Cherfaoui au chant et à la guitare, Dominique Paul à la guitare, Thierry Rouillard à la basse et Stéphane Amédée à la batterie, avec dès l’origine un cinquième membre à part entière, Thierry Fraigneux, manager du groupe. Les premières répétitions se déroulent dans les sous-sols d’une école maternelle désaffectée à Goincourt, cadre parfait pour poser les bases d’un répertoire mêlant compositions personnelles et reprises choisies, de Bijou aux Who, de Lou Reed à Gainsbourg, dont une version de « Je suis venu te dire que je m’en vais » circule encore aujourd’hui.
Les concerts commencent dès la fin de l’année 1985 et, à partir de mars 1986, s’intensifient grâce à la création de l’association beauvaisienne Magic Rock, qui structure une scène locale alors en pleine effervescence. Staff participe à la scène ouverte du Printemps de Bourges et partage l’affiche avec les Toulousains des Surrenders à Beauvais, affirmant peu à peu une identité scénique où l’énergie rock se combine à un sens de l’humour bien assumé. L’année 1987 marque un premier tournant décisif avec la victoire du groupe lors de la finale nationale du Circuit Rock Universitaire. Cette reconnaissance leur ouvre les portes du studio et débouche sur l’enregistrement de leur premier 45 tours, « Juste partir ailleurs », contenant les titres « Sans rien dire » et « Suzy Lou ». La pochette, à l’image du groupe, reflète un esprit décalé et sans prétention. Un clip de « Sans rien dire » est même tourné pour l’émission Décibel en octobre 1987, non sans une erreur mémorable puisque Staff y est présenté comme un groupe de Cambrai.
Les années suivantes voient le groupe multiplier les concerts en France, avec notamment un passage au Golf Drouot et une tournée en Bretagne. Mais c’est à la toute fin des années 1980 que l’histoire de Staff prend une dimension inattendue. Des rencontres amicales les mettent en relation avec Andy Rabe, qui devient leur manager pour l’étranger et leur ouvre les portes de l’Allemagne. S’ensuivent des tournées régulières outre-Rhin, dans des festivals et des salles de villes comme Dortmund, Essen ou Bochum, ainsi que dans l’ancienne Allemagne de l’Est, jusqu’à Berlin, à peine un an après la chute du Mur. Cette aventure allemande, encore trop rarement évoquée lorsqu’on parle de groupes français de cette période, joue un rôle déterminant dans la suite de leur parcours.
À Bochum, Staff attire l’attention du label allemand Sound Factory, qui leur propose un contrat en 1990. Un premier titre, « Milk Shake », paraît sur la compilation Total Fatal Vol. 1, puis un 45 tours est publié pour faire patienter le public en attendant un album. Dans le même temps, le groupe participe en septembre 1990 à la finale du tremplin Yamaha au Casino de Paris. Arrivés seconds derrière les Dirty Rats Rappers, les Niçois, ils manquent de peu le voyage au Japon, mais ce classement leur permet d’investir dans du matériel et de renforcer leur dispositif scénique.
C’est finalement en décembre 1990 que sort le single qui reste aujourd’hui le plus souvent associé au nom de Staff, avec les titres « Civilisés » et « S.T.A.F.F. ». Ce 45 tours, annonciateur d’un premier album qui ne verra jamais vraiment le jour, vient clore une trajectoire dense, faite de concerts, de rencontres et d’allers-retours constants entre la scène locale et des horizons plus lointains. À travers Staff, c’est tout un pan du rock français des années 1980 et 1990 qui se dessine, celui de groupes investis, mobiles, parfois reconnus loin de chez eux avant de l’être à domicile, et dont il reste aujourd’hui quelques disques, des affiches, des photos et surtout une histoire qui mérite d’être racontée.











