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The Raves

The Raves font partie de ces groupes dont l’existence se résume presque entièrement à un sillon de vinyle. En 1981, ils publient en Belgique un unique 45 tours, "Damned Money" en face A et "Reggae" en face B, sur leur propre structure, Raves Records, catalogue 001. Tout dans ce disque évoque l’économie de moyens et l’urgence typiques du début des années 80 : pressage limité, absence quasi totale de crédits, aucune biographie officielle et une diffusion manifestement confidentielle. Musicalement, on est loin d’un véritable groupe reggae ; le titre de la face B semble plutôt relever du clin d’œil ou de la référence ironique, comme on en croisait souvent dans les milieux punk et post-punk de l’époque. "Damned Money" s’inscrit davantage dans une veine rock tendue, sèche, ancrée dans son temps, sans chercher à dépasser le cadre du single.

Ce qui frappe surtout, plus de quarante ans plus tard, c’est l’absence quasi totale de traces écrites autour de The Raves. Aucune mention repérée dans la presse musicale belge généraliste, aucune chronique retrouvée dans les fanzines punk ou new wave aujourd’hui numérisés, aucun flyer, aucune interview connue. Même les archives en ligne spécialisées dans les zines belges des années 80 restent muettes. Cela ne signifie pas nécessairement que le groupe n’a jamais été évoqué à l’époque, mais plutôt que, s’il l’a été, cela s’est fait dans des publications locales à très faible tirage, restées dans des collections privées ou des cartons jamais ouverts depuis. Le cas est loin d’être isolé dans la scène belge de ces années-là, particulièrement riche en groupes éphémères et en sorties autoproduites.

Les Rats versus The Damned

Les Rats apparaissent en 1994 sur une compilation Danceteria ("100" sans doute pour célébrer la 100e référence du label) avec une très bonne reprise de "New Rose" l'hymne des Damned ! Ce tître est également présent sur un des derniers single du groupe ("Le Clochard" sorti en 1991 chez Danceteria).

The Damned featuring Joey Ramone

Apparemment, il y a eu une rencontre au sommet entre les anglais punk et gothique de The Damned et le leader autiste des Ramones, Joey himself et ce autour d'un "Blitzkrieg Bop" joué dans les règles de l'art. Nous sommes le 19 juin 1988 au Milton Keynes Bowle !

La Mano Negra versus The Damned

Ce coup-ci, le groupe de Manu Chao reprend le classique punk des Damned "Neat Neat Neat" sorti en 1977 sur Stiff Records.

The Lords Of The New Church

Voilà un autre groupe que nous avons beaucoup écouté dans les années 80. Les Lords Of The New Church, d'origine britannique, est une sorte de who's who du mouvement punk : Stiv Bators des Dead Boys, Brian James des Damned, Dave Tregunna des Sham 69 et Nick Turner des Barracudas ! Le groupe sera actif de 1982 à 1989 (puis se reformera de 2003 à 2009 sans le pauvre Sitv Bators mort à Paris après avoir été renversé par un taxi). Le groupe produira 3 magnifiques albums et une multitude de Singles (et 2 ou 3 album live). Ils n'hésiteront pas à adapter Madonna ("Like A Virgin") et à reprendre les Grass Roots ("Let's Live For Today"). Globalement, leur musique est une sorte de fusion entre le punk rock, le rock garage et quelque chose de plus dark et gothique. Dans mes archives, j'ai retrouvé ce live sans indication d'année ni de lieu. En analysant la tracklist, j'en ai déduit qu'on était à l'époque de leur premier album...

The Friendly Hopeful

Voici un étrangeté qui est sans doute un "coup" de producteur... Sans doute pour surfer sur la vague "Stars On 45" alors à la mode. L'idée est de faire un "pot-pourri" de succès enchainés à la suite sur un beat dansant. Sauf qu'ici, il s'agit de succès du punk que l'on enchaine sur les cendres encore rougeoyantes du mouvement, puisque nous sommes en 1981. A la basse et à la production, Dave Goodman qui a déjà œuvré avec les Pistols, Vibrators et autres Uk Subs. Andrew Bor à la batterie et Andy Blade à la guitare viennent compléter le tableau. Étrange. C'est comme si des figures de l'underground s'étaient réunies pour faire un pastiche et reprendre dans l'ordre : les Buzzcocks,  Eater (le groupe d'Andy Blade), Damned, Jam, Clash et Sex Pistols. Une curiosité, on vous dit !

New Rose

Les Damned est un passage obligé quand on parle punk et new-wave des années 70 et 80. Originaire de la banlieue de Londres, le groupe se forme en 1976. D'abord très punk ("New Rose", "Neat neat Neat") le groupe évolue vers un son plus complexe en créant ce qui n'est pas encore la new-wave gothique et osant  - par exemple- une reprise de Jefferson Airplane. Voici une version live de "New Rose" considéré comme le premier single punk anglais sorti sur le mythique label Stiff Records. Egalement, l'inspiration pour le fameux magasin de disque et label parisien.

De Brassers

En direct de la Belgique, voici les De Brassers... Des vraies légendes locales qui semblent avoir donné leur dernier concert... Ever à l'Ancienne Belgique (la mythique salle à Bruxelles) le 19 Janvier dernier. Dommage. D'après leur label Onderstroom Records : "De Brassers était un groupe de post-punk intense et rebelle. Beaucoup les considéraient comme les héros du mouvement punk belge des eighties. Leur son apocalyptique illustrait l’atmosphère sombre de la fin des années 70 et du début des années 80 : la peur de la bombe atomique, le pessimisme des années de guerre froide, la violence policière à l’encontre des squatteurs et les années sinistres sous Reagan et Thatcher.” On notera également que : "C’est dans le sillage de combos de punk comme The Damned et The Clash que, à la fin des années 70, les frangins Eric (batterie) et Marc Poukens (chant), Ben Deckers (claviers), Willy Dirkx (guitare) et Marc Haesendonckx (basse) fondent le groupe – sans une once d’expérience mais avec des tonnes d’aplomb. Dans leur bar habituel à Hamont-Achel (Limbourg), ils s’étaient fait traiter de “brassers” (goinfres), et le nom est resté." Voici leur titre "culte" extrait de leur mythique premier single auto-produit sorti en 1980. Un des piliers du rock indie belge.

Plus d'infos sur Stalag (et sur leur fameux single)

 


J'ai déjà parlé de Stalag, ici-même. Or, il se trouve qu'une de mes relations Facebook était un membre du groupe. Dans deux de ses récents posts, Thierry Tuborg témoignait de cette belle aventure. Je me suis donc permis de reproduire ces deux publications. 

"L’histoire du single de Stalag « Date limite de vente », que nous avons enregistré en novembre 1980 à Bordeaux. Il se trouve que le mixage assez curieux sur ma voix dans ce disque a un rapport direct avec Trevor Horn et The Buggles. Comme on le verra un peu plus loin.
 

Mais commençons par le début.  Adoncques au cours de l’année 1980, Les Ablettes, nos petits camarades de Fumel, annoncent l’imminente sortie de leur tout premier 45-tours autoproduit (« Spontanéité zéro » et « Un amour propre »). Immédiatement, nous insistons auprès de Richard Berthou, notre manager, pour que nous enregistrions nous aussi notre disque. Il n’est pas très chaud mais nous parvenons à le convaincre. De fait, Richard va se lancer dans une organisation méthodique de l’affaire de A à Z.
Il nous déniche un petit studio abordable, 16 pistes en analogique (bien sûr), le studio Isis (rien à voir avec l’État islamique : Islamic State of Iraq and Sham), dans le quartier Nansouty. Nous nous mettons d’accord sur les cinq meilleurs titres de notre répertoire à travailler en studio, soit : « Carolus d’Or », « Interdit aux moins de 18 ans », « Dernier cri », « Date limite de vente » et « Secrets ». Le choix des deux faces du disque se fera une fois le master réalisé.


Le moment venu, on me demande de ne me montrer au studio qu’au troisième jour, une fois que Jean, Beber et Vincent auront bouclé leurs parties, lorsqu’il ne restera que les voix, les miennes et celles de Vincent, ainsi que ses solos. Auparavant, j’avais demandé à Richard s’il serait possible de faire chanter les chœurs du break de « Secrets » par une chorale d’enfants, derrière ma propre voix (« Ne laisse pas les garçons t’acheter, ne laisse pas les autres te briser, surtout ne te cache pas, ces gens n’attendent que ça »). Il avait médité une petite minute là-dessus en me fixant, puis m’avait répondu : « Je vais voir ce que je peux faire. » La veille de mon entrée en studio, je reçois une lettre de ma petite amie fumeloise, Tracy (une jeune Anglaise de quatorze ans dont la famille s’est installée dans le Lot-et-Garonne et dont j’ai fait la connaissance lors d’un concert commun des Ablettes et de Stalag). Elle m’annonce qu’elle casse avec moi. Ça me rend fou.


Le lendemain, en studio, je commence par écouter le travail des trois autres Stalag et je suis épaté. La section rythmique est impeccable, et Vincent, guitariste par trop solitaire sur scène, s’est composé des parties guitares additionnelles, a ajouté ici et là des riffs bien sentis, et leur a cherché méticuleusement un son adéquat sur son Twin Reverb. Je devine les merveilles d’arrangements que ce guitariste pourra fournir au groupe en enregistrements (loin de me figurer que nous ne rentrerons plus jamais en studio ensemble).
J’apprends que Richard n’est pas parvenu à trouver une chorale d’enfants pour « Secrets », nous devons nous contenter de chanter tous les quatre le break. Lors de mes prises pour ce titre, je ne peux m’empêcher de penser à Tracy qui me largue, je chante en chouinant un peu comme un enfant, alors je tourne le dos à la cabine d’où m’observent six paires d’yeux. « Je veux seulement, moi, me cacher parmi tes jouets… » J’enchaîne les quatre autres chansons, puis Vincent fait ses voix et ses solos.


Le lendemain, au mixage, sur le titre « Date limite de vente », je demande à l’ingé son s’il peut appliquer à mes couplets un effet gramophone.
L’ingé son me dévisage, perplexe.
— Qu’est-ce que tu entends par « effet gramophone », au juste ?
— Comme les Buggles.
— Comme les quoi ?
— Les Buggles, « Video Killed the Radio Star », tu connais pas ? T’as jamais entendu leur tube à la radio ? Sur les couplets, le chanteur a un effet gramophone, un vieux son des années 20, tu vois ce que je veux dire ? Je voudrais le même effet, ça rendrait bien sur ce titre.
Il manipule un bon moment sa console, finalement il s’en approche un peu mais ça ne rendra jamais comme les Buggles. C’est un peu raté, quoi.


À l’écoute des cinq titres, le choix majoritaire se porte sur « Date limite de vente » en face A et « Secrets » en face B. Je suis déçu parce que je voyais « Dernier cri » en face A. De plus, à la fabrication il y aura un gros plantage : alors que la pochette annonce « Date limite de vente » en titre du single, on trouve « Secrets » carrément en face A. Sans parler du nom des auteurs des chansons : Richard a dispatché nos quatre noms, deux au pif à chaque titre (alors que c’est Thierry La Barthe/Vincent Simonacci pour les deux titres). Et puis Beber est furax : Raymond Belliard est devenu Raymond Belliaed ! Zarma ! Voilà l'histoire...

« Stalag, c’est aussi bien que The Damned sur disque et aussi fou que les Stooges sur scène ».


Quatre années d’existence seulement, de 1978 à 1982, mais une intensité rare. Le groupe signe son acte de naissance en studio sous le nom de Royal Flush, clin d’œil à un vieux flipper Gottlieb martyrisé lors de leurs errances quotidiennes. Une maquette financée par une association d’aide aux jeunes, l’Adama, grugée dès le départ grâce à une fausse adresse de facturation. Le ton est donné. Stalag cultive une réputation sulfureuse, faite de concerts brouillons, d’ivresse assumée et de dégâts collatéraux. Le nom intrigue, dérange, choque parfois. Un stalag, dans l’Allemagne nazie, désignait un camp de prisonniers de guerre pour soldats et sous-officiers. Provocation pure ? Sans doute. Quand Caméra Silens brandissait l’Irlande et l’Ira, Stalag préférait l’impact frontal, sans slogan explicatif. Les sous-officiers du Punk Rock bordelais, en quelque sorte. Pas d’idéologie en bandoulière, mais une rage brute et incontrôlée.
 

L’histoire s’écrit aussi par croisements. En 1978, Kick, chanteur de Strychnine, présente ses amis de Saint-Jean-de-Luz à Thierry Tuborg. La rencontre fait des étincelles. Un guitariste manque encore. Ce sera d’abord « Chinois », trop aguerri pour ces adolescents furieux. Il laisse rapidement sa place à Vincent Simonacci, étudiant à Bergerac, recruté via une petite annonce déposée chez Bulle, disquaire culte de Bordeaux. Les répétitions s’enchaînent au presbytère, les bœufs aussi, souvent avec Strychnine, grand frère omniprésent. Kick enregistre la première maquette, puis récupère le bassiste Richard Brousse. Trahison vécue comme un coup de couteau. Mais l’histoire continue. Raymond Belliard, ancien roadie des Standards, apprend la basse et le répertoire en dix jours chrono. Punk Rock, on a dit. Ce line-up écume la région, enchaîne près d’une centaine de concerts en trois ans, dont une trentaine dans le cadre de la tournée Bordeaux Rock, aux côtés des Stilettos, Standards, STO et bien sûr Strychnine. Une aventure intense, jamais concrétisée par un véritable album, malgré des passages en studio. Aucun label n’ose franchir le pas. Trop bruyant, trop instable, trop libre. Janvier 1982 marque le split. Rideau. 

Il faudra attendre plus de trente ans pour exhumer les bandes d’époque. En 2007, le label parisien Mémoire Neuve publie Dernier Cri, compilation mêlant enregistrements studio, 45 tours de 1981 et prises Live. Un dernier cri ? Pas vraiment. Stalag remonte sur scène en 2005, prouvant que certaines colères vieillissent mieux que le vin. Quand les concerts sont annulés, Stalag transforme le local de répétition en salle de spectacle. Le public suit. Attitude Punk jusqu’au bout, mais répétitions quotidiennes, rigueur et acharnement. Le chaos, oui. L’amateurisme, non. Mais un groupe, même Punk Rock, ce n’est jamais qu’un concept. Ce sont des corps, des noms et des choix parfois irréversibles.
 

Membres et ex-membres de Stalag

Stalag, ce n’est pas seulement un mur de guitares et une réputation à la sulfateuse. C’est aussi une addition de trajectoires individuelles, de passages éclairs et de fidélités bruyantes. Des personnalités parfois fugaces, souvent radicales, qui ont façonné l’identité du groupe au fil des répétitions, des concerts et des ruptures.
Thierry La Barthe aka Thierry Tuborg, aka à l’époque Thierry Heineken (Chant)
Figure centrale et moteur du groupe, il incarne la rage fondatrice de Stalag. Adolescente et frontale, sa présence scénique impose le ton. Dans les années 80, il enregistre plusieurs titres avec Jean-Michel Cros et Pascal Cros au sein du groupe Les Alliés. Il se reconvertit ensuite dans l’écriture et publie deux romans, troquant la violence électrique pour une colère plus littéraire, mais tout aussi acérée.

• Richard Brousse aka « Spleen » (Basse)
Bassiste des premiers mois et cofondateur de Stalag, il participe à la naissance du groupe avant de rejoindre Strychnine. Un départ vécu comme une trahison par certains, mais qui illustre surtout la porosité de la scène Punk Rock bordelaise de la fin des années 70, où les groupes se croisent, se déchirent et se recomposent sans cesse.

• Jean de Rivière (Batterie)
Pilier rythmique du groupe à ses débuts, il apporte l’urgence et la rudesse nécessaires à la mécanique Stalag. Une batterie sans fioritures, directe, pensée pour accompagner la déflagration plutôt que la démonstration.

 • Chinois (Guitare)
Premier guitariste du groupe, rapidement jugé trop expérimenté pour l’énergie brute et encore maladroite de ces jeunes punks. Son passage, bref mais fondateur, permet à Stalag de trouver ses premiers repères avant d’opter pour une approche plus radicale et instinctive.

• Vincent Simonacci aka Tungstène (Guitare)
Recruté via une petite annonce déposée chez Bulle, disquaire incontournable de Bordeaux, il apporte une guitare tranchante et un jeu parfaitement aligné avec l’esthétique du groupe. Son surnom résume bien son apport sonore : dense, abrasif et sans concession.

• Raymond Belliard (Basse)
Ancien roadie des Standards, il rejoint Stalag en 1979 après le départ de Richard Brousse. En dix jours, il apprend la basse et le répertoire, preuve d’un engagement total et d’une efficacité toute Punk Rock. Il fait partie du line-up le plus actif, celui qui écumera les salles et portera Stalag sur scène jusqu’à la séparation.
 

Stalag n’a jamais cherché à durer. Juste à frapper fort. Quatre ans, cent concerts, zéro compromis. Pas d’album à l’époque, mais une empreinte indélébile. La preuve qu’à Bordeaux aussi, le Punk Rock ne se dégustait ni tiède ni poli. Plutôt cul sec, verre ébréché, ampli à fond. Alors ce samedi, mousse glacée ou vin chambré ? Peu importe. Tant que ça brûle un peu en descendant.

Il y eut, bien sûr, l’éclair fulgurant de Stäläg 13, Punk Hardcore américain, né en 1983 et déjà disparu en 1984. Et il y a, bien sûr, des stalagmites et des stalactites. Mais dans l’histoire du Rock, un seul nom résiste et s’impose : Stalag."