La démo de l'enfer (2)

Voici la suite des photos confiées par le camarade Yann et qui ont été prises au Studio Amadeus à Bagnolet lors de l'enregistrement de la seconde démo des Monkey Business. Un moment pesant et difficile !






 

Théâtre dans Caca Beurk n°1 (Juin 1985)



La vidéo de Théâtre

Théâtre

Avec Théâtre, c’est tout un pan discret mais essentiel de la new wave normande qui se dévoile. Une histoire de lycée, de répétitions acharnées, de concerts régionaux, d’un 45 tours devenu rare et d’une aventure musicale menée avec l’insouciance, puis les doutes, de la vingtaine.

Théâtre voit le jour en 1978 au lycée Sorel de Honfleur. À l’origine du projet, Philippe Gris au chant et à la guitare, Philippe Legrand à la basse et Marcel Oliviera à la guitare. Comme beaucoup de groupes de l’époque, tout commence dans les salles de classe et se prolonge dans les locaux de répétition, avec l’envie d’écrire des morceaux et de les enchaîner comme sur scène. Il faut attendre 1980 pour que le groupe se dote d’un batteur, venu de Paris. Les répétitions s’intensifient, le répertoire se structure et Théâtre s’inscrit naturellement dans une esthétique new wave et post-punk alors en pleine effervescence.

Le premier concert a lieu à la fin de l’année 1981 à l’École Normale de Caen. Le chiffre reste gravé dans les mémoires : cent vingt entrées payantes, première recette et premier vrai signe que le groupe existe au-delà du cercle des proches. En 1982, Stéphane Habourdin prend place derrière les fûts. C’est avec lui que Théâtre enregistre quatre morceaux au studio Mélody Music. Les dates sont parfois difficiles à trouver, mais le groupe enchaîne concerts et démarches promotionnelles avec l’énergie et l’insouciance de ses vingt ans.

En février 1983, Théâtre retourne en studio et met en boîte cinq nouveaux titres. Deux d’entre eux sont gravés sur un 45 tours autoproduit, tiré à mille exemplaires : "Ambiance Bar" et "NP/AD". Ce disque marque un tournant. Pour la première fois, le groupe se confronte à la réalité de l’investissement à consentir, au temps à consacrer à la musique et à la question, jamais simple, de la suite à donner à l’aventure.

À la suite de ce single, Marcel Oliviera et Jean-Noël Fouret quittent le groupe. Dans le même temps, Eric Morin est appelé sous les drapeaux. Malgré cette période instable, Théâtre est filmé dans les locaux de FR3 Normandie, signe d’une reconnaissance régionale rare pour un groupe issu de l’underground. C’est à ce moment-là que Tonio Serrano rejoint l’aventure.

En 1984, Théâtre enregistre le titre "Film Noir" pour la compilation 13 Rock à Caen, témoignage précieux de la scène rock locale. La même année, sept nouveaux morceaux sont mis sur bande. Pourtant, les promesses de disques qui ne verront pas le jour et des concerts qui finissent par tourner en rond provoquent une lassitude progressive. Eric Morin quitte définitivement le groupe. Peu après, Philippe Legrand s’en va à son tour, remplacé à la basse par Richard Courcy.

Malgré cette nouvelle configuration, l’élan s’essouffle. Théâtre tire finalement sa révérence en 1987, après un dernier concert donné à Orléans. La discographie est mince, la reconnaissance nationale absente, mais la trace laissée est bien réelle. Aujourd’hui encore, le 45 tours Ambiance Bar / NP/AD circule de main en main chez les collectionneurs et amateurs de new wave et de post-punk français, rappel discret mais tenace de la richesse de la scène normande du début des années 1980.

Le single de Fist

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single de Fist sorti en 1982 ! 


 

La vidéo des Rummie Zummies


 

L'autre face de The Raves

La chanson s'appelle "Reggae" donc, le projet est assez clair et simple. À cette époque, il était parfois de bon ton de sortir une chanson avec une bonne rythmique à contre-temps. On est finalement assez loin d'un vrai morceau de reggae, mais The Raves comme plein d'autres ont permis à ce genre d'être reconnu par une majorité !

Les Rummie Zummies en concert

Trouvé sur le profil Facebook du groupe, voici quelques photos des Rummie Zummies en concert (sans doute dans leur ville d'origine : Aarschot). 




The Rummie Zummies

The Rummie Zummies est un groupe de rock belge originaire d’Aarschot, actif à la charnière des années 1970 et 1980, à une époque où la scène locale belge bouillonne d’initiatives DIY et de sorties autoproduites. Le groupe est composé de Pascal Verlinden, Mark Cuypers, Guy Meulemans, Jean-Marie Smets et Stefan Weckhuyzen, tous âgés à l’époque de 18 à 22 ans. Comme beaucoup de formations de cette génération, ils ne cherchent pas à trop expliquer leur nom, dont l’origine reste volontairement floue, y compris pour leur entourage proche.

En 1980, The Rummie Zummies publient leur premier 45 tours, If You Leave Me en face A et Do The Fuzi Fuzi en face B, sur le label belge Monopole. Le disque circule rapidement au-delà de leur cercle local et se vend très correctement pour une production indépendante, au point d’installer le groupe comme une valeur montante de la scène rock régionale. Musicalement, le single témoigne d’un rock direct et énergique, avec une face A plus classique et une face B plus audacieuse, souvent citée comme le morceau le plus marquant du disque.

Le groupe se forge également une solide réputation sur scène. Leurs concerts sont décrits comme efficaces et fédérateurs, capables de convaincre un public au-delà du simple réseau local. À peine reformés, The Rummie Zummies donnent l’impression d’un groupe déjà sûr de ses moyens, porté par une vraie cohésion et une envie manifeste d’aller plus loin. Cette dynamique les conduit à enchaîner avec un second single en 1981, qui viendra confirmer leur courte mais réelle présence discographique.

Le second single du groupe est généralement daté d’autour de 1981, même si les sources ne mentionnent pas toujours explicitement titre ou label comme pour le premier disque. Ce manque de documentation est typique des sorties indépendantes de l’époque, souvent tirées en très petites quantités, vendues lors de concerts ou directement par les groupes eux-mêmes.

Ce qui demeure clair à travers les quelques pistes qui circulent encore aujourd’hui sur Spotify ou YouTube (Daily Routine, Do The Fuzi-Fuzi ou If You Leave Me) c’est que The Rummie Zummies faisaient partie de cette constellation de groupes belges qui, sans jamais franchir la barrière du succès national ou international, ont contribué à une culture rock vivante dans leurs villes d’origine.

Leur discographie, réduite mais réelle, continue de fasciner les amateurs de vinyles et de raretés, et le fait que ces morceaux aient été inclus récemment dans des playlists ou des compilations modernes en ligne prouve que, plus de quarante ans après leur sortie, ils n’ont pas totalement disparu de l’imaginaire musical.

The Rummie Zummies incarnent ainsi la magie des débuts DIY du rock belge : des jeunes musiciens qui n’avaient peut-être pas d’autre ambition que d’enregistrer leurs chansons, de les presser sur un 45 tours et de les partager avec leur public local, laissant derrière eux deux petits témoins vinyles d’une époque révolue mais toujours vibrant sous l’écoute d’un collectionneur curieux.

The Raves

The Raves font partie de ces groupes dont l’existence se résume presque entièrement à un sillon de vinyle. En 1981, ils publient en Belgique un unique 45 tours, "Damned Money" en face A et "Reggae" en face B, sur leur propre structure, Raves Records, catalogue 001. Tout dans ce disque évoque l’économie de moyens et l’urgence typiques du début des années 80 : pressage limité, absence quasi totale de crédits, aucune biographie officielle et une diffusion manifestement confidentielle. Musicalement, on est loin d’un véritable groupe reggae ; le titre de la face B semble plutôt relever du clin d’œil ou de la référence ironique, comme on en croisait souvent dans les milieux punk et post-punk de l’époque. "Damned Money" s’inscrit davantage dans une veine rock tendue, sèche, ancrée dans son temps, sans chercher à dépasser le cadre du single.

Ce qui frappe surtout, plus de quarante ans plus tard, c’est l’absence quasi totale de traces écrites autour de The Raves. Aucune mention repérée dans la presse musicale belge généraliste, aucune chronique retrouvée dans les fanzines punk ou new wave aujourd’hui numérisés, aucun flyer, aucune interview connue. Même les archives en ligne spécialisées dans les zines belges des années 80 restent muettes. Cela ne signifie pas nécessairement que le groupe n’a jamais été évoqué à l’époque, mais plutôt que, s’il l’a été, cela s’est fait dans des publications locales à très faible tirage, restées dans des collections privées ou des cartons jamais ouverts depuis. Le cas est loin d’être isolé dans la scène belge de ces années-là, particulièrement riche en groupes éphémères et en sorties autoproduites.

Dernier post pour 2025

Voici mon dernier post pour 2025... Je souhaite une très bonne année à tous mes chers lecteurs et on se retrouve en 2026, pour une 10e année de Bouloup ! 

Sans Salive

 Dernier extrait du maxi de Strideur, voici "Sans Salive" !

Un hymne des Bonaparte's

Décidément, plus je réécoute cet album des Bonaparte's plus j'apprécie la qualité de leurs compositions et de leurs arrangements ! Voici "Hymn"...

Magazine

3e extrait du maxi de Strideur, voici le très new-wave "Magazine" !

Sneakers

Voici l'autre face du single de The Cousins sorti en 1981, le très white reggae et new-wave "Sneakers". Une vraie réussite dans le genre !

Strideur dans GIG n°6 (Mai 1981)



Le single de Sun Rock

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 2e single des Sun Rock belges sorti en 1981 !

Humide

Nouvel extrait du maxi des Strideur voici le très atmosphérique (et légèrement ska) "Humide" !

Strideur dans THESAURUS n°5

The Cousins

The Cousins fait partie de ces groupes dont on ne sait presque rien, mais dont les rares traces discographiques suffisent à alimenter un petit culte. Bien sûr, on ne parle pas ici du fameux groupe belge qui a connu son heure de gloire dans les sixties. Leur single "Sneakers / Puppeteer" est sorti en 1984 sur un label aussi insaisissable que son contenu, In-C’est Records. Le disque aurait été enregistré au Fresh Tracks Studio, ce qui laisse supposer — et uniquement supposer — une origine américaine, quelque part du côté de Philadelphie. Discogs évoque « ska-influence band from Philadelphia », indication reprise sans certitude par les blogs spécialisés. La musique ressemble à  une new wave bricolée, légère, un peu ska, avec cette maladresse émouvante propre aux groupes locaux qui gravaient leur unique 7 pouces dans un studio anonyme. Il existe un autre single du groupe sorti un an avant et qui dans ses crédits cite Robert Cousin (d'où le nom du groupe) au chant, à la basse et à la guitare et Mark Amentt à la guitare, aux claviers et au chant. The Cousins incarnent cette part d’ombre de la scène indépendante américaine, celle des groupes éphémères, des one-shots oubliés, des vinyles pressés à 200 exemplaires pour un public local — puis disparus dans les limbes de l’histoire avant de réapparaître, trente ans plus tard, sur Discogs grâce à un collectionneur insomniaque. Si quelqu’un, un jour, retrouve un membre du groupe, une affiche de concert ou même une photo prise dans un sous-sol de Philadelphie, on tiendra enfin un morceau du puzzle. En attendant, Sneakers / Puppeteer reste un parfait exemple de ces disques fantômes que Bouloup aime déterrer : un objet minuscule, obscur, mais incroyablement attachant — et qui mérite au moins une trace écrite quelque part sur Internet. 

Strideur live !

Strideur

Strideur apparaît à Nice en 1979 autour des deux frères Nègre : Michel à la basse et Pierre à la guitare, passé auparavant par un groupe nommé Dentist. Le projet se met réellement en place en 1980, lorsque deux nouveaux musiciens rejoignent la formation. D’abord Patrick Fargeas, ex-Riviera Boys, qui remplace Patric Pelletier à la batterie. Puis Charles Loupiac, qui apporte avec son clavier — un des tout premiers synthétiseurs monophoniques disponibles localement — une nouvelle dimension harmonique. Les répétitions se déroulent alors dans un espace minuscule, à peine plus grand qu’une roulotte, ce qui donne au groupe une allure de romanichels du rock niçois, bricolant leur son dans des conditions plus que spartiates.

Strideur multiplie ensuite les concerts dans les night-clubs de Nice, notamment au Findlater’s, ainsi que sur les scènes universitaires de la Côte d’Azur. Le groupe finit par monter à Paris pour jouer une semaine complète au Gibus, avec Patrick Coutin à la sono, bien avant qu’il ne devienne célèbre. L’ambiance est électrique et décousue ; un homme prétendant être le chanteur de Killing Joke finit même par s’inviter sur scène un petit matin pour un bœuf improvisé, anecdote parfaite de ces nuits parisiennes où tout pouvait arriver.

Le groupe signe ensuite avec Underdog, le label de Marc Zermati et Dominique Lamblin, et enregistre en août 1980 au Marcadet Studio. Leur unique disque, un maxi 45 tours quatre titres intitulé 13, sort en janvier 1981. Après sa publication, ils quittent leur local minuscule pour une vaste salle désaffectée du Bar des Amis, juste en face des abattoirs de Nice. C’est là, dans une atmosphère brute et sans artifices, qu’ils enregistrent deux titres restés inédits à l’époque : « Pays Sous Hypnose » et « Rolls Royce Noire », une adaptation du « Big Bad Cadillac » de Kim Fowley.

Les concerts se poursuivent : le 11 avril 1981 à la MJC Gorbella de Nice, puis en juin sur la scène du Théâtre Bobino lors d’un festival rock réunissant des groupes français comme les Dogs ou les Flambeurs, mais aussi des artistes internationaux tels que les Cramps et Wilko Johnson. Ils ouvrent également pour Lili Drop, avec deux rappels et les félicitations d’Olive. Le groupe enregistre encore d’autres titres et en envoie un échantillon à Underdog, mais ne reçoit plus de retour. Le silence s’installe, et la séparation — du label comme du groupe — survient à la fin de l’année 1981.

Strideur disparaît ensuite aussi rapidement qu’il avait émergé. Reste leur maxi, quelques archives dispersées et la mémoire de concerts qui témoignent d’une scène locale bouillonnante, inventive et trop souvent invisible. L’essentiel des informations qui permettent aujourd’hui de retracer leur parcours provient du formidable travail de documentation de Cameleon Records. Un immense merci à Claude Picard pour son effort constant à sauver de l’oubli des groupes qui, sans lui, seraient définitivement perdus.

Le single d'Another Dream

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single d'Another Dream "Forever In Darkness" sorti en 1982. 


 

Shake with the Fleshtones

J’ai déjà évoqué The Fleshtones en ces augustes colonnes, mais il était temps d’y revenir, tant ce groupe américain résume à lui seul l’esprit rock que j’aime documenter ici : des années d’activité menées sans reniement, une énergie intacte et cette manière unique de marier la tradition rock’n’roll à une urgence presque punk. Formés en 1976 dans le Queens, Peter Zaremba, Keith Streng et leurs camarades n’ont jamais cessé d’expérimenter, de tourner, d’enregistrer, d’aller de l’avant sans jamais vraiment se poser la question de savoir s’ils allaient entrer dans l’histoire. Et c’est précisément pour cela qu’ils y sont entrés. En plus, le groupe a des liens particuliers avec la France (cfr, par exemple, l'album où ils accompagnent Tony Truand ou leur chanson hommage à Dominique des Dogs).

Leur fameux “Super Rock”, qui mélange garage, surf, R&B, rockabilly et un peu de psyché, n’a jamais vraiment trouvé de clone. On pourrait dire que c’est le son des racines rock américaines passées dans un blender biberonné aux nuits du CBGB, mais même ça reste un raccourci. Leur musique n’a rien de nostalgique : elle avance, elle exige de danser, elle ne triche pas. Leur premier single American Beat, en 1979, donnait déjà le ton, suivi du très marqué Roman Gods en 1982, qui plaçait définitivement le groupe dans la catégorie des formations capables d’allier un héritage rock solide à une vraie modernité. Les décennies suivantes n’ont rien changé à leur manière de travailler, ni à leur capacité à surprendre, des productions marquantes comme Beautiful Light ou le plus abrasif Laboratory of Sound enregistré par Steve Albini, jusqu’aux disques plus récents qui témoignent d’une longévité rare dans leur scène.

Les Fleshtones ont aussi cette singularité d’être restés un groupe de scène. Leur réputation vient de là, de concerts débordants d’énergie, où l’on comprend vraiment ce qu’ils veulent dire par “Super Rock” : ce n’est pas un style, c’est un état d’esprit. Ils n’ont jamais franchement cherché la reconnaissance commerciale, mais ils ont acquis quelque chose de plus durable, ce statut de groupe culte qui traverse les époques sans se démoder. Dans une carrière qui frôle aujourd’hui le demi-siècle, ils n’ont jamais cessé de jouer, de tourner, de défendre leur musique avec une générosité qui forcerait presque le respect à n’importe quel cynique.

Si je m’y intéresse sur Bouloup, et si j’en reparle aujourd’hui, c’est parce que The Fleshtones incarnent parfaitement ce que j’aime documenter : des musiciens qui ne se racontent pas d’histoires, qui avancent sans compromis et qui, sans en avoir l’air, ont influencé beaucoup plus de groupes qu’on ne veut bien l’admettre. Leur carrière pourrait presque servir de fil rouge à une autre histoire du rock américain, celle qui ne passe pas par les charts mais par les caves, les clubs, les labels indépendants et les obstinés du son brut. À mes yeux, c’est là que se trouve la vraie mémoire du rock, et The Fleshtones en sont l’une des plus belles preuves encore vivantes. Nous sommes à New-York City le 30 0ctobre 1980, les Fleshtones reprennent un standard des Shadows Of The Night...

Flo, dernier exrait

Voici "Sur La Piste De L'aventure", extrait du premier maxi de Flo : "P'tit Mec" sorti en 1984 !

 

Le retour de Raff

J'ai déjà longuement parlé de Raff via leur premier single sorti en 1984. Deux ans après (et après un premier long) le groupe sort "Six Balles... Pour Un Colt !" son 2e long... Le groupe a pris de la bouteille et, sans doute, beaucoup joué... Ça s'entend. Voici un premier extrait !

De l'autre côté

Voici "De L'autre Côté", 3e extrait du premier maxi de Flo sorti en 1984 ! 

Balance Ton Slip

Voici l'autre face du flexi des Closh, le très expressif "Balance Ton Slip". Un vrai "statement" quasi politique !

Le single de The Beatles Costello

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single 4 titres de The Beatles Costello sorti en 1978 ! 


 

Un peu de punk agricole

Voici un nouvel extrait de l'album des Stillers sorti en 1982, voici "Jeannot Merde" avec poules et tracteur en introduction.

Flo, 2e extrait

2e extrait du maxi "P'tit Mec" de Flo sorti en 1984, voici "Sang Mélé" et sa guitare (comme je les aime). Bon, par contre, la basse... Hum.

Les Closh, le premier flexi

À la demande générale et plus particulièrement du fait d'un gentil lecteur qui m'a contacté, voici le premier single/flexi des Closh, initialement inclus dans l'album "Paris Skouille-t-il ?" sorti chez les Humanoïdes en 1981. Le son et les compos sont un peu "bruts" de décoff' mais gardent une petite touche varietoch' du meilleur effet. Pour ceux qui n'ont pas suivi, j'ai déjà parlé ici-même des Closh ! 

Le retour de Flo


Dans la grande galaxie des groupes français des années 80 qui n’ont laissé que quelques sillons pour prouver leur existence, Flo fait partie de ces formations intrigantes, actives mais aujourd’hui presque invisibles. On sait peu de choses sur eux, si ce n’est qu’entre 1984 et 1988, ils ont tout de même réussi à publier trois 45 tours et deux maxi, ce qui n’est pas rien pour un groupe totalement absent des radars actuels.

J’avais déjà partagé ici leur single « De l’Autre Côté » — un 45 tours de 1984 qui donnait déjà une bonne idée du style du groupe : un rock français aux contours new wave, tendu mais mélodique, qui sonne très “milieu des 80’s” sans tomber dans les clichés de l’époque.

Le disque que je propose aujourd’hui est leur tout premier maxi, P’tit Mec, également sorti en 1984. Édité sur Spalax, il contient quatre titres oscillant entre rock alternatif, post-punk adouci et chanson nerveuse. Un disque typiquement “indé français”, comme on en croisait beaucoup à l’époque : autoproduit ou presque, distribution incertaine, ambitions modestes mais vraie sincérité dans les compositions.

Comme souvent avec ces groupes oubliés, Flo n’a laissé aucune trace biographique : pas de photos, pas de ligne-up, pas de dates de concerts, rien dans la presse de l’époque. Juste ces quelques disques épars, qui racontent à eux seuls tout ce qu’il reste du groupe. Un projet discret, mais suffisamment convaincant pour mériter d’être sauvé de l’oubli.

La démo de l'enfer

Grâce au camarade Yannick, j'ai pu récupérer une jolie collection de photos. Aujourd'hui, une sélection pris lors de l'enregistrement de la 2e démo des Monkey Business chez Amadeus à Bagnolet dans les années 90. L'ambiance est lourde (ça se voit), nous sommes en fin de course... Pour autant nous essayons de trouver un second souffle grâce à ces 3 nouvelles chansons. Pour ma part, on me somme de "muscler" mon jeu. Pour l'occasion et pour être plus "rock", j'ai sorti ma Gibson. Pour autant, je ne fais que "tricoter" car je n'ai rien à jouer, pas un début de riff malgré nos longues heures de répétitions. Au mixage, je suis derrière... Loin, très loin et franchement ça n'est pas plus mal. En fait, je n'aime pas ce que l'on joue.  Et ça se voit aussi...





Paris

Voici l'autre face de l'unique single des Fist portugais. Le très bon "Paris" et son riff de guitare paresseux...

Le single de Moko

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single de Moko sorti en 1981.

Human Life

Voici la face B du single d'Another Dream sorti en 1982 ! Une seconde très bonne chanson...

The Jam

Je ne sais plus trop quel âge j’avais quand le fils de mes voisins — un grand gars un peu mystérieux avec un blouson trop large et une passion pour les groupes anglais — m’a prêté All Mod Cons. J’étais gamin, encore loin d’avoir les oreilles pour comprendre ce disque. Je me souviens surtout d’un sentiment diffus : c’était trop propre pour être punk, trop nerveux pour être pop, trop anglais pour moi. J’ai dû le rendre en disant un truc du genre « merci, mais j’ai pas trop accroché ». Lui n’a pas insisté. Les années ont passé : il est devenu douanier, ce qui à bien y réfléchir n’est pas si éloigné de l’univers hyper cadré des Mods. De mon côté, j’ai finalement réécouté The Jam, et j’ai compris ce que je n’avais pas perçu à l’époque.

The Jam, ce n’est pas vraiment un groupe punk, même si la chronologie les y a collés. C’est un groupe qui arrive au bon moment, en 1977, mais qui regarde en réalité dans le rétroviseur : des mélodies héritées des Kinks, des coups de sang façon Who, un dandysme de banlieue anglaise qui tranche avec le nihilisme ambiant. Paul Weller semble déjà avoir tout en tête, écrivant des chansons qui parlent du quotidien, des injustices sociales, des transports londoniens, des rêves minuscules d’une génération coincée entre les restes de l’Empire et la grisaille économique. Les Jam avaient cette élégance sèche, ce nerveux chiffré, ces guitares qui serrent la mâchoire, cette manière de chanter comme si chaque mot pouvait changer quelque chose.

Revenir à All Mod Cons aujourd’hui, c’est comprendre que ce disque marque un basculement : après deux premiers albums un peu trop pressés, celui-ci pose enfin le style du groupe. On y sent le soin, le songwriting plus fin, les textes qui racontent des vies modestes avec une précision presque documentaire. C’est sans doute ce qui m’avait échappé ado. Il faut parfois vieillir un peu pour comprendre que la retenue peut être plus violente que l’excès.

Et puis il y a leur énergie live, beaucoup plus brute que ce qu’enregistre leur discographie. Une bonne porte d’entrée reste leur reprise de Curtis Mayfield, Move On Up. Sur scène, ils en font une version tendue, presque fébrile, comme si l’élan soul de Mayfield se transformait en course contre la montre. Le morceau garde sa dimension positive, son côté « avance, continue, dépasse-toi », mais The Jam l’étirent, l’électrifient et le transforment en machine à lever les foules. On y entend ce qu’ils ont toujours été : une collision entre élégance, urgence et tradition.

Je n’ai jamais recroisé le fils de mes voisins. Je me demande ce qu’il penserait aujourd’hui de me voir écrire sur ce disque qu’il m’avait prêté trop tôt. Peut-être hausserait-il les épaules, en douanier pragmatique. Peut-être dirait-il que The Jam, c’est comme beaucoup de bonnes choses : ça demande juste un peu de maturité. Je lui donnerais raison.

Fist

Parfois, en fouillant dans les discographies oubliées, on tombe sur des disques qui semblent n’avoir laissé aucune trace – ou presque. C’est exactement le cas de Fist, un groupe portugais dont on ne sait quasiment rien, si ce n’est qu’il a publié un unique 45 tours en 1982, intitulé Movies / Paris.

Ce single, référencé comme une sortie locale, contient deux morceaux oscillant entre rock, post-punk et une touche pop un peu bancale. Une sorte de “curiosité parfaite” : assez aboutie pour intriguer, assez maladroite pour sentir le local, le bricolé, le sincère. On imagine bien un petit studio de Lisbonne, quelques amis de passage, et un pressage minime qui a vite disparu dans les limbes.

Malgré une plongée dans les archives et la presse musicale de l’époque, impossible de retrouver une interview, un concert, un fanzine, un nom de musicien, ou même un lieu d’enregistrement. Rien. Et encore une fois, comme c’est souvent le cas avec ces productions hyper-locales, on n’a trouvé aucune information solide sur le groupe. Rien dans les fanzines numérisés, rien dans les chroniques, rien dans les bases portugaises hors Discogs. C’est comme si Fist avait existé juste le temps d’enregistrer ces deux titres… Puis plus rien.

C’est peut-être ce qui rend ce 45 tours encore plus attachant : c’est un objet orphelin, sorti d’un groupe qui semble n’avoir existé qu’un instant, le temps de graver deux titres sur vinyle et de disparaître. Parmi les centaines de projets éphémères de cette période, Fist représente à merveille ces petites météorites musicales, celles qui n’ont jamais vraiment percé mais qui méritent d’être sauvées de l’oubli.

En attendant d’en savoir plus – un nom, un visage, un flyer, un fanzine, n’importe quoi – Fist reste un joli mystère. Et Movies un morceau qui tourne encore sur les platines de quelques passionnés prêts à tendre l’oreille vers les fantômes.

Si quelqu’un possède des infos, des souvenirs ou même une pochette annotée, je suis évidemment preneur. Les fantômes ne demandent qu’à parler… Ou au moins à laisser une trace.

Meet Antimit

Dans les années 80, j’ai eu ma petite heure de gloire : je tenais, avec mon pote Philippe, la rubrique “culture” d’Antimit, le journal de la Jeunesse Indépendante Chrétienne. Oui, oui… un fanzine catho où je parlais de musique, de ciné et de tout ce qui me passait par la tête. Bien sûr, on écrivait sous pseudo : moi, c’était Jim Asphalt ou Y.D.R. (You Dirty Rat). J’ai récemment remis la main sur un de ces articles oubliés depuis des siècles (au moins). Comme il a survécu aux déménagements, aux inondations et à mes propres goûts changeants, je me suis dit qu’il méritait bien une petite résurrection.

En août 1980, je pars en voyage linguistique à Los Angeles. J’ai 16 ans et je me retrouve catapulté en plein Venice, chez une jeune femme, Ellen, qui a deux enfants à peine plus jeunes que moi. Elle est comptable et bosse pour Frank Zappa et Nina Hagen. Niveau musique, elle est plus que branchée — et je plonge avec bonheur dans sa collection de vinyles (mélange de nouveautés du moment et d’oldies bien senties). Avec elle, j’assiste à mes premiers concerts de rock, tout seul comme un grand (sans papa ni maman). Je découvre le punk avec X et la new wave avec Devo.
 On peut dire qu’elle m’a éduqué : beaucoup de mes goûts actuels viennent directement de ce séjour qui, soyons honnête, a changé ma vie. C’est aussi grâce à elle que je parle anglais. Je luis dois donc beaucoup...

L’année suivante, après le bac, je retourne à Los Angeles pour les vacances. Ellen a déménagé mais Leroy, un de ses amis, m’accueille à son tour. Je ne l’ai malheureusement jamais revue — elle nous a quitté depuis. Pour le numéro spécial vacances d’Antimit (N°17 - Juillet Août 1981), j’écris alors ce long article. Le style est un poil ampoulé et très emprunté (on était fans de Rock & Folk, du Cheap Thriller, des dessins de Serge Clerc, etc.) mais il est habité par ces premières secousses musicales. Pour ma part, je trouve ça très émouvant. Voici donc ce fragment vintage de mes aventures éditoriales adolescentes. Ça s’appelle « 5 nuits californiennes ».
 Bonne lecture… et indulgence recommandée.