La démo de l'enfer (2)

Voici la suite des photos confiées par le camarade Yann et qui ont été prises au Studio Amadeus à Bagnolet lors de l'enregistrement de la seconde démo des Monkey Business. Un moment pesant et difficile !






 

Théâtre dans Caca Beurk n°1 (Juin 1985)



La vidéo de Théâtre

Théâtre

Avec Théâtre, c’est tout un pan discret mais essentiel de la new wave normande qui se dévoile. Une histoire de lycée, de répétitions acharnées, de concerts régionaux, d’un 45 tours devenu rare et d’une aventure musicale menée avec l’insouciance, puis les doutes, de la vingtaine.

Théâtre voit le jour en 1978 au lycée Sorel de Honfleur. À l’origine du projet, Philippe Gris au chant et à la guitare, Philippe Legrand à la basse et Marcel Oliviera à la guitare. Comme beaucoup de groupes de l’époque, tout commence dans les salles de classe et se prolonge dans les locaux de répétition, avec l’envie d’écrire des morceaux et de les enchaîner comme sur scène. Il faut attendre 1980 pour que le groupe se dote d’un batteur, venu de Paris. Les répétitions s’intensifient, le répertoire se structure et Théâtre s’inscrit naturellement dans une esthétique new wave et post-punk alors en pleine effervescence.

Le premier concert a lieu à la fin de l’année 1981 à l’École Normale de Caen. Le chiffre reste gravé dans les mémoires : cent vingt entrées payantes, première recette et premier vrai signe que le groupe existe au-delà du cercle des proches. En 1982, Stéphane Habourdin prend place derrière les fûts. C’est avec lui que Théâtre enregistre quatre morceaux au studio Mélody Music. Les dates sont parfois difficiles à trouver, mais le groupe enchaîne concerts et démarches promotionnelles avec l’énergie et l’insouciance de ses vingt ans.

En février 1983, Théâtre retourne en studio et met en boîte cinq nouveaux titres. Deux d’entre eux sont gravés sur un 45 tours autoproduit, tiré à mille exemplaires : "Ambiance Bar" et "NP/AD". Ce disque marque un tournant. Pour la première fois, le groupe se confronte à la réalité de l’investissement à consentir, au temps à consacrer à la musique et à la question, jamais simple, de la suite à donner à l’aventure.

À la suite de ce single, Marcel Oliviera et Jean-Noël Fouret quittent le groupe. Dans le même temps, Eric Morin est appelé sous les drapeaux. Malgré cette période instable, Théâtre est filmé dans les locaux de FR3 Normandie, signe d’une reconnaissance régionale rare pour un groupe issu de l’underground. C’est à ce moment-là que Tonio Serrano rejoint l’aventure.

En 1984, Théâtre enregistre le titre "Film Noir" pour la compilation 13 Rock à Caen, témoignage précieux de la scène rock locale. La même année, sept nouveaux morceaux sont mis sur bande. Pourtant, les promesses de disques qui ne verront pas le jour et des concerts qui finissent par tourner en rond provoquent une lassitude progressive. Eric Morin quitte définitivement le groupe. Peu après, Philippe Legrand s’en va à son tour, remplacé à la basse par Richard Courcy.

Malgré cette nouvelle configuration, l’élan s’essouffle. Théâtre tire finalement sa révérence en 1987, après un dernier concert donné à Orléans. La discographie est mince, la reconnaissance nationale absente, mais la trace laissée est bien réelle. Aujourd’hui encore, le 45 tours Ambiance Bar / NP/AD circule de main en main chez les collectionneurs et amateurs de new wave et de post-punk français, rappel discret mais tenace de la richesse de la scène normande du début des années 1980.

Le single de Fist

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single de Fist sorti en 1982 ! 


 

La vidéo des Rummie Zummies


 

L'autre face de The Raves

La chanson s'appelle "Reggae" donc, le projet est assez clair et simple. À cette époque, il était parfois de bon ton de sortir une chanson avec une bonne rythmique à contre-temps. On est finalement assez loin d'un vrai morceau de reggae, mais The Raves comme plein d'autres ont permis à ce genre d'être reconnu par une majorité !

Les Rummie Zummies en concert

Trouvé sur le profil Facebook du groupe, voici quelques photos des Rummie Zummies en concert (sans doute dans leur ville d'origine : Aarschot). 




The Rummie Zummies

The Rummie Zummies est un groupe de rock belge originaire d’Aarschot, actif à la charnière des années 1970 et 1980, à une époque où la scène locale belge bouillonne d’initiatives DIY et de sorties autoproduites. Le groupe est composé de Pascal Verlinden, Mark Cuypers, Guy Meulemans, Jean-Marie Smets et Stefan Weckhuyzen, tous âgés à l’époque de 18 à 22 ans. Comme beaucoup de formations de cette génération, ils ne cherchent pas à trop expliquer leur nom, dont l’origine reste volontairement floue, y compris pour leur entourage proche.

En 1980, The Rummie Zummies publient leur premier 45 tours, If You Leave Me en face A et Do The Fuzi Fuzi en face B, sur le label belge Monopole. Le disque circule rapidement au-delà de leur cercle local et se vend très correctement pour une production indépendante, au point d’installer le groupe comme une valeur montante de la scène rock régionale. Musicalement, le single témoigne d’un rock direct et énergique, avec une face A plus classique et une face B plus audacieuse, souvent citée comme le morceau le plus marquant du disque.

Le groupe se forge également une solide réputation sur scène. Leurs concerts sont décrits comme efficaces et fédérateurs, capables de convaincre un public au-delà du simple réseau local. À peine reformés, The Rummie Zummies donnent l’impression d’un groupe déjà sûr de ses moyens, porté par une vraie cohésion et une envie manifeste d’aller plus loin. Cette dynamique les conduit à enchaîner avec un second single en 1981, qui viendra confirmer leur courte mais réelle présence discographique.

Le second single du groupe est généralement daté d’autour de 1981, même si les sources ne mentionnent pas toujours explicitement titre ou label comme pour le premier disque. Ce manque de documentation est typique des sorties indépendantes de l’époque, souvent tirées en très petites quantités, vendues lors de concerts ou directement par les groupes eux-mêmes.

Ce qui demeure clair à travers les quelques pistes qui circulent encore aujourd’hui sur Spotify ou YouTube (Daily Routine, Do The Fuzi-Fuzi ou If You Leave Me) c’est que The Rummie Zummies faisaient partie de cette constellation de groupes belges qui, sans jamais franchir la barrière du succès national ou international, ont contribué à une culture rock vivante dans leurs villes d’origine.

Leur discographie, réduite mais réelle, continue de fasciner les amateurs de vinyles et de raretés, et le fait que ces morceaux aient été inclus récemment dans des playlists ou des compilations modernes en ligne prouve que, plus de quarante ans après leur sortie, ils n’ont pas totalement disparu de l’imaginaire musical.

The Rummie Zummies incarnent ainsi la magie des débuts DIY du rock belge : des jeunes musiciens qui n’avaient peut-être pas d’autre ambition que d’enregistrer leurs chansons, de les presser sur un 45 tours et de les partager avec leur public local, laissant derrière eux deux petits témoins vinyles d’une époque révolue mais toujours vibrant sous l’écoute d’un collectionneur curieux.

The Raves

The Raves font partie de ces groupes dont l’existence se résume presque entièrement à un sillon de vinyle. En 1981, ils publient en Belgique un unique 45 tours, "Damned Money" en face A et "Reggae" en face B, sur leur propre structure, Raves Records, catalogue 001. Tout dans ce disque évoque l’économie de moyens et l’urgence typiques du début des années 80 : pressage limité, absence quasi totale de crédits, aucune biographie officielle et une diffusion manifestement confidentielle. Musicalement, on est loin d’un véritable groupe reggae ; le titre de la face B semble plutôt relever du clin d’œil ou de la référence ironique, comme on en croisait souvent dans les milieux punk et post-punk de l’époque. "Damned Money" s’inscrit davantage dans une veine rock tendue, sèche, ancrée dans son temps, sans chercher à dépasser le cadre du single.

Ce qui frappe surtout, plus de quarante ans plus tard, c’est l’absence quasi totale de traces écrites autour de The Raves. Aucune mention repérée dans la presse musicale belge généraliste, aucune chronique retrouvée dans les fanzines punk ou new wave aujourd’hui numérisés, aucun flyer, aucune interview connue. Même les archives en ligne spécialisées dans les zines belges des années 80 restent muettes. Cela ne signifie pas nécessairement que le groupe n’a jamais été évoqué à l’époque, mais plutôt que, s’il l’a été, cela s’est fait dans des publications locales à très faible tirage, restées dans des collections privées ou des cartons jamais ouverts depuis. Le cas est loin d’être isolé dans la scène belge de ces années-là, particulièrement riche en groupes éphémères et en sorties autoproduites.