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Marquis de Sade

J'ai beaucoup parlé de Philippe Pascal dans ce blog. J'ai abordé Marc Seberg et le Blue Train Choir (pour lequel nous avons travaillé). Je me devais également d'aborder le groupe "originel" par lequel tout est arrivé... Marquis de Sade. Groupe pionnier qui apparait sur la scène rock en même temps que Joy Division. Le live que j'ai choisi a été enregistré le Mercredi 6 Décembre au Théâtre de l'Empire pour l'émission de télé Chorus. Ce live sera diffusé sans doute le Dimanche suivant, le 9 Janvier, à la télévision, en fin de matinée. J'étais devant la télé ce jour-là et je me souviens, du haut de mes 15 ans, du choc en découvrant ces "jeune gens modernes" habillés avec leurs petits costumes cintrés. Un choc musical aussi, car leur musique ne ressemblait à rien de ce que je connaissais... Bizarrement, on ne trouve pas trace sur YouTube de ce concert  (pour moi fondateur). Voir le "Divin Marquis" en live à Rennes, lors du concert de reformation, 37 ans après, fût un des grands plaisirs de mon année 2017. Dommage que, d'une certaine façon, Philippe Pascal n'est pas survécu à cette reformation. Voici ma chanson préférée de Marquis de Sade.

Je me souviens de nous (2)


J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Nous sommes en 1983, je rencontre Franck War dans une école qui prépare à un BTS de Publicité. Très vite nous sympathisons. La « Pub » qui n’est pas devenue la « Com », à l’époque, est un phénomène de société sympa et branché. Le consumérisme et l’écologie ne sont pas à l’ordre du jour. Jacques Séguéla n’est pas encore un vieux con qui sucre les fraises en mélangeant Rolex et Réussite. 

Notre amitié commence peut-être dès le premier jour quand un de nos profs nous demande de partager nos motivations à intégrer la grande famille des « pubeurs ». J’avoue pour ma part, moitié français, moitié provocateur, « vouloir me faire plein de fric et un maximum de nanas ». Je crois que ça a plu à Franck.  Sandrine également dans la classe deviendra la manageuse du groupe avec un certain succès avant de tomber amoureuse et de se marier avec le chanteur de Seaton (une formation new-wave amie basée à Aix-en-Provence). Béatrice intégrera la bande et épousera Bruno, le batteur de Cérémonies. Également avec Mathy, Anne-Marie et pleins d’autres nous formons une petite bande d’apprentis pubards. 

Très vite Franck fait le lien avec les autres Cérémonies qui répètent au fameux Parking 2000. Le groupe partage un box avec une groupe exclusivement féminin les Traffic Diams. A côté, on croise les punks de Panik LTDC. Christian Panik, leur chanteur, est le frère de Bruno, le batteur de Cérémonies. Plus loin, les Martyrs ou les Toreros Muertos. Les Toreros sont espagnols et ont déjà eu des hits, dans les années 70, dans leur pays d’origine. Le Parking 2000 est un vrai parking qui loue à des groupes comme Tanit ou les Washington Dead Cats. Il n’y a pas de toilettes et on imagine facilement l’odeur ambiante. Le proprio coupe l’électricité à minuit. Dur pour ceux qui squattent et dorment dans les locaux de répétition sans chauffage. Le Parking 2000 est devenu, bien plus tard, un sujet de recherche pour une sociologue spécialisée dans la culture pop. C’est là que j’assiste à mon premier concert du groupe. Le premier d’une longue série.

En plus d’intégrer le BSS Kontingent, je change de look. Une grosse dominante de noir sur fond de treillis et de rangers tchécoslovaques achetés à La Redoute. Dieu merci, j’ai déjà les oreilles percées. Mes parents bloquent un peu sur mes chemises noires qui font écho aux heures sombres de l’histoire du fascisme italien. Me voici bientôt promu manager du groupe malgré une timidité maladive. Je ne tiendrai mon rôle juste quelques semaines, le temps d’envoyer quelques dossiers de presse et de faire une interview avec le groupe sur Radio Anarchie.

 Pour exister, Cérémonies joue un peu partout, dès qu’on lui en donne la possibilité. Un concert particulier est resté gravé dans la mémoire collective de tous les fans… Celui des 120 nuits. Les 120 nuits est une boite éphémère puisqu’elle ne durera que 120 Nuits (comme son nom l’indique). Une référence directe aux 120 journées de Sodome du Marquis de Sade. Un lieu que l’on aperçoit dans le cultissime « Les Nuits de la Pleine Lune » d’Eric Rohmer. Le 17 mai 1983, le groupe s’y produit soit quelques semaines avant sa fermeture. Pour l’occasion et pour affirmer l’univers artistique du groupe, nous mettons à contribution notre professeur de maquette et de dessin. Didier Puy-Ségur est un plasticien qui ne s’appelle pas encore « Putch » et qui n’a pas encore épousé la fille du « compresseur » César. Didier a vissé des capots de voiture sur le devant de la scène. Il est assis sur une chaise roulante avec des lunettes noires et un plaid sur les genoux. Avec une badine, il dirige deux « esclaves » femmes en combinaison de chantier qui vont exécuter ses ordres et peindre à sa place sur les dits capots. Cette performance est typique du personnage, elle mêle humour, décalage et performance artistique. Cérémonies joue d’enfer. Franck qui est inscrit à un atelier vidéo de la ville de Rosny, demande à ses camarades de filmer le concert. L’apprenti vidéaste oubliera d’appuyer sur le bouton et ne lancera pas l’enregistrement. Une galère de plus et un concert qui ne sera pas documenté…

Nous sommes en 1984 et le groupe décide de s’autoproduire. Une démarche peu commune à l’époque d’autant que l’opération est coûteuse (de mémoire autour des 15 000 Francs) et qu’il faut aller enregistrer en studio. Dans une interview donnée pour le fanzine Tropique du Cancer, le groupe déclare : « Nous sommes catégoriques, Nous n’avons jamais été jeté par une maison de disque pour la simple raison qu’on n’est jamais allé en voir. On voulait faire notre 45 tours pour se faire plaisir et pour voir si notre musique passe bien et pour faire la promo de Cérémonies. Ce qui est plus simple et plus efficace de faire avec un 45 Tours qu’avec une K7 ».  Tous les membres du groupe commencent à travailler et ont un peu d’argent à investir, il est donc temps pour eux de passer à la vitesse supérieure… Bien sûr, ils ont déjà enregistré des maquettes, mais là c’est du sérieux. Direction Studio DB où le groupe « pause » 3 morceaux : Le Goût du Saké, Kiss Of Death et Dantzig. Le ton est donné et seuls les 2 premiers titres seront retenus pour le single tandis que le 3e atterrira sur une K7 produite par un fanzine « Zick Addikt ». Dantzig est un morceau plutôt long qui comprend 2 segments, il n’y a pas la place sur le 45 tours et un maxi coûte trop cher. Je revoie clairement Franck, sa planche de Letraset à la main, composer la pochette du disque après avoir extrait d’un livre sur Paris, la fameuse photo de la gargouille gothique. Là, pour la première fois, j’ai pris conscience du process graphique et ma future carrière professionnelle prend corps.  A l’intérieur, grâce à une photocopieuse amie, un petit flyer, avec textes et remerciements, est inclus. Au verso une photo en contre-plongée présente le groupe avec un Franck un peu fatigué, un Gordon dégarni, un Piepp’ aux allures gothiques et un Bruno qui se prend déjà la tête. Pendant les mois qui suivèrent la publication du 45 tours, toute notre énergie sera dirigée vers la diffusion et la promotion de ce single qui, avec le recul, tient plutôt bien le coup. Sandrine, entre temps, devient la manageuse du groupe…

Pendant les mois qui vont suivre cette sortie, l’activité est intense pour le groupe et son entourage. Ainsi, lors de mon premier stage dans une agence de publicité, je découvre (non sans un certain bonheur créatif) le premier Macintosh d’Apple. Grâce à ce fantastique outil, nous coréalisons avec Franck le fanzine « 5 francs » qui est un collage de textes (saisis sur Mac Paint) et d’images. Je squatte la photocopieuse de l’agence pour le reproduire. On y trouve les textes de Cérémonies et certains de mes poèmes mélangés autour de photos. Car, oui j’écris des poèmes… Mais je ne m’en vante pas. L’image du poète torturé ne me plait pas.  Si nous n’avons jamais co-écrit de textes de chansons… Certains bouts de poème ont parfois inspiré l’écriture de Franck War. Ainsi et par exemple dans « Les Bouchers de Verdun », Franck emprunte « Un hiver mal placé dans mon été » à mon « Un hiver mal placé entre deux étés ». Il n’est pas question de plagiat puisqu’il m’a demandé la permission. Je vois ce processus créatif plus comme une forme d’émulation littéraire, un quasi- cadavre exquis façon Dada. C’est aussi une façon d’exister dans les chansons de Cérémonies et pour moi, en tant que fan N°1, un vrai bonheur. 

L’été venu, nous partons en vacances, direction l’Espagne et la petite ville côtière d’Oliva (près de Gandia et de Valence). Nous y retournerons plusieurs fois. Pendant trois semaines, au mois d’août, nous louons un appartement où le confort est réduit à sa plus simple expression. Il fait, de toute façon, trop chaud pour s’en rendre compte. Tous les soirs, c’est discotecă et alcool (souvent le fameux mélange Fanta Orange / vodka). Très vite, nous sympathisons avec quelques locaux « branchés ». C’est encore la movida et l’Espagne vit le grand n’importe quoi de l’après Franco. C’est la « fiesta » sans fin, toutes les nuits, à l’Hexagono ou au Labotorio Industriale. Angel et sa bande nous font découvrir le rock espagnol du moment. On partage la paëlla dans un repère d’anarchiste et malgré le fossé linguistique, le courant passe. La drogue facilite aussi la communication. Isabella, notre fournisseuse officielle, a le look « españa negra » derrière son éventail et s’avère être une amie des Chihuahua parisiens. Que nous croiserons à Paris grâce à elle. Nos copains espagnols nous invitent à participer à une émission (en traduction simultanée) sur la radio du coin, Radio Olivia. Nous parlons rock français et bien sûr de… Cérémonies. Naturellement, ils nous demandent de jouer en concert dans un bar de plage pour fêter ce rapprochement franco-espagnol. Une moitié de Cérémonies et une moitié… de ceux qui sont là sont donc invités à se produire live. Pour cette occasion uniquement, je deviens guitariste du groupe. Sans répéter, sans pouvoir vraiment m’accorder, nous assurons un set hallucinant ne comprenant qu’un long morceau d’une vingtaine de minutes. Finalement, je jette l’éponge et ma guitare. Un Espagnol complétement bourré prend le relai et martyrise cette guitare japonaise franchement injouable. Une vraie performance sonique à la Sonic Youth et mon pire souvenir de musicien ...

 

 

Philippe Pascal & The Blue Train Choir

Nous sommes en 2003/2004, l'ami Edouard qui est devenu proche de Philippe Pascal décide de lui filer un coup de main (au niveau management musical). Il me demande un peu d'aide pour travailler sur une démo de son nouveau groupe : Le Blue Train Choir. Public' Image Factory qui est le studio pour lequel je travaille (que j'ai créé avec 3 autres camarades) sera le producteur du CD, ainsi que Le Regard Sonore (une société de production sonore dans laquelle je suis, à l'époque, associé). Commence des échanges sur la pochette de ce CD et une série de maquettes (que je publierai un de ces quatre). D'entrée, je souhaite organiser une séance photo, mais Philippe refuse. Pas grave, j'essaie plusieurs choses en m'inspirant de l'univers visuel blues des années 30 (dont le label "Vocalion"). Pourtant, Philippe Pascal est un peu énervé parce qu'il n'obtient pas ce qu'il veut. Ce que je découvrirai plus tard c'est que son beau-frère (et batteur du groupe) est aussi un très bon illustrateur. Il a travaillé sur un visuel mais nous l'avons, d'entrée, mis de côté sans même y réfléchir. N'étant pas payé, j'ai envie (au moins) de m'éclater graphiquement. Après plusieurs lots de maquettes, Philippe, un poil frustré, nous reproche de vouloir l'exploiter (!?) et je suis obligé de lui rappeler que nous travaillons gratuitement et payons pour fabriquer ce CD. C'est ça d'être fan. Au bout d'un moment, il se calme et évoque alors le style des pochettes Blue Note des années 50. C'est plutôt du côté du label "Pacific Jazz Records" que je vais puiser l'inspiration pour la typo. Philippe veut que le nom des musiciens du Blue Train Choir soit présent sur la couverture comme pour les grands disques de jazz. Il est un peul mal à l'aise avec l'idée qu'on le mette en avant pour promouvoir le groupe. La photo que j'ai utilisé est à la base en couleurs et je vais devoir la retravailler en la coupant en deux pour que la typo puisse bien s'afficher et trouver sa place. Le CD sort, Edouard s'occupe de la promo, organise des concerts pour le groupe qui est très bon en live (comme ce CD qui est presque en totalité une captation live pendant les Trans Musicales à Rennes). Edouard rencontre Pascal Obispo qui est intéressé pour le produire. Philippe hésite. Il n'a plus le courage de se mettre dans cette dynamique (pression + business). Et puis c'est Pascal Obispo... Une superstar de la variété qui a un following de minettes. Je crois me souvenir que Philippe a enregistré, à l'époque, un duo avec Isabelle Adjani qui n'est jamais sorti (produit par Obispo). Finalement, l'aventure Blue Train Choir n'ira pas très loin par manque de motivations du principal intéressé (sans doute trop fragilisé par ses nombreux abus passés). Quand plus d'une décennie plus tard, j'entends que Philippe et le Marquis de Sade sont de retour. Je suis très heureux pour lui mais aussi très étonné (la suite des événements me donnera raison). Je prend mes tickets pour Rennes et pour ce qui devait être l'unique concert de reformation. J'ai envie d'ajouter "qui aurait du être l'unique concert de reformation". En mettant fin à ses jours, Philippe est définitivement entré dans la légende du rock français... Ce qui est dommage pour Philippe Pascal, l'individu et ses proches (dont l'ami Edouard qui a été particulièrement touché). Philippe était quelqu'un de bien et de sympa. Anyway, on trouve déjà ces enregistrements sur YouTube... Mais bon, autant que j'en profite aussi un peu. Après tout, j'y étais et j'ai participé.
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Octobre

Quand Marquis de Sade se sépare, la bande à Franck Darcel monte Octobre. Un projet pop et dansant qui a déjà soutenu Etienne Daho sur son premier album. Le groupe vivra de 1981 à 1986 et enregistrera un mini-album "Next Year In Asia" (1982) et le très bon "Paolino Parc" (1983). Aujourd'hui, je publie un remix hors-commerce de leur tube "Masculin/Féminin" justement extrait de "Paolino Parc". Des années plus tard, en 2017, Franck Darcel reformera Marquis de Sade, ce qui - d'une certaine façon - sera fatal à l'ami Philippe Pascal. Et c'est donc quasiment le même line-up qu'Octobre qui sous le nom de Marquis sortira un album en 2021. L'histoire musicale est un éternel recommencement.

Pour l'Exemple

Pour l’Exemple apparaît au milieu des années 1980 comme une formation discrète mais révélatrice de ce que fut une certaine scène post-punk française hors des radars médiatiques. Le groupe se forme à Lille en 1985, mais son histoire est indissociable d’Amiens et surtout de Guerre Froide, projet actif dès 1980, dont il constitue moins une rupture qu’une prolongation naturelle. Guerre Froide appartient à cette génération de groupes marqués par l’urgence punk, souvent rapprochés de Joy Division, mais cherchant déjà ailleurs leurs références : dans une culture européenne revendiquée, nourrie d’expressionnisme allemand, de l’imaginaire berlinois et d’un tropisme persistant pour l’Est, réel ou fantasmé. Maïakovski y est cité comme référence, Marquis de Sade comme point de comparaison contemporain, et l’on parle alors de « new wave continentale » pour désigner cette scène qui refuse le simple mimétisme anglo-saxon.

Lorsque Guerre Froide se dissout au milieu des années 1980, Yves Royer, son chanteur, retrouve Fabrice Fruchart, premier guitariste du groupe, qui avait quitté l’aventure avant l’enregistrement du maxi 45 tours. Autour d’eux se constitue Pour l’Exemple, avec Philippe Buteux à la basse et une boîte à rythmes. Le nom du groupe est choisi pour sa consonance volontairement ambiguë, presque étrangère ; il renvoie à une idée plus qu’à un message, laissant à l’auditeur la responsabilité de l’interprétation. Cette notion d’interprétation subjective traverse l’ensemble de la démarche du groupe et se retrouve aussi bien dans ses textes que dans son rapport aux images.

Car Pour l’Exemple ne se pense pas uniquement comme un groupe de rock. À l’image de Guerre Froide auparavant, les concerts sont conçus comme des expériences visuelles : projections de diapositives, images fragmentées, fanzines distribués lors des prestations. Le fanzine Interprétation subjective, édité et diffusé à l’occasion des concerts, prolonge cette volonté de ne pas séparer musique et iconographie, son et sens. Le groupe se situe dans une approche engagée, sans militantisme revendiqué, où la musique est avant tout un vecteur d’images mentales. Les textes, écrits et chantés en français, abordent l’amour sous un angle douloureux, l’enfance comme territoire ambigu, la violence latente des relations humaines. Certaines influences littéraires sont explicitement revendiquées, notamment J. G. Ballard, dont l’univers résonne avec cette fascination pour les paysages mentaux et les dérives modernes.

Musicalement, Pour l’Exemple développe deux axes complémentaires : des morceaux tendus et rythmiques, souvent portés par la basse, et d’autres plus mélodiques, où la guitare et les synthétiseurs occupent un espace plus atmosphérique. Cette dualité se retrouve sur leurs premiers enregistrements. En mars 1986 paraît une cassette éponyme sur le label Cryogénisation Report, document brut de répétition, qui fixe les bases du projet. En 1988 sort enfin Contre-Courant, maxi 45 tours publié chez Flashbacks Futurs, contenant notamment Contre-courant, Je ne veux / Black Angel et La nuit. Le disque, aujourd’hui rare, connaît une gestation compliquée : soufflet perdu, problèmes de pressage, hésitations autour du label. La distribution reste essentiellement locale, assurée par Danceteria, structure lilloise déjà impliquée dans la diffusion de groupes comme Buzz, The Gun Club, Mac Carthy ou The Grief.

À la fin des années 1980, Pour l’Exemple demeure un groupe confidentiel, davantage ancré dans un réseau de scènes et d’affinités que dans une logique de carrière. Les membres vivent à Lille mais restent très liés aux groupes amiénois, et le retour en concert dans cette ville, après plusieurs années d’absence, marque une forme de bascule dans leur état d’esprit. Les photographies de groupe sont fragmentées, jamais posées, comme pour refuser toute fixation d’une identité définitive. Plusieurs projets de participation à des compilations avortent, avant qu’un dernier album cassette, E Pericoloso…, ne voie le jour en 1992, scellant la fin du groupe.


Une rareté de Marquis de Sade

J'ai déjà abordé Marquis de Sade, ici-même et plus généralement le camarade Philippe Pascal. Voici un tître rare extrait de la réédition de leur premier long "Dantzig Twist" datant de 1989. Ce "Die" était un des deux bonus tracks !

Je me souviens de Philippe Pascal

Philippe Pascal nous a quitté aujourd'hui. Philippe a toujours été là, occupant constamment une partie de mon univers musical. D'abord avec Marquis de Sade puis avec Marc Seberg. Je me souviens de ce Chorus, un dimanche devant la télé, avec ces jeunes gens modernes qui chantaient l'Europe (en anglais et en allemand). La couverture d'Actuel - aussi - avec leurs papas et leurs mamans. Je me souviens de l'Olympia en délire pour un Marc Seberg épique et héroïque. Je me souviens de Plan sur la Comète, le fan club officiel. Je me souviens du Blue Train Choir et ce CD sur lequel nous avons travaillé avec notre copain Edouard. Philippe était un peu lessivé mais il avait ce "truc" unique. Un charisme de star qui avait survécu à la drogue. J'étais fier de travailler pour lui, même si ce n'était pas un client facile. Je me souviens de Philippe dansant sur "Beat It" de Michael Jackson au mariage de Cécile et Doudou. Car entretemps, il était devenu un proche d'Edouard, un "frère" de cœur. Je me souviens l'avoir croisé aux Batignoles pendant le festival et d'avoir échangé avec lui quelques mots chaleureux. C'était quelques temps après l'avoir vu en sueur sur la scène du Méry pour un concert soul, blues et inspiré. Je me souviens - enfin - d'avoir pris le train pour Rennes pour ce concert unique du divin Marquis. C'était "reparti" et il méritait plus que jamais cette reconnaissance tardive. Et puis, aujourd'hui, plus rien. On parle de suicide et je frémis. Car j'ai déjà perdu un proche de cette façon. Philippe laisse un vide inexpliqué au moment où tout semblait à nouveau possible. Voici quelques photos prises lors du concert du Blue Train Choir au Méry !



Long Long Gone

Avec la sortie de l'album de Marquis, soit Marquis de Sade sans Philippe P., on reparle beaucoup de sa disparition. Le Blue Train Choir est le dernier projet "original" du grand homme. Car quoi qu'on en pense la reformation du divin Marquis a eu un petit parfum de réchauffé une fois que le groupe s'est mis à tourner et à avoir des projets d'enregistrement. Je sais qu'il existe des versions de certaines chansons de Marquis avec la voix de Philippe dessus... D'après ce que l'on m'a dit, il trouvait que ça ressemblait à du "Interpol". Et ce n'était pas un compliment dans sa bouche. Il n'est malheureusement plus là pour donner un avis... Voici "Long, Long Gone" un tître intense et long du Blue Train Choir.

Le Blue Train Choir

Mon ami Edouard était (et est) un grand fan de Marc Seberg (et Marquis de Sade). A tel point, qu'à l'époque,  il avait monté le fan club du groupe : Plan sur la Comète (auquel j'ai un peu participé) ! Une bonne occasion de présenter Anzia, (le guitariste de MS) à Cérémonies et d'envisager une collaboration. Collaboration qui n'a jamais été plus loin que le projet. Dommage ! Et puis, à force d'être fan, Edouard s'est aussi lié d'amitié avec Philippe Pascal. Il l'a même aidé (et managé) lorsqu'il a monté cette formation : Philippe Pascal et le Blue Train Choir. Nous avons travaillé sur un CD/démo qui depuis est devenu un collector pour les fans (j'ai fait la pochette). Voici le passage du groupe lors du festival des Batignolles en 2004. Un très bon souvenir. depuis, Philippe est revenu avec Marquis de Sade et je suis très content qu'il accède (enfin) à une reconnaissance légitime !
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Marquis de Sade, live aux Trans !

Découvrir un live jamais entendu d'un groupe aussi précieux que Marquis de Sade, ça fait plaisir. C'est sans doute pendant ce concert qu'Etienne Daho a eu une épiphanie. Quant à moi je ne boude pas mon plaisir et réécoute avec plaisir cette pierre angulaire de la New Wave (française mais surtout européenne)...
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Voici ASB

Petit détour par la Suisse aujourd’hui, avec un obscur 45 tours sorti en 1983 et signé ASB, aussi connu sous le nom de Area Sole Band. Un disque rare, intriguant, et à peu près aussi documenté qu’un concert de Marquis de Sade à Lausanne en 1981 (autant dire : pas beaucoup).

Il est sorti sur le label VDE, référence 17-86, dans une édition 7 pouces plutôt sobre, au visuel typique de l’époque. Aucun crédit précis sur les musiciens, pas de livret, peu de traces dans les bases de données... tout juste sait-on que le disque a été pressé en Suisse.

Le morceau Never s’inscrit dans cette veine synth-pop minimale qu’on trouvait ici ou là dans les marges des scènes new wave européennes du début des années 80. C’est froid, un peu distant, mais accrocheur. HO HE, sur la face B, est encore plus mystérieux — peu d’extraits circulent en ligne, et les infos sont quasi inexistantes.

Rien ne permet de dire si ASB a eu une carrière plus longue ou s’il s’agit d’un one-shot. Mais comme souvent avec ces productions locales et éphémères, c’est précisément ce flou qui fait le charme de la découverte. Un disque pour collectionneur curieux, ou pour DJ cherchant un morceau rare à glisser entre deux classiques synthétiques.

Si tu as plus d’infos sur le groupe ou si tu les as vus en concert à l’époque, n’hésite pas à me contacter. En attendant, ce single rejoint la collection des belles énigmes documentées ici sur Bouloup. En attendant, voici un premier extrait de ce single.

Philippe & Tonio

Quand Philippe Pascal se lance dans l'aventure Blue Train Choir, c'est son ami Tonio Marinescu qui est à la batterie. Si vous connaissez un peu l'histoire du rock rennais, ce nom ne vous est pas inconnu. Tonio a joué dans les légendaires Kalashnikov, dans Casse-pipe mais aussi pour Dominic Sonic ou pour Red. D'un point de vue personnel, Tonio est le "beau-frère" de Philippe ce qui ne fait que renforcer leur liens. La disparition un peu abrupte et inattendue de Tonio affectera beaucoup Philippe. D'ailleurs, lors du concert de reformation de Marquis de Sade à Rennes une photo de Tonio et de sa compagne sera projetée avec d'autres "disparus" proches du groupe. En 2009, à l'initiative du label rennais Beast Records (et magasin Rockin' Bones), un projet d'album tribute à Johnny Cash réunie Philippe Pascal et les Marinescus sur la même galette. Sans avoir aucune info sur ce groupe, il est facile d'en déduire que c'est Tonio qui est à la manœuvre d'autant plus que c'est lui qui signe l'illustration de la pochette. Par contre, aucune info sur la reprise enregistrée par Philippe. Mais à l'écoute, j'imagine qu'il s'agit du Blue Train Choir. Voici The Marinescus et leur reprise extraite du magnifique "Bitter Tears - Ballads Of The American Indian" de Johnny Cash (1964).
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La Galerie Dupressoir


Edouard Dupressoir est très vieil ami. Nous nous sommes rencontrés dans un magasin de disques et depuis notre amitié est placée sous le signe de la musique. Nous avons vu ensemble quantité de concerts, organisé parfois, soutenu nos héros comme Philippe Pascal, ancien Marquis de Sade et Marc Seberg, travaillé ensemble. Bref, nous avons pas mal de souvenirs en commun. La dernière aventure d'Edouard se situe en Espagne. Edouard et toute sa faimme sont devenus espagnols et a ouvert une galerie d'art en plein cœur de Barcelone. Un endroit incroyable à découvrir ! Voici ma modeste contribution en temps que fan de la Galeria Dupressoir. La musique est signée Delia Derbyshire, une pionnière anglaise de la musique électronique.
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L'hommage des Fricotins aux "Jeunes Gens Modernes"

Quand Actuel publie en couverture une photo des membres de Marquis de Sade avec leurs mamans, c'est un choc pour toute une génération. Les rockers ont aussi des mamans. Quelques années plus tard, nous décidons de faire une photo de groupe pour Bibi & Les Fricotins en détournant le même concept. Cette fois-ci, ce sont les papas qui s'y collent. Pour cette photo, tous nos papas ont joué le jeu. Seul le papa de Yannick (basse) n'est pas le bon. Monsieur Ledu habite Rennes et c'était compliqué de le faire venir. C'est donc le papa de Philippe, le photographe qui s'y est collé.  Une photo qui prend aujourd'hui une résonance particulière parce qu'aucun n'a survécu (a priori même le papa du photographe ne doit plus être de ce monde). Merci à M. Gotti pour le scan et les retouches !



Dantzig

A cette époque, en 1985, le Cithéa était au milieu de nulle part. Ce n'était pas encore ce haut lieu de la nuit parisienne dans cette rue Oberkmapf devenue une succession de bars et de restaurants. Cérémonies y joue en 1985 et j'ai déjà publié plusieurs morceaux de ce concert que l'on peut écouter ici et . Dantzig est un long morceau (publié à l'origine via le fanzine Zick Addikt) qui comprend, à la fin, une longue plage instrumentale. Frank, le chanteur, en profite pour citer Marquis de Sade (et son Dantzig Twist). Le groupe est en place et cette captation est à mon sens vraiment réussie.
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Complot Bronswick

J'ai également beaucoup écouté Complot Bronswick. Surtout leur "Maïakowski" qui m'a permis de découvrir le poète "futuriste" soviétique. Ce groupe né à Vannes et installé à Rennes a eu sa petite réputation dans les milieux "new wave". Son aura "intello" (comme Marquis de Sade) l'a toujours précédé, lui donnant une crédibilité comme on l'aimait à l'époque. Le groupe a splitté en 1995 et s'est reformé une ou deux fois. Voici un inédit live du groupe extrait de la compilation "Unreleased Volume 1" datant de 1987.
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Les "Autres Chants" de Marc Seberg

Voici un "incunable" de Marc Seberg, le flyer du spectacle "Autres Chants" qui s'inspire et utilise un dessin d'Egon Schiele, l'artiste autrichien mort en 1918 et qui a inspiré tant de groupes new-wave (Complot Brunswinck, Marquis de Sade... etc.)



Revoir Philippe

Voici un petit docu sur Marquis de Sade sans doute réalisé à l'occasion de la reformation du groupe. Philippe Pascal y parle longuement et ça fait vraiment plaisir de le revoir... Il est exactement comme dans mes souvenirs !