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Kheops

À la fin des années 1980, la scène rock française regorge de groupes actifs dont la trace discographique reste aujourd’hui ténue. Kheops appartient clairement à cette catégorie. Le groupe ne semble avoir laissé derrière lui qu’une poignée d’enregistrements, mais ceux-ci suffisent à attester d’une activité réelle et d’un parcours typique de ces formations qui vivaient avant tout par la scène et les réseaux indépendants.

La discographie du groupe reste extrêmement réduite. Elle s’articule autour d’un premier 45 tours autoproduit paru vers 1987, avec « Fierté Orgueil Virilité » en face A et « Against The Worst » en face B. Ce disque constitue aujourd’hui la trace la plus visible du groupe. Il sera suivi d’autres enregistrements au tournant des années 1990, notamment un single comprenant « Les Fleurs Coupées », ainsi qu’un album publié en 1990 simplement intitulé Kheops. Ces sorties, aujourd’hui recensées dans les bases discographiques spécialisées, confirment que le groupe a dépassé le stade de la simple démo pour tenter une véritable existence discographique, même si ces pressages semblent avoir circulé dans des quantités très modestes.

Comme beaucoup de groupes de cette période, Kheops se construit d’abord sur scène. À la fin des années 1980, le réseau des concerts – MJC, petites salles, festivals locaux – constitue la principale infrastructure pour les groupes rock français. Les disques servent surtout de carte de visite. Tout indique que Kheops appartient pleinement à ce circuit, accumulant les concerts et cherchant progressivement à transformer cette activité scénique en véritable projet discographique.

Tout porte à croire que le groupe évolue dans l’environnement parisien ou en région parisienne. Les membres évoquent eux-mêmes les difficultés liées au manque de petites salles dans ce secteur, un problème bien connu des formations locales de la fin des années 1980. Cette implantation correspond aussi au paysage musical auquel Kheops semble appartenir : celui d’une scène encore très fragmentée, où coexistent héritage post-punk, influences new wave et émergence d’un rock français qui commence à se structurer.

Les références musicales évoquées par le groupe dessinent un spectre assez large. L’ombre de formations comme The Cure, U2 ou Bauhaus plane alors sur toute une génération de musiciens européens, tandis que le groupe français Marc Seberg représente l’une des tentatives les plus singulières d’adapter ces influences au paysage hexagonal. Kheops semble s’inscrire dans cet espace intermédiaire, sans revendiquer une appartenance stricte à une scène précise.

Ce positionnement reflète assez bien le moment particulier que traverse alors le rock français. À la fin des années 1980, la frontière entre rock indépendant, rock alternatif et circuits plus institutionnels reste encore mouvante. Certains groupes commencent à franchir le pas vers les majors, comme La Mano Negra ou Les Négresses Vertes, tandis que d’autres continuent à évoluer dans un réseau parallèle de labels modestes, d’autoproductions et de fanzines. Kheops se situe manifestement dans cet entre-deux, à un moment où les perspectives d’enregistrement commencent à s’ouvrir mais où la scène demeure le principal moteur de visibilité.

L’autoproduction de leur premier 45 tours illustre bien cette situation. Pour de nombreux groupes de l’époque, presser un simple constitue à la fois une carte de visite et un pari financier. Le disque circule dans les concerts, chez quelques disquaires spécialisés ou par l’intermédiaire des fanzines. Mais l’énergie nécessaire pour gérer ces aspects logistiques pèse souvent sur des musiciens qui préféreraient consacrer leur temps à jouer et à composer.

Le nom Kheops lui-même semble avoir été choisi davantage pour sa force évocatrice que pour un programme esthétique précis. Avec le recul, il évoque presque involontairement la construction progressive d’un groupe qui s’édifie patiemment dans l’ombre : concerts, maquettes, autoproductions et tentatives discographiques modestes. Comme beaucoup de formations actives dans les marges de la scène rock française de la fin des années 1980, Kheops n’a laissé que peu de traces visibles. Pourtant, derrière ces quelques disques et les témoignages dispersés dans les fanzines de l’époque, apparaît le portrait d’un groupe pleinement inscrit dans l’écosystème musical de son temps : celui d’un rock qui se vivait d’abord sur scène, bien avant de survivre dans les archives.

Je me souviens de nous (3)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Le 9 mai 1985, Franck, Gordon, Piepp’ et Bruno sont invités sur Fréquence Montmartre. Apparemment le Rose Bonbon a annulé leurs 2 dates (pour la 2e fois) et ils en ont gros sur la patate d’autant qu’ils n’ont prévenu personne (à commencer par les premiers intéressés). Dommage, ces concerts devaient faire office de « release party » pour le single. 

Franck : « L’avenir de tous les groupes s’est de changer un peu… Oberkampf se sépare, c’est triste ! »  Oui mais il y a Cérémonies souligne l’animatrice… Franck « Oui, il y a Cérémonies pas dans le même genre, mais dans la même voie ». Intéressant, le groupe se sent « engagé » et d’une certaine façon sans concession comme les punks d’Oberkampf.  Puis Franck parle des thèmes qu’il aborde dans ses chansons : « C’est assez simple, ce ne sont pas des grands messages politiques ou pseudo-intellectuels. C’est un peu monté comme des scénarios de film, des histoires, de la fiction, ce sont des images. Comme des petits films, des court-métrages. » puis d’ajouter que le groupe s’adresse à un public le plus sélectif possible. « C’est comme en publicité, on essaie de trouver un créneau. » puis « sur les milliers de groupe français, il y en a peut-être 10% qui peuvent faire quelque chose d’aussi bien que les groupes anglo-saxons ». Les ambitions sont là et Franck a bien assimilé nos cours de marketing.

 

Quand vous jouez dans un groupe, le temps est votre plus grand ennemi. Les efforts communs de ses membres sont tellement énergivores en particulier quand vous êtes jeune (et con). Au bout de 3 ou 4 ans, si rien ne s’est réellement passé vous risquez au mieux le départ de certains…  Fatigués par une routine chronophage ou pire, un split sanglant. Un peu comme en amour. En vieillissant, les choses se tassent et vous apprenez à gérer l’effort sur la longueur. Là, Cérémonies est en pleine possession de ses moyens et a déjà 2 ou 3 ans d’existence. Il faut aller vite.

 

Le groupe participe à un forum des autoproductions dans une lointaine banlieue. Cette manifestation mélange musique, presse, art…Et tout ce qui est globalement autoproduit.  L’élection de François Mitterrand et l’explosion des Radios libres ont favorisé ce type d’initiatives. Il y a comme un vent de liberté créative. Très stimulant et intéressant. Gogol 1er, déguisé en prêtre intégriste, y fait une entrée fracassante au volant de son corbillard. Une installation réalisée à partir de prothèses et de matériel médical d’époque me fait grande impression.

 

On envoie le 45 tours à la presse et au journal Libération en particulier qui le chronique dans sa rubrique dédiée aux singles. Ils ne sont pas très « friendly » et par la même « casse » un certain élan du fait de mots particulièrement blessants. « Cérémonies s’envole gothique et se ramasse français », dur et très injuste. D’après Franck, le groupe aura du mal à s’en remettre. Pour le dossier de presse de Cérémonies, grâce à un cutter de graphiste, nous nous débarrassons de la partie embarrassante de cette affirmation ressentie comme purement gratuite.

 

Le groupe jouera beaucoup live pendant cette période. Bien sûr, les concerts sont le premier vecteur de promotion d’un groupe de rock quel que soit son style. Ils joueront notamment au Seism (à Champigny), au Gibus (comme 90 % des groupes), au Cithéa, au Chat Bleu (à Bordeaux), à Aix… Etc. Le groupe s’accroche, répète, joue. Le concert au Chat Bleu (un 21 Décembre) est un très bon souvenir puisque nous nous déplaçons « en bande » et faisons l’aller-retour sur un week-end pour soutenir nos poulains (dans une salle à moitié vide). J’ai une image très claire de l’autoroute du retour sous la pluie dans la voiture du camarade Quick. Je découvrirai bien plus tard que le Chat Bleu permettra à Noir Désir, un an plus tard, de lancer sa carrière. Un autre concert est resté gravé dans ma mémoire du fait de son ambiance particulière… Cérémonies partageant l’affiche avec les Cherokees et La Poupée Vinyle dans une autre lointaine banlieue. La salle est infestée de Skinheads venus soutenir la Poupée et les toilettes sont un point de rendez-vous pour la fange la plus extrême de ce public venu en découdre. Pour aller pisser un coup j’évite « Fait en France » (tatoué sur le front) et ses potes qui parlent de leurs derniers séjours en prison. Heureusement, « Skin » est là ce soir avec le BSS Kontingent et nous servira de sauf-conduit. Skin, dont je ne me souviens pas du prénom, a pour fait de guerre d’avoir été pris en photo à la Fontaine des Innocents aux Halles, crâne rasé, faisant le salut nazi pour illustrer un article de fond (en une de France Soir) sur le mouvement Skinhead. Skin est, pour finir, un bon gars qui a un peu lâché ses idées extrémistes pour travailler dans l’informatique et pouvoir librement « fricoter » avec une magnifique beurette dont il est tombé amoureux. Pour Franck War, un autre concert reste, pour lui, un grand moment… Celui à Marseille puisque la production offre au groupe un aller-retour en avion ainsi que l’hébergement pour jouer, encore une fois, devant une salle à moitié pleine. A moitié vide ?  Va savoir. Pour une fois, en tout cas, le groupe est traité comme il se doit, comme de véritables artistes. Pour ma part, je garde – enfin - un vague souvenir à jamais amusé d’un tremplin, un dimanche après-midi où Cérémonies remportera le trophée haut la main devant les Garçons Bouchers (dont c’était un des premiers concerts). Dans la salle, les BSS étaient venus en force. Ceci expliquant cela.

 

Sandrine rebaptisée Sandy, leur manageuse, ne chôme pas puisque, finalement, le 2 juin 1986, Cérémonies fait la 1ere partie de Cock Robin à l’Olympia. Est-ce un début de reconnaissance ? C’est du moins ce que nous ressentons tous. Avec le recul, on peut se demander si l’association avec un groupe de variété passant en « heavy rotation » sur NRJ était un bon calcul ? Mais bref, ce soir-là, je suis à l’Olympia où le groupe joue bien mais a du mal à s’imposer face à un public qui est venu uniquement pour les tubes du groupe originaire de San Francisco. Je suis comme un fou, je cours dans tous les sens… En gueulant : « Ce sont mes potes, là en noir sur scène. ». Les pré-ados et leurs parents s’en foutent.  Malheureusement, je ne suis pas invité back stage où le groupe doit savourer « son » moment et où Franck fait un peu de rentre-dedans à Jeanne Mas venue soutenir la formation de Peter Kingsbery et Anna LaCazio. Pour savourer à 100% ce moment, je n’ai ni appareil photo, ni walkman enregistreur. Je veux apprécier à 100% ce moment de gloire. Dommage, même si je garde le souvenir précis d’avoir croisé la maman de Franck dans la salle, appareil photo à la main, si fière d’assister à la consécration de son fils adoré. Il y a donc - peut-être – de photos « souvenirs » quelque part.

 

Une fois ce haut fait d’arme passé, Cérémonies a la gueule de bois et a du mal à se remettre en mouvement. D’autant que Piepp’, le guitariste, est de plus en plus attiré par les vapeurs mauves de la drogue (et de l’héroïne en particulier). Le groupe loue un local de répétition à Champigny-sur-Marne dans une propriété bourgeoise au-dessus d’un garage dans le jardin. A la fin d’une répétition, Piepp’ prend son ampli et annonce qu’il va le vendre parce qu’il a besoin d’argent. Malaise, tout le monde sait ce que veut dire ce geste inattendu. Piepp’ a besoin d’argent pour acheter de la drogue. Ce jour-là, j’assiste à la répétition et j’en profite pour racheter ledit ampli (à un juste prix) avant qu’il ne disparaisse à jamais. Et comme je sous-loue ce même local avec mon groupe, Cérémonies pourra continuer à jouer sur cet ampli. Pour être tout à fait franc, J’ai un peu peur que l’ampli ne disparaisse mais Piepp’ a été clean (si je puis dire) puisque le Music Man est toujours en ma possession.  Au-delà de l’anecdote, c’est une époque qui s’achève. Le groupe essaie de se réinventer et la dernière démo qu’ils enregistrent avec la formation originale annonce cette mue… « N’importe quoi » est plus léger, plus pop, plus personnel aussi. Mes oreilles de fan n’en reviennent pas. Cérémonies se transforme et Piepp’ en profite pour quitter définitivement le groupe. Nous perdons alors le contact et une OD aura raison de sa gentillesse quelques années plus tard. 

 

Jean-Jacques, Dgé pour les intimes, rejoint la formation. Ex-guitariste de Wallenberg, Dgé est une sorte de virtuose de la guitare new-wave avec un jeu qui lui est particulier, tout en lyrisme et en finesse. On est loin des power chords et de l’approche gothique et bruitiste de Piepp’. Jean-Jacques/Dgé n’est pas un inconnu puisqu’il travaille avec Franck et moi-même depuis un moment. Il fait ce qu’on appelle dans le métier de « l’exé » et il est là quand nous créons le studio Bleu Petrol. Il ne nous quittera plus ensuite. Après être parti de Wallenberg, il fonde Lyliak avec Manou, sa compagne et un camarade à l’ordinateur pas complétement transportable (nous en sommes aux prémices du home studio moderne). Manou, une grande brune à la voix grave est la descendante de Vlad le Dragon qui a inspiré Bram Stoker pour son Dracula. D’ailleurs, pour fêter la première année de notre studio Bleu Petrol, nous organisons un mini festival avec Lyliak, mon groupe de l’époque (Bibi & les Fircotins) et Cérémonies en tête d’affiche à la MJC du Pré-St Gervais. Dgé apporte un fini musical et un sens du timing qui faisaient défaut au groupe. Du coup, Cérémonies change son répertoire, affine son style et – comme je l’ai déjà dit – lorgne vers une pop française de qualité. Entre temps, nous avons avons beaucoup élargi notre univers musical en écoutant de nouvelles choses dont les Smiths et Morrissey, Gamine et toujours (et encore) Marc Seberg. Même si musicalement le groupe atteint certains sommets, Cérémonies a du mal à se re-motiver et à réellement avancer. Une question fondamentale se pose alors, faut-il retirer le « s » à Cérémonies ?  Une bonne façon de marquer leur unité musicale retrouvée.

 

Les fans comprennent mal certaines expérimentations au chant de Franck. Franck, toujours en avance d’une tendance musicale, se met en danger et expérimente vocalement de nouvelles choses. Nous les « proches » passons un peu à côté… Trop habitués à une certaine approche gothique. Pour ma part, j’en profite pour prendre un peu de distance. Après avoir été le fan N°1, je suis un peu moins impliqué. Grâce à Cérémonies, j’ai maintenant mon propre groupe de rock, certes un peu approximatif mais qui concentre toute mon attention. Bien plus tard, je jouerai avec Bruno, le batteur de Cérémonies et découvrirait à quel point il avait un caractère difficile, supportant assez mal la contradiction et ce qui ne rentrait pas dans ses goûts musicaux. A moins que ça ne soit juste qu’un problème d’alcool. Bruno jouait fort et pas toujours en place. Il jouait très fort d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on partait pour un concert, il fallait prévoir en plus un parpaing pour éviter que la batterie ne se déplace, toute seule, sur scène.

 

Pendant, cette 2e partie de l’épopée de Cérémonies, il ne se passe finalement plus grand-chose. Le groupe jouera au Gibus plusieurs fois dont une fois avec Seaton, les copains Aixois. Sandy, ex-manageuse de Cérémonies, s’occupe maintenant d’eux. Nous avons perdu le contact avec elle et évidemment son énergie et son sens du contact font franchement défaut au groupe. Cérémonies joue aussi deux ou trois fois au Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux. Avec Bleu Petrol, nous travaillons pour Phil « La Couette » tour manager de la Mano Negra et programmateur du Fahrenheit. Ce qui facilitera le contact. Ils enregistreront aussi quelques maquettes qui ne rendront pas toujours un hommage fidèle à la qualité de leur jeu ni à leurs nouvelles compositions. Ce sont, malheureusement, des lettres restées sans suite. Assurément un gâchis musical qui méritait mieux qu’une K7 audio fatiguée.

 

Finalement, Pascal Rescoussié rejoint Cérémonies pour jouer des claviers et ajouter une touche synthétique à des arrangements de plus en plus sophistiqués. Pascal est aussi un ami du groupe et a œuvré, par le passé, dans Anne et les Filles de Joie. Pascal est un personnage extrême mais très attachant qui a une petite particularité physique : il n’a pas mué et conserve sa voix d’enfant. C’est le dernier acte de la saga de Cérémonies. Les années 90 arrivent et les temps changent. La new-wave n’est plus dans l’air du temps. En Angleterre, on opère une fusion entre rock et musique de danse. Nous-mêmes, hantons certaines boites de nuit et toute la vague née du nouveau « Summer Of Love » mancurien tourne maintenant sur nos platines (CD, le vynil étant passé de mode aussi). Bruno, le batteur, rêve de grunge, de hardcore et de fusion. Il quitte finalement Cérémonies jugé trop mou du genou. Cérémonies n’y survivra pas. Cérémonies sans batteur mais avec un sampler Akaï devient le Sexe des Anges, Keyser Söze puis les Chinaskis (Bukowski encore) avec quasiment le même line-up et quelques talents en plus… Mais c’est une autre aventure musicale qui mérite son propre article.

 

Aujourd’hui, Franck joue toujours avec Dgé dans le très bon Démolition Party. La drogue a failli avoir raison de notre amitié mais j’ai bon espoir que les choses s’arrangent. Dgé va bien et vous embrasse. Bruno ne joue plus de batterie et vit sur son bateau à la Rochelle avec Sandy. Sandy qui après plusieurs passages en hôpital psychiatrique, semble être à peu près en bonne santé et tenir le coup. Pascal Rescoussié, prince des excès alcoolisés, bien que très gravement malade semble, lui aussi, à peu près s’en sortir. Je n’ai plus de nouvelles de la plupart des BSS Kontingent mis à part Quick. Quick est aussi mon ami d’adolescence. Il vit, aujourd’hui, du côté de Toulouse ou un incompréhensible AVC a sérieusement remis en question son mode de vie. Il marche beaucoup… Si possible dans des paysages fantastiques, en accord avec une certaine vision de la vie.  Quant à moi, la musique me tient toujours à cœur puisque j’œuvre dans un groupe qui s’appelle Jean_Marc.

 

Reste les chansons de Cérémonies dont « Souvenirs de Nous » qui avec le recul résonne comme une prophétie et une parfaite conclusion : « Je me souviens de toi, je me souviens de tout, je me souviens du temps… Souvenirs de nous ».

 

G.P.S, le Garage Psychiatrique Suburbain

Dans le foisonnement du rock français des années 80, Garage Psychiatrique Suburbain, plus connu sous l’acronyme GPS, occupe une place à part. Formé à Sèvres, le groupe balance un punk rock nerveux, parfois teinté de pop, qui tranche avec la production plus lisse de l’époque.

On retrouve dans ses rangs Thomas Darnal (futur Mano Negra), Pierre Leloup, Patrice Bonnel, puis Marc Upson à la basse, et surtout Thierry Gesteau, alias Thierry Hazard, qui apportera sa voix et ses guitares avant de connaître le succès en solo.

Leur discographie reste modeste mais marquante : le 45 tours Quand revient l’été (1982), le mini-album Bien dans la ville (1983), suivi d’En attendant la prochaine guerre (1986), sans oublier quelques singles emblématiques (Panique sur la plage, Berlin la nuit). GPS a eu ses passages télé, notamment dans Les Enfants du Rock, mais n’a jamais percé au-delà d’un cercle averti.

Longtemps, il a fallu se contenter de ces rares disques vinyles et de la compilation L’Intégrale (1992) pour goûter à leur énergie. Mais bonne nouvelle : le camarade Claude Picard et son label Cameleon viennent tout juste de publier un album d’inédits, permettant de redécouvrir des faces cachées du groupe.

Une occasion rêvée de replonger dans l’univers de GPS et de mesurer combien ce rock « banlieusard » garde toute sa force, même plusieurs décennies après. Plus d'infos, c'est juste ! Voici la première face de leur premier 45 tours !

Carré Blanc Pour Série Noire

Voici une formation en provenance de Paris/Mantes La Jolie, dont deux membres joueront plus tard pour les Washington Dead Cats (le sax/bassiste Daoeinstein et le batteur Lionel Charbonnier). La formation sortira en 1992 un cd autoproduit... Carré Blanc Pour Série Noire se positionne à l'origine comme un groupe ska en participant notamment à le compilation "Vive le ska !" mais avec la vague alternative qui déferle élargit le débat : rap, fusion ... Etc. façon Fishbone ou Red Hot suivant ainsi l'exemple de leur grand frère la Mano Negra. Le groupe avant tout fort sur scène ne trouvera pas le deal discographique qui aurait pu les faire "exister" auprès d'un public plus large. J'avoue n'avoir jamais entendu parler de cette formation qui mettait le feu partout où elle jouait peut-être que son nom n'a pas aidé. Il semblerait qu'elle ai pas mal tourné en Allemagne et dans d'autres pays européens. Voici la chanson présente sur la compilation "Vive Le Ska".

Mano Negra versus Little Richard

Même si ce n'est pas vraiment Little Richard qui a composé "Keep A Knocking", c'est bien sa version qui est restée dans le cœur des rockers. On a d'ailleurs identifié d'autres versions bien avant lui et ce dans les années 20 aux USA. La Mano Negra s'attaque avec une certaine fougue à ce standard pour un résultat plutôt sympathique !

Mano Negra + Urban Dance Squad

Urban Dance Squad est groupe de rap rock néerlandais qui eut son heure de gloire à la fin des 80's et au début des 90's. Nous sommes le 30 Janvier 1990 et les Urban rejoignent sur scène la Mano Negra lors d'un concert à Lyon, au Transbordeur, pour un rappel d'anthologie improvisé qui rappelle (bien sûr) le "Walk This Way" de Run DMC. Si il existe déjà des vidéos sur YouTube voici une captation sonore de qualité !

Baby Please Don't Go

"Baby Please Don't Go" est un standard de blues écrit par Big Joe Williams et qui a été repris un nombre incalculable de fois par les MC5, Bob Dylan, Ludwig Won 88, Uk Subs, Flamin' Groovies, Doors, Chamber Brothers... Etc. et surtout Them de Van Morrison. Ce coup-ci, c'est la Mano Negra qui s'attaque à ce monument. Nous sommes à Turin en Juin 1990.  

La Mano non-identifiée

Quel est cet étrange morceau punk (!) joué par la Mano Negra lors d'un concert à Turin en Juin 1990. La tracklist du bootleg le présente comme une reprise de "Come On Everybody" d'Eddie Cochran. Mais ce n'est pas ce classique du rock and roll adapté par Sid Vicious et sa bande... D'où, sans doute, la confusion parce que ça sonne très punk... En plus, comme pour tout groupe français qui chante en anglais, les paroles sont incompréhensibles.

Mano Negra versus The Ramones

Ce coup-ci, la Mano Negra s'attaque à un des classiques des Ramones : "Beat On The Brat" extrait du premier album du groupe sorti en 1976.

La Mano Negra versus The Stooges

Voici une reprise inattendue d'un classique d'Iggy Pop et son groupe par Manu Chao et sa bande. Au final, je ne suis pas sûr que ce registre convienne complétement à la Mano.

La Mano Negra versus The Damned

Ce coup-ci, le groupe de Manu Chao reprend le classique punk des Damned "Neat Neat Neat" sorti en 1977 sur Stiff Records.

Mano Negra versus The Beatles

Ce coup-ci le groupe de Manu Chao s'attaque à "I'm Down" la face B du single "Help" des Beatles sorti en 1965. Nous sommes à Turin en Juin 1990.

Pretty Woman

Avant la Mano Negra, Manu Chao œuvrait dans les Hot Pants avec son frère Santi. Dans ce live au Chat Bleu à Bordeaux en 1986, le groupe s'attaque au standard de Roy Orbison !

Une autre démo de la Mano

A la base, "Food Fight" est un morceau de la Mano Negra qui n'apparait que sur le single de "King Kong 5" sorti en 1989. Là, il s'agit de la version démo de cette chanson.... Mais je n'ai pas pu vérifier puisque j'e n'ai pas le tître original et que ça m'apparait drôlement "fini" pour une démo. Anyway et au moins, une chanson rare du groupe.

I fought The Law

Je me rappelle avoir vu la Mano Negra se joindre à Joe Strummer sur scène pour une version endiablée de ce classique écrit par Sonny Curtis qu'il enregistrera avec les Crickets (mais sans Buddy Holly pour d'évidentes raisons). C'est Bobby Fuller qui en fera un tube et les Clash qui en feront une version mémorable. Là encore, il s'agit d'un semi inédit de la Mano puisqu'ils ont déjà enregistré une version de ce classique sur leur live officiel "In The Hell Of Patchinko" sorti en 1992 et enregistré au Japon.

Slow Down Little Jaguar

Voici une "demi "rareté de la Mano Negra, puisqu'il s'agit d'une reprise par le groupe du "Jaguar And Thunderbird" de Chuck Berry. Une demi rareté puisque ce sont d'abord les Los Carayos qui ont repris (et enregistré par 2 fois) ce classique du répertoire du répertoire rythm and blues / rock and roll.

La Manu Negra

Voici une tentative de reformation de la Mano Negra mais sans son leader Manu Chao. Cette reprise d'Eddie Cochran a été enregistrée live à France Inter en 2005 dans l'émission de Stéphane Bern, (le Fou du Roi) avec 4 ou 5 membres originaux du groupe (dont Santi, le frère batteur). Cette entreprise de séduction n'a pas eu l'effet escompté puisque, depuis, on n'a plus de nouvelles de ce projet !

Washington Dead Cats

Les Washington Dead Cats, même si ils ont des bases psychobilly, font parti du mouvement alternatif français comme les Wampas ou la Mano Negra. Fondé en 1984 autour du chanteur Mat Firehair, le groupe définie sa musique comme du "Punkabilly" puisque inspirée par une multitude de styles (punk, surf, mambo...). A leur début, les WDC partageait le saxophoniste Masto avec les Béruriers Noirs. Dans les années 90, le groupe s'arrêtera une dizaine d'années et se reformera au début des années 2000. J'ai eu la chance de les voir en live, il y a deux ou trois ans... Sympathique même si leur musique est un peu datée. Il y a, bien sûr, de grosses influences crampsiennes chez les Washington Dead Cats avec, parfois, de sérieuses limites quant à l'accent anglais du sympathique chanteur.  Bref, voici une rareté live datant de 1989.

Une démo de la Mano Negra

Même en répétition, en train d'écrire de nouveaux morceaux, la Mano Negra jouait bien. Et c'est donc pas un hasard, si le groupe a eu un succès planétaire. Pour s'en convaincre, on écoutera cette démo de leur tube "King Kong 5" qui sonne bien même en version minimum.

Hot Pants inédit

Bien avant la Mano Negra, il y avait les Hot Pants. Une formation rock et garage menée elle aussi par Manu (et son frère Santi à la batterie) et sa Gretsch orange. Les Hot Pants est sans doute la formation que j'ai le plus vu en concert. A savoir au moins 5 ou 6 fois... Parfois, un peu par hasard. Cétait bien sûr à l'époque ou nous étions beaucoup à  Fahrenheit (la mythique salle sous la MJC d'Issy-les-Moulineaux). D'abord, j'habitais à Issy, ensuite la salle était un de mes clients. Bref, j'aimais bien l'énergie rock and roll / garage de la formation. Voici une vraie rareté du groupe. Une démo inédite de "Let's Get Funky"... Un standard du génial Hound Dog Taylor qui sera repris également par une autre formation proche de l'écurie Boucherie : les Crab's.  Cette version s'éloigne plutôt de l'original mais ne manque pas d'énergie.