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Je chante dans les Glaviots (1)

Voici ma seconde participation à la Revue Thésaurus (n°2) du camarade Claude Picard. Après avoir évoqué par le détail la saga de Cérémonies, il m'est apparu comme une évidence que je devais parler de ma propre carrière musicale. Dont acte. Voici ce que je lègue à mon prochain, soit tout mon héritage artistique.

 

« Je chante dans les Glaviots un groupe punk de Normandie
on répète dans la grange tous les mardis et les jeudis »

Les Wampas

Lorsque vous exercez un métier dans la création « commerciale » comme le graphisme et l’infographie, il est important de se réserver, à côté, un vrai espace de liberté. Un endroit où personne n’osera vous demander pourquoi vous avez mis du rouge plutôt que du vert ni même vous forcera à plagier la dernière campagne “bidul’truc chouette”. Pour préserver sa santé mentale et garder foi dans l’Humanité, pour laisser – quoi qu’il en coûte - sa créativité s’exprimer, il faut se trouver une pratique créative “non-contrainte” : peinture, philatélie, cuisine, taxidermie… etc.

Pour ma part, j’ai choisi l’option « musique ». Ce qui est aussi paradoxal (voir désespéré) car je chante aussi faux que je joue mal de la guitare. Les deux en même temps, je ne vous explique pas. Si j’avais choisi un autre « hobby » (l’illustration par exemple), ma vie d’artiste aurait été complétement autre et sans doute plus gratifiante.

Si c’était à refaire aujourd’hui, entre toutes les options proposées, je crois que je choisirai plutôt le graff (et non l’option DJ plutôt réservée aux filles). Mais à l’époque, tout juste sortie des 70’s, la New Wave (le « post punk ») déferlait avec son esthétique glacée. C’était un tout. Nous découvrions visuellement Peter Saville, Neville Brody ou le label 4AD par les pochettes (de disque) et alimentions en même temps nos goûts musicaux.

Je dois beaucoup à mon ami Franck, rencontré à l’école de Pub au début des années 80 et avec qui j’ai fait les 400 coups (pour plus de détails, je vous invite à vous reporter à mon article paru dans le n°1 de la revue Thesaurus). Il m’a montré comment faire de la musique et ouvert les portes des studios de répétition. A l’époque, quand on faisait de la « Pub » (on ne parlait pas encore de « com »), il était de bon ton de faire aussi du rock et si possible dans un garage mal aéré. Franck qui jouait dans Cérémonies répétait dans le désormais célèbre Parking 2000 où nous nous rendions parfois pour taper le bœuf à grand coups de boites à rythmes et de synthés nasillards. Je me souviens d’une session endiablée où j’hurlais les paroles de “Demain tu te maries” de Patricia Carli, le doigt scotché sur une touche d’un synthé alors que Franck s’afférait à la basse et que la TR 808 tournait à l’infini sur le même pattern.

Une chose est sûre, j’ai vécu des aventures extraordinaires en essayant de jouer du rock. J’ai croisé des tas de gens plus ou moins connus (surtout moins) dans les studios de répétitions pas toujours très accueillants que nous fréquentions assidument. Je me souviens des Charts (avec le pas encore connu Calogero), de Corinne Marienneau en reconversion de Téléphone et qui se prenait... Très, très au sérieux. Elle a dû redescendre un peu depuis…  Puisque même ses anciens camarades ne l’ont pas invitée sur leur tournée revival post-mortem. Il y avait les Négresses Vertes, qu’il ne fallait pas faire chier et qui avaient encore un chanteur. Je me souviens du Cri de la Mouche (avec Camille Bazbaz pas encore… En fait, personne ne le connaît), de Clémentine Célarié (gentille mais tapée) qui se lançait dans une carrière musicale. J’en passe et des meilleurs…

Mon premier groupe, je crois, était un trio punk avec Caroline à la batterie et au chant et Yves à la basse ! Caro faisait partie d’une assoc’ du côté de la Place de la Nation qui s’appelait Vertical Hiver et qui louait un local de répétition notamment aux Bonarparte’s. Les Bonaparte’s étaient - à nos yeux- des quasi professionnels puisqu’ils avaient sorti un ou deux albums. Le gang gothique avait abandonné dans un coin du studio une vieille Aria Pro II toute pourrie que j’essayais de remettre en état et sur laquelle je faisais mes premières armes. Caro et ses Charentaises avaient une certaine gueule « visuellement » mais c’était là son seul intérêt. Caro gueulait dans un micro en tapant comme une damnée sur sa batterie. Moi je courrais derrière en essayant de plaquer deux accords.

Plus tard, toujours avec Yves, le boyfriend de ma sœur et avec mon ami d’adolescence Philippe (Quick pour les intimes) nous nous essayâmes à nouveau à cet exercice compliqué du groupe de rock en créant une sorte de collectif informel à géométrie variable appelé Frantz Électrolyse. Frantz E. répétait à Champigny dans le même local que Cérémonies (qui amortissait ainsi la coûteuse location d’un garage dans une propriété bourgeoise). Si la volonté et l’énergie étaient souvent là … Manquait le travail et l’envie de composer et de structurer. Quick, musicien instinctif et surdoué, pouvait jouer quasiment de n’importe quoi (batterie, basse, guitare, bombarde... Etc.) mais finalement, comme les gens trop doués, ne jouait de rien. Pendant quelques mois nous avons tourné en rond à grand coups de 1664 sans jamais nous arrêter sur quoi que ce soit. Je me rappelle que nous reprenions en punk “V’là L’joli Vent”. Nous avions choisi comme patronyme : Frantz Électrolyse qui était le nom d’une société à Issy-les-Moulineaux et devant laquelle nous passions quand nous partions répéter. Pour finir, par lassitude, l’aventure Frantz E. 1.0 malgré une accroche aux promesses punk et destroy « Nul à chier » s’est arrêté. Pour autant, il me fallait jouer et ce quel qu’en soit le prix. Après avoir dégoté un local sous une boutique de cadeaux boulonnaise, dans une cave exiguë et humide, nous avons fait quelques essais avec le camarade Edouard au chant et Stéphane (le frère de Quick) à la batterie. Nous avions principalement deux morceaux à nôtre répertoire : « Louie Louie » et « California Sun ». Cette reformation de Frantz Electrolyse s’est finalement arrêtée faute de combattants.

 

Lucrate Milk live

J'ai déjà publié deux "raretés" de Lucrate Milk ce fantastique groupe qui ne ressemble à rien d'autre et qui annonçait d'une certaine façon les Béruriers Noirs et les Négresses Vertes dans deux styles complétement différents ! Voici extrait de la compilation Cascades 82 "Dritte Blind Meuse".

Les Négresses Vertes

Quand je pense à la fête dans les années 80, les Négresses Vertes me viennent tout de suite à l'esprit. Dans les soirées ou au Globo, les Négresses étaient un passage obligé. Personnellement, je n'étais pas très client. Trop "bobos" parisiens avant l'heure même si Helno, leur chanteur, venait des Bérus et surtout des Lucrate Milk. Pauvre Helno qui mourra d'une O.D en 1993. Lorsque avec mes potes musicaux nous allions répéter au Studio Plus, il nous arrivait de les croiser. Des grands gaillards avec un look rétro qu'il ne fallait pas trop embêter. Je me souviens d'un automobiliste qui a failli s'en prendre une simplement parce qu'il en avait marre d'attendre que le groupe décharge son matos. Bref, les Négresses sont  une institution qui a fait quasiment le tour du monde. Nous sommes aux Eirockéennes de Belfort, un an avant la mort d'Helno.

Les Cherokees

J'avais ce LP des Cherokees (acheté à la fin des années 80).... et puis un jour,  pour faire de la place, j'ai tout vendu. Je suis donc assez content de l'avoir retrouvé. J'ai vu les Cherokees avec Poupée Vynile (ska) et Cérémonies (on ne les présente plus si vous fréquentez ce blog), lors d'un concert en banlieue dans les années 80. J'en garde un très bon souvenir : bon groupe, bon son, bon look... Bon rock and roll, même si à l'époque, j'étais plutôt new-wave... D'après Rock Made In France : "Les Cherokees font partis de cette scène parisienne du milieu des années 80 qui réinvente le punk rock en anglais en pleine mouvance New Wave. Une seconde vague « Garage » que l’histoire condamne (seuls les Wampas s’en sont sortis, il est vrai qu’ils chantent en français), mais qui donne naissance à un autre épisode du rock français, celui des Négresses Vertes et de la Mano Negra : le rock alternarif. Pour les Cherokees, cela ne les empêche pas d’aller enregistrer leur album « Scalping in the street » à Londres au R.M.S. Studio en juillet 1987." Voici Rock'n'Roll Control des Cherokees ! 
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Cérémonies, live au Cithéa

Depuis les débuts de ce blog, j'ai publié, un peu dans le désordre, des extraits de ce live de Cérémonies au Cithéa. Rappelons qu'à l'époque, en 1985, la rue Oberkampf n'était pas encore ce haut-lieu de la branchouille parisienne. Il n'y avait pas grand chose si ce n'est le Cithéa (qui existe encore) et un peu plus loin, le Studio Plus où les Négresses Vertes, le Cri de la Mouche (et bien d'autres) répétaient. Pour réaliser le visuel de ce live, j'ai extrait la photo figurant sur le verso de leur single auto-produit et pour télécharger ce live en Mp3, c'est ici !
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Lucrate Milk

Lucrate Milk est, sans doute, le premier groupe de la vague indé. Un archétype que tout le monde connaît mais que personne n'écoute. Il faut dire que leur musique est difficile d'approche. Dissonante, hâchée, gueulante... D'après Wikipedia : "Lucrate Milk est formé de façon virtuelle entre 1977 et 1978 . « On a inventé le nom, le logo, le lettrage, et on a commencé à bombarder les murs de Paris », expliquent-ils. Ce n'est qu'à partir de 1979 que le groupe se forme physiquement. Lucrate Milk se compose alors de Laul Lombrick, (bassiste futur dessinateur pour les Béru), Masto Lowcost (sax) photographe qui rejoindra ensuite les Bérurier Noir et Washington Dead Cats), Nina Childress (qui fait ensuite carrière comme peintre, membre du collectif Frères Ripoulin, professeur en écoles d'art), Raoul Gaboni (batterie, plus tard dans MKB, Ouloumboutou et dans le collectif des Bateleurs de Bakouo) et Helno (chant, plus tard avec les Bérurier Noir et Les Négresses Vertes). Lombrick et Masto Lowcost étaient livreurs de lait avant la formation du groupe. Une sorte de who's who du rock de l'époque.  Ce morceau est extrait d'un live du groupe datant de 1986 et est assez rare (mais si le tître est connu). D'ailleurs, ça me revient, dans une autre vie, nous avons croisé les Frères Ripoulin lors d'une fête hallucinée et hallucinante.
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