The Cousins fait partie de ces groupes dont on ne sait presque rien, mais dont les rares traces discographiques suffisent à alimenter un petit culte. Bien sûr, on ne parle pas ici du fameux groupe belge qui a connu son heure de gloire dans les sixties. Leur single "Sneakers / Puppeteer" est sorti en 1984 sur un label aussi insaisissable que son contenu, In-C’est Records. Le disque aurait été enregistré au Fresh Tracks Studio, ce qui laisse supposer — et uniquement supposer — une origine américaine, quelque part du côté de Philadelphie. Discogs évoque « ska-influence band from Philadelphia », indication reprise sans certitude par les blogs spécialisés. La musique ressemble à une new wave bricolée, légère, un peu ska, avec cette maladresse émouvante propre aux groupes locaux qui gravaient leur unique 7 pouces dans un studio anonyme. Il existe un autre single du groupe sorti un an avant et qui dans ses crédits cite Robert Cousin (d'où le nom du groupe) au chant, à la basse et à la guitare et Mark Amentt à la guitare, aux claviers et au chant. The Cousins incarnent cette part d’ombre de la scène indépendante américaine, celle des groupes éphémères, des one-shots oubliés, des vinyles pressés à 200 exemplaires pour un public local — puis disparus dans les limbes de l’histoire avant de réapparaître, trente ans plus tard, sur Discogs grâce à un collectionneur insomniaque. Si quelqu’un, un jour, retrouve un membre du groupe, une affiche de concert ou même une photo prise dans un sous-sol de Philadelphie, on tiendra enfin un morceau du puzzle. En attendant, Sneakers / Puppeteer reste un parfait exemple de ces disques fantômes que Bouloup aime déterrer : un objet minuscule, obscur, mais incroyablement attachant — et qui mérite au moins une trace écrite quelque part sur Internet.
Shake with the Fleshtones
J’ai déjà évoqué The Fleshtones en ces augustes colonnes, mais il était temps d’y revenir, tant ce groupe américain résume à lui seul l’esprit rock que j’aime documenter ici : des années d’activité menées sans reniement, une énergie intacte et cette manière unique de marier la tradition rock’n’roll à une urgence presque punk. Formés en 1976 dans le Queens, Peter Zaremba, Keith Streng et leurs camarades n’ont jamais cessé d’expérimenter, de tourner, d’enregistrer, d’aller de l’avant sans jamais vraiment se poser la question de savoir s’ils allaient entrer dans l’histoire. Et c’est précisément pour cela qu’ils y sont entrés. En plus, le groupe a des liens particuliers avec la France (cfr, par exemple, l'album où ils accompagnent Tony Truand ou leur chanson hommage à Dominique des Dogs).
Leur fameux “Super Rock”, qui mélange garage, surf, R&B, rockabilly et un peu de psyché, n’a jamais vraiment trouvé de clone. On pourrait dire que c’est le son des racines rock américaines passées dans un blender biberonné aux nuits du CBGB, mais même ça reste un raccourci. Leur musique n’a rien de nostalgique : elle avance, elle exige de danser, elle ne triche pas. Leur premier single American Beat, en 1979, donnait déjà le ton, suivi du très marqué Roman Gods en 1982, qui plaçait définitivement le groupe dans la catégorie des formations capables d’allier un héritage rock solide à une vraie modernité. Les décennies suivantes n’ont rien changé à leur manière de travailler, ni à leur capacité à surprendre, des productions marquantes comme Beautiful Light ou le plus abrasif Laboratory of Sound enregistré par Steve Albini, jusqu’aux disques plus récents qui témoignent d’une longévité rare dans leur scène.
Les Fleshtones ont aussi cette singularité d’être restés un groupe de scène. Leur réputation vient de là, de concerts débordants d’énergie, où l’on comprend vraiment ce qu’ils veulent dire par “Super Rock” : ce n’est pas un style, c’est un état d’esprit. Ils n’ont jamais franchement cherché la reconnaissance commerciale, mais ils ont acquis quelque chose de plus durable, ce statut de groupe culte qui traverse les époques sans se démoder. Dans une carrière qui frôle aujourd’hui le demi-siècle, ils n’ont jamais cessé de jouer, de tourner, de défendre leur musique avec une générosité qui forcerait presque le respect à n’importe quel cynique.
Si je m’y intéresse sur Bouloup, et si j’en reparle aujourd’hui, c’est parce que The Fleshtones incarnent parfaitement ce que j’aime documenter : des musiciens qui ne se racontent pas d’histoires, qui avancent sans compromis et qui, sans en avoir l’air, ont influencé beaucoup plus de groupes qu’on ne veut bien l’admettre. Leur carrière pourrait presque servir de fil rouge à une autre histoire du rock américain, celle qui ne passe pas par les charts mais par les caves, les clubs, les labels indépendants et les obstinés du son brut. À mes yeux, c’est là que se trouve la vraie mémoire du rock, et The Fleshtones en sont l’une des plus belles preuves encore vivantes. Nous sommes à New-York City le 30 0ctobre 1980, les Fleshtones reprennent un standard des Shadows Of The Night...
Strani Cocktail
Strani Cocktail est un projet musical avant-gardiste belge basé à Bruxelles, actif au début des années 1980. Le groupe est parfois associé à l’alias Nausea et reste aujourd’hui relativement méconnu, avec très peu de documentation disponible. Parmi les membres cités, on retrouve Giorgio Serafini, parfois mentionné sous le nom de Giorgio Benton et Paolo Snaporaz, qui ont contribué à définir l’identité sonore unique du projet. Leur musique s’inscrit dans une veine synth-pop et cold-wave, explorant des sonorités expérimentales qui reflétaient l’esprit avant-gardiste de la scène bruxelloise de l’époque.
La discographie connue de Strani Cocktail est très limitée (2 45tours et 1 maxi en 1982 et 1983). L’alias Nausea est également parfois mentionné dans les crédits, ce qui suggère que Strani Cocktail n’était pas un projet figé mais plutôt un espace de collaboration autour de sons expérimentaux et de compositions électroniques. Bien que le groupe soit difficile à retracer dans les archives, chaque sortie reflète une volonté d’explorer des territoires musicaux hors des sentiers battus, caractéristique des projets avant-gardistes de cette période.
Strani Cocktail reste ainsi un exemple fascinant de la créativité et de l’expérimentation qui animaient la scène musicale belge au début des années 1980, un projet énigmatique mais passionnant pour quiconque s’intéresse aux traces oubliées de l’avant-garde musicale européenne. Voici la première face de leur premier single...
Pumpkin Connection
Sorti en 2002 sur le micro-label Le Regard Sonore de notre copine Emma, le single Jaadu du projet Pumpkin Connection est un parfait exemple de cette électro métissée, planante et worldisante qui animait certains cercles confidentiels du début des années 2000. Bien sûr, une fois de plus, c'est moi qui ai réalisé la pochette de ce single.
Derrière Pumpkin Connection, on retrouve le duo Thierry Noritop (producteur de François Alysse et Michel Kricorian... Que le monde est petit) et Daniel Finot, accompagnés ici par la chanteuse Tulika Srivastava. Jaadu, mot hindi qui signifie "magie", est un morceau hybride, chanté en hindi, quelque part entre ambient cosmopolite, trip-hop discret et lounge de salon feutré.
Le disque est d’abord paru de façon très limitée en CD single. Peu diffusé à l’époque, il a néanmoins connu une seconde vie en 2025, grâce à une réédition numérique remasterisée sur Bandcamp. Cette version, légèrement retravaillée au mixage, restitue toute la subtilité de l’arrangement original, entre nappes synthétiques éthérées et instrumentation orientalisante.
Ce Jaadu, en dehors du fait qu'il soit une production de notre copine Emma (aka Eleen Keen) reste aujourd’hui un petit artefact intéressant d’un moment musical où les expérimentations électroniques pouvaient volontiers s’ouvrir à d’autres langues, d’autres timbres, d’autres continents. Une curiosité à redécouvrir, pour les amateurs de musiques électroniques discrètes, précieuses et délocalisées.
Carré Blanc Pour Série Noire
Voici une formation en provenance de Paris/Mantes La Jolie, dont deux membres joueront plus tard pour les Washington Dead Cats (le sax/bassiste Daoeinstein et le batteur Lionel Charbonnier). La formation sortira en 1992 un cd autoproduit... Carré Blanc Pour Série Noire se positionne à l'origine comme un groupe ska en participant notamment à le compilation "Vive le ska !" mais avec la vague alternative qui déferle élargit le débat : rap, fusion ... Etc. façon Fishbone ou Red Hot suivant ainsi l'exemple de leur grand frère la Mano Negra. Le groupe avant tout fort sur scène ne trouvera pas le deal discographique qui aurait pu les faire "exister" auprès d'un public plus large. J'avoue n'avoir jamais entendu parler de cette formation qui mettait le feu partout où elle jouait peut-être que son nom n'a pas aidé. Il semblerait qu'elle ai pas mal tourné en Allemagne et dans d'autres pays européens. Voici la chanson présente sur la compilation "Vive Le Ska".
The B-52's
Je me souviens de cet album jaune vif et au verso, la Mosrite bleue. Ce son unique qui évoque les 50's en inventant quelque chose d'autre. Quelque chose de complétement neuf. Un disque génial qui n'a pas pris une ride mais qui condamnait cette formation, cet "art" band en provenance d'Akron à reproduire à l'infini cette ambiance unique. J'ai écouté un paquet de bootlegs des B-52's sans jamais y trouver quelque chose d'un peu différent des albums officiels. Également, je me suis décidé à les voir en concert. Il fallait se dépêcher puisqu'il s'agissait de leur farewell tour. Bedonnant, franchement sur le retour, le groupe y allait de son "Rock Lobster" ou de son "Planet Claire". Bon pied, bon œil. The show must go on. Si un groupe peut-être associé à ma génération, c'est bien ces "bi fifti-touze" qui ont toujours sonnés comme une bande son rétro-futuriste sur laquelle nous avons dansé chaque fois que c'était possible. Finalement, en désespoir de cause, ne trouvant rien de vraiment original, j'ai sélectionné une très bonne série de remix produits par une radio américaine spéciale années 80. Et j'ai choisi ce "Private Idaho" extrait de leur deuxième album (le rouge). Cette chanson me rappelle que j'ai pas mal fréquenté l'Idaho dans les 70's. Un état que la plupart des américains prennent pour une sorte "d'artefact" rétro tenant presque du myhte puisque, par exemple, "Twin Peaks" se situe dans cet état du nord-ouest. Un état suffisamment kitsch pour pouvoir être le titre d'une chanson des B-52's !
New Rose
Les Damned est un passage obligé quand on parle punk et new-wave des années 70 et 80. Originaire de la banlieue de Londres, le groupe se forme en 1976. D'abord très punk ("New Rose", "Neat neat Neat") le groupe évolue vers un son plus complexe en créant ce qui n'est pas encore la new-wave gothique et osant - par exemple- une reprise de Jefferson Airplane. Voici une version live de "New Rose" considéré comme le premier single punk anglais sorti sur le mythique label Stiff Records. Egalement, l'inspiration pour le fameux magasin de disque et label parisien.
Douce Violence
The Stranglers
Les Stranglers ont toujours été une des références des Bouloupiens. Je revois le camarade Gordon écoutant religieusement "Golden Brown" ou "No More Heroes". Les hommes en noir ont su créer une musique qui ne ressemblait à rien d'autre en mélangeant leurs influences punk, rock, psyché, easy listening... Grâce à eux et leur reprise de "Walk On By" je me suis intéressé à Burt Bacharach (par exemple). Le 29 Septembre 1983, nous étions à l'Espace BASF à Paris pour leur concert de promotion de leur superbe album "La Féline" ultra-dark et pourtant tellement pop. Bref après du catch féminin et un bout de spectacle de cabaret un poil zarbi, les Stranglers ont déboulé. Burnel, le plus français des bassistes anglais, pète une corde dès le début (je crois à sa première note). Faux départ, le groupe retourne backstage et nous fait poireauter. C'est aussi ça les Stranglers... Voici, extrait de la même tournée, "Midnight Summer's Dream" une de mes chansons préférées du groupe.
Not Your Animal pour équilibrer votre 6e chakra
J’ai toujours eu envie de commencer un article par « voici l’album de la maturité… ». Je commence donc cette chronique par… Pour Not Your animal, voici l’album de la maturité. D’accord, c’est purement déclaratif d’autant que Not Your Animal sort - seulement - son 2e « opus » et ne jouit pas encore de la notoriété qu’il mérite. Autre problème (peut-être), cet album n’a pas de nom. Quand Not Your Animal aura atteint, d’ici peu, une reconnaissance méritée, on devra donc dire… « Tu sais le 2e Not Your’ » Pour être « cool » on raccourcira leur blaze. « Oui, tu sais... L'album avec les yeux ».
En parlant de notoriété… J’assistais à un concert, l’autre jour, d’un groupe anglo-saxon jouissant d’une solide réputation dans le milieu des passionnés, quand, au détour d’un pont musical (avec option joli solo), je me suis dit pourquoi Not Your Animal n’est pas là, devant moi, à la place de cette formation (certes de qualité mais pas plus méritante qu’une autre). Nous étions confortablement assis et masqués dans une grande salle parisienne. Pourquoi ? Et bien David, le chanteur de ces Not Your Animal m’a soufflé un début de réponse. Peut-être qu’aujourd’hui l’offre musicale est bien trop large par rapport à un public de plus en plus restreint tant en nombre qu’en moyens financiers. Il est donc possible de passer à côté d’un groupe comme Not Your Animal, à coup sûr noyé dans la masse des 35 000 nouveaux morceaux publiés quotidiennement. Bien sûr, ça me semble profondément injuste et presque dommageable. D’aucun ajouteront que l’ennui des confinements à répétition à également exacerbé la production musicale. Donc précisons : Voici le nouveau Not Your Animal, l’album de la maturité et ça serait dommage de passer à côté. Pour éviter cet écueil, je vous invite à chaudement recommander les Not Your’ à votre « 1er cercle » (parmi les 3 identifiés) comme décrit par les spécialistes des réseaux sociaux. Être viral ou ne pas être.
Not Your Animal n’a pas 20 longues années de carrière derrière eux. Pourtant, chacune de leurs chansons est magnifiquement écrite et interprétée comme seule l’expérience peut le permettre. Ces gars connaissent leur affaire. Tout est magnifiquement joué, enregistré, mixé et produit, créant un écrin pour les plus précieuses chansons de David Rosane, mon filleul adoré. Si par le passé, j’ai prophétisé que « David Rosane ne sera jamais une pop star. » A l’écoute de cet album sans nom (mais avec un œil comme leitmotiv), je me suis – peut-être – trompé ! Déjà, David est notre star « personnelle » que nous chérissons dans un même groupe d’amis comme un secret d’initiés. Un peu comme ce millésime mis en bouteille par un lointain cousin vigneron et que l’on sort à chaque grande occasion familiale. D’ailleurs, dans mes playlists, tourne un grand nombre de ses chansons (d’hier et d’aujourd’hui) mélangées au milieu des plus grands (Liberace, Hughes Auffray, Joe Dassin ou Elvis). C’est un signe. Un bonheur musical et personnel sans cesse renouvelé. Un luxe littéralement hors de prix. Au-delà de ce succès amical de proximité, tout est là pour que le succès de Not Your Animal soit aussi global et massif : le son, les chansons, le look et même le visuel. Donc, succès il y aura… Car je le veux. Et tant pis si on n’a pas à faire à des « spring chickens » c’est encore plus beau, plus authentique.
Vous l’avez compris, je connais David depuis très longtemps et j'ai adoré voir vieillir « l’animal » (pas le vôtre mais bien le mien). J’ai adoré le voir endosser tous les rôles que la vie lui a confié. Toujours avec classe et humanité. Comme celui de père ou celui de l’entrepreneur, par exemple. Et bien avant, d’autres beaucoup plus intimes que je tairais ici pour ne pas rentrer dans la sphère du privé. C’est avec cette matière vivante, celle du vécu, qu’il écrit et qu’il chante. Ça s’entend… Jusqu’à l’ironie feinte dans certains de ses passages parlés (quand ils existent) ... Reste, pour moi, une question qui me hante depuis un moment quant à l’opportunité pour un David de jouer en groupe. Pardon, camarades de Not Your Animal. Car enfin, ici tout est du David pur jus. (Not Your Animal ou pas Not Your Animal). Virtuosité ou non. Même accompagné par un bagad (d’Ille-et-Vilaine) ses chansons sonneraient comme du David. Là encore, après de longues discussions alcoolisées, mes amis m’ont soufflé un début de réponse… Sans le collectif d’un Not Your Animal pas d’énergie… Et donc pas de David. Car David existe aussi musicalement par cette énergie transmise par le groupe, J’allais dire par « le gang » ou par « le pack ». J’en - conclus - aussi qu’il aurait sans doute fait un merveilleux chef de groupe dans les forces spéciales. Mais là, je spécule. Si David s’est débarrassé ici de l’accessoire et d’un certain maniérisme (je compose à la façon de) pour écrire ces nouvelles chansons, il n’a pas renoncé à la classique aventure rock and rollienne. Celle du groupe, concept que l’on doit aux indéboulonnables Beatles (dans son expression contemporaine). Le groupe de rock a été spécialement pensé pour une population tout juste sortie de l’adolescence prête à se foutre sur la gueule à la moindre poussée d’hormones… David n’en n’est plus là - bien sûr - mais c’est bien ce qu’il le fait encore vibrer. Comme cette sensation physique (unique et intense) du premier accord plaqué sur une Gibson Les Paul au tout début du concert. L’énergie du collectif donc mais pas n’importe laquelle. Celle du rock and roll. Celle qui nous faisait tant rire chez des Johnny Hallyday ou des Dick Rivers. Ce coup-ci, rock and roll ou pas, ses camarades de jeu sont réellement au niveau de son talent de compositeur et d’interprète : « Ces gars-là, ils sont terribles ! ». Pour un résultat au combien cohérent bien qu’un peu rétro (qu’ils me pardonnent encore) car le concept d’album a disparu avec la généralisation du streaming. Aujourd’hui on est sur du « snacking » de contenus sur les réseaux sociaux comme sur les plateformes musicales ! Sortir un LP, même en vinyle, à l’heure du single vainqueur souligne une volonté de raconter et de détailler le propos. Pour autant, il n'y a pas de remplissages, ni de temps morts dans ces 10 chansons. Peut-être (aussi) avons-nous juste vieilli et finalement « on s’en branle de ce qui se fait ou pas ». L’important, c’est ce que l’on veut. Et voici ce que veulent les Not Your Animal, ce bel album avec un œil dessus.
Pourtant, rien de complétement nouveau au royaume musical de David et de Not Your Animal… Si ce n’est ce son contemporain louchant parfois vers un néo-psychédélisme comme on l’aime (à grands coups de cœurs et de mélodies qui vont bien). Pas de sitar ou de tabla version hindouiste, non plus. Faut pas déconner, l’Animal vient du punk. Quand j’annonçais qu’il faisait « œuvre » dans mon précédent article je ne m’étais pas trompé. Ce second opus de Not Your Animal le confirme (une fois de plus). David, chanson après chanson, construit un ensemble cohérent autour d’un fil rouge mélodique et thématique qui devrait sauter aux oreilles de celui qui - un jour - écoutera l’intégrale Rosane… De Seaton à Not Your Animal dans un avenir que je souhaite le plus lointain possible. Les intégrales annoncent souvent une fin prochaine. David n’en est qu’au début. Je soulignerai au passage, la beauté de ces chœurs, magnifiquement mixés et réalisés avec amour (à n’en pas douter) par la compagne du dit David.
La dernière fois que j’avais pris la plume pour parler d’un projet musical de David, c’était pour parler de ses Gardiens de Zoo. Depuis, l’état sauvage a repris le dessus libérant l’énergie de cet animal, un groupe de rock dont le nom commence par une négation. Comme pour signifier que le règne animal n’appartient à personne. « Je ne suis pas ton animal, salope » (et vice versa). Bref, je ne suis pas à vendre… Même à celui qui m’écoute. Un peu d’intégrité ne peut pas nuire. Pour autant, les Not Your Animal ne distribuent pas les tracts à la sortie de l’usine. J’aime aussi David pour ça. Pour ce propos que l’on retrouve dans toutes ses productions. Rien de trop extrême non plus dans ce long, rien de « faux » ni de distordu, juste de la très bonne pop parfois soutenue, souvent tubesque. Parfois les deux. Et c’est bien.
Ce coup-ci, également, Not Your Animal a mis toutes les chances de son côté en faisant travailler visuellement celui que j’ai toujours considéré comme un « grand » du graphisme, le camarade Guillaume B. Il a su créer cet œil que j’imagine aisément être le 3e. Ce 3e œil correspond au 6e chakra. Celui qui est l’archétype du « sage » puisque (musicalement) ici, tout est équilibré à la perfection. Son approche moderniste débarrassée des tics branchés donne une assise à l’ensemble qui est également remarquable ! On dirait déjà un classique.
Alors, allez-y car tout est là… Not Your Animal, simple, beau et efficace ! et comme disait Bouddha « Avec nos pensées, nous créons le monde. » et le Monde créé par Not Your Animal est magnifique.
Pour plus d'informations, c'est ici !
Daniel Johnston
Cela fait longtemps que je veux aborder Daniel Johnston dans ce blog. Il est bien sûr l'archétype (à l'instar des Shaggs) du héros underground, prince de "l'outsider music" chère à mon cœur. Le type qui veut partager (à tous prix) une musique qui ne ressemble à rien de connu jusque-là. Depuis Daniel est devenu une référence unanime encensée par Kurt Cobain, Sonic Youth ou Butthole Surfers. Le personnage ne peut être dissocié de la maladie mentale puisqu'il a été diagnostiqué maniaco-dépressif à la fin des années 80 et à fait plusieurs passages en hôpital psychiatrique. Il est, en tous cas, un exemple pour tous les musiciens qui passent par la case "indie" puisque à force d'acharnement et de foi en soi, il a finalement été reconnu mondialement pour son univers unique, enfantin et carrément barré. Voici un petit live "a cappella" capté à la radio (sur WFMU) en 1989.
Marina
Wunderbach
J'ai eu le plaisir de voir (enfin) les Wunderbach au Réacteur à Issy-les-Moulineaux en même temps que les Wampas, il y a peut-être 2 ou 3 ans. Concert sympathique même si on avait l'impression que le groupe était venu en famille et jouait pour elle. J'ai beaucoup écouté leur mini album auto-produit sorti en 1983 et je cherchais un petit quelque chose de différent pour parler d'eux. J'avoue n'avoir rien trouver si ce n'est ce live sorti uniquement en vynil en 2016 (mais datant de 1984). Bon, en général, j'évite d'avoir des sources trop récentes et je l'affirme ici publiquement : achetez les albums pour soutenir les groupes que vous aimez. Donc dans ce cas précis, achetez ce "Week-end à Nanterre" que l'on pourra se procurer, par exemple, ici-même pour quelques pesos !!! On en profitera pour se procurer également Panik LTDC, LSD et OTH.
Le cas Gainsbourg
Je voulais aborder Serge Gainsbourg depuis un moment. D'abord parce que toute une génération de groupes et artistes (comme Bijou ou Etienne Daho) ont largement milité pour son retour en grâce. Moi-même, à mon tout petit niveau, j'ai repris "Contact" et "Les Papillons Noirs". Ensuite, parce que malgré ce qui se dit, on trouve dans son répertoire... Le pire comme le meilleur. Par exemple... On lui doit des tubes comme "Sea Sex and Sun" ou "Le Chevalier Blanc" voir "Un Jambon, Un Violon" et d'un autre côté "Requiem Pour un Con", "Initiales B.B." ou "Aux Armes Et Caetera". Justement ce dernier tître et l'album dont il est extrait est - sans discussions possibles - le meilleur disque de reggae en français jamais enregistré. Alors pourquoi en avoir fait une version funk lourdingue (comme tout son poussif dernier album "Love On The Beat") lors de sa dernière tournée ? Peut-être parce que notre génie national n'avait pas le sentiment d'avoir composé l'ultime tube reggae en français... Tant sur la forme que sur le fond. Et c'est peut-être ça qui est beau chez lui... Ne pas avoir eu conscience de sa réelle grandeur. Cette version d'"Aux Armes Et Caetera" n'apparait pas sur son dernier album live datant de 1985. Et c'est sans doute mieux ainsi.
Nico, live
Dans le dogme rock and rollien, le Velvet Underground est intouchable. Ce groupe que quasiment personne n'a écouté à l'époque est devenu l'ultime référence pour les vrais et purs. Pour ma part, j'ai toujours trouvé cette formation new-yorkaise un poil chiante avec son univers morbide qui fleure bon les addictions et l'overdose. Bref, j'aime bien mais à petite dose et certainement pas leurs morceaux inspirés par l'héroïne. Tous les groupes de rock ont un jour emprunté au Velvet ou à Lou Reed. Par exemple, avec les Fricotins, nous avons repris "Walk On The Wild Side", bœuffé sur le riff de "Sweet Jane" et finalement adapté "I'm Sticking With You". Il me fallait donc leur rendre hommage. J'ai donc trouvé ce live de Nico, la flamboyante allemande présente sur leur premier album... Une personnalité à part qui avait une connection particulière avec la France. Voici une version du standard Velvetien "All Tomorrow's Parties" live at The Venue en 1983.
YouTube versus Bouloup
Bijou
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Jean-Jacques Perrey
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Voici mon 600e Post
Iridaes, entre clacissime et modernité !
Une de mes passions musicales a pour nom "l'Outsider Music". Pour faire court, ce domaine rassemble tous les musiciens et artistes qui ont la capacité de s'inventer en dehors de tous repères possibles, des modes ou de courants musicaux existants. Ces artistes "entendent" quelque chose qu'ils sont seuls à entendre et souhaitent le partager avec le monde entier. C'est Florence Foster Jenkins qui s'imagine chanteuse d'opéra ou les Shaggs qui enregistrent un album après un mois de répétition, sans jamais avoir pratiqué un instrument de musique. Ces deux-là sont devenus des super stars du genre. Pour creuser le sujet, je vous invite à lire "Songs in the key of Z" et d'écouter les CD qui vont avec. Bref, c'est de l'Art Brut version musicale.
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