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Mag Spys

Voici la première sortie, en 1979, du label "Dance Fool Dance" créé par Robert Smith des Cure.  Cent exemplaires de ce single ont été pressés (en diverses couleurs apparemment). Au programme, deux groupes : Mag Spys et The Obtainers. Sur les 2 chansons de Mag Spys, Simon Gallup (des Cure aussi) est à la basse. Tandis que l'ensemble du single est produit par son frère photographe Ric Gallup et Robert Smith. Dans les Mag Spys, Paul Wilson (futur grand producteur) et Robin Banks sont à la manoeuvre tandis que Gary Bowe, lui, chante sur les 2 deux chansons des The Obtainers. Au final, un résultat global très étrange qui oscille entre du sous cure et une approche beaucoup plus arty. Voici le 1er titre de la face B. Mag Spys et "Bomb".

Les Cure, en live

Depuis un moment, j'avais envie de publier des morceaux des Cure. Ce groupe était un passage obligé, à l'époque, pour ceux qui n'étaient pas encore des gothiques. Ici, il s'agit d'un morceau extrait d'un live à Paris. Les Cure viennent de sortir leur chef d'œuvre "Pornography" et pour soutenir cet album, tournent un peu partout. D'après mes archives ce live date de 1983 mais d'après internet, on serait en 1982. Quoiqu'il en soit, si vous souhaitez écouter tout le concert, cliquez ici, un lien valide est encore disponible. Ce "M" que je publie provient d'une autre source (enregistrement fait à l'époque à la radio). Cette captation n'a pas une grande valeur mais elle est un juste reflet de l'époque.
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Une démo des Cure

 Voici, extrait d'une obscure K7 australienne sortie en 1981 (Fast Forward) une démo du génial morceau d'ouverture de Pornography "One Hundred Years" des Cure.

Les Cure dans la forêt

Allez, juste pour le plaisir, voici un des monuments des Cure en version live et ce en 1981. Que du bonheur et une petite pensée pour la version rockabilly des Fricotins que nous n'avons pas réussi à finaliser ! Nous sommes le 12 Octobre 1981 à Lille...

The Bonaparte's

Dans la galaxie des groupes français des années 80, il y a ceux dont on se souvient et ceux qu’on redécouvre des décennies plus tard. The Bonaparte’s fait partie de la deuxième catégorie. Fondé à Paris en 1984, le groupe développe une musique tendue et sombre, à mi-chemin entre new wave, post-punk et cold wave. On pense forcément à The Cure, Siouxsie & The Banshees ou Killing Joke, mais les Bonaparte’s avaient leur propre identité : guitares nerveuses, basse en avant, claviers glacés et un saxophone qui ajoutait une touche cinématographique assez unique dans le paysage français de l’époque. On notera que deux des Bonaparte's sont d'ancien Baroque Bordello, un groupe dont nous avons largement parlé dans ces colonnes...

Leur premier disque, Shiny Battles, sort en 1985 sur le label Garage Records. Cinq titres seulement, mais déjà une belle démonstration de force : The Battle of Iena, Waterloo’s Front, Shiny Light, Women in Light et une reprise inattendue de They’re Coming to Take Me Away, Ha Ha! de Napoleon XIV. L’année suivante, ils passent à la vitesse supérieure avec Welcome to the Isle of Dogs, produit par Lol Tolhurst, batteur de The Cure. Le son est plus ample, plus ambitieux, plus varié. On y trouve des morceaux marquants comme For Winter, Voodoo Revenge, Hymn ou She, qui témoignent d’un groupe alors au sommet de sa créativité.

J’ai eu la chance de les croiser à cette époque grâce à une association qui s’appelait Vertical Hiver. On partageait un studio de répétition avec eux et, forcément, les choses ont dérapé : une après-midii, on a fini par taper le bœuf ensemble. Un moment suspendu, un peu irréel, où leur énergie scénique s’est retrouvée en version brute, à quelques mètres à peine. 

Sur scène, The Bonaparte’s enchaînent les concerts importants : Printemps de Bourges, Trans Musicales de Rennes, Rex Club… avant de partir en tournée européenne, passant par la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark et la Norvège. Mais l’aventure ne dure pas. Après la sortie de leur deuxième album, le groupe se sépare en 1987, laissant derrière lui une discographie courte mais marquante.

Bonne nouvelle pour les amateurs : les deux disques ont été réédités par le label Rotorelief. Shiny Battles est ressorti en 2017 et Welcome to the Isle of Dogs en 2019, avec un son remasterisé et quelques bonus selon les versions. Ces rééditions permettent de redécouvrir un groupe qui avait tout pour jouer dans la cour des grands, mais qui est passé sous les radars.

Aujourd’hui, les disques originaux sont difficiles à dénicher, mais les rééditions restent accessibles. Pour qui s’intéresse à la cold wave française et à la scène alternative des années 80, The Bonaparte’s est une étape incontournable, un rappel que certains éclairs musicaux ne durent qu’un instant mais marquent profondément ceux qui les croisent. Voici un premier extrait de leur second album.

Une rareté des Cure

Voici "Winter" une "chute de studio" des Cure datant de 1979 et donc complétement inédite. Cette chanson semble ne pas avoir été retenue pour leur premier album "Three Imaginary Boys" sorti cette année-là et qui reste un des grands moments de la longue carrière du groupe de Robert Smith.

Pussy X

2e extrait du live à Besançon des Kas Product en 1986, voici le 2e "tube" des nancéens : "Pussy X".  Dans les années 80, on aimait bien réaliser des chansons dans un style rétro faisant référence aux "cats". Il y a, par exemple, les Cure et "Lovecats", Téléphone et "Le Chat" ou les Stray Cats et "Stray Cat Strut". Ce coup-ci, voici un chat plus hardcore "Pussy X"...

And Also The Trees

En direct d'Inkberrow en Angleterre voici And Also The Trees groupe post-punk et new wave. Le groupe débute en 1979 et est toujours en activité. Il connaît un certain succès en France et en Allemagne de 1985 à 1992. Pour ma part, je les ai toujours pris pour une pâle copie des Cure même si quelques-unes de leurs chansons ont pu accrocher mon oreille gothique. Normal, le groupe a ouvert pour Robert Smith et sa bande lors de la tournée Faith en 1980. Voici, extrait des "Malvern Demos" un morceau qui lui aussi s'appelle "And Also The Trees"... ça tombe bien !

Le retour de Baroque Bordello

J'ai déjà publié une rareté du groupe parisien, voici maintenant son premier single 3 titres produit par un des Cure originel : Laurence Tolhurst. Today est également le tître de ce maxi sorti en 1984 (mais enregistré en 1983 en Angleterre).

Les Calamités

Bien sûr, quand les Calamités sortent en 1984 leur album chez New-Rose, c'est une évidence que l'on se doit de l'acheter et de l'écouter.  D'abord, nous aimons l'esprit sixties à la française (façon Jacques Dutronc ou Françoise Hardy) ensuite, ces filles amènent un vent de fraîcheur qui fait du bien. On en a un peu marre de l'ambiance dépressive des Cure, de Siouxsie ou d'Operkampf. J'ai une image très nette de ma soeur Béatrice en train d'écouter "A Bride Abattue" dans sa chambre. Ce premier effort ne sera pas suivi puisque les Calamités préféreront retourner à leurs études. Trois ans après, elle sortiront le killer single qui cartonnera en France et leur permettra de s'acheter de belles maisons. Tant mieux, les Calamités avaient le "truc". Un p'tit tour en vélomoteur puis elles retourneront à leurs vies privées. Voici, extraite d'une obscure compilation au format K7, une rareté du groupe qui n'apparaît pas sur la récente intégrale sortie chez Born Bad !

Les garçons ne pleurent pas !

Voici une version live du "Boys Don't Cry" des Cure. Je n'ai aucune indication du lieu, ni de la date... Juste le tître de ce live : "Happy Birthday". D'après mes recherches, ce concert pourrait dater de Mai 1980 et avoir eu lieu en Allemagne à Herford lors du Seventeen Seconds Tour. Mais rien n'est moins sûr. Quoiqu'il en soit, j'adore cette version jouée sans effets, loin de la version enregistrée voir remixée.
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Vietnam Rafale

Vietnam Rafale fait partie de ces groupes dont il ne reste presque rien, sinon quelques traces éparses, un disque et une poignée de lignes dans un fanzine. Actif entre novembre 1981 et décembre 1982, le groupe est originaire de Versailles et s’inscrit dans cette frange discrète de la scène française du début des années 80 où tout se joue en marge, loin des circuits officiels. Leur existence est brève, à peine un an, rythmée par des changements de formation et marquée par le départ d’Étienne, guitariste et chanteur, décrit comme l’âme du groupe. Ce départ précipite la fin définitive de Vietnam Rafale, malgré l’idée évoquée à l’époque d’une nouvelle mouture qui ne verra visiblement jamais le jour.

Leur unique trace tangible reste un 45 tours trois titres, Asile Tropical, sorti en avril 1982. Comme beaucoup de productions de cette époque, il s’agit d’une autoproduction, avec ce que cela implique de fragilité technique. Le disque souffre apparemment d’un mixage et d’une gravure en deçà de ce que le groupe laissait entrevoir sur ses enregistrements de répétition, jugés plus convaincants. Ce décalage entre le potentiel perçu et le résultat final est un classique des sorties DIY du début des années 80, où les contraintes matérielles pèsent souvent plus lourd que les intentions artistiques. Malgré cela, le disque circule, et même plutôt bien à l’échelle de ce microcosme, au point que plusieurs mois après sa sortie, il suscite encore un certain intérêt.

Cette circulation doit beaucoup au réseau AL DI LA. Plus qu’un label, il s’agit très probablement d’un circuit de distribution parallèle, essentiel pour ces groupes sans accès aux structures traditionnelles. À une époque où l’autoproduction est fréquente mais la diffusion reste un verrou, ce type de réseau permet aux disques d’exister réellement, de passer de main en main, d’apparaître chez quelques disquaires indépendants et de trouver leur chemin jusqu’aux lecteurs de fanzines. Le fait que Vietnam Rafale y soit associé les inscrit d’emblée dans une cartographie souterraine faite de cassettes, de correspondances et de relais informels.

Musicalement, Vietnam Rafale semble s’éloigner des formes les plus abrasives du punk pour explorer quelque chose de plus retenu. Les descriptions évoquent une musique claire et légère, construite par touches subtiles, avec une atmosphère qui n’est pas sans rappeler les premiers travaux de The Cure, période Seventeen Seconds ou Faith, loin de leurs évolutions ultérieures. On imagine des guitares propres, peut-être légèrement chorusées, une rythmique sobre, et un chant détaché, dans cette esthétique cold wave encore en train de se chercher en France. Rien de spectaculaire, mais une tentative d’équilibre entre mélodie et distance, typique de nombreux groupes restés dans l’ombre.

Le cas de Vietnam Rafale illustre assez bien ce que fut une partie de la scène versaillaise du début des années 80, bien avant que la ville ne soit associée à d’autres vagues plus médiatisées. Proche de Paris mais sans en être tout à fait, elle abrite alors une série de groupes éphémères, souvent influencés par la musique britannique, qui enregistrent peu, jouent parfois, et disparaissent vite. Leur histoire se reconstitue aujourd’hui à partir de fragments, d’archives incomplètes, de souvenirs diffus. Vietnam Rafale n’est ni une exception ni une anomalie, mais un exemple parmi d’autres de cette activité intense et pourtant presque invisible.

Il reste de tout cela un disque imparfait, quelques lignes tapées à la machine et une sensation familière : celle d’un groupe qui aurait pu aller plus loin, si le temps, les moyens ou les circonstances avaient été différents. Comme souvent dans ces trajectoires brèves, l’intérêt ne tient pas seulement à la musique elle-même, mais à ce qu’elle raconte d’un moment précis, d’un réseau informel et d’une manière de faire exister des chansons en dehors de toute structure.

Kheops

À la fin des années 1980, la scène rock française regorge de groupes actifs dont la trace discographique reste aujourd’hui ténue. Kheops appartient clairement à cette catégorie. Le groupe ne semble avoir laissé derrière lui qu’une poignée d’enregistrements, mais ceux-ci suffisent à attester d’une activité réelle et d’un parcours typique de ces formations qui vivaient avant tout par la scène et les réseaux indépendants.

La discographie du groupe reste extrêmement réduite. Elle s’articule autour d’un premier 45 tours autoproduit paru vers 1987, avec « Fierté Orgueil Virilité » en face A et « Against The Worst » en face B. Ce disque constitue aujourd’hui la trace la plus visible du groupe. Il sera suivi d’autres enregistrements au tournant des années 1990, notamment un single comprenant « Les Fleurs Coupées », ainsi qu’un album publié en 1990 simplement intitulé Kheops. Ces sorties, aujourd’hui recensées dans les bases discographiques spécialisées, confirment que le groupe a dépassé le stade de la simple démo pour tenter une véritable existence discographique, même si ces pressages semblent avoir circulé dans des quantités très modestes.

Comme beaucoup de groupes de cette période, Kheops se construit d’abord sur scène. À la fin des années 1980, le réseau des concerts – MJC, petites salles, festivals locaux – constitue la principale infrastructure pour les groupes rock français. Les disques servent surtout de carte de visite. Tout indique que Kheops appartient pleinement à ce circuit, accumulant les concerts et cherchant progressivement à transformer cette activité scénique en véritable projet discographique.

Tout porte à croire que le groupe évolue dans l’environnement parisien ou en région parisienne. Les membres évoquent eux-mêmes les difficultés liées au manque de petites salles dans ce secteur, un problème bien connu des formations locales de la fin des années 1980. Cette implantation correspond aussi au paysage musical auquel Kheops semble appartenir : celui d’une scène encore très fragmentée, où coexistent héritage post-punk, influences new wave et émergence d’un rock français qui commence à se structurer.

Les références musicales évoquées par le groupe dessinent un spectre assez large. L’ombre de formations comme The Cure, U2 ou Bauhaus plane alors sur toute une génération de musiciens européens, tandis que le groupe français Marc Seberg représente l’une des tentatives les plus singulières d’adapter ces influences au paysage hexagonal. Kheops semble s’inscrire dans cet espace intermédiaire, sans revendiquer une appartenance stricte à une scène précise.

Ce positionnement reflète assez bien le moment particulier que traverse alors le rock français. À la fin des années 1980, la frontière entre rock indépendant, rock alternatif et circuits plus institutionnels reste encore mouvante. Certains groupes commencent à franchir le pas vers les majors, comme La Mano Negra ou Les Négresses Vertes, tandis que d’autres continuent à évoluer dans un réseau parallèle de labels modestes, d’autoproductions et de fanzines. Kheops se situe manifestement dans cet entre-deux, à un moment où les perspectives d’enregistrement commencent à s’ouvrir mais où la scène demeure le principal moteur de visibilité.

L’autoproduction de leur premier 45 tours illustre bien cette situation. Pour de nombreux groupes de l’époque, presser un simple constitue à la fois une carte de visite et un pari financier. Le disque circule dans les concerts, chez quelques disquaires spécialisés ou par l’intermédiaire des fanzines. Mais l’énergie nécessaire pour gérer ces aspects logistiques pèse souvent sur des musiciens qui préféreraient consacrer leur temps à jouer et à composer.

Le nom Kheops lui-même semble avoir été choisi davantage pour sa force évocatrice que pour un programme esthétique précis. Avec le recul, il évoque presque involontairement la construction progressive d’un groupe qui s’édifie patiemment dans l’ombre : concerts, maquettes, autoproductions et tentatives discographiques modestes. Comme beaucoup de formations actives dans les marges de la scène rock française de la fin des années 1980, Kheops n’a laissé que peu de traces visibles. Pourtant, derrière ces quelques disques et les témoignages dispersés dans les fanzines de l’époque, apparaît le portrait d’un groupe pleinement inscrit dans l’écosystème musical de son temps : celui d’un rock qui se vivait d’abord sur scène, bien avant de survivre dans les archives.

Quel Dommage

Formé à Hull au milieu des années 80, Quel Dommage n’a laissé qu’une poignée d’enregistrements, suffisamment rares pour alimenter les fantasmes habituels autour de la cassette culture anglaise, des labels bricolés et des groupes qui ont probablement répété davantage qu’ils n’ont joué.

Paru en 1984 sur le microscopique label Xcentric Noise, Bright Lights ressemble exactement à ce qu’on espère d’un obscur EP britannique de cette période : une production sèche, une tension contenue et cette manière très anglaise de faire de la mélancolie sans jamais verser dans le pathos. Le morceau-titre avance avec une lenteur presque obstinée, porté par une basse rigide, des guitares maigres et un synthé qui apporte juste ce qu’il faut de froideur synthétique pour faire basculer l’ensemble du côté minimal wave. On pense parfois aux premiers Cure débarrassés de toute tentation pop, parfois à ces dizaines de groupes provinciaux qui ont absorbé Joy Division sans forcément disposer des mêmes moyens ni des mêmes ambitions.

La face est complétée par l’improbablement intitulé Music For Serious And Solemn Occasions (A Song Of Thankfulness And Praise), titre aussi pompeux qu’attachant, qui prolonge cette esthétique grise et appliquée, comme si Quel Dommage avait décidé de prendre très au sérieux sa propre tristesse. Rien ici ne cherche l’efficacité immédiate : tout semble légèrement raide, retenu, presque maladroit, ce qui contribue paradoxalement au charme du disque.

Le passage du groupe chez John Peel en août 1984 suffit à prouver que Quel Dommage n’était pas totalement condamné à l’anonymat, même si leur trajectoire semble ensuite s’être dissoute dans le brouillard habituel des groupes DIY anglais. La réédition tardive de leurs archives sous le titre Drogo Beat a permis de confirmer qu’il ne s’agissait pas seulement d’un single isolé mais bien d’un projet un peu plus consistant, actif entre 1983 et 1986.

Bright Lights n’est sans doute pas un chef-d’œuvre caché qui bouleversera l’histoire du post-punk, et c’est peut-être précisément ce qui le rend intéressant. On y entend moins la naissance d’un grand groupe manqué qu’un témoignage très pur de cette Angleterre musicale parallèle où des dizaines de formations enregistraient quelques titres, pressaient un 45 tours à compte d’auteur et disparaissaient presque aussitôt. Un disque mineur, donc, mais de ceux qui racontent parfois mieux une époque que les classiques mille fois documentés.

Interview de Quel Dommage dans Kindred Spirit n°4

 Je me suis permis de traduire une interview de Quel Dommage publiée sur ce très bon blog !

Quel Dommage fait partie des nombreux groupes de Hull qui semblent presque inévitablement destinés à passer à l’étape supérieure.

Le groupe s’est formé en juillet 1982 et a depuis gagné en popularité localement, particulièrement au cours des six derniers mois, grâce à une activité scénique soutenue dans la région de Hull, notamment une première partie plutôt bien accueillie aux côtés de Chelsea. La sortie de leur premier EP, prévue dans les deux ou trois semaines à venir, devrait, espérons-le, leur permettre de grimper encore quelques échelons.

Leurs goûts musicaux personnels couvrent un large éventail de styles, des Cult Maniax… pardon Andy… CULT MANIAX jusqu’à Ian Dury, mais leurs propres compositions sont imaginatives, sombres et traversées d’une agressivité sous-jacente.

Comme les seules occasions où j’ai pu entendre le groupe ont été en concert (les systèmes de sonorisation ne leur rendant pas toujours justice), je me demandais si leurs textes correspondaient à l’atmosphère lourde et pesante de leur musique.

Mike : Il n’y a pas de message caché derrière les textes. Certains parlent de violence en ville, d’autres de bouleversements émotionnels, certains sont romantiques. Ça parle d’un peu tout.

Pensez-vous que de bonnes paroles peuvent parfois détourner l’attention du contenu musical d’un morceau ?

Mike : Moi, j’écoute les paroles en premier. Je pense que c’est la partie la plus importante d’une chanson.

Andy : Je dirais plutôt que la musique est plus importante, mais chacun voit ça différemment.

Quels auteurs de paroles admirez-vous le plus ?

Andy : Rat Scabies.

Mike : Ian Curtis. Je ne comprenais pas de quoi il parlait la moitié du temps, mais j’aimais ça ! Ses paroles n’ont vraiment pris sens qu’après son suicide.

Comment composez-vous un morceau ?

Ian : En général, ça commence par un riff de guitare, puis on ajoute la ligne de basse.

Andy : On écrit un morceau, on trouve son ambiance, puis on a tout un stock de paroles qu’on garde jusqu’à trouver la bonne mélodie pour aller avec, et on assemble les deux.

Mike : Les paroles et la musique peuvent parfois être écrites à six ou sept mois d’intervalle.

Où enregistrez-vous ?

Ian : On est allés trois fois au studio de Ken Giles à Bridlington, mais il a déménagé à Wakefield. Il a ouvert un grand studio avec des équipements 8, 16 et 24 pistes.

Andy : Pour enregistrer un single, il nous faut du 16 ou 24 pistes. On utilisait du 8 pistes, mais c’est assez limité. Chaque studio a son propre son, mais je pense qu’il faut sortir de Hull pour trouver un bon studio.

Avez-vous déjà pensé à faire une vidéo ?

Andy : On a filmé récemment un de nos concerts, surtout pour voir à quoi on ressemblait sur scène.

Vous aimeriez faire une vidéo plus scénarisée, comme Indians in Moscow ?

Andy : Ce serait un changement de faire quelque chose comme ça, mais ça ne m’attire pas tant que ça.

Mike : Je ne supporte pas de voir des groupes pop essayer de jouer la comédie. Je préfère voir une vidéo d’un groupe en live sur scène.

Andy : Une bonne vidéo, c’est une vidéo qui sert la chanson.

Pensez-vous être influencés par quelqu’un en particulier ?

Andy : Nos influences, c’est nous-mêmes. On a tous des goûts différents, mais ça ne veut pas dire qu’on copie un groupe précis. On nous compare à The Cure et Joy Division, mais on ne cherche pas à leur ressembler.

Quelles sont vos opinions sur le féminisme ?

Andy : Eh bien… chacun fait comme il veut… (réponse très peu engagée, les gars !)

Et les femmes de Greenham Common ?

Andy : Elles ont fait de grands sacrifices pour être là-bas et, personnellement, je sympathise avec elles.

Vous êtes tous pro-CND ?

Mike : Je ne veux pas de guerre nucléaire, c’est bien la dernière chose que je souhaite.

Andy : C’est du bon sens, non ? Qui a envie de sauter ?

Ian : Je ne connais peut-être pas tous les faits, mais de mon point de vue, la Russie a des bombes nucléaires, donc nous devons en avoir aussi comme moyen de dissuasion. Il n’y a pas eu de guerre depuis 1945 et je pense que ça l’empêche. Par contre, ces missiles secondaires sont absurdes. On a déjà de quoi rayer le monde de la carte et ils essaient encore d’en construire de meilleurs ?!!

Andy : Alors que cet argent pourrait être utilisé à bien meilleur escient.

Quelle est la prochaine étape pour Quel Dommage ?

Ian : La prochaine étape, c’est forcément de jouer en dehors de Hull… Leeds, Manchester, ce genre d’endroits.

Andy : C’est un cercle vicieux. Il faut avoir sorti un single et être un minimum reconnu avant de pouvoir décrocher un concert hors de Hull. On a écrit à des salles, appelé des gens, mais sans succès. Beaucoup d’organisateurs veulent faire de l’argent, et si tu n’es personne, ils ne veulent pas te connaître. L’idéal serait d’obtenir une première partie pour un gros groupe.

Un dernier mot ?

Andy : J’aimerais juste dire que la scène de Hull est franchement pourrie en ce moment. Ce n’est pas parce que certains groupes attirent l’attention des médias et de la presse que Hull possède une scène valable. C’est aux groupes de faire évoluer la scène — ils devraient s’entraider au lieu d’être aussi arrogants et ignorants, comme certains le sont ! Il serait temps de faire un grand ménage dans cette putain de ville !!

Bon… euh… autre chose ?

Andy : Merci à tous ceux qui ont fait l’effort de découvrir Quel Dommage, ah et je ne fume pas !


 

Un autre morceau de Kakhokaïne

Voici un 2e morceau de Kakhokaïne, un "side project" de Gordon (Cérémonies / Chinaski's / Le Sexe des Anges). La basse y est mise en avant dans cet autre long instrumental qui évoque certaines musiques de film composées par les Cure ("Carnage Visors"/ Faith). Peu d'informations concrètes sur cette formation puisque le fameux Gordon ne se souvient de rien !
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L'Affrontement, au début !

Il m'a fallu attendre 40 ans pour entendre, pour la première fois, l'Affrontement ou "Perfekt Affrontement" selon la K7 audio d'époque. Le groupe est constitué de Pascal Bouris, lead guitare (dit Boubich, le Commandant Jack Détergent) fondateur du mouvement bouloupien, Jean-Jacques Frochtman (dit Piep', Johnny Valstar) guitare rythmique, Eric Bouris (frère de Pascal, dit Bosniak Cornelius le Gerbonaute) à la batterie, Franck Waroquier (dit Tom Carbone) chant, Hervé Hénocq (dit Gordon Gossips rapport à la série les Mystères de l'Ouest) à la basse. Premier tître publié, une reprise des Ramones, le fameux :"Blitzkrieg Bop". Sachant que les Ramones l'ont publié en 1976, en France, en 45 tours, c'est plutôt héroïque et rafraichissant d'entendre cette reprise. Les Ramones sont, en 1979, très, très underground et loin d'être devenu une marque de tee-shirt que l'on trouve parfois chez C&A. Le Punk Rock existe déjà  depuis quelques années dans notre beau pays avec des groupes comme Asphalt Jungle ou Métal Urbain. Ces groupes sont loin de l'approche punk rock originelle. L'Affrontement n'a rien d'arty, ni de parisien. C'est une bande de teenagers issue de la banlieue qui a découvert ce courant musical et tout de suite adhéré. Si leur répertoire est punk, le groupe lorgne déjà vers une approche plus new-wave du style Cure. Pour preuve, un bœuf entendu qui sonne un peu dans le genre. Mais L'Affrontement est  punk pour le fun et/ou pour la dimension subversive. Le groupe va tourner (un peu) et jouer au Golf Drouot (qui fermera en 1981). L'Affrontement sera le premier groupe (punk) à jouer sur l'île de Groix. Gordon, à qui on doit ces documents, m'a raconté une anecdote plutôt amusante : " La K7 a été enregistrée sur mon vieux poste Panasonic des année 76 soit disant stéréo dans l'usine de feu mon parrain de chaudronnerie au 1er étage avec escalier en bois, donc tout un périple pour monter tout le matos (batterie, amplis, guitares, etc.) et Piep', véritable Pierre Richard, avait déclenché le démarrage des machines en appuyant sur ce je sais quel bouton. Panique à bord, mais on a réussit a tout stopper a temps." Si un jour, on publie une nouvelle anthologie du punk en France, le groupe mérite d'y figurer ! Dernier point, la qualité sonore de l'enregistrement laisse parfois à désirer... Pas de problème, c'est l'esprit de l'époque !
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Dans la forêt avec les Fricotins

Voici une adaptation par les Fricotins de "A Forest", le tube new wave des Cure. Ici, il s'agit d'une version un poil rockabilly sautillant. Le groupe n'a pas souvent joué ce morceau en live car ils trouvaient qu'il manquait quelque chose. Sans doute et très simplement de la voix. Les images qui illustrent la vidéo étaient les diapositives que les Fricotins projetaient pendant leurs concerts. Elles ont été réalisées par Pascal et Marc-André directement à partir de photocopies sur calques et de Mac SE. 
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Robert & Simon

Petite curiosité extraite de la revue australienne Forward (format K7 audio) sortie en 1982. On y entend, d'une façon typiquement british, Simon Gallup et Robert Smith (de The Cure) nous donner des trucs et astuces "stylées" et un poil surréalistes.

Baroque Bordello

Baroque Bordello est un groupe new-wave français et parisien qui s'est formé en 1981. Leur nom vient d'une chanson des Stranglers et leur premier ep 3 titres, produit par Lol Tholhurst des Cure, sort en 1984. Après deux albums et une tentative de succès grand public sous le nom de Baroque, le groupe se sépare en 1988. Pour ma part, j'ai eu la chance de les voir en concert à un festival Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux. Je me souviens surtout du batteur qui, à l'époque, me semblait super vieux. Le pauvre Michael Rushton rejoindra les Innocents en 1989 avec lequel il connaîtra un succès plus que mérité. Voici une petite rareté datant de 1983 extraite d'une obscure compilation uniquement sortie en K7 !