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Oberkampf

Je me devais de publier un morceau d'Oberkampf. Un groupe que les bouloupiens ont beaucoup écouté et sur lequel ils ont (aussi) beaucoup pogoté. Voici un extrait d'un live à Lyon en 1983. Oberkampf y interprète une reprise de France Gall, moment fort et bien connu de leur répertoire. Aujourd'hui, Pat Kebra (chanteur du groupe) s'est reconverti dans la production et la promotion de groupes de rock. Il travaille actuellement avec David Rosane sur le projet "Not Your Animal". David qui est à peu présent partout dans ce blog... Il suffit de cliquer ici pour s'en rendre compte ! Le monde (du rock) est petit.
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Je me souviens de nous (3)

J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Le 9 mai 1985, Franck, Gordon, Piepp’ et Bruno sont invités sur Fréquence Montmartre. Apparemment le Rose Bonbon a annulé leurs 2 dates (pour la 2e fois) et ils en ont gros sur la patate d’autant qu’ils n’ont prévenu personne (à commencer par les premiers intéressés). Dommage, ces concerts devaient faire office de « release party » pour le single. 

Franck : « L’avenir de tous les groupes s’est de changer un peu… Oberkampf se sépare, c’est triste ! »  Oui mais il y a Cérémonies souligne l’animatrice… Franck « Oui, il y a Cérémonies pas dans le même genre, mais dans la même voie ». Intéressant, le groupe se sent « engagé » et d’une certaine façon sans concession comme les punks d’Oberkampf.  Puis Franck parle des thèmes qu’il aborde dans ses chansons : « C’est assez simple, ce ne sont pas des grands messages politiques ou pseudo-intellectuels. C’est un peu monté comme des scénarios de film, des histoires, de la fiction, ce sont des images. Comme des petits films, des court-métrages. » puis d’ajouter que le groupe s’adresse à un public le plus sélectif possible. « C’est comme en publicité, on essaie de trouver un créneau. » puis « sur les milliers de groupe français, il y en a peut-être 10% qui peuvent faire quelque chose d’aussi bien que les groupes anglo-saxons ». Les ambitions sont là et Franck a bien assimilé nos cours de marketing.

 

Quand vous jouez dans un groupe, le temps est votre plus grand ennemi. Les efforts communs de ses membres sont tellement énergivores en particulier quand vous êtes jeune (et con). Au bout de 3 ou 4 ans, si rien ne s’est réellement passé vous risquez au mieux le départ de certains…  Fatigués par une routine chronophage ou pire, un split sanglant. Un peu comme en amour. En vieillissant, les choses se tassent et vous apprenez à gérer l’effort sur la longueur. Là, Cérémonies est en pleine possession de ses moyens et a déjà 2 ou 3 ans d’existence. Il faut aller vite.

 

Le groupe participe à un forum des autoproductions dans une lointaine banlieue. Cette manifestation mélange musique, presse, art…Et tout ce qui est globalement autoproduit.  L’élection de François Mitterrand et l’explosion des Radios libres ont favorisé ce type d’initiatives. Il y a comme un vent de liberté créative. Très stimulant et intéressant. Gogol 1er, déguisé en prêtre intégriste, y fait une entrée fracassante au volant de son corbillard. Une installation réalisée à partir de prothèses et de matériel médical d’époque me fait grande impression.

 

On envoie le 45 tours à la presse et au journal Libération en particulier qui le chronique dans sa rubrique dédiée aux singles. Ils ne sont pas très « friendly » et par la même « casse » un certain élan du fait de mots particulièrement blessants. « Cérémonies s’envole gothique et se ramasse français », dur et très injuste. D’après Franck, le groupe aura du mal à s’en remettre. Pour le dossier de presse de Cérémonies, grâce à un cutter de graphiste, nous nous débarrassons de la partie embarrassante de cette affirmation ressentie comme purement gratuite.

 

Le groupe jouera beaucoup live pendant cette période. Bien sûr, les concerts sont le premier vecteur de promotion d’un groupe de rock quel que soit son style. Ils joueront notamment au Seism (à Champigny), au Gibus (comme 90 % des groupes), au Cithéa, au Chat Bleu (à Bordeaux), à Aix… Etc. Le groupe s’accroche, répète, joue. Le concert au Chat Bleu (un 21 Décembre) est un très bon souvenir puisque nous nous déplaçons « en bande » et faisons l’aller-retour sur un week-end pour soutenir nos poulains (dans une salle à moitié vide). J’ai une image très claire de l’autoroute du retour sous la pluie dans la voiture du camarade Quick. Je découvrirai bien plus tard que le Chat Bleu permettra à Noir Désir, un an plus tard, de lancer sa carrière. Un autre concert est resté gravé dans ma mémoire du fait de son ambiance particulière… Cérémonies partageant l’affiche avec les Cherokees et La Poupée Vinyle dans une autre lointaine banlieue. La salle est infestée de Skinheads venus soutenir la Poupée et les toilettes sont un point de rendez-vous pour la fange la plus extrême de ce public venu en découdre. Pour aller pisser un coup j’évite « Fait en France » (tatoué sur le front) et ses potes qui parlent de leurs derniers séjours en prison. Heureusement, « Skin » est là ce soir avec le BSS Kontingent et nous servira de sauf-conduit. Skin, dont je ne me souviens pas du prénom, a pour fait de guerre d’avoir été pris en photo à la Fontaine des Innocents aux Halles, crâne rasé, faisant le salut nazi pour illustrer un article de fond (en une de France Soir) sur le mouvement Skinhead. Skin est, pour finir, un bon gars qui a un peu lâché ses idées extrémistes pour travailler dans l’informatique et pouvoir librement « fricoter » avec une magnifique beurette dont il est tombé amoureux. Pour Franck War, un autre concert reste, pour lui, un grand moment… Celui à Marseille puisque la production offre au groupe un aller-retour en avion ainsi que l’hébergement pour jouer, encore une fois, devant une salle à moitié pleine. A moitié vide ?  Va savoir. Pour une fois, en tout cas, le groupe est traité comme il se doit, comme de véritables artistes. Pour ma part, je garde – enfin - un vague souvenir à jamais amusé d’un tremplin, un dimanche après-midi où Cérémonies remportera le trophée haut la main devant les Garçons Bouchers (dont c’était un des premiers concerts). Dans la salle, les BSS étaient venus en force. Ceci expliquant cela.

 

Sandrine rebaptisée Sandy, leur manageuse, ne chôme pas puisque, finalement, le 2 juin 1986, Cérémonies fait la 1ere partie de Cock Robin à l’Olympia. Est-ce un début de reconnaissance ? C’est du moins ce que nous ressentons tous. Avec le recul, on peut se demander si l’association avec un groupe de variété passant en « heavy rotation » sur NRJ était un bon calcul ? Mais bref, ce soir-là, je suis à l’Olympia où le groupe joue bien mais a du mal à s’imposer face à un public qui est venu uniquement pour les tubes du groupe originaire de San Francisco. Je suis comme un fou, je cours dans tous les sens… En gueulant : « Ce sont mes potes, là en noir sur scène. ». Les pré-ados et leurs parents s’en foutent.  Malheureusement, je ne suis pas invité back stage où le groupe doit savourer « son » moment et où Franck fait un peu de rentre-dedans à Jeanne Mas venue soutenir la formation de Peter Kingsbery et Anna LaCazio. Pour savourer à 100% ce moment, je n’ai ni appareil photo, ni walkman enregistreur. Je veux apprécier à 100% ce moment de gloire. Dommage, même si je garde le souvenir précis d’avoir croisé la maman de Franck dans la salle, appareil photo à la main, si fière d’assister à la consécration de son fils adoré. Il y a donc - peut-être – de photos « souvenirs » quelque part.

 

Une fois ce haut fait d’arme passé, Cérémonies a la gueule de bois et a du mal à se remettre en mouvement. D’autant que Piepp’, le guitariste, est de plus en plus attiré par les vapeurs mauves de la drogue (et de l’héroïne en particulier). Le groupe loue un local de répétition à Champigny-sur-Marne dans une propriété bourgeoise au-dessus d’un garage dans le jardin. A la fin d’une répétition, Piepp’ prend son ampli et annonce qu’il va le vendre parce qu’il a besoin d’argent. Malaise, tout le monde sait ce que veut dire ce geste inattendu. Piepp’ a besoin d’argent pour acheter de la drogue. Ce jour-là, j’assiste à la répétition et j’en profite pour racheter ledit ampli (à un juste prix) avant qu’il ne disparaisse à jamais. Et comme je sous-loue ce même local avec mon groupe, Cérémonies pourra continuer à jouer sur cet ampli. Pour être tout à fait franc, J’ai un peu peur que l’ampli ne disparaisse mais Piepp’ a été clean (si je puis dire) puisque le Music Man est toujours en ma possession.  Au-delà de l’anecdote, c’est une époque qui s’achève. Le groupe essaie de se réinventer et la dernière démo qu’ils enregistrent avec la formation originale annonce cette mue… « N’importe quoi » est plus léger, plus pop, plus personnel aussi. Mes oreilles de fan n’en reviennent pas. Cérémonies se transforme et Piepp’ en profite pour quitter définitivement le groupe. Nous perdons alors le contact et une OD aura raison de sa gentillesse quelques années plus tard. 

 

Jean-Jacques, Dgé pour les intimes, rejoint la formation. Ex-guitariste de Wallenberg, Dgé est une sorte de virtuose de la guitare new-wave avec un jeu qui lui est particulier, tout en lyrisme et en finesse. On est loin des power chords et de l’approche gothique et bruitiste de Piepp’. Jean-Jacques/Dgé n’est pas un inconnu puisqu’il travaille avec Franck et moi-même depuis un moment. Il fait ce qu’on appelle dans le métier de « l’exé » et il est là quand nous créons le studio Bleu Petrol. Il ne nous quittera plus ensuite. Après être parti de Wallenberg, il fonde Lyliak avec Manou, sa compagne et un camarade à l’ordinateur pas complétement transportable (nous en sommes aux prémices du home studio moderne). Manou, une grande brune à la voix grave est la descendante de Vlad le Dragon qui a inspiré Bram Stoker pour son Dracula. D’ailleurs, pour fêter la première année de notre studio Bleu Petrol, nous organisons un mini festival avec Lyliak, mon groupe de l’époque (Bibi & les Fircotins) et Cérémonies en tête d’affiche à la MJC du Pré-St Gervais. Dgé apporte un fini musical et un sens du timing qui faisaient défaut au groupe. Du coup, Cérémonies change son répertoire, affine son style et – comme je l’ai déjà dit – lorgne vers une pop française de qualité. Entre temps, nous avons avons beaucoup élargi notre univers musical en écoutant de nouvelles choses dont les Smiths et Morrissey, Gamine et toujours (et encore) Marc Seberg. Même si musicalement le groupe atteint certains sommets, Cérémonies a du mal à se re-motiver et à réellement avancer. Une question fondamentale se pose alors, faut-il retirer le « s » à Cérémonies ?  Une bonne façon de marquer leur unité musicale retrouvée.

 

Les fans comprennent mal certaines expérimentations au chant de Franck. Franck, toujours en avance d’une tendance musicale, se met en danger et expérimente vocalement de nouvelles choses. Nous les « proches » passons un peu à côté… Trop habitués à une certaine approche gothique. Pour ma part, j’en profite pour prendre un peu de distance. Après avoir été le fan N°1, je suis un peu moins impliqué. Grâce à Cérémonies, j’ai maintenant mon propre groupe de rock, certes un peu approximatif mais qui concentre toute mon attention. Bien plus tard, je jouerai avec Bruno, le batteur de Cérémonies et découvrirait à quel point il avait un caractère difficile, supportant assez mal la contradiction et ce qui ne rentrait pas dans ses goûts musicaux. A moins que ça ne soit juste qu’un problème d’alcool. Bruno jouait fort et pas toujours en place. Il jouait très fort d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on partait pour un concert, il fallait prévoir en plus un parpaing pour éviter que la batterie ne se déplace, toute seule, sur scène.

 

Pendant, cette 2e partie de l’épopée de Cérémonies, il ne se passe finalement plus grand-chose. Le groupe jouera au Gibus plusieurs fois dont une fois avec Seaton, les copains Aixois. Sandy, ex-manageuse de Cérémonies, s’occupe maintenant d’eux. Nous avons perdu le contact avec elle et évidemment son énergie et son sens du contact font franchement défaut au groupe. Cérémonies joue aussi deux ou trois fois au Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux. Avec Bleu Petrol, nous travaillons pour Phil « La Couette » tour manager de la Mano Negra et programmateur du Fahrenheit. Ce qui facilitera le contact. Ils enregistreront aussi quelques maquettes qui ne rendront pas toujours un hommage fidèle à la qualité de leur jeu ni à leurs nouvelles compositions. Ce sont, malheureusement, des lettres restées sans suite. Assurément un gâchis musical qui méritait mieux qu’une K7 audio fatiguée.

 

Finalement, Pascal Rescoussié rejoint Cérémonies pour jouer des claviers et ajouter une touche synthétique à des arrangements de plus en plus sophistiqués. Pascal est aussi un ami du groupe et a œuvré, par le passé, dans Anne et les Filles de Joie. Pascal est un personnage extrême mais très attachant qui a une petite particularité physique : il n’a pas mué et conserve sa voix d’enfant. C’est le dernier acte de la saga de Cérémonies. Les années 90 arrivent et les temps changent. La new-wave n’est plus dans l’air du temps. En Angleterre, on opère une fusion entre rock et musique de danse. Nous-mêmes, hantons certaines boites de nuit et toute la vague née du nouveau « Summer Of Love » mancurien tourne maintenant sur nos platines (CD, le vynil étant passé de mode aussi). Bruno, le batteur, rêve de grunge, de hardcore et de fusion. Il quitte finalement Cérémonies jugé trop mou du genou. Cérémonies n’y survivra pas. Cérémonies sans batteur mais avec un sampler Akaï devient le Sexe des Anges, Keyser Söze puis les Chinaskis (Bukowski encore) avec quasiment le même line-up et quelques talents en plus… Mais c’est une autre aventure musicale qui mérite son propre article.

 

Aujourd’hui, Franck joue toujours avec Dgé dans le très bon Démolition Party. La drogue a failli avoir raison de notre amitié mais j’ai bon espoir que les choses s’arrangent. Dgé va bien et vous embrasse. Bruno ne joue plus de batterie et vit sur son bateau à la Rochelle avec Sandy. Sandy qui après plusieurs passages en hôpital psychiatrique, semble être à peu près en bonne santé et tenir le coup. Pascal Rescoussié, prince des excès alcoolisés, bien que très gravement malade semble, lui aussi, à peu près s’en sortir. Je n’ai plus de nouvelles de la plupart des BSS Kontingent mis à part Quick. Quick est aussi mon ami d’adolescence. Il vit, aujourd’hui, du côté de Toulouse ou un incompréhensible AVC a sérieusement remis en question son mode de vie. Il marche beaucoup… Si possible dans des paysages fantastiques, en accord avec une certaine vision de la vie.  Quant à moi, la musique me tient toujours à cœur puisque j’œuvre dans un groupe qui s’appelle Jean_Marc.

 

Reste les chansons de Cérémonies dont « Souvenirs de Nous » qui avec le recul résonne comme une prophétie et une parfaite conclusion : « Je me souviens de toi, je me souviens de tout, je me souviens du temps… Souvenirs de nous ».

 

Strahler

En direct de Paris, voici Strahler un formidable groupe new-wave au son dark et profond. Le groupe serait né des cendres encore fumantes d'une formation éphémère appelée Paris Noise. Ce Paris Noise comprenait Joe Hell d'Oberkampf au chant et Moko des mêmes Oberkampf à la batterie ainsi que son frère Eric à la basse. Finalement Moko et Eric sont restés et ont continué à jouer avec Philippe pour créer Strahler qui veut dire lumière ou mise en lumière en français. La formation a sorti 2 maxis 3 titres, un en anglais et le même avec les lyrics en allemand. Je ne sais plus comment, à l'époque, nous êtions tombés sur ce maxi mais je me souviens que nous avions été impressionnés tant par le graphisme minimal que par la qualité des compositions et la puissance de leur son. Le groupe a également sorti une cover des Stooges sur une compilation Garage sortie en 1986. Voici un premier extrait de leur maxi en anglais !

Des démos d'Oberkampf

J'étais content d'avoir trouvé dans mes archives, des démos du groupe punk Oberkampf. Des démos que j'ai récupérées dans les années 80, je précise. Et puis en fouillant, je me suis aperçu qu'une compilation CD des dites démos est sortie, il y a peu. J'ai donc pu identifier l'année de ce tître : 1979. Ce qui prouve, une fois de plus, que le mouvement punk français ne peut se résumer à un Asphalt Jungle, un Métal Urbain voir un Plastic Bertrand. Je ne vais sans doute pas publier toutes ces démos car leur rareté est un peu mise en question... Mais en attendant !

Cérémonies, live au Cithéa

Depuis les débuts de ce blog, j'ai publié, un peu dans le désordre, des extraits de ce live de Cérémonies au Cithéa. Rappelons qu'à l'époque, en 1985, la rue Oberkampf n'était pas encore ce haut-lieu de la branchouille parisienne. Il n'y avait pas grand chose si ce n'est le Cithéa (qui existe encore) et un peu plus loin, le Studio Plus où les Négresses Vertes, le Cri de la Mouche (et bien d'autres) répétaient. Pour réaliser le visuel de ce live, j'ai extrait la photo figurant sur le verso de leur single auto-produit et pour télécharger ce live en Mp3, c'est ici !
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Une reprise improbable

En 1977, Plastic Bertrand (en rupture du fameux Hubble Bubble) avec son "ça plane pour moi" cartonne dans les hit-parades. Egalement adapté en anglais pour Elton Motello ("Jet Boy, Jet Girl") "ça plane pour moi" apparaîtra en 39e position dans le fameux classement du magazine américain Billboard. En réalité, Plastic Bertrand admettra (de années plus tard) que c'est son producteur Lou Deprijck que l'on entend sur ce morceau... Mais bref, "ça plane pour moi" est un des rares morceaux catalogués "punk" (à l'époque) qui aura une couverture grand public et internationale. Je me rappelle l'avoir entendu en 81 à Los Angeles sur une radio rock et avoir bluffé mes copains américains en chantant à tue-tête ces paroles surréalistes "Wam! Bam! Mon chat, splatch...  Etc.". Si pour le public français, Plastic Bertrand est devenu synonyme de variété hardcore et fluo, le morceau lui, est entré dans la légende du rock indie grâce (entre autres) à l'adaptation qu'en ont fait des pointures comme Sonic Youth ou Metallica. Ici, il s'agit plus d'un bœuf de fin concert que d'une réelle cover... Voici donc la version du plus classieux de nos groupes punk : Oberkampf.
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Bam Balam, le retour (et bravo Haar Brut)

Merci au très bon blog Haar Brut d'avoir publié, il y a peu, cette compilation "Studio WW 91 Quai De La Gare" que j'ai eu dans ma discothèque pendant un certain temps. Cette compil' regroupe certains groupes qui répétaient dans ce studio dont La Souris ou Oberkampf. Du coup, je me suis aperçu que Bam Balam y figurait en bonne place puisqu'il me semble que certains membres du groupe y travaillait. J'en profite pour saluer Haar Brut qui est vraiment un très bon blog sur le rock français (avec un gros focus sur la scène Oï et la scène pop des 90's ... Des domaines que je n'ai jamais vraiment abordé). Merci pour ces articles et ces partages toujours très quali. Je ne manque pas de consulter quasi quotidiennement cet incontournable du "vrai" rock français loin des clichés à la Téléphone ou à la Noir Désir. J'essaie, également, de ne pas trop "republier" ce que nous propose Haar Brut, mais  bon, dans ce cas précis, c'était vraiment beaucoup plus facile de compléter mes posts sur Bam Balam.

Raff

Aujourd’hui, direction Limoges pour se replonger dans l’histoire de Raff, un des groupes punk les plus emblématiques de la scène locale des années 80. Un parcours typiquement “Do It Yourself”, entre démos bricolées, vinyles autoproduits et tournées sauvages un peu partout en France. Tout commence à la toute fin des années 70. À l’époque, le groupe s’appelle Baby Boom, puis passe par Bloody Tracks et Chainsaw (avec une démo joliment titrée On est un groupe pourri) avant d’adopter définitivement le nom Raff en 1982. La formation bouge pas mal au fil des ans, mais on retrouve à la base Steff (chant), Didier (guitare), Pascal (batterie) et Philippe (basse). Plus tard, Fabrice Venon et d’autres musiciens locaux viendront compléter la bande.

En 1984, Raff sort son premier 45 tours, Danse. Dans la foulée, le groupe enregistre Votez Raff, un album 16 titres qui voit le jour en 1985 sur le label Ripost. Un an plus tard, les Limougeauds enfoncent le clou avec Six Balles… Pour un Colt ! (77 KK Records), leur deuxième LP, toujours aussi énergique et abrasif. Raff participe aussi à quelques compiles locales (comme Rock à Limoges de Radio Trouble-Fête), qui permettent de figer sur bande l’intensité de cette scène régionale.

Si Raff reste avant tout un groupe limougeaud, il ne se contente pas de jouer dans son coin. Tout au long des années 80, le quatuor sillonne la France : Paris, Marseille, Lyon, Blois, Belfort, Toulouse, Montpellier, Saint-Affrique… Sur scène, ils partagent l’affiche avec La Souris Déglinguée, Oberkampf, Toy Dolls, Bérurier Noir ou encore les Sheriff. Le groupe finit par donner son dernier concert début 1988 à Pau, avant de se séparer.

Steff Tej, le chanteur, ne raccroche pas pour autant. Il lance rapidement Les Éjectés, autre formation punk-ska toujours active et qui deviendra la plus connue de Limoges. Quant à Raff, il reste dans les mémoires de la scène alternative française des 80’s, avec des disques devenus assez recherchés par les collectionneurs. Petite surprise : en 2014, les musiciens se reforment sous le nom Les Raff, plus de 25 ans après leur split, et remontent sur scène. Comme si le punk n’avait jamais vraiment quitté Limoges.

Sur Daniel Darc

Bien sûr quand on parle rock français des années 80, on se doit d'aborder Daniel Darc et Taxi Girl. Si j'ai quelques doutes sur la dimension réellement rock de Taxi Girl, j'ai toujours admiré les talents d'écriture du gars Daniel Darc... J'ai eu la chance de voir le groupe 2 ou 3 fois (Et Darc toujours dans un triste état, au moins 2 fois), je les ai toujours trouvé assez mignons (assez loin de ce qu'on lit aujourd'hui sur eux : punk, destroy... Etc.). Rappelons qu'à l'époque, il y avait déjà des groupes comme Oberkampf (ou LSD) qui, par contre, envoyaient du pâté à grands coups de guitares. Finalement tout ceci a assez peu d'importance, il ne reste qu'un membre en vie de Taxi Girl. J'aimerai, pour une fois, rendre un hommage par l'écrit en reproduisant le texte qui apparaît sur la pochette du maxi : "Dite-le Fort (Nous Sommes Jeunes, Nous Sommes Fiers)":

"Et qu'on ne nous emmerde plus avec ces histoires de look ! Nous avons déjà assez de mal à trouver une chemise propre chaque matin dans notre armoire. Et puis qu'ils ne nous demandent plus où nous êtions quand la tempête soufflait : nous pourrions leur poser la même question et notre alibi vaut bien le leur. Nous sommes jeunes et fiers. Et il nous faut choisir et le choix est toujours le même : nous serons le Problème ou nous serons la Solution. John Sinclair avait raison. Oh ! Comprenez-moi ! Il faut faire quelque chose maintenant. Nous avons passé assez de temps à nous regarder dans les miroirs. Assez de temps à dire des choses que nous ne pensions pas vraiment en essayant de faire de jolies phrases. Assez de temps à nous haïr les uns les autres sans grande conviction. Ça ne m'amuse plus. Ça ne peut plus nous amuser ! La Vie n'est pas ce qu'on nous faisait croire. Alors ne laissons plus couler dans nos veines que du sang. Et ne gardons plus dans notre âme qu'Amour. Nous sommes purs et leurs mensonges n'y changeront rien. Ceux qui nous trouvent ridicules sont si vains ! Ceux qui nous croient puérils sont si vieux ! Nous sommes des boat people. Et quand la tempête soufflait nous êtions sur les mers. Alors que peut-il nous arriver ? De quoi devrions-nous avoir peur ? Il suffit de choisir maintenant. Le Ciel s'ouvrira !" 

Daniel Darc - Avril 84 - Paris


Maximum

Voici une 2e démo d'Oberkampf retrouvée sur une obscure K7 audio. Malheureusement, elle a déjà été éditée en CD, il y a quelques années. "Maximum" est une de mes chansons préférées du groupe. Je n'ai pas résisté à l'envie de partager cette démo de 1980 en ces augustes colonnes. Un vrai "hymne" punk qu'il est toujours opportun de réécouter.

Indochine, live au Bus Palladium

A la sortie du 1er mini album d'Indochine (avec leur giga-tube "l'Aventurier"), je me souviens avoir dansé avec une horde de punks, au Gibus, sur ce "Bob Morane contre tout chacal, L'aventurier contre tout guerrier". Mais bien vite, leur réputation de fils à papa, abonnés du Rose Bonbon, a pris le dessus. Indochine, pour les amateurs de Rock français, c'était - au mieux- de la variété de qualité avec des gus déguisés façon "néo-romantiques". N'en déplaise aux fans transis et il en va de même pour Taxi Girl. A l'époque, nous avions déjà... Au hasard, Tanit, Oberkampf, Jad Wio voir Orchestre Rouge... Un peu plus "authentique" et un peu plus engagés musicalement. Moi, personnellement, je me fous du dogme et de ce qui se fait ou non. J'ai bien aimé quelques morceaux, à leur début, d'Indochine même si (comme pour Téléphone) leurs paroles m'ont toujours parues débiles et à la limite du kitsch. Voici le premier extrait d'un live diffusé sur Radio 7, enregistré au Bus Palladium, le 5 mai 1983 !
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Dazibao

Formé à Paris en 1982, Dazibao est un groupe emblématique de la scène post-punk française des années 80. Porté par Jamil Saiarh, chanteur franco-marocain chantant en arabe, français et anglais, le groupe mêle dès ses débuts new wave, sons industriels et instruments traditionnels (épinette hongroise, bombarde). Un cocktail audacieux qui se démarque sur le premier 45 tours, sorti chez Mr. Vinyl Records.

Avec l’arrivée du guitariste Lucas Zabojnik, le son s’étoffe et prend un virage plus sombre, dans la lignée de Joy Division ou du Gun Club. Dazibao enchaîne les concerts et sort trois albums marquants : Les Musiques de la honte (1987, V.I.S.A.), Amok (1988), produit par Éric Débris et Shems/Soleil (1991, Bondage/Zelig).

Le groupe tourne en France, mais aussi en Allemagne, Yougoslavie, Italie, Belgique et Canada, partageant parfois l’affiche avec des pointures comme The Fall. Malgré une reconnaissance critique solide, le succès commercial reste modeste, et Dazibao se sépare en 1993.

Certains membres poursuivent l’aventure musicale : Jean Zundel fonde Youpi Youpi Yeah avec Joe Hell d’Oberkampf, Paul Dufayet de la Tour rejoint Kni Crik, et plusieurs d’entre eux rejouent ensemble dans Marécage.

En 2010, Infrastition rend hommage au groupe en sortant un coffret intégral de leur discographie, rappelant à quel point Dazibao reste une pierre angulaire du post-punk hexagonal, à (re)découvrir d’urgence. Voici un premier extrait de leur 1er album !

Couleurs Sur Paris

J'ai déjà publié plusieurs chansons d'Oberkampf, le fameux groupe punk et parisien. Ce coup-ci, il s'agit de leur tube "Couleurs Sur Paris" en version live à Nanterre en 1982. Bon, il faut être un peu honnête, cette version n'est pas la meilleure... Le son du live ne jouant pas en la faveur de ce groupe devenu mythique. Au final, ça fait plaisir de les entendre même si je m'adresse plutôt aux fans inconditionnels. On notera que Pat Kebra, l'ancien guitariste du groupe, s'est reconverti en attaché de presse. Il s'est occupé avec beaucoup d'efficacité et de talent de la promotion des deux albums de Not Your Animal de David Rosane. David et les Animals sont des habitués de ces colonnes.

À propos de Strahler

Suite à mes différents posts sur les magnifiques Strahler, Lol Quantum m'a contacté et envoyé un message sympa et ultra intéressant. Je vous le livre tel quel... 

" Salut 'Bouloup'

Je suis tombé par hasard (?) sur ton blog, très intéressant ;-) ainsi que sur la page concernant le groupe Strahler. Et concernant ce groupe, je peux t'apporter qqs renseignements supplémentaires. Pour les avoir bien connu, nous avons tous fais nos armes "rock'n'roll" dans la même ville ; Conflans Ste Honorine (à la scène rock très riche)... Moko ; le batteur d'oberkampf (et plus tard de Strahler) était de cette ville ; et il ramenait souvent Joël avec lui... et nous nous retrouvions souvent donc, dans notre pub local légendaire (Chez Kiki)... Moko et son frère Eric, commencèrent à jouer ensemble sérieusement et furent très vite rejoint par Philippe au chant (et ses synthés bricolés)... et commencèrent donc le projet Strahler... Le maxi 45t 3 titres sorti en 1984. Sous la forme de 2 pressages; un Français (en anglais) et un Allemand (chanté en allemand).
 
Alors, je te résume : un jour de cette même année (si ma mémoire est bonne), Joël qui était dans le coin, se retrouva dans le local de répète de Strahler. Il prirent un acide, et commencèrent à délirer et improviser comme des fous... Dans le même temps, un concert se préparait à la salle des fêtes... Quelqu'un proposa à Strahler de participer à ce concert... Mais au final, le groupe décida que ce serait 'Paris Noise' à l'affiche.
Personne ne savait à quoi s'attendre.
 
Ils arrivèrent sur scène tous sous acide, et firent leur show... qui, comme tu peux l'imaginer fut hallucinant.. dans tous les sens du terme... Ce fut leur unique concert... Et une légende était née.
Peu de temps après, et quelques concerts + tard (souvent avec Ausweis, devenus aussi des potes); Philippe, le chanteur, quitta Strahler... Il fut remplacer par Skal, avec qui les 2 frères enregistrèrent la reprise des Stooges pour la compil des studios Garage (vers 1986).
 
Peu après, ils cherchèrent qq1 pour assurer le synthé... Je décidais de leur présenter ma copine de l'époque, Pascale Mace, avec qui je jouait un peu et à qui j'apprenais les rudiments du Synthétiseur et des samplers...
Elle fini donc par rejoindre le groupe. Strahler (V2) feront donc 3 ou 4 concerts sous cette formation, et enregistreront les 1ers titres d'un album qui, malheureusement, ne sortira jamais... et qui s'annonçait pourtant magistral...
 
Le groupe splitta dans la foulée... Peu de temps après, par un jeu de connaissances communes, et après notre séparation, Pascale se retrouva dans Asylum Party... et tu connais la suite, je pense...  À noter qu'à la même époque, je chantais avec le groupe C-KEL (1 groupe à 2 basses). ici concert :

Et en 1991, Moko & Skal (les 2 anciens Strahler), Pat (le 2e bassiste de c-kel, à la guitare) et moi même LoL (chanteur de c-kel, ici à la basse) avons décidé d'allier nos inspirations communes pour faire un groupe : STLM. Dont je viens mettre les seules démos existantes en ligne, récemment :
 

Moko, Eric & Skal sont aujourd'hui décédés

Et voilà pour la petite histoire ;-)
Cordialement, et bonne continuation

LoL Quantum
 

PS : ici le lien de la chaine YT de mon projet qui vient de fêter ses 25 ans"

Un grand merci à Lol pour toutes ces informations et ces découvertes !!!

 

69 K-Rats

En direct de Lyon (ou quasiment en direct) voici les 69 K-Rats qui, en 1986, ont sorti un maxi-45 tours auto-produit sans jamais avoir fait de scène avant. Ce qui était assez inhabituel à l'époque. On est dans une ambiance "dark" et punk, finalement assez proche d'Oberkampf. Le tître du maxi  "Légion Connerie"et la photo sur la couverture donnent le ton. Impossible de trouver plus d'infos sur ce trio (a priori) constitué de Chris au chant, de Franx aux guitares et de Filiher à la batterie.

Les Bouchers (de Verdun)

Voici un morceau de Cérémonies ("Les Bouchers"), live au Cithéa en 1985 ! Marc-André a un (tout petit peu) participé à l'écriture de ce texte un poil rétro. Ce lieu "mythique" parisien est devenu par la suite le Cithéa Nova... Puis je crois qu'il a disparu corps et âme. Cette salle était située rue Oberkampf (pas très loin du Studio Plus) et devait ouvrir la voie pour ce qui est devenu un haut lieu de la nuit parisienne. A l'époque, il n'y avait pas grand chose d'autre ! La photo qui illustre la vidéo est signée Pascale de Laubier !
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Punk Rocker

3e extrait du maxi des Dossers, groupe français exilé à Londres et qui ne semble pas avoir eu plus de succès en Angleterre qu'en France. On remarquera, au passage, certains similarités avec Oberkampf...

Voyoux Punks

 Voici le 2e morceau des Voyoux présent sur la compilation "Les Furieux Du Poitou-Charentes". Cette compilation est sortie deux ans après leur mini album ("Caresse Ton Rêve"- 1987) et bizarrement ce tître sonne beaucoup plus punk que leurs premiers enregistrements (ils citent à la toute fin, Oberkampf).