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Les Malades

J'ai déjà publié deux chansons des Malades extraits de la compilation "Repérages 1984". 
 

Les groupes comme Les Malades laissent rarement beaucoup de traces, mais parfois quelques disques et une poignée de pages photocopiées suffisent à reconstituer tout un pan de scène. Actif à Lille entre 1981 et 1986, le groupe s’inscrit dans cette zone encore floue qui relie l’après-punk à l’émergence de la scène alternative française. Longtemps réduit à son premier 45 tours Le Pacha / Embarquement immédiat paru en 1983, le groupe apparaît aujourd’hui sous un jour un peu différent dès lors qu’on recolle les morceaux de sa discographie et qu’on croise ces éléments avec les archives fanzines.

Derrière ce nom, clin d’œil assumé à Madness, se cache un groupe à la fois ancré dans son époque et déjà en décalage. La formation de la première période réunit notamment Abel Chakleb à la batterie, Jean-François Declercq à la basse, Thierry Barrois au saxophone et Thierry Cailliez à la guitare, avec un chant assuré par Bruno Cheynier. La présence du saxophone, loin d’être anecdotique, donne immédiatement une couleur particulière à leur musique, qui déborde du simple cadre punk pour aller chercher du côté du ska, du rhythm’n’blues et de formes plus hybrides.

Le premier single de 1983 capte une énergie encore brute, tendue, mais déjà traversée par ces influences multiples. Pourtant, il ne constitue qu’un point de départ. Deux ans plus tard, Les Malades publient un second 45 tours, Écrivez-moi des lettres, sur leur propre structure, Les Éditions de la Péniche, signe d’un ancrage plus affirmé dans les réseaux DIY locaux. Dans la foulée, ils participent à la compilation Repérages 84, véritable instantané de la scène nordiste, avant de franchir une étape supplémentaire avec la sortie en 1986 de l’album Chaud devant.

Cette progression discographique éclaire autrement le contenu d’un entretien publié en 1985 dans un fanzine (Anonyme n°3 - Juin 1985), où le groupe développe un univers à la fois cohérent et décalé. Les Malades s’y décrivent à travers un vocabulaire médical détourné, parlant de virus, de symptômes et de remèdes, comme si la musique relevait d’une forme de contamination joyeuse. Derrière ce jeu de langage, on découvre surtout une cartographie musicale étonnamment large. Le groupe cite aussi bien The Saints que The Fleshtones, tout en revendiquant un attachement profond à la soul américaine, de Stax Records à Motown.

Plus inattendue encore est l’évocation explicite de musiques africaines, le groupe mentionnant le makossa comme influence directe. Dans le contexte français du milieu des années 80, cette ouverture reste rare et rapproche Les Malades de ces trajectoires marginales où le post-punk devient un terrain d’expérimentation bien plus large qu’un simple prolongement du rock anglo-saxon. Cette hybridation se retrouve aussi dans leur manière d’exister : concerts fréquents, organisation d’événements, implication dans des réseaux parallèles où se croisent musique, graphisme, poésie et performances.

L’album Chaud devant, publié en 1986, apparaît ainsi comme l’aboutissement logique de cette dynamique. Il prolonge un parcours amorcé dans les squats lillois du début de la décennie et structuré autour d’un collectif autant que d’un groupe au sens strict. Mais comme beaucoup de formations de cette époque, Les Malades disparaissent presque aussitôt après avoir atteint cette forme de maturité discographique, laissant derrière eux une œuvre brève, dispersée, et longtemps sous-documentée.

“La scène toujours et toujours car de ça on ne guérira jamais”, affirmaient-ils en 1985. La formule prend aujourd’hui un autre sens. Elle ne dit pas seulement l’urgence de jouer, mais aussi celle de laisser des traces, même fragmentaires. Trois disques — deux singles et un album —, quelques compilations et des pages de fanzines suffisent finalement à faire réapparaître Les Malades pour ce qu’ils étaient : non pas une curiosité isolée, mais un groupe pleinement inscrit dans les circulations souterraines de son époque, à la croisée du rock, de la soul et d’influences bien plus larges.

Shake with the Fleshtones

J’ai déjà évoqué The Fleshtones en ces augustes colonnes, mais il était temps d’y revenir, tant ce groupe américain résume à lui seul l’esprit rock que j’aime documenter ici : des années d’activité menées sans reniement, une énergie intacte et cette manière unique de marier la tradition rock’n’roll à une urgence presque punk. Formés en 1976 dans le Queens, Peter Zaremba, Keith Streng et leurs camarades n’ont jamais cessé d’expérimenter, de tourner, d’enregistrer, d’aller de l’avant sans jamais vraiment se poser la question de savoir s’ils allaient entrer dans l’histoire. Et c’est précisément pour cela qu’ils y sont entrés. En plus, le groupe a des liens particuliers avec la France (cfr, par exemple, l'album où ils accompagnent Tony Truand ou leur chanson hommage à Dominique des Dogs).

Leur fameux “Super Rock”, qui mélange garage, surf, R&B, rockabilly et un peu de psyché, n’a jamais vraiment trouvé de clone. On pourrait dire que c’est le son des racines rock américaines passées dans un blender biberonné aux nuits du CBGB, mais même ça reste un raccourci. Leur musique n’a rien de nostalgique : elle avance, elle exige de danser, elle ne triche pas. Leur premier single American Beat, en 1979, donnait déjà le ton, suivi du très marqué Roman Gods en 1982, qui plaçait définitivement le groupe dans la catégorie des formations capables d’allier un héritage rock solide à une vraie modernité. Les décennies suivantes n’ont rien changé à leur manière de travailler, ni à leur capacité à surprendre, des productions marquantes comme Beautiful Light ou le plus abrasif Laboratory of Sound enregistré par Steve Albini, jusqu’aux disques plus récents qui témoignent d’une longévité rare dans leur scène.

Les Fleshtones ont aussi cette singularité d’être restés un groupe de scène. Leur réputation vient de là, de concerts débordants d’énergie, où l’on comprend vraiment ce qu’ils veulent dire par “Super Rock” : ce n’est pas un style, c’est un état d’esprit. Ils n’ont jamais franchement cherché la reconnaissance commerciale, mais ils ont acquis quelque chose de plus durable, ce statut de groupe culte qui traverse les époques sans se démoder. Dans une carrière qui frôle aujourd’hui le demi-siècle, ils n’ont jamais cessé de jouer, de tourner, de défendre leur musique avec une générosité qui forcerait presque le respect à n’importe quel cynique.

Si je m’y intéresse sur Bouloup, et si j’en reparle aujourd’hui, c’est parce que The Fleshtones incarnent parfaitement ce que j’aime documenter : des musiciens qui ne se racontent pas d’histoires, qui avancent sans compromis et qui, sans en avoir l’air, ont influencé beaucoup plus de groupes qu’on ne veut bien l’admettre. Leur carrière pourrait presque servir de fil rouge à une autre histoire du rock américain, celle qui ne passe pas par les charts mais par les caves, les clubs, les labels indépendants et les obstinés du son brut. À mes yeux, c’est là que se trouve la vraie mémoire du rock, et The Fleshtones en sont l’une des plus belles preuves encore vivantes. Nous sommes à New-York City le 30 0ctobre 1980, les Fleshtones reprennent un standard des Shadows Of The Night...

The Cosmetics

Ça faisait longemps que je n'avais pas parlé d'obscures groupes new-wave anglais. Voici donc les Cosmetics, le projet de Richard Mazda alors en rupture de son premier groupe "The Tours" soutenu par l'incontournable John Peel. Richard monte les Cosmetics en 1980. Ils sortiront 3 singles entre 1980 et 1982. Celui sorti chez I.R.S (le label incontournable du frère d'un des musiciens de Police) permettra à Richard Mazda de sortir en 1983 un album solo (et deux singles). Il devient le producteur maison d'I.R.S ce qui lui permettra de travailler  avec les Wall Of Voodoo, Fleshtones... Etc. et même de jouer de la guitare chez Tom Robinson. Richard Mazda a également écrit des tubes pour Ultra Nate  et joué la comédie dans plein de blockbusters Hollywoodien (dont un Batman)... Richard a une très belle carrière. Voici donc ses débuts avec The Cosmetics. Un groupe qui n'est pas sans me rappeler les Psychedelic Furs. "Closures"  est extrait d'un single sorti en 1982 !

Les Go-Go's

Quand le premier album des Go-Go's sort... Il atterrit direct sur nos platines (surtout sur celle de ma sœur Béa). Plusieurs bonnes raisons à cela... Déjà leur label est celui des Cramps et des Fleshtones (IRS), ensuite un tube signé Terry Hall, enfin un girl's band néo sixties... On n'en voit pas tous les jours. Bref, on écoutera beaucoup les Go-Go's... Jusqu'on s'en lasse un peu et que l'on passe à autre chose. Je me souviens pourtant de leur cover des Capitols ("Cool Jerk")sur leur 2e album. Classe pour un groupe typiquement californien. Voici, extrait d'un concert datant de 1981, une cover de "Let's Have A Party" du King Elvis. Dans ce cas précis, je pense qu'elles sont plutôt parties de la version de Wanda Jackson...

Le retour des Fleshtones

J'ai déjà publié une rareté des Fleshtones, groupe garage/frat rock qu'il faut voir en concert. En souvenir de leur fantastique prestation au Palace en 1983, voici "Vindicator's Theme" live, un an plus tôt, au London Victory Club à Philadelphie.

Bootleggers

 En direct de Marseille voici les Bootleggers, un groupe de pub rock français comme on en faisait dans les 80's. Le groupe qui s'appelait à l'origine Dino Valentino & les Bootleggers a connu plusieurs frontmen (Dino, Christian Franchi puis Hervé Guigou) et a beaucoup tourné entre 1981 et 1990 (1ere parties de Bo Diddley, Vince Taylor, Doctor Feelgood, Inmates, Flamin' Groovies, Fleshtones, Eddie and the Hot Rods, Little Bob Story, Dogs...). Ils enregistreront deux longs sous la houlette d'Henri Gauby un producteur local bien connu puisqu'on lui doit une vingtaine de prods de qualité. Dont les Needs (auxquels ont participé deux de nos copains de Seaton), Hôtel du Nord (d'Aix aussi), Still Life ou les Tales. Henri était un ami proche de Steve Wynn des Dream Syndicate et une figure dans le business musical. Malheureusement, il est mort en 2003. Voici extrait de "Série B" sorti en 1984 un premier tître des Bootleggers.

The Fleshtones

Il ma fallait, à tous prix, parler des Fleshtones dans ces colonnes. Le groupe est apparu dans les années 80 sur le même label que les Cramps et a remis un certain rock sixties à la mode. Quand je parle d'un certain rock, je veux bien sûr parler du "Frat Rock" dont la vocation première est de faire la fête (avec les gars de la "Fraternity", une notion que l'on ne connaît pas en France). Je me souviens très bien de leur concert au Palace (le 7 Novembre 1983). Comme tous ceux qui y étaient car leur set s'est terminé dans la rue, en mini-émeute. Heureusement, je me suis barré avant que la police n'arrive. Depuis, le groupe a continué d'exister - principalement en France - et de sortir des albums plus ou moins essentiels. Les Fleshtones sont, en tous cas, restés fidèles à leur esprit et à leur vocation première. J'ai trouvé ce titre enregistré en live sur une compilation ("Start Swimming") sortie en 1981 sur la branche américaine du label Stiff Records. Les Fleshtones y présentent deux chansons au côté des Bush Tetras, Raybeat, Db's... Etc.