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Dantzig

A cette époque, en 1985, le Cithéa était au milieu de nulle part. Ce n'était pas encore ce haut lieu de la nuit parisienne dans cette rue Oberkmapf devenue une succession de bars et de restaurants. Cérémonies y joue en 1985 et j'ai déjà publié plusieurs morceaux de ce concert que l'on peut écouter ici et . Dantzig est un long morceau (publié à l'origine via le fanzine Zick Addikt) qui comprend, à la fin, une longue plage instrumentale. Frank, le chanteur, en profite pour citer Marquis de Sade (et son Dantzig Twist). Le groupe est en place et cette captation est à mon sens vraiment réussie.
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Dantzig à Aix

Voici le 1er tître du concert de Cérémonies à Aix-en-Provence en 1987. J'ai déjà publié plusieurs versions de ce "Dantzig", un classique du groupe, qui comprend 2 sections dont une partie instrumentale à la fin. En début de set, le groupe doit se chauffer un peu (et ça s'entend). Il n'empêche que c'est un vrai plaisir de les entendre dans la première version de leur line-up (avec Piepp' à la guitare). On trouvera ici-même un autre extrait de ce concert et là, toutes les versions de "Dantzig". Le visuel qui illustre la vidéo est extrait du fanzine "5 francs" et représente Sandy, un temps la manageuse du groupe, qui a été mariée un peu plus tard à David, le chanteur de Seaton et Monkey Business. Une des "figures" du Bouloup Contingent.
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Dantzig à Bordeaux

J'ai publié en Mp3, il y a peu, l'intégrale du concert de Cérémonies à Bordeaux en 1985. En préparant cette publication, je me suis rendu compté que j'avais oublié d'ajouter sur YouTube ce "Dantzig" qui est un des classiques du groupe et qui se divise en 2 segments distincts (dont une partie instrumentale à la fin).
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Dantzig

Voici, un extrait du fanzine audio "Zick Addict N°1", une publication dont je n'ai pas encore retrouvé la trace mais qui avait sollicité, à l'époque, Cérémonies en plus de 3 autres groupes. Ce très beau (et long) morceau me fait toujours penser à Jean-Jacques, le guitariste de Cérémonies. On l'appelait "Piep'" parce qu'il était pompier de profession et c'était un garçon très gentil et très doux. Malheureusement, la drogue est passée par là et, apparemment, il est mort il y a quelques années. La photo qui illustre le clip est un cliché de Pascale de Laubier qui saisit parfaitement bien son look d'alors et son attitude. Le guitar héro typiquement new-wave ! Donc une petite pensée émue pour Piep'
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Zick Adikt

En Septembre 1985, Cérémonies est au sommaire du fanzine "Zick Adikt". Le fanzine a la particularité d'avoir une K7 audio jointe au journal. Dans cette K7, un inédit de Cérémonies. Il s'agit de "Dantzig" que j'ai déjà publié ici-même. Grâce à Edouard, voici la repoduction de l'article sur Cérémonies. Que l'on pourra également télécharger au format PDF, ici-même.
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Une rareté de Marquis de Sade

J'ai déjà abordé Marquis de Sade, ici-même et plus généralement le camarade Philippe Pascal. Voici un tître rare extrait de la réédition de leur premier long "Dantzig Twist" datant de 1989. Ce "Die" était un des deux bonus tracks !

Je me souviens de nous (2)


J'ai eu le plaisir de participer aux deux Revues Thésaurus publiées par le camarade Claude Picard. Dans le premier numéro, j'ai écrit un long article sur Cérémonies, dans le second, c'est de ma carrière musicale dont il était question. Bien sûr, vous pouvez vous les procurer ici-même. Le temps a un peu passé depuis ces publications et il est temps de partager ces monuments journalistiques avec mes lecteurs adorés ! 

Nous sommes en 1983, je rencontre Franck War dans une école qui prépare à un BTS de Publicité. Très vite nous sympathisons. La « Pub » qui n’est pas devenue la « Com », à l’époque, est un phénomène de société sympa et branché. Le consumérisme et l’écologie ne sont pas à l’ordre du jour. Jacques Séguéla n’est pas encore un vieux con qui sucre les fraises en mélangeant Rolex et Réussite. 

Notre amitié commence peut-être dès le premier jour quand un de nos profs nous demande de partager nos motivations à intégrer la grande famille des « pubeurs ». J’avoue pour ma part, moitié français, moitié provocateur, « vouloir me faire plein de fric et un maximum de nanas ». Je crois que ça a plu à Franck.  Sandrine également dans la classe deviendra la manageuse du groupe avec un certain succès avant de tomber amoureuse et de se marier avec le chanteur de Seaton (une formation new-wave amie basée à Aix-en-Provence). Béatrice intégrera la bande et épousera Bruno, le batteur de Cérémonies. Également avec Mathy, Anne-Marie et pleins d’autres nous formons une petite bande d’apprentis pubards. 

Très vite Franck fait le lien avec les autres Cérémonies qui répètent au fameux Parking 2000. Le groupe partage un box avec une groupe exclusivement féminin les Traffic Diams. A côté, on croise les punks de Panik LTDC. Christian Panik, leur chanteur, est le frère de Bruno, le batteur de Cérémonies. Plus loin, les Martyrs ou les Toreros Muertos. Les Toreros sont espagnols et ont déjà eu des hits, dans les années 70, dans leur pays d’origine. Le Parking 2000 est un vrai parking qui loue à des groupes comme Tanit ou les Washington Dead Cats. Il n’y a pas de toilettes et on imagine facilement l’odeur ambiante. Le proprio coupe l’électricité à minuit. Dur pour ceux qui squattent et dorment dans les locaux de répétition sans chauffage. Le Parking 2000 est devenu, bien plus tard, un sujet de recherche pour une sociologue spécialisée dans la culture pop. C’est là que j’assiste à mon premier concert du groupe. Le premier d’une longue série.

En plus d’intégrer le BSS Kontingent, je change de look. Une grosse dominante de noir sur fond de treillis et de rangers tchécoslovaques achetés à La Redoute. Dieu merci, j’ai déjà les oreilles percées. Mes parents bloquent un peu sur mes chemises noires qui font écho aux heures sombres de l’histoire du fascisme italien. Me voici bientôt promu manager du groupe malgré une timidité maladive. Je ne tiendrai mon rôle juste quelques semaines, le temps d’envoyer quelques dossiers de presse et de faire une interview avec le groupe sur Radio Anarchie.

 Pour exister, Cérémonies joue un peu partout, dès qu’on lui en donne la possibilité. Un concert particulier est resté gravé dans la mémoire collective de tous les fans… Celui des 120 nuits. Les 120 nuits est une boite éphémère puisqu’elle ne durera que 120 Nuits (comme son nom l’indique). Une référence directe aux 120 journées de Sodome du Marquis de Sade. Un lieu que l’on aperçoit dans le cultissime « Les Nuits de la Pleine Lune » d’Eric Rohmer. Le 17 mai 1983, le groupe s’y produit soit quelques semaines avant sa fermeture. Pour l’occasion et pour affirmer l’univers artistique du groupe, nous mettons à contribution notre professeur de maquette et de dessin. Didier Puy-Ségur est un plasticien qui ne s’appelle pas encore « Putch » et qui n’a pas encore épousé la fille du « compresseur » César. Didier a vissé des capots de voiture sur le devant de la scène. Il est assis sur une chaise roulante avec des lunettes noires et un plaid sur les genoux. Avec une badine, il dirige deux « esclaves » femmes en combinaison de chantier qui vont exécuter ses ordres et peindre à sa place sur les dits capots. Cette performance est typique du personnage, elle mêle humour, décalage et performance artistique. Cérémonies joue d’enfer. Franck qui est inscrit à un atelier vidéo de la ville de Rosny, demande à ses camarades de filmer le concert. L’apprenti vidéaste oubliera d’appuyer sur le bouton et ne lancera pas l’enregistrement. Une galère de plus et un concert qui ne sera pas documenté…

Nous sommes en 1984 et le groupe décide de s’autoproduire. Une démarche peu commune à l’époque d’autant que l’opération est coûteuse (de mémoire autour des 15 000 Francs) et qu’il faut aller enregistrer en studio. Dans une interview donnée pour le fanzine Tropique du Cancer, le groupe déclare : « Nous sommes catégoriques, Nous n’avons jamais été jeté par une maison de disque pour la simple raison qu’on n’est jamais allé en voir. On voulait faire notre 45 tours pour se faire plaisir et pour voir si notre musique passe bien et pour faire la promo de Cérémonies. Ce qui est plus simple et plus efficace de faire avec un 45 Tours qu’avec une K7 ».  Tous les membres du groupe commencent à travailler et ont un peu d’argent à investir, il est donc temps pour eux de passer à la vitesse supérieure… Bien sûr, ils ont déjà enregistré des maquettes, mais là c’est du sérieux. Direction Studio DB où le groupe « pause » 3 morceaux : Le Goût du Saké, Kiss Of Death et Dantzig. Le ton est donné et seuls les 2 premiers titres seront retenus pour le single tandis que le 3e atterrira sur une K7 produite par un fanzine « Zick Addikt ». Dantzig est un morceau plutôt long qui comprend 2 segments, il n’y a pas la place sur le 45 tours et un maxi coûte trop cher. Je revoie clairement Franck, sa planche de Letraset à la main, composer la pochette du disque après avoir extrait d’un livre sur Paris, la fameuse photo de la gargouille gothique. Là, pour la première fois, j’ai pris conscience du process graphique et ma future carrière professionnelle prend corps.  A l’intérieur, grâce à une photocopieuse amie, un petit flyer, avec textes et remerciements, est inclus. Au verso une photo en contre-plongée présente le groupe avec un Franck un peu fatigué, un Gordon dégarni, un Piepp’ aux allures gothiques et un Bruno qui se prend déjà la tête. Pendant les mois qui suivèrent la publication du 45 tours, toute notre énergie sera dirigée vers la diffusion et la promotion de ce single qui, avec le recul, tient plutôt bien le coup. Sandrine, entre temps, devient la manageuse du groupe…

Pendant les mois qui vont suivre cette sortie, l’activité est intense pour le groupe et son entourage. Ainsi, lors de mon premier stage dans une agence de publicité, je découvre (non sans un certain bonheur créatif) le premier Macintosh d’Apple. Grâce à ce fantastique outil, nous coréalisons avec Franck le fanzine « 5 francs » qui est un collage de textes (saisis sur Mac Paint) et d’images. Je squatte la photocopieuse de l’agence pour le reproduire. On y trouve les textes de Cérémonies et certains de mes poèmes mélangés autour de photos. Car, oui j’écris des poèmes… Mais je ne m’en vante pas. L’image du poète torturé ne me plait pas.  Si nous n’avons jamais co-écrit de textes de chansons… Certains bouts de poème ont parfois inspiré l’écriture de Franck War. Ainsi et par exemple dans « Les Bouchers de Verdun », Franck emprunte « Un hiver mal placé dans mon été » à mon « Un hiver mal placé entre deux étés ». Il n’est pas question de plagiat puisqu’il m’a demandé la permission. Je vois ce processus créatif plus comme une forme d’émulation littéraire, un quasi- cadavre exquis façon Dada. C’est aussi une façon d’exister dans les chansons de Cérémonies et pour moi, en tant que fan N°1, un vrai bonheur. 

L’été venu, nous partons en vacances, direction l’Espagne et la petite ville côtière d’Oliva (près de Gandia et de Valence). Nous y retournerons plusieurs fois. Pendant trois semaines, au mois d’août, nous louons un appartement où le confort est réduit à sa plus simple expression. Il fait, de toute façon, trop chaud pour s’en rendre compte. Tous les soirs, c’est discotecă et alcool (souvent le fameux mélange Fanta Orange / vodka). Très vite, nous sympathisons avec quelques locaux « branchés ». C’est encore la movida et l’Espagne vit le grand n’importe quoi de l’après Franco. C’est la « fiesta » sans fin, toutes les nuits, à l’Hexagono ou au Labotorio Industriale. Angel et sa bande nous font découvrir le rock espagnol du moment. On partage la paëlla dans un repère d’anarchiste et malgré le fossé linguistique, le courant passe. La drogue facilite aussi la communication. Isabella, notre fournisseuse officielle, a le look « españa negra » derrière son éventail et s’avère être une amie des Chihuahua parisiens. Que nous croiserons à Paris grâce à elle. Nos copains espagnols nous invitent à participer à une émission (en traduction simultanée) sur la radio du coin, Radio Olivia. Nous parlons rock français et bien sûr de… Cérémonies. Naturellement, ils nous demandent de jouer en concert dans un bar de plage pour fêter ce rapprochement franco-espagnol. Une moitié de Cérémonies et une moitié… de ceux qui sont là sont donc invités à se produire live. Pour cette occasion uniquement, je deviens guitariste du groupe. Sans répéter, sans pouvoir vraiment m’accorder, nous assurons un set hallucinant ne comprenant qu’un long morceau d’une vingtaine de minutes. Finalement, je jette l’éponge et ma guitare. Un Espagnol complétement bourré prend le relai et martyrise cette guitare japonaise franchement injouable. Une vraie performance sonique à la Sonic Youth et mon pire souvenir de musicien ...