Les punks ont toujours aimé adapter façon punk, les chansons les plus débiles possibles. Parabellum, super groupe punk français, mené par feu Schultz en avait également l'habitude. On leur doit une très bonne adaptation d'"Amsterdam" de Jacques Brel ainsi qu'une cover de "Saturnin", la BO d'un feuilleton sixties en noir et blanc dont le héro était un véritable canard. Ceux qui ont l'âge s'en souviendront. Là, le combo punk parisien s'attaque à "Bikini" qui est une version allemande (?) de "Itsy Bitsy Teenie Weenie Yellow Polka Dot Bikini" de Brian Hyland. A qui les Parabellum ont-ils voulu rendre hommage ? J'avoue mal connaître les artistes twist allemands. Cette version est une version live extraite d'une obscure compilation sortie au format K7 audio en 1989.
Parabellum
BB Doc
En direct de Paris et de sa région proche, voici BB Doc un groupe punk formé en 1985 qui évoluera rapidement vers d'autres horizons. Quand je parle de punk, je devrai préciser qu'il s'agit de "Oi" un sous-genre bien particulier que j'aurai du mal à qualifier. Quoiqu'il en soit, BB Doc signera chez Boucherie Productions ce qui lui permettra de sortir 3 albums de bonne facture. BB Doc est également une sorte de Who's who du rock alternatif puisque certains de ses membres participeront à d'aures aventures dont celle de Pigalle, Garçons Bouchers, Bernadette Soubirou, Wunderbach, Parabellum, Daltons... Etc. Une fois la fête finie, le groupe arrêtera au début des années 90 laissant un souvenir ému à ceux qui ont eu la chance d'assister à leurs prestations scéniques. Ils publieront également 5 ou 6 singles... Voici la face A de leur tout premier sorti en 1986.
identité x
identité x est un groupe d'Angoulême qui a sévi dans les années 80 et qui a enregistré, à pirori, deux albums dont un sorti chez le label espagnol Marilyn. identité x est sans doute "punk" même si, à mon avis, ils sont plutôt des pionniers du mouvement alternatif qui sera à son top à la fin de cette décennie. Comme un bon groupe alternatif, ils ont enregistré cette sympathique adaptation des 3 Petits Cochons que je publie aujourd'hui. Parabellum fera la même chose avec "Saturnin" et les Chihuahua avec "Porqué Te Vas". J'imagine que les Carayos ou les Satellites ont du - peut-être - essayé de trouver, eux aussi, la reprise qui tue ! Bref, ce type de reprise est une signature. Ce "Méchant Louf'" est sorti en 1985 et n'a pas rencontré le succès espéré. On notera que les personnes (des femmes ? des enfants ? des cyborgs ?) qui assurent les chœurs ont comme une pointe d'accent ce qui rajoute une petite touche exotique à l'ensemble.
Un autre chaîne Youtube qui mérite le détour !
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Los Carayos
Los Carayos est un "super" groupe alternatif puisqu'il comprend des membres des Garçons Bouchers, Hot Pants, Wampas, Chihuahua, Parabellum... Etc. Le groupe a été actif de 1986 à 1990 et a sorti 3 ou 4 albums dont la plupart sont des live ainsi qu'une poignée de singles dont un avec le Professeur Choron. Leur répertoire est un mix de folk, rock et de reprises bien senties comme ce "Rawhide" originalement interprété par Frankie Laine pour la série "western" du même nom et que les Blues Brothers remettront au goût du jour !
Gonokox
En 1989, Gonokox sort un premier 45 tours trois titres au titre aussi prometteur qu'explicite : Abject Rock'n'Roll. Pressé en autoproduction, ce disque condense tout ce qui fait le charme du quatuor rouennais : un punk rock nerveux, volontiers teinté de rock'n'roll, des textes qui oscillent entre humour absurde et anecdotes du quotidien, et un état d'esprit où l'envie de jouer passe largement avant toute ambition de carrière.
Formé à Rouen en 1988, Gonokox réunit Tournus au chant, Piéro à la guitare, Zbin à la basse et Tijeno à la batterie. Tous participent également aux chœurs, donnant à leurs morceaux cette dimension collective et spontanée qui fait mouche sur scène. Le groupe se construit rapidement une solide réputation dans le circuit alternatif normand en multipliant les concerts. Une quinzaine de dates par an les conduisent principalement en Normandie, mais aussi à Paris et dans plusieurs villes de province, aux côtés de nombreuses formations de la scène indépendante.
Comme beaucoup de groupes de cette génération, Gonokox fonctionne en totale autonomie. Les musiciens financent eux-mêmes leurs enregistrements, pressent leurs disques et les diffusent par l'intermédiaire des concerts, des distros et des réseaux de passionnés. Avant même la sortie du 45 tours, ils publient une première cassette six titres qui leur permet de se faire connaître dans le milieu punk français.
Les trois morceaux d'Abject Rock'n'Roll illustrent parfaitement leur univers. Derrière des titres aussi improbables que « Le Retour de la Dézaï », « L'Antépénultième » ou « P'tites Vacances » se cachent des histoires bien réelles. Cette dernière est inspirée d'un fait divers impliquant un gardien de camping enfermé par plaisanterie dans son bureau de poste, tandis que « L'Antépénultième » raconte une véritable histoire d'amour vécue par le chanteur. Chez Gonokox, le quotidien devient matière à chanson, toujours avec une bonne dose de second degré.
Musicalement, le groupe revendique autant l'héritage du punk français que celui de la scène britannique. Les Sheriffs, Les Rats, Parabellum ou Les Collabos figurent parmi leurs références, mais les quatre musiciens ne s'arrêtent pas là. Ils écoutent également du rock'n'roll, du rhythm'n'blues, du western, du jazz et des groupes comme The Cramps. Cette ouverture donne à Gonokox une identité légèrement différente de celle de nombreux groupes alternatifs de l'époque, avec un goût marqué pour les rythmes hérités du rock'n'roll.
Cette passion transparaît également sur scène, où le groupe reprend aussi bien « Rip It Up », « Blues Suede Shoes » ou « Twist and Shout » que « New Rose » et « Help » des Damned, « Just Because » des Anti-Nowhere League ou encore « Back in the U.S.S.R. » des Beatles. Une sélection qui résume assez bien leur culture musicale, située quelque part entre le garage rock, le pub rock et le punk.
Mais ce qui distingue peut-être le plus Gonokox, c'est son humour permanent. Les musiciens refusent de se prendre au sérieux, enchaînent les plaisanteries en interview et prennent leurs distances avec les discours parfois très politisés de la scène alternative. Ils préfèrent raconter des histoires drôles, parler de leurs copains, de leurs galères ou de leurs amours, avec une autodérision qui rend le groupe particulièrement attachant.
L'aventure se poursuit avec plusieurs participations à des compilations sur cassette avant la sortie, en 1991, de leur unique album, Pays D'Caux Fever, puis d'un second 45 tours, L'Aïe Veu !. L'histoire de Gonokox s'achève en 1992, après seulement quatre années d'existence, mais le groupe laisse derrière lui une poignée de disques qui résument parfaitement l'esprit DIY de cette époque. Sans chercher à révolutionner le punk français, Gonokox en a incarné l'une des facettes les plus sincères : celle de copains qui montent un groupe pour jouer fort, enregistrer quelques disques et passer de bons moments, avec une énergie et une authenticité qui, plus de trente-cinq ans plus tard, n'ont rien perdu de leur fraîcheur.
DKP
En direct de Paris, voici DKP... Une formation que je me souviens avoir vu en live et en première partie de... Je ne me souviens pas ! Peut-être Lili Drop... Mais rien n'est moins sûr. Si leur prestation scénique était âpre et plutôt punk, leur single ne renvoie pas cette image. On est sur une sorte de variété rock plus ou moins heureuse... leur label (CBS) y étant sans doute pour beaucoup. Ces 2 titres ont été enregistrés à Londres et produits par Hein Hoven (un choix plutôt judicieux). En tous cas, DKP semble être l'histoire des 2 frères Lemarchand (fils d'un jazzman), l'un guitarsite, l'autre batteur. Le batteur fera une belle carrière en passant par Parabellum puis Flor Del Fango !
Les Électrodes
Les Électrodes ne tardent pas à se faire remarquer. En décembre 1980, le groupe remporte le tremplin du Golf Drouot, puis traverse la Manche en mars 1981 pour jouer à Richmond. Le Gibus, le Rex, Montmartre et différents lieux de la scène parisienne font ensuite partie de leur terrain de jeu. Cette implantation dans le réseau punk français ne les empêche pas de garder un œil tourné vers l’Angleterre, qu’ils considèrent comme une référence bien plus stimulante que le rock hexagonal.
Une interview publiée dans le numéro 7 de Spliff, en octobre 1983, permet justement de saisir Les Électrodes à un moment où le groupe est encore pleinement en activité. Romain et Jean-Paul y parlent de leur parcours, de leurs influences, de l’underground français et de leur envie de jouer en province. Ils se montrent particulièrement sévères avec une partie du rock français, qu’ils accusent de manquer d’ambition et de chercher davantage la reconnaissance des médias que le renouvellement musical. Leur discours est assez éloigné du folklore punk : ils parlent musique, public, concerts, labels et même de la possibilité d’un futur 33 tours. L’interview montre surtout un groupe qui ne se considère pas comme arrivé au bout de son histoire.
Le choix de l’anglais est également assumé. Romain explique dans Spliff qu’il aime cette langue et qu’il l’utilise naturellement, notamment parce que le groupe souhaite continuer à jouer en Angleterre. Les Électrodes ne cherchent donc pas à singer artificiellement les groupes britanniques : leur rapport à l’Angleterre est ancien, concret et lié à leur propre parcours. Leur musique puise autant dans le punk que dans le Velvet Underground et dans le rock des années précédentes.
Cette année 1983 est surtout celle de leur premier véritable disque, un 45 tours quatre titres publié par Panic Productions sous le titre No Flag. On y trouve « Black Flag (No Flag) », « Do This Do That », « Reflexion In A Cold Eye » et « Haunted Castle », quatre compositions signées Romain Decoret et Jean-Paul Corea.
Le disque mérite d’ailleurs mieux que son statut de curiosité du punk français. Lorsqu’il est chroniqué dans Maximum Rocknroll au début de 1984, Jeff Bale considère Les Electrodes comme l’un des groupes français incarnant véritablement l’esprit du punk de 1977. Il relève leurs guitares mélodiques et leurs chœurs particulièrement travaillés, loin du hardcore qui domine alors une partie de la scène. « Black Flag (No Flag) » est retenu comme le morceau le plus efficace du disque, tandis que « Reflexion In A Cold Eye », plus lent et enrichi d’une guitare acoustique, se distingue par une autre facette du groupe.
Le titre du EP pourrait laisser croire à une provocation de plus autour du drapeau noir. Pourtant, la musique des Électrodes est moins radicale dans la forme que beaucoup de productions punk de la même période. Elle conserve une énergie directe, mais laisse de la place aux mélodies, aux harmonies vocales et à des arrangements qui rappellent que le groupe ne vient pas seulement du punk mais de tout ce qui l’a précédé. C’est probablement ce qui rend aujourd’hui No Flag aussi intéressant : il ne cherche pas à reproduire mécaniquement le son de 1977, il en conserve certains principes tout en les faisant passer dans le début des années 1980.
Les Électrodes apparaissent également sur plusieurs compilations de la scène alternative française. « Action Destruction » figure notamment sur Collection Privée, compilation publiée par Poison Noir aux côtés des Stillers, des Coronados et de Diskolokaust, tandis que « I Wanna Be A Jerk » est retenu sur la cassette 30 tubes pour l’été 81-83 éditée par Marsu. Le groupe continue parallèlement à multiplier les concerts, avec notamment un passage aux Transes Musicales de Strasbourg en novembre 1983.
L’histoire des Électrodes ne s’arrête d’ailleurs pas immédiatement à la sortie du EP. Les archives montrent encore des concerts en 1984, même si les problèmes internes finissent par avoir raison du groupe. La chronologie est parfois confuse dans les sources rétrospectives, certaines présentant No Flag comme un disque paru alors que le groupe avait déjà disparu. L’interview de Spliff permet au contraire de constater qu’en octobre 1983, Romain et Jean-Paul parlent encore de l’avenir des Electrodes, de concerts à venir et même d’un éventuel album.
La suite est presque aussi intéressante que le groupe lui-même. Les musiciens vont se retrouver dans différentes formations de la scène alternative française. Roland « Chamallow » Chamarat, qui a tenu la basse chez Les Électrodes, passera notamment par les Porte-Mentaux puis Parabellum. Jean-Paul Corea, Martial MacAuley et Gangster se retrouveront également dans l’entourage de Gogol Premier.
Les Électrodes n’ont finalement laissé qu’un petit nombre de traces discographiques, mais leur EP No Flag suffit à les replacer dans l’histoire du punk français. Le groupe appartient à cette génération de formations parisiennes qui ont fait le lien entre la première explosion punk et la scène alternative qui allait se développer tout au long des années 1980. Une génération qui n’avait pas forcément besoin d’un drapeau pour se reconnaître, mais certainement d’une guitare, d’un ampli et de quelques bonnes raisons de ne pas faire comme tout le monde.