Affichage des articles triés par date pour la requête Liliput. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête Liliput. Trier par pertinence Afficher tous les articles

Nilp

Nilp est un groupe de rock suisse originaire de Zurich, formé à la fin des années 1970 autour de Boni Koller. Resté relativement discret en dehors de la Suisse, le groupe laisse pourtant deux excellents 7 pouces publiés en 1982, aujourd'hui recherchés par les amateurs de punk et de rock indépendant helvétique. Ces deux disques témoignent d'une scène zurichoise particulièrement inventive où l'autoproduction tenait davantage de la nécessité que de la stratégie.
 
Le groupe est fondé en 1978 par Boni Koller, alors âgé de seulement 17 ans. Quelques années plus tard, il deviendra une figure importante de la musique suisse avec Baby Jail, mais Nilp constitue sa toute première véritable aventure musicale. À ses débuts, le groupe répète avec un matériel de récupération et notamment un amplificateur provenant d'un ancien duo de musique de divertissement. Avec ses quatre entrées, il doit accueillir à la fois les micros, la guitare et l'orgue Farfisa. Une installation rudimentaire qui résume assez bien l'esprit des débuts de Nilp.
 
Le groupe commence par jouer dans des fêtes scolaires avant de se produire dans différents lieux alternatifs de Zurich et de sa région, notamment à la célèbre Rote Fabrik. Nous sommes alors en pleine effervescence de la scène punk suisse. Des groupes comme Kleenex, Nasal Boys, Sperma ou Hertz inventent une identité propre, souvent éloignée des modèles britanniques, avec une forte culture locale et une grande liberté dans la manière d'aborder le rock.
 
Nilp s'inscrit pleinement dans ce mouvement tout en développant une personnalité assez singulière. Leur musique est généralement décrite comme un mélange de punk, de rock minimal et de cabaret, avec une bonne dose d'humour et des textes interprétés en suisse allemand, plus précisément dans le dialecte zurichois. Cette utilisation de la langue locale donne au groupe une couleur très particulière, loin des clichés du punk anglo-saxon.
 
Le premier disque, Gift, est enregistré le 1er décembre 1981 avant de paraître en 1982 sous la forme d'un 7 pouces autoproduit. Il contient quatre morceaux : « Gift », « Wuet », « Patriote » et « Schaffe ». Le pressage est limité à 500 exemplaires. Faute d'argent pour faire imprimer de véritables pochettes, les membres du groupe achètent simplement des pochettes blanches qu'ils peignent eux-mêmes. Chaque exemplaire possède donc sa propre décoration et devient pratiquement unique. Cette fabrication artisanale fait aujourd'hui partie du charme de ce disque devenu emblématique de l'esprit DIY de la scène suisse.
 
Quelques mois plus tard paraît Mode, second 7 pouces du groupe. Celui-ci contient cinq titres : « Tuntschi », « Schponti », « Klöti », « Mode » et « Nilpferd ». Le disque sort sur Nilpferd Records, le propre label du groupe. Si Gift respirait encore l'urgence des débuts, Mode montre déjà une formation plus affirmée, toujours fidèle à cette alliance entre énergie punk, claviers Farfisa et sens du décalage qui caractérise Nilp.
 
L'histoire de ce deuxième disque possède elle aussi son anecdote. Les vinyles sont fabriqués en Italie puis ramenés en Suisse par les membres du groupe eux-mêmes. Les pochettes transparentes accueillent des feuilles photocopiées contenant les paroles. Malheureusement, avec le temps, l'encre de certaines photocopies finit par adhérer directement au vinyle, provoquant parfois des dégâts irréversibles sur les disques. Une erreur de fabrication que Boni Koller évoquera plus tard avec beaucoup d'autodérision.
 
Nilp poursuit son activité jusqu'en 1983 avant de se séparer. Peu avant la fin du groupe, une session est enregistrée dans les studios de la radio suisse DRS2, d'où est issu le morceau « Kleptoman ». Cette chanson sera finalement publiée en 1986 sur la compilation Definitiv Zürich 1976–1986, un disque essentiel consacré à la scène underground zurichoise et sur lequel Nilp côtoie des artistes comme Kleenex, Liliput, Yello, Sperma, Putsch, Platza ou encore Stephan Eicher.
 
Après Nilp, Boni Koller poursuivra sa route avec Baby Jail, groupe qui connaîtra un succès bien plus important durant les années 1980 et 1990. On retrouve pourtant déjà dans Nilp plusieurs éléments qui feront la personnalité de ses projets suivants : le goût pour les mélodies simples, l'humour, l'observation du quotidien et cette manière très suisse de faire cohabiter rock, chanson populaire et irrévérence.
 
Avec seulement deux disques publiés en 1982, Nilp n'aura laissé qu'une petite discographie. Mais ces deux 7 pouces racontent parfaitement une époque où quelques musiciens, beaucoup d'envie et une poignée de moyens suffisaient pour fabriquer des disques devenus, quarante ans plus tard, de véritables témoins de la richesse de la scène punk suisse.

 

Girls From Tahiti

En 1984, un étrange et fascinant 12 pouces intitulé Tower Of Love voit le jour sur le petit label suisse R.F. Records. Derrière cette pochette soignée signée Alex Colle et Lisa Etter se cache un groupe tout aussi singulier que mystérieux : Girls From Tahiti. Malgré leur nom exotique, les musiciens ne viennent pas des îles, mais de Zürich, où ils se sont formés au printemps 1983.

Le groupe est alors composé de Dani Eggspühler à la batterie et au chant, de Peter Hefti à la basse et au chant, de Dinu Keller à la basse — vite remplacé par Peter van der Zouw — et de Hary Lehnherr à la guitare et aux chœurs. Ensemble, ils enregistrent un mini-album de quatre titres, Tower Of Love, publié en mars 1984. La sortie, datée précisément du 23 mars, s’inscrit dans cette période effervescente où la Suisse produit une scène post-punk et new wave confidentielle mais inventive, dans le sillage d’autres formations comme Grauzone, Liliput ou Dieter Meier avant Yello.

Les morceaux, au titre déjà révélateur — No Reply, Streets of Spite, Return of the Heroes, Sold Out — oscillent entre un post-punk tendu et un son plus pop, porté par une production dépouillée mais claire. On y retrouve cette esthétique propre aux petites productions helvétiques de l’époque : un mélange de rigueur froide, de mélancolie synthétique et de sincérité DIY.

Sorti sur R.F. Records (référence 1006), le disque ne connaît qu’une diffusion très limitée. Aujourd’hui, il fait partie de ces rares objets que les collectionneurs de new wave européenne traquent avec ferveur, souvent listé sur Discogs comme une pièce obscure mais précieuse. Peu d’informations ont circulé sur la suite du groupe, qui semble s’être dissous peu après la sortie du disque, laissant derrière lui un unique témoignage — quatre morceaux, une pochette, et un nom aussi incongru qu’évocateur.

Quarante ans plus tard, Tower Of Love reste un petit mystère, un fragment de l’histoire souterraine de la musique suisse, et une belle découverte pour ceux qui aiment fouiller les marges du post-punk continental.

Liliput dans New-Wave (N°19 - Janvier 1983)

 


Liliput

En direct de la Suisse et de Zurich, voici Liliput. Le groupe féminin se forme en 1978 et s'appelle d'abord Kleenex. Il sort un premier single dans son pays d'origine puis signe avec Rough Trade en Angleterre. Le groupe sort deux singles avant d'être attaqué par les proprio de la marque Kleenex. Elles changent de nom et deviennent alors Lilipute et finalement Liliput. Leur premier single sous leur nouveau nom (dont voici la face A) se classe 17e dans les charts anglais. Le groupe sortira deux longs et se sépare en 1983. Une formation définitivement à classer avec les Slits ou les Raincoats (et pas très loin de Chin-Chin pour le plan de carrière).