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Des Garçons Ordinaires

Une spéciale dédicace au camarade Pascal B.

Il y a des disques qui ressemblent à des petits miracles. Des objets fragiles, presque dérisoires en apparence, mais qui contiennent une époque entière. Un flexi-disc, quelques chansons enregistrées sur un quatre pistes, une pochette dessinée à la main… et soudain, trente ans plus tard, le temps s’arrête. Le flexi trois titres de Des Garçons Ordinaires appartient à cette famille de disques minuscules qui racontent pourtant une grande histoire : celle d’une scène indépendante française passionnée, artisanale et totalement dévouée à la pop.

Au début des années 90, Rennes est l’un des foyers importants du rock indépendant français. La ville a déjà une longue tradition musicale et accueille une nouvelle génération de groupes nourris par les guitares anglaises, la pop mélodique et l’éthique DIY. C’est dans ce contexte que naissent Des Garçons Ordinaires, formation qui va devenir l’un des plus beaux représentants français de cette mouvance que l’on appellera plus tard indie pop ou jangle pop.

Le groupe réunit Alban Rautenstrauch à la basse, Emmanuel Lamour à la batterie, aux guitares, aux claviers et au chant, Boris à la guitare et Stéphane au chant, à la guitare et à l’harmonica. Leur musique possède immédiatement cette élégance particulière des groupes qui préfèrent les mélodies aux démonstrations techniques. Des guitares claires, des harmonies délicates, une certaine naïveté assumée et ce goût pour les chansons qui semblent simples avant de révéler toute leur richesse.

Le premier témoignage discographique du groupe est un objet typique de cette époque : un flexi une face trois titres publié par Glam Records sous la référence GLAM 003. Le label avait déjà publié auparavant des flexis de groupes comme Solace ou Smily Post, et celui de Des Garçons Ordinaires sera probablement son dernier. Enregistrées en novembre 1991 sur un simple quatre pistes, les trois chansons présentes sur ce disque – « Sister Love and Mr Moon », « Caroline » et « My Favorite Garden » – capturent parfaitement l’univers du groupe.

La pochette est elle aussi un condensé de l’esthétique indie-pop du début des années 90 : un dessin représentant quatre jeunes filles, une image qui aurait parfaitement pu accompagner un disque de Sarah Records ou d’un obscur label anglais. Tout est là : le romantisme adolescent, le goût du fait main, l’impression qu’un disque peut être plus qu’un simple support musical, mais aussi une lettre envoyée à quelques passionnés.

Musicalement, Des Garçons Ordinaires ne cherchent pas à révolutionner le rock. Leur force est ailleurs. Ils savent transformer des influences multiples – les Byrds, la pop anglaise des années 80, Television Personalities, la scène C86 – en quelque chose de personnel. Il y a dans leurs chansons une fragilité et une sincérité qui rendent leurs morceaux immédiatement attachants. « Sister Love and Mr Moon » est certainement le titre qui résume le mieux cette approche : une mélodie lumineuse, une guitare scintillante et cette sensation d’écouter un groupe qui joue simplement parce qu’il aime les chansons.

Après ce premier flexi, le groupe rejoint le label Cornflakes Zoo, fondé au début des années 90 par Stéphane Teynié, alors responsable du fanzine Anorak et d’une mail-order consacrée à la scène indépendante. Ce label deviendra rapidement un acteur essentiel de l’indie-pop française, publiant notamment Les Autres ou Non Stop Kazoo Organization. En 1993, Des Garçons Ordinaires y sort son unique album, simplement intitulé Des Garçons Ordinaires.

Ce disque confirme tout le potentiel entrevu sur le flexi. Douze titres de pop brillante et mélodique, enregistrés avec Damien Bertrand pour la majorité des morceaux, et avec Vincent Lecouplier, alias Vincent Balloon, pour « Nice Price », « La La La » et « Bass Drum ». On y retrouve notamment « Flower Power », « Galaxy », « Clouds », « Sometimes We Smile » ou encore « Lost in Space #3 ». Un album qui aurait mérité une reconnaissance bien plus large, mais qui restera malheureusement connu principalement des amateurs les plus passionnés.

Comme beaucoup de groupes de cette scène, Des Garçons Ordinaires vont surtout vivre à travers les compilations et les réseaux indépendants. Leur musique apparaît sur plusieurs témoignages importants de cette période : la cassette Heol Daou en 1990 avec le titre « Into Space », In The Limelight en 1991, la compilation espagnole Around The World Again du label Elefant Records en 1992, Whoops! chez Houpla, Garden Party chez Aliénor Records, ou encore Ces Chères Têtes Blondes et The Noise and The Melodies – The Pearl Compilation en 1993. En 1994, leur morceau « Laughing Box » figure également sur le coffret The Onion Most Dangerous Game d’Aliénor Records. Le groupe apparaît même sur la compilation vidéo internationale Munch Part I, avec le clip de « Flower Power ».

Sur scène, Des Garçons Ordinaires auront notamment l’occasion de jouer au Krakatoa de Mérignac en janvier 1993, preuve de leur présence dans le réseau des salles indépendantes françaises de l’époque. Pourtant, malgré ces nombreuses apparitions et la qualité évidente de leurs chansons, le groupe restera toujours un peu à côté des radars médiatiques.

Après l’aventure Des Garçons Ordinaires, Emmanuel Lamour poursuivra son parcours musical sous différents noms et projets, tandis que Stéphane rejoindra notamment le groupe Mum’s The Word. Mais l’histoire de Des Garçons Ordinaires ne disparaîtra jamais complètement. Elle continuera à circuler grâce aux collectionneurs, aux blogs spécialisés, aux passionnés de pop indépendante et à ces petits disques que certains prennent encore le temps de ressortir des cartons.

Ce flexi est donc bien plus qu’une curiosité pour collectionneur. C’est une capsule temporelle. Quelques minutes de musique gravées dans un support fragile qui rappellent une époque où quatre garçons de Rennes pouvaient enregistrer trois chansons sur un quatre pistes et espérer qu’elles trouvent leur chemin jusqu’à quelqu’un.

Trente ans plus tard, elles ont toujours trouvé quelqu’un.

Lucrate Milk

Luсrate Milk émеrge à Paris à la fin dеs annéеs 70 соmme unе véritаblе сuriоsité dans lе paysage musiсаl français. À сеttе épоquе, la nоtiоn dе "rосk alternatif" tеl qu'elle sera cоnnue dаns lеs annéеs 80 n'eхistе pas encоre, et la scène musicalе еst lоin d'êtrе bien оrganisée. Tоut y est briсоlé, précairе et sоuvеnt imprоvisé, et c'est justеment cette dynamiquе qui cоnfère аu grоupе sа fоrce. À l'оriginе, il ne s'agit mêmе pаs d'un grоupе au sеns traditiоnnel, mais plutôt d'un rаssеmblement d'énеrgies créatives, d'amis, de graphistes еt de musiciens auх parcоurs variés, qui parviennent à invеntеr leur prоprе lаngagе sans сherchеr à оbtenir l'аpprоbatiоn de quicоnquе.

Quadrascope

Quadrascope, c'est deux morceaux, “Baby Won’t Phone” et “Love Times Love”, sortis en 1983 sur un label anglais, quelques traces éparpillées dans les bases de données discographiques et les playlists de collectionneurs obsessionnels, puis plus rien. Pas de biographie, pas de photo de presse connue, pas d’interview retrouvée, presque aucune archive. Juste cette sensation familière aux amateurs de synth-pop obscure : celle d’être tombé sur un fragment isolé d’un monde disparu.

Pendant longtemps, on aurait pu croire à un groupe français (c'est du moins ce que laisse entendre Discogs). Le nom, l’absence totale d’informations, cette manière un peu européenne de chanter l’anglais dans les années 80, tout cela pouvait évoquer ces dizaines de projets cold wave autoproduits apparus puis évaporés entre Rouen, Bruxelles ou Genève. Pourtant, plusieurs indices orientent plutôt vers la Grande-Bretagne. Le morceau “Baby Won’t Phone” a notamment été repris sur la compilation Electrical Language: Independent British Synth Pop 78-84, publiée par Cherry Red Records, au milieu d’artistes comme The Normal, Thomas Leer ou Section 25. Difficile d’imaginer Quadrascope débarquer là par hasard.

Musicalement, le groupe se situe exactement dans cette zone floue entre post-punk minimal et synth-pop artisanale qui a proliféré après l’explosion initiale du punk. “Baby Won’t Phone” repose sur une mécanique simple : boîte à rythmes sèche, basse synthétique répétitive, nappes discrètes et chant distant, presque désincarné. Rien de spectaculaire, mais ce mélange de mélancolie et de froideur produit immédiatement cet effet typique des meilleures obscurités synthétiques du début des années 80. “Love Times Love”, en face B, pousse encore davantage le côté romantisme synthétique fragile, comme si les auteurs avaient tenté de reproduire l’élégance triste des premiers Human League avec des moyens limités et quelques heures de studio.

C’est probablement cette économie de moyens qui rend aujourd’hui le disque aussi attachant. Quadrascope ressemble moins à un “vrai groupe” qu’à un projet éphémère né dans une chambre ou un petit studio local, à une époque où quelques synthés bon marché suffisaient à fabriquer un monde sonore entier. On imagine facilement deux ou trois types fascinés par Gary Numan, John Foxx ou OMD, enregistrant un unique single avant de retourner à l’anonymat. Le genre de disque pressé à quelques centaines d’exemplaires, vendu localement, puis oublié pendant près de quarante ans avant d’être exhumé par des collectionneurs de minimal synth.

Ce qui frappe surtout aujourd’hui, c’est la disparition presque complète des traces. Internet donne souvent l’illusion que tout a été documenté, archivé, numérisé. Quadrascope rappelle au contraire qu’une immense partie de la musique indépendante des années 80 a existé dans des circuits minuscules et fragiles. Des groupes ont répété, enregistré, parfois joué quelques concerts, sorti un disque, puis disparu sans laisser d’autre empreinte qu’une poignée de vinyles et quelques souvenirs diffus. C’est précisément ce qui rend ce type de découverte si fascinant : derrière ces deux morceaux se cache probablement toute une histoire qui ne sera peut-être jamais reconstituée.

Vietnam Rafale

Vietnam Rafale fait partie de ces groupes dont il ne reste presque rien, sinon quelques traces éparses, un disque et une poignée de lignes dans un fanzine. Actif entre novembre 1981 et décembre 1982, le groupe est originaire de Versailles et s’inscrit dans cette frange discrète de la scène française du début des années 80 où tout se joue en marge, loin des circuits officiels. Leur existence est brève, à peine un an, rythmée par des changements de formation et marquée par le départ d’Étienne, guitariste et chanteur, décrit comme l’âme du groupe. Ce départ précipite la fin définitive de Vietnam Rafale, malgré l’idée évoquée à l’époque d’une nouvelle mouture qui ne verra visiblement jamais le jour.

Leur unique trace tangible reste un 45 tours trois titres, Asile Tropical, sorti en avril 1982. Comme beaucoup de productions de cette époque, il s’agit d’une autoproduction, avec ce que cela implique de fragilité technique. Le disque souffre apparemment d’un mixage et d’une gravure en deçà de ce que le groupe laissait entrevoir sur ses enregistrements de répétition, jugés plus convaincants. Ce décalage entre le potentiel perçu et le résultat final est un classique des sorties DIY du début des années 80, où les contraintes matérielles pèsent souvent plus lourd que les intentions artistiques. Malgré cela, le disque circule, et même plutôt bien à l’échelle de ce microcosme, au point que plusieurs mois après sa sortie, il suscite encore un certain intérêt.

Cette circulation doit beaucoup au réseau AL DI LA. Plus qu’un label, il s’agit très probablement d’un circuit de distribution parallèle, essentiel pour ces groupes sans accès aux structures traditionnelles. À une époque où l’autoproduction est fréquente mais la diffusion reste un verrou, ce type de réseau permet aux disques d’exister réellement, de passer de main en main, d’apparaître chez quelques disquaires indépendants et de trouver leur chemin jusqu’aux lecteurs de fanzines. Le fait que Vietnam Rafale y soit associé les inscrit d’emblée dans une cartographie souterraine faite de cassettes, de correspondances et de relais informels.

Musicalement, Vietnam Rafale semble s’éloigner des formes les plus abrasives du punk pour explorer quelque chose de plus retenu. Les descriptions évoquent une musique claire et légère, construite par touches subtiles, avec une atmosphère qui n’est pas sans rappeler les premiers travaux de The Cure, période Seventeen Seconds ou Faith, loin de leurs évolutions ultérieures. On imagine des guitares propres, peut-être légèrement chorusées, une rythmique sobre, et un chant détaché, dans cette esthétique cold wave encore en train de se chercher en France. Rien de spectaculaire, mais une tentative d’équilibre entre mélodie et distance, typique de nombreux groupes restés dans l’ombre.

Le cas de Vietnam Rafale illustre assez bien ce que fut une partie de la scène versaillaise du début des années 80, bien avant que la ville ne soit associée à d’autres vagues plus médiatisées. Proche de Paris mais sans en être tout à fait, elle abrite alors une série de groupes éphémères, souvent influencés par la musique britannique, qui enregistrent peu, jouent parfois, et disparaissent vite. Leur histoire se reconstitue aujourd’hui à partir de fragments, d’archives incomplètes, de souvenirs diffus. Vietnam Rafale n’est ni une exception ni une anomalie, mais un exemple parmi d’autres de cette activité intense et pourtant presque invisible.

Il reste de tout cela un disque imparfait, quelques lignes tapées à la machine et une sensation familière : celle d’un groupe qui aurait pu aller plus loin, si le temps, les moyens ou les circonstances avaient été différents. Comme souvent dans ces trajectoires brèves, l’intérêt ne tient pas seulement à la musique elle-même, mais à ce qu’elle raconte d’un moment précis, d’un réseau informel et d’une manière de faire exister des chansons en dehors de toute structure.

Voici Hansje

En 1978, quand Silex Pistols Piew Piew débarque sur vinyle, on comprend assez vite qu’on n’est pas face à une révélation punk surgie des marges d’Amsterdam, mais devant un pur produit d’exploitation pop, parfaitement assumé. Hansje, chanteuse hollandaise au parcours déjà bien entamé dans le mannequinat et la télévision, se retrouve propulsée dans le grand bain new wave au moment précis où tout ce qui claque, crache et fait semblant d’être dangereux semble vendable. Le morceau arrive juste après l’onde de choc provoquée par Ça plane pour moi et consorts : même tempo pressé, mêmes onomatopées absurdes, même sensation d’urgence un peu creuse. Peu importe le sens, l’essentiel est ailleurs : ça doit sonner punk, ça doit aller vite, et surtout ça doit coller à l’air du temps.

Le vernis punk est d’autant plus révélateur que Silex Pistols Piew Piew n’est pas une création originale, mais la reprise quasi clé en main d’un titre d’un groupe belge, Too Much, sorti la même année. On est là au cœur du mécanisme d’exploitation : un morceau repéré, jugé suffisamment accrocheur, recyclé avec une nouvelle figure en façade. Hansje ressemble à Debbie Harry ? Très bien, on va en faire une Debbie Harry locale. Le punk marche ? Parfait, on garde la structure, l’énergie factice, le gimmick vocal, et on emballe le tout dans une image new wave compatible avec la télévision et les plateaux allemands.

Ce qui rend Silex Pistols Piew Piew intéressant aujourd’hui, ce n’est donc pas tant sa valeur musicale intrinsèque que ce qu’il raconte de l’industrie de la fin des années 70. Tout est calibré, rien ne sonne vraiment dangereux, mais l’emballage est suffisamment frondeur pour donner l’illusion d’un débordement. Le punk devient ici un costume, un décor, un argument marketing, vidé de sa charge initiale mais encore assez frais pour tromper l’oreille quelques minutes.

Avec le recul, le single fonctionne comme une capsule temporelle parfaite : celle d’un moment où le punk n’est déjà plus un choc culturel, mais une esthétique duplicable, traduisible, exportable. Hansje n’est ni une héroïne underground ni une simple imposture ; elle est le produit d’un système qui observe, copie et recycle à grande vitesse. C’est précisément ce côté “on va faire un truc un peu punk parce que c’est ce qui marche” qui rend ce disque attachant aujourd’hui. Une exploitation pop sans illusion, presque naïve, coincée entre la subversion fantasmée et le divertissement pur, et qui, sans le vouloir, documente parfaitement la fin de l’innocence punk.

Sensation

 Voici "Sensation" un nouvel extrait du très bon album de Pavillon 7B sorti en 1987 !

Le single de Sensation

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single de Sensation sorti en 1984 !



Trafic

 Qui dit face A, blah blah blah blah face B ! Voici Sensation et "Trafic" !

Sensation

En direct de (peut-être) Tourcoing voici Sensation, soit un duo synth-pop français typique de ces années-là. Sensation, c'est Bruno Carlier et Jean-Pierre Longeon et un single sorti sur un label du coin : Slim Productions sorti en 1984. Et je n'ai pas beaucoup plus d'informations...

Not Your Animal pour équilibrer votre 6e chakra

« Je suis ta chatte, 
tu es mon chien 

Et de la tête aux fesses,  
je te donne des caresses 
Monde animal 

Tu es mon animal. »
 
Lili Olimao




J’ai toujours eu envie de commencer un article par « voici l’album de la maturité… ». Je commence donc cette chronique par… Pour Not Your animal, voici l’album de la maturité. D’accord, c’est purement déclaratif d’autant que Not Your Animal sort - seulement - son 2e « opus » et ne jouit pas encore de la notoriété qu’il mérite. Autre problème (peut-être), cet album n’a pas de nom. Quand Not Your Animal aura atteint, d’ici peu, une reconnaissance méritée, on devra donc dire… « Tu sais le 2e Not Your’ » Pour être « cool » on raccourcira leur blaze. « Oui, tu sais... L'album avec les yeux ».

En parlant de notoriété… J’assistais à un concert, l’autre jour, d’un groupe anglo-saxon jouissant d’une solide réputation dans le milieu des passionnés, quand, au détour d’un pont musical (avec option joli solo), je me suis dit pourquoi Not Your Animal n’est pas là, devant moi, à la place de cette formation (certes de qualité mais pas plus méritante qu’une autre). Nous étions confortablement assis et masqués dans une grande salle parisienne. Pourquoi ? Et bien David, le chanteur de ces Not Your Animal m’a soufflé un début de réponse. Peut-être qu’aujourd’hui l’offre musicale est bien trop large par rapport à un public de plus en plus restreint tant en nombre qu’en moyens financiers. Il est donc possible de passer à côté d’un groupe comme Not Your Animal, à coup sûr noyé dans la masse des 35 000 nouveaux morceaux publiés quotidiennement. Bien sûr, ça me semble profondément injuste et presque dommageable. D’aucun ajouteront que l’ennui des confinements à répétition à également exacerbé la production musicale. Donc précisons : Voici le nouveau Not Your Animal, l’album de la maturité et ça serait dommage de passer à côté. Pour éviter cet écueil, je vous invite à chaudement recommander les Not Your’ à votre « 1er cercle » (parmi les 3 identifiés) comme décrit par les spécialistes des réseaux sociaux. Être viral ou ne pas être.

Not Your Animal n’a pas 20 longues années de carrière derrière eux. Pourtant, chacune de leurs chansons est magnifiquement écrite et interprétée comme seule l’expérience peut le permettre. Ces gars connaissent leur affaire. Tout est magnifiquement joué, enregistré, mixé et produit, créant un écrin pour les plus précieuses chansons de David Rosane, mon filleul adoré. Si par le passé, j’ai prophétisé que « David Rosane ne sera jamais une pop star. » A l’écoute de cet album sans nom (mais avec un œil comme leitmotiv), je me suis – peut-être – trompé ! Déjà, David est notre star « personnelle » que nous chérissons dans un même groupe d’amis comme un secret d’initiés. Un peu comme ce millésime mis en bouteille par un lointain cousin vigneron et que l’on sort à chaque grande occasion familiale. D’ailleurs, dans mes playlists, tourne un grand nombre de ses chansons (d’hier et d’aujourd’hui) mélangées au milieu des plus grands (Liberace, Hughes Auffray, Joe Dassin ou Elvis). C’est un signe. Un bonheur musical et personnel sans cesse renouvelé. Un luxe littéralement hors de prix. Au-delà de ce succès amical de proximité, tout est là pour que le succès de Not Your Animal soit aussi global et massif : le son, les chansons, le look et même le visuel. Donc, succès il y aura… Car je le veux. Et tant pis si on n’a pas à faire à des « spring chickens » c’est encore plus beau, plus authentique.

Vous l’avez compris, je connais David depuis très longtemps et j'ai adoré voir vieillir « l’animal » (pas le vôtre mais bien le mien). J’ai adoré le voir endosser tous les rôles que la vie lui a confié. Toujours avec classe et humanité. Comme celui de père ou celui de l’entrepreneur, par exemple. Et bien avant, d’autres beaucoup plus intimes que je tairais ici pour ne pas rentrer dans la sphère du privé. C’est avec cette matière vivante, celle du vécu, qu’il écrit et qu’il chante. Ça s’entend… Jusqu’à l’ironie feinte dans certains de ses passages parlés (quand ils existent) ... Reste, pour moi, une question qui me hante depuis un moment quant à l’opportunité pour un David de jouer en groupe. Pardon, camarades de Not Your Animal. Car enfin, ici tout est du David pur jus. (Not Your Animal ou pas Not Your Animal). Virtuosité ou non. Même accompagné par un bagad (d’Ille-et-Vilaine) ses chansons sonneraient comme du David. Là encore, après de longues discussions alcoolisées, mes amis m’ont soufflé un début de réponse… Sans le collectif d’un Not Your Animal pas d’énergie… Et donc pas de David. Car David existe aussi musicalement par cette énergie transmise par le groupe, J’allais dire par « le gang » ou par « le pack ». J’en - conclus - aussi qu’il aurait sans doute fait un merveilleux chef de groupe dans les forces spéciales. Mais là, je spécule. Si David s’est débarrassé ici de l’accessoire et d’un certain maniérisme (je compose à la façon de) pour écrire ces nouvelles chansons, il n’a pas renoncé à la classique aventure rock and rollienne. Celle du groupe, concept que l’on doit aux indéboulonnables Beatles (dans son expression contemporaine). Le groupe de rock a été spécialement pensé pour une population tout juste sortie de l’adolescence prête à se foutre sur la gueule à la moindre poussée d’hormones… David n’en n’est plus là - bien sûr - mais c’est bien ce qu’il le fait encore vibrer. Comme cette sensation physique (unique et intense) du premier accord plaqué sur une Gibson Les Paul au tout début du concert. L’énergie du collectif donc mais pas n’importe laquelle. Celle du rock and roll. Celle qui nous faisait tant rire chez des Johnny Hallyday ou des Dick Rivers. Ce coup-ci, rock and roll ou pas, ses camarades de jeu sont réellement au niveau de son talent de compositeur et d’interprète : « Ces gars-là, ils sont terribles ! ». Pour un résultat au combien cohérent bien qu’un peu rétro (qu’ils me pardonnent encore) car le concept d’album a disparu avec la généralisation du streaming. Aujourd’hui on est sur du « snacking » de contenus sur les réseaux sociaux comme sur les plateformes musicales ! Sortir un LP, même en vinyle, à l’heure du single vainqueur souligne une volonté de raconter et de détailler le propos. Pour autant, il n'y a pas de remplissages, ni de temps morts dans ces 10 chansons. Peut-être (aussi) avons-nous juste vieilli et finalement « on s’en branle de ce qui se fait ou pas ». L’important, c’est ce que l’on veut. Et voici ce que veulent les Not Your Animal, ce bel album avec un œil dessus.

Pourtant, rien de complétement nouveau au royaume musical de David et de Not Your Animal… Si ce n’est ce son contemporain louchant parfois vers un néo-psychédélisme comme on l’aime (à grands coups de cœurs et de mélodies qui vont bien). Pas de sitar ou de tabla version hindouiste, non plus. Faut pas déconner, l’Animal vient du punk. Quand j’annonçais qu’il faisait « œuvre » dans mon précédent article je ne m’étais pas trompé. Ce second opus de Not Your Animal le confirme (une fois de plus). David, chanson après chanson, construit un ensemble cohérent autour d’un fil rouge mélodique et thématique qui devrait sauter aux oreilles de celui qui  - un jour - écoutera l’intégrale Rosane… De Seaton à Not Your Animal dans un avenir que je souhaite le plus lointain possible. Les intégrales annoncent souvent une fin prochaine. David n’en est qu’au début. Je soulignerai au passage, la beauté de ces chœurs, magnifiquement mixés et réalisés avec amour (à n’en pas douter) par la compagne du dit David.

La dernière fois que j’avais pris la plume pour parler d’un projet musical de David, c’était pour parler de ses Gardiens de Zoo. Depuis, l’état sauvage a repris le dessus libérant l’énergie de cet animal, un groupe de rock dont le nom commence par une négation. Comme pour signifier que le règne animal n’appartient à personne. « Je ne suis pas ton animal, salope » (et vice versa). Bref, je ne suis pas à vendre… Même à celui qui m’écoute. Un peu d’intégrité ne peut pas nuire. Pour autant, les Not Your Animal ne distribuent pas les tracts à la sortie de l’usine. J’aime aussi David pour ça. Pour ce propos que l’on retrouve dans toutes ses productions. Rien de trop extrême non plus dans ce long, rien de « faux » ni de distordu, juste de la très bonne pop parfois soutenue, souvent tubesque. Parfois les deux. Et c’est bien.

Ce coup-ci, également, Not Your Animal a mis toutes les chances de son côté en faisant travailler visuellement celui que j’ai toujours considéré comme un « grand » du graphisme, le camarade Guillaume B.  Il a su créer cet œil que j’imagine aisément être le 3e. Ce 3e œil correspond au 6e chakra. Celui qui est l’archétype du « sage » puisque (musicalement) ici, tout est équilibré à la perfection. Son approche moderniste débarrassée des tics branchés donne une assise à l’ensemble qui est également remarquable ! On dirait déjà un classique.

Alors, allez-y car tout est là… Not Your Animal, simple, beau et efficace ! et comme disait Bouddha « Avec nos pensées, nous créons le monde. » et le Monde créé par Not Your Animal est magnifique.

Pour plus d'informations, c'est ici !




Louie Louie façon Nouveaux Monstres

Je ne connais pas d'adaptation en français du standard garage "Louie Louie". Peut-être une des chansons les plus reprise au monde (plus de 3000 covers) mais pas une en français... Bizarre ! Anyway, voici les paroles de la version que nous avons enregistré avec les Nouveaux Monstres :

L’ouïe, l’ouïe

(C’est) Ce qui rend les filles jolies
Ce qui rend les âmes sexy,
(C’est) Ce qui donne un sens à ma vie
Et du sens à tout c’qu’on dit

C’est l’ouïe, l’ouïe
Oh baby, pas le touché
Non, non, non
L’ouïe, l’ouïe
Oh baby
Pas la vue et ni le nez

Parmi les sens qui ont fait sens
Il en est un cher à mon cœur
Très important pour mes tympans
Ce sens unique pour la musique

C’est l’ouïe, l’ouïe
Oh baby, pas le touché
Non, non, non
L’ouïe, l’ouïe
Oh baby
Pas la vue et ni le nez

Ecoutes le son, ecoutes les temps
Ecoutes ce rythme qui t’rentres dedans,
Cette sensation,c ette vibration
Vient des oreilles, c’est une merveille,

C’est l’ouïe, l’ouïe
Oh baby, pas le touché
Non, non, non
L’ouïe, l’ouïe
Oh baby
Pas la vue et ni le nez




Les Mome Rath (encore)

J'ai retrouvé, un peu par hasard, cette version live de 'Resurrection" des Mome Rath. On trouve sur YouTube des versions studio de cette chanson qui semble ne pas avoir été publiée de façon officielle. Je n'ai aucune indication de lieu, ni de date... Et je ne suis même pas sûr que ce soit un live. Mais à l'écoute, on a vraiment la sensation du direct. Peut-être une captation en répétition ? (on n'entend pas le public). Une rareté, pour sûr...

Des Dieux tristes

J'avais mis l'exploration du répertoire de Seaton un peu de côté. J'y reviens aujourd'hui. Si le groupe joue bien et David est plutôt inspiré, on a un peu une sensation de répétition et d'usure. Difficile de différencier certains tîtres. On aurait aimé avoir une plus grande diversité mélodique. Pour autant, les vidéos de Seaton marchent plutôt bien ce qui veut dire que le groupe suscite toujours un peu d'intérêt. Tant mieux !
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