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Les Magistrats De Cyracuse

En 1985, à Maubeuge, Éric Vernier, Bernard Applincourt et Jean-Marie Leroy forment Les Magistrats de Syracuse. Le premier est auteur-compositeur, le deuxième tient la batterie et le troisième joue du saxophone. Une formation atypique pour une scène française alors traversée par la new wave, le post-punk et la cold wave, et qui ne laissera derrière elle qu’un seul 45 tours.
 
Le disque paraît en 1986 sous la référence MdS 1926. Sur la face A, « Week End’s Zaz » et, au verso, « Genèse ». Les deux morceaux auraient été enregistrés en mars 1986 aux studios Modern Loft, avec Bruno Steiner au mixage. Le groupe disparaît peu après, laissant comme seule trace discographique ce petit 45 tours aujourd’hui particulièrement recherché.
 
C’est surtout « Genèse » qui mérite l’attention. Instrumental, sombre et planant, le morceau s’éloigne du format pop traditionnel pour installer une atmosphère froide et suspendue. Les sonorités, la tension et cette façon de laisser la musique se développer sans voix placent naturellement Les Magistrats de Syracuse dans le voisinage de la cold wave et de la minimal wave, même si ces catégories seront surtout utilisées bien plus tard pour redécouvrir ce type d’enregistrements.
 
À l’époque, le groupe reste confidentiel et sa courte existence ne lui permet évidemment pas de s’inscrire dans l’histoire officielle du rock français. Son unique 45 tours circule néanmoins parmi les amateurs de raretés, jusqu’à devenir l’un de ces disques que les collectionneurs recherchent sans toujours disposer de beaucoup d’informations sur ceux qui l’ont enregistré.
 
La situation change plusieurs décennies plus tard. La redécouverte internationale de la scène minimal wave et des productions françaises les plus obscures des années 80 remet progressivement Les Magistrats de Syracuse en circulation. En 2018, « Genèse » apparaît sur la compilation Playground Noises – 11 Lost Gems For The Night People 1980-1991 publiée par Geheimnis Records. Le morceau rejoint ainsi une sélection consacrée à ces formations oubliées dont certaines n’ont laissé qu’un disque ou quelques morceaux.
 
En France, une nouvelle étape est franchie en 2020 avec la présence de « Genèse » sur Des Jeunes Gens Mödernes – Volume 3, compilation consacrée aux marges de la scène post-punk, new wave et cold wave française. Le morceau se retrouve alors aux côtés de formations beaucoup plus documentées, mais aussi d’autres groupes dont l’histoire s’est résumée à quelques enregistrements confidentiels.
 
Les Magistrats de Syracuse appartiennent finalement à cette histoire parallèle du rock français des années 80 : celle des groupes qui n’ont pas eu le temps, les moyens ou peut-être simplement l’envie de construire une carrière. Un 45 tours, deux titres, une séparation en 1986 et presque tout reste à découvrir sur leurs auteurs. Quarante ans plus tard, « Genèse » conserve pourtant une étrange capacité à évoquer cette période, avec ses machines, ses expérimentations, ses climats nocturnes et cette volonté de faire autrement sans forcément chercher à entrer dans une case.
 
C’est aussi ce qui rend le disque intéressant aujourd’hui. Les Magistrats de Syracuse ne sont pas devenus un groupe culte parce qu’ils auraient connu le succès avant de sombrer dans l’oubli. Ils sont devenus cultes parce que leur musique a survécu à leur disparition et que quelques passionnés ont continué à chercher ces traces minuscules laissées par une scène française particulièrement fertile. Un seul 45 tours aura finalement suffi.

Marie-Marie

En direct de Belgique, voici Marie-Marie et son "Do You Do You Brush Your Teeth ?" du punk d'exploitation signé Jay Alanski, le fameux chanteur, compositeur, producteur qui a travaillé - notamment - avec Marie-France, Jill Caplan ou Julien Clerc. Intéressant, aussi, de noter qu'un groupe canadien (Suzy & The Dentists) reprendra également cette gentille ritournelle punk. Marie-Marie a-t-elle défendu en live cette curiosité sortie sur une major ? Je ne le pense pas...

Baroque (Bordello)

Nous sommes en 1988, Baroque Bordello, le magnifique groupe new-wave parisien signe chez Polydor et sort son ultime single produit par Jay Alanski, le prince de la variété française (Plastic Bertrand, Marie-France, les Innocents, Jil Caplan... Etc.). Pour l'occasion, le groupe abandonne le "Bordello" et ne garde que le très comme il faut "Baroque". Ils en ont sans doute marre du peu du succès malgré un niveau qui dépasse la majorité des groupes du genre. Ce "Never Come Home" chanté en français rend hommage aux capacités vocales de leur chanteuse mais sonne diablement aseptisé par rapport à leur répertoire. Bien sûr, ce single n'aura aucun succès...

Le Diable En Personne

Ce coup-ci nos Chacals de Béthune adorés (featuring Fred Chichin)  reprennent le standard de Johnny Kidd adapté par les Fantômes. "Le Diable  En Personne" sera également repris par Marie-France et Bijou sur son magnifique album "39 de Fièvre" !

Un post spécial Noël

Là, je fais d'une pierre deux coups. C'est (bientôt) Noël et j'aborde pour l'occasion Marie-France (et Lio). Marie-France, l'égérie de la nuit parisienne, la diva trans et reine punk de l'Alcazar. En l'occurence, une autre relation de l'ami Edouard (manager de Mademoiselle Arnaud et ami de Philippe Pascal). En 1981, Marie-France a fait un magnifique album avec Bijou qui depuis est entré dans la légende du rock and roll français. Il lui faudra plus de 30 ans pour s'en rendre compte et rejouer en live son chef-d'œuvre. Marie-France est passée encore une fois à côté d'un succès "massif" qu'elle appelle de tout son personnage finalement aussi punk que Juliette Gréco. Pas grave, on lui doit un paquet de bons moments, même si l'ensemble reste un poil décousu. Difficile, dés lors, de trouver du rare ou de l'inédit... du fait de son peu de production, sur la longueur ! Je suis tombé par hasard sur cette reprise des Ronettes qui n'apparaissait pas sur la version originale du LP "A Christmas Record" mais uniquement dans sa réédition CD (sortie chez ZE records et produit par le trouble Michel Esteban). Pour cette chanson de Noël, on a droit à un rassemblement, façon girl group, de Lio, de sa sœur Helena Noguerra et de Marie-France... Pour notre plus grand plaisir !

Bijou

J'ai entendu Bijou pour la première fois sur Europe 1 peut-être en 1978 ou 1979. C'était leur single "Si Tu Dois Partir" et je ne savais pas que ce morceau était, à l'origine, l'adaptation en français de "If You Gotta Go Now" de Bob Dylan par le groupe anglais Fairport Convention (1969). Tout un esprit et un choc musical pour moi. Leur son, leur look, leur dimension power trio, leurs références sixties m'ont tout suite parlé. Grâce à eux, j'ai découvert - par exemple - Ronnie Bird. A l'époque, j'écoutais des groupes twist français comme les Chaussettes Noires et Bijou, à leur façon, reprenait le flambeau (d'ailleurs, en fins connaisseurs, ils adapteront un instru. des Chaussettes). Je regrette de n'avoir pu les voir en live à l'époque mais j'étais jeune et plutôt fauché. Pas de quoi me payer une place de concert, tout juste un vynil d'occasion de temps en temps. Chaque album de Bijou a sa personnalité, son ambiance et ses morceaux de bravoure. Même les moins aimés (par les fans) comme le synthétique "Pas Dormir" (produit par les Sparks). Pour ma part, "Ok Carole" est un must que j'ai usé sur ma platine. Rien n'est à jeter, que des tubes. La pochette est superbe, merci Monsieur Mondino. La carrière du groupe n'a duré que 5 ou 6 ans mais elle a été dense : albums, concerts, collaborations avec Serge Gainbourg (qui leur a écrit le hit single "Betty Jane Rose"), avec Depardieu ou Marie-France... Etc. Leur guitariste Vincent Palmer était sans doute le meilleur guitariste rock and roll de sa génération. Après un essai solo et diverses collaborations (dont une série de concerts avec Link Wray. J'en parlerai un de ces quatre), il a raccroché sa guitare pour le plus grand malheur de ses fans et est devenu le secrétaire de rédaction de Rock & Folk. Leur batteur (Dynamite Yann) semble avoir fait de la prison... Peut-être pour cambriolage (ou pour recel). Un vrai bad boy. Il fallait bien vivre après la séparation du groupe. Quant à Dauga (basse/chant) il essaie de faire vivre "Bijou SVP" qui reprend le répertoire du groupe. Mais il faut bien avouer que le cœur n'y est plus et que cette "reformation" sent l'opportunisme et la rente viagère. Il m'a fallu des années pour pister ce live à Chilly Mazarin. Le son est bon, typique du groupe...
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Houlala (le Acid Amnesia Remix)

J'avoue avoir eu un coup de foudre pour le groupe Ici Paris lors d'un passage au Gibus au début des années 80. Un coup de foudre aussi pour leur chanteuse Marie Alcaraz. Un single, un maxi et un album chez Gaumont... Et hop c'était fini pour cette version du groupe. Dommage, Ici Paris avait réussi la fusion entre le twist made in France et l'univers trash des Cramps. Anicée Alvina, en 1983, remplace Marie pour un single. Un tître sympa mais qui sent un peu trop la variété. En 2004, Anicée souhaite reformer Ici Paris mais la maladie l'en empêche. Elle meurt l'année suivante. C'est sa fille (Azadée) qui chante aujourd'hui pour Ici Paris. Mais revenons à Marie Alcaraz. Elle apparait sur un morceau de la Souris Déglinguée ("Marie France" - Aujourd'hui et Maintenant - 1983 ) et sort un single avec son groupe Houlala en 1988. Je suis le premier à l'acheter à la Fnac, je le pause sur la patine et là... Le choc ! De la techno "varitété" (un peu faisandée - qu'elle me pardonne). Il n'empêche, je garde Marie et Ici Paris dans mon  cœur ! Voici Houlala et son Acid Amesia Remix de "Alors, je t'oublie".
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